Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

mardi 20 octobre 2015 à 22h26min

Après un mois de septembre tumultueux qui a conduit au report des élections présidentielles et législatives à la nouvelle date du 29 novembre, bien de questions légitimes restent posées : qui voter pour assurer au peuple burkinabè un avenir meilleur dans le contexte actuel ? Au-delà, et cette question dépasse certainement le cadre des élections à venir, à qui devons-nous/pouvons-nous donner la responsabilité de choisir ceux qui présideront a la destinée d’un pays.

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Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

Qui voter ?

Les élections de novembre approchent. Et c’est un fait plutôt connu : déjà 2 candidats/partis partent favoris. C’est même conforté par des enquêtes d’opinion auxquelles on a droit depuis l’insurrection. Malheureusement à entendre les interventions de bon nombre de candidats à qui RFI a donné la parole les mois précédents, il est difficile de saisir quels sont les programmes de société des uns et des autres (si ils existent). Et c’est bien dommage. Certains candidats sont par ailleurs accusés (à tort ou à raison) de n’être que les reliques d’un système Compaoré pour qui la conquête du pouvoir n’est qu’une fin en soi et en qui il ne faut avoir confiance pour un quelconque changement. Qu’à cela ne tienne, les Burkinabè restent ceux à qui reviendra la parole le matin du 29 novembre.

Sans considérations partisanes, le Burkinabè dans le secret de l’isoloir devra en fonction de sa compréhension des programmes (qui je l’espère viendront incessamment) voter pour celui/celle qui propose une compréhension claire des problèmes de notre société et une approche pragmatique pour les résoudre. Et il appartient aux prétendants de dépasser des considérations idéologiques en perte de sens : social-démocratie, libéralisme, socialisme qui ne parle d’ailleurs pas à la majorité. Les slogans simplistes du genre « Je vous construirai des routes », « je vous amènerai l’électricité et l’eau », « je construirai un hôpital » doivent désormais révulser les populations et faire honte à la tant attendue nouvelle génération de politiciens.

Le candidat qui sera élu devra être celui qui est à même de s’attaquer, avec la participation du peuple, à des questions de fonds telles : la corruption, la sécurité alimentaire, la santé pour tous, l’éducation, le développement de l’agriculture et de l’élevage, la lutte contre la désertification et l’adaptation au changement climatique, l’emploi des jeunes, les infrastructures durables, la promotion de la culture et des valeurs authentiques, dans une approche intégrée. Cela dans un contexte sous régional ou la menace sécuritaire est palpable vu les troubles que connaissent les pays voisins et considérant que quand la maison du voisin brule, on n’a de quoi s’inquiéter que le feu prenne dans sa propre cours. Voilà comment on peut aborder ces élections décisives et historiques pour le Burkina.

Qui vote ?

Nous nous sommes engagés dans une logique de suffrage universel ou tous les Burkinabè ayant plus de 18 ans et jouissant de leurs droits civiques sont invités aux urnes. Quelle est la portée d’une telle approche ? Un devoir de sincérité commande de noter que ce choix est discutable quand on considère la proportion de la population, à majorité rurale, qui ne s’intéresse pas à la politique que je suis tenté de qualifier de politique urbaine ou politique des villes. Il faut faire bien attention à ne pas attribuer ce désintérêt a un choix délibéré ou une paresse quelconque de la part des honnêtes hommes et femmes, mais plutôt au fait de ne pas disposer des clés leur permettant de juger et d’apprécier.

Le balai citoyen, le CAR et autre rassemblements/collectifs de la société civile censés conscientiser politiquement les populations (en dehors des partis politiques qui sont plus guidés par la conquête du pouvoir) n’ont véritablement existé qu’à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso au plus fort des crises. C’est déjà un combat de gagné, mais la route est longue. La preuve, je fais le pari qu’au lendemain de l’insurrection populaire, beaucoup de localités (à part celles qui ont vu passer le cortège des V8) ignoraient que M. Compaoré n’était plus président.

Il existe un sérieux problème de formation et d’accès à l’information, avec une majorité des adultes aujourd’hui analphabète et dont les problèmes d’alimentation empêchent tout raisonnement pouvant mener à des choix basés sur des idées. Là encore ne faisons pas d’amalgame, je ne doute pas de l’intelligence et de la bravoure du peuple Burkinabè, mais ceux qui ont fait l’expérience de la faim et des nuits blanches sans perspectives savent qu’il est difficile dans de pareilles circonstances de se projeter dans l’avenir. Un oncle me disait : « lui au moins nous donne chaque année du sucre a l’occasion du ramadan, le fait que je vote pour lui se justifie, du moins par rapport aux autres candidats ». Telle était sa perspective. Et j’ose croire que cet oncle n’est pas isolé ! Ceci dit, ces votes basés sur les sacs de riz reçus, l’appartenance au même village et autres considérations pas très convaincantes ne sont pas pour servir la démocratie. Si bien qu’il est opportun de se poser la question de la valeur des résultats de nos élections.

Avec beaucoup de précautions donc le Burkina n’est peut-être pas prêt pour des élections démocratiques au suffrage universel dans le sens où nous l’appliquons aujourd’hui. Même si cela n’est pas pour les élections imminentes, nous devons réfléchir sérieusement a comment nous voulons que nos leaders soit choisis et trouver d’autres moyens qui conduiront à des personnes élues légitimement pour les idées qu’elles proposent.

Ceci ne prône pas l’idée d’une exclusion dans les processus de décisions mais la recherche d’une voie originale de démocratie. L’histoire nous enseigne que quand un peuple est relégué au statut de bétail électoral qui n’est consulté que pendant les élections, alors ce même peuple peut refuser un beau matin de reconnaitre les dirigeants qu’ils a lui-même « soit disant » élu. L’insurrection d’octobre en est une illustration. Et comme l’écrivait J. Diamond : Le passé est pour nous une riche banque de données dans laquelle nous devons puiser pour nous instruire si nous voulons aller de l’avant.

Privat Kabré

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Vos commentaires

  • Le 20 octobre 2015 à 17:32, par Théophile
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Vous aussi ! vous savez très bien sur qui nous comptons pour donner une féssé à ces putschistes CDPistes.En guise de punition nous allons voter leur cauchemard c’est tout.

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  • Le 20 octobre 2015 à 17:36, par TIENDREBEODO Alfred
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Pour voter utile il faut porter le choix à Roch Marc Christian KABORE. Nous au moins nous avons nos cartes contrairement à d’autres qui exhibent leur haine ici à longueur de journée tout en ayant même pas de carte comme si c’est leurs ordinateurs qui vont voter.

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  • Le 20 octobre 2015 à 17:42, par Noraogo TIENDREBEOGO
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    T’inquiète mon ami ROCH est là lui au moins ne va pas nous trahir et de plus il n’est pas comme l’autre sur tous les plans. Il est hmble et coutois et j’ose croire que s’ils sont là c’est pour montrer qu’il y a une autre façon de gouverner à Mr Blaise COMPAORE qui n’écoutait personne.

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  • Le 20 octobre 2015 à 17:48, par KAFANDO Bernard
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Moi je vote toute ma famille aussi. Roch a déjà 41 votants dans notre cours royale(si les vielles votent bien en nous épargnant des bulletins nuls).

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  • Le 20 octobre 2015 à 17:53, par SING
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Le MPP et son président Roch sera le meilleur choix pour notre pays au regard de ce qu’on a pu constater dans le programme du candidat. Quant à qui vote je vous reponds nous et même massivement. Vous le constaterez le 29 de la ville à la campagne ça sera non pitié.

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  • Le 20 octobre 2015 à 18:06, par SIDNOOMA
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Roch woooo waa kolongongoméé foo gnann boin krista yaoguin wannnnn !!!!!. Foo ya tond biig haakika. Victoire à celui qui a pitié du peuple. Victoire à celui qui ne va pas nous niquer ! Victoire à celui qui a compris le peuple ! preserve-nous Dieu des calculateurs ! preserve-nous de ceux qui disent qu’il y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! Que le seigneur te protège des putschistes ! ils ont voulu te liquider à l’instar de Salif DIALLO et Simon le 18 et le 19 septembre et comme à leurs habitudes ils ont encore échoué çà c’est déjà un signe.

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  • Le 20 octobre 2015 à 18:07, par SIDNOOMA
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Roch woooo waa kolongongoméé foo gnann boin krista yaoguin wannnnn !!!!!. Foo ya tond biig haakika. Victoire à celui qui a pitié du peuple. Victoire à celui qui ne va pas nous niquer ! Victoire à celui qui a compris le peuple ! preserve-nous Dieu des calculateurs ! preserve-nous de ceux qui disent qu’il y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! Que le seigneur te protège des putschistes ! ils ont voulu te liquider à l’instar de Salif DIALLO et Simon le 18 et le 19 septembre et comme à leurs habitudes ils ont encore échoué çà c’est déjà un signe.

    Répondre à ce message

  • Le 20 octobre 2015 à 18:48, par eliane
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    "" L’histoire nous enseigne que quand un peuple est relégué au statut de bétail électoral qui n’est consulté que pendant les élections, alors ce même peuple peut refuser un beau matin de reconnaître les dirigeants qu’ils a lui-même « soit disant » élu. L’insurrection d’octobre en est une illustration""
    Alors il faut juger Dienderé avant les élections afin que le peuple puisse voter dans la sérénité ;

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  • Le 20 octobre 2015 à 19:01, par zambla
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    En tout cas je ne voterai pas MPP ; je ne suis pas cdpiste non plus. Ke celui qui veut m’attaquer sur cette base n’a ka trouver un autre argument.

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  • Le 20 octobre 2015 à 20:40
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Article original et réaliste. Donc le MPP = CDP bis. Rien à cirer, circulez et voici la énième insurrection. Vous verrez... Le Sage.

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  • Le 20 octobre 2015 à 21:14, par YIRMOAGA
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Je voterai le parti opposé au CDP et consort, et c’est bel et bien le MPP, parti que le CDP déteste même en peinture ? Quant à l’UPC avec ses coups fourés avec le CDP, je me méfie ? J’ai eu a trop exposer sur les origines et le personnage de son président, je me contenterai de préciser mon vote en toute âme et conscience, sans en vouloir quelque chose en retour de ce parti. Par rapport à la détermination de ses créateurs que je fais ce choix.

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  • Le 21 octobre 2015 à 08:37, par sinkiewicz marc
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Bonjour, je suis français vivant en France et je suis passionné depuis de nombreuses années par le Burkina et son peuple.

    Permettez-moi de participer à l’échange d’idées relatif aux prochaines élections au Burkina.

    Le contenu de cet article exprime des exigences fortes, saines qui méritent une réelle attention. La question des modes de vie démocratique est posée au Burkina. Il faudra du temps pour que la citoyenneté s’exerce pleinement. Celle-ci est en marche et c’est déjà très positif. Celle-ci est porteuse de valeur de paix et de tolérance mais sans compromission et le peuple burkinabè avec notamment Le Balai Citoyen l’a démontré dans des moments tendus,difficiles et dramatiques car des êtres humains sont morts.

    Je pense que quelque soit le résultat des prochaines élections, la force et le nombre des citoyens engagés et vigilants sont LES paramètres indispensables pour que le progrès social ne soit pas laissés en jachère.

    Une dernière chose... je crois que le fait d’avoir ou non beaucoup d’habitants analphabètes au Burkina n’est par automatiquement un écueil pour le développement de la citoyenneté. L’oncle qui considère que l’offre du morceau de sucre est un élément à prendre en considération dans son choix électoral, ne me semble pas être une démarche dénuée de sens. Certes, cela frise le clientélisme, mais au fond, cet oncle ne dit-il pas simplement qu’il faut que SON quotidien change ? En terme singulier ne rejoint-il pas, à sa manière, l’exigence de progrès social ?

    Je vous remercie de votre attention et souhaite un bon courage aux citoyennes et citoyens burkinabè.

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  • Le 21 octobre 2015 à 10:36
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Les intellectuel éclairé qui veulent pensé à la place des population c’est toujours comme ca le mec parle français et pour lui les autre sont des illettré et ne savent pas ce qu’ils veulent arrêtez aretez

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  • Le 21 octobre 2015 à 13:26, par youssou
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    ma famille et toute ma fafamille maternelle et partenelle nous vonteront pour UPC car c’est l’unique parti fiable au pays des hommes intègres.

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  • Le 21 octobre 2015 à 14:32, par Tanga
    En réponse à : Elections au Burkina Faso : Qui voter ? Qui vote ?

    Mr KABRE, qui voter n’est pas le problème d’abord.
    Le gros du problème c’est comment VOTER !
    Comme vous êtes intellectuel, cela ne vous concerne peut être pas. Si il se trouve que vous avez beaucoup de ’’derrière’’(des majeurs qui font ce que vous dites), je met votre PRIX.
    SUIVEZ LE COURS
    Donc, vous prenez le papier que voila, chacun aura un avant d’aller dormir ; une fois devant l’urne, vous enlevez ce papier que vous aurez bien dissimuler dans votre culotte, vous le mettez dedans puis vous pliez soigneusement celui que l’on vous aura remis là-bas, vous le mettez dans la culotte et vous revenez sous l’arbre où il y aura la bâchée ou un mini bus.
    Entre deux bureaux de vote vous aurez droit à du zoomkoom ou à une bierre.
    Le soir, on se retrouve ici même et chacun aura son sac de (mil, riz, Vloppe). En attendant, à la sortie, vous aurez les cahiers pour les enfants comme c’est la rentrée.
    AHAIA, vous voyez bien KA YAAMOUI, YAN KAFFISSA !!! Vous pouvez prendre les papiers mais une fois à la maison, dites aussi aux voisins. Faso yan taga kama, Tinga malgre yinga on commence ici même et comme cela.
    SOYEZ DISCRET QUAND MEME.
    HEEY ne partez pas, si vous faite voter tous vos enfants, et autre, nous pourrons gagner et donc faire aussi la vaccination chez vous.

    Répondre à ce message

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