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Présidentielle 2005 : Blaise Compaoré réélu au 1er tour avec 80, 30% des suffrages exprimés

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • samedi 19 novembre 2005 à 18h17min

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proclamé, vendredi 8 novembre 2005 à Ouagadougou, les résultats provisoires du scrutin présidentiel du 13 novembre dernier. Le candidat Blaise Compaoré a été élu président du Faso avec 80,30 des voix.

Finie la campagne présidentielle, finie l’attente des résultats provisoires du premier tour.

La CENI a enfin scellé le sort des treize candidats au fauteuil présidentiel. Les résultats provisoires du scrutin, en attendant leur validation par le Conseil constitutionnel, donnent vainqueur Blaise Campoaré, candidat à sa propre succession. Il a obtenu 80,30% des suffrages. Après avoir battu ses adversaires dans toutes les 45 provinces avec des taux variant entre 67,60% (Poni) et 95,76% (Oubritenga), Blaise Compaoré, le président sortant totalise au plan national 80,30% des voix. Il est suivi de Me Bénéwendé Stanislas Sankara qui s’en est sorti avec 4,94%, puis de Laurent Bado avec 2,27%, de Philippe Ouédraogo avec 2,27%, Ram Ouédraogo vient en 5e position avec 2,03%.

Il est suivi de Ali Lankoandé, de Nobert Michel Tiendrébéogo, de Soumane Touré et de Gilbert Bouda qui engrangent respectivement 1,74, 1,60, 1,12, et 1,04% des voix. Les candidats Pargui Emile Paré, Hermann Hector Magloire Yaméogo, Clément Toubé Dakio et Nayabtigungou Congo Kaboré occupent respectivement les 10e, 11e, 12e et 13e rang.
Le taux de participation au scrutin est de 57,5%.

Promesse de corriger les insuffisances

Le président de la CENI Moussa Michel Tapsoba a salué l’esprit de fair-play de l’ensemble des candidats et les a félicités pour la qualité de leurs discours livrés tout au long de la campagne présidentielle. Il a par ailleurs adressé une mention spéciale à la presse pour son travail d’information de formation et de sensibilisation des électeurs. Moussa Michel Tapsoba a cependant reconnu l’existence de certaines insuffisances et a pris l’engagement de les corriger avant le prochain scrutin à savoir les municipales de février 2006.

Le président de la CENI s’est enfin excusé auprès des populations de certains villages de la région de l’Est qui n’ont pas pu accomplir leurs droits civiques le 13 novembre dernier pour raison de non acheminement à temps du matériel électoral. Après avoir proclamé les résultats provisoires, le président de la CENI a invité les candidats qui auraient des réclamations ou qui contesteraient les résultats à recourir au Conseil constitutionnel.

Eclats de joie dans le camp du candidat Compaoré à l’annonce de sa victoire dans la salle des banquets de Ouaga-2000. Ses amis, sympathisants et ceux qui ont soutenu sa candidature, ont, à la cérémonie de proclamation, lancé des cris de joie, exhibé des foulards blancs et se sont félicités pour la victoire de Blaise Compaoré qui était représenté par Salif Diallo, son directeur national de campagne.

Enok KINDO


Salif Diallo, directeur national de campagne du candidat Blaise Compaoré :

« Le candidat Blaise Compaoré est confortablement et largement élu par les populations burkinabè.
Cela témoigne de leur adhésion à son programme. Je voudrais remercier et féliciter tous ces électeurs qui ont de nouveau porté Blaise Compaoré à la tête de ce pays. Selon les rapports de nos délégués de campagne, cette victoire était très attendue. Mais le score nous a surpris. Car celui-ci va au-delà de nos pronostics de départ.

En effet, lors de notre congrès au mois de mai, nous avons tablé sur 70 à 75% des suffrages.

Nous sommes aujourd’hui à 80,30%. Ce score que l’on peut qualifier de large ne nous gêne aucunement. Bien au contraire ce qui nous dérange, c’est la faiblesse de notre opposition qui est mal organisée et mal structurée »


Si « bulletin nul » était candidat

Sur 2 288 257 votants du scrutin présidentiel du 13 novembre 2005, 202 387 se sont exprimés à travers des bulletins nuls. Ce chiffre est inquiétant d’autant plus qu’il représente deux fois les suffrages (103 216) du candidat Bénéwendé Stanislas Sankara poursuivant immédiat mais lointain de Blaise Compaoré, vainqueur de l’élection présidentielle. Le candidat « Bulletin nul » aurait pu obtenir 10% des suffrages. Les bulletins nuls sont-ils synonymes d’une expression volontaire et délibérée des votants ou d’une méconnaissance du mode de scrutin ? Qu’à cela ne tienne ! Le bulletin unique a fait son apparition lors des législatives de 2002. Les partis politiques ont-ils suffisamment pris le temps lors de ce scrutin pour expliquer ce mode de vote à leurs militants ? La question restera posée.

Jolivet Emmaüs


Des leçons ont été tirées

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proclamé les résultats de l’élection présidentielle du 13 novembre 2005. Deux faits ont suscité en nous cette analyse : le nombre élevé de bulletins nuls et le nombre de votants non inscrits sur la liste d’origine du bureau.

Si les bulletins nuls étaient des candidats, ils auraient chopé la deuxième place au classement général du scrutin présidentiel. 202 387 bulletins nuls ont été comptabilisés sur toute l’étendue du territoire national selon les chiffres de la CENI. Comparaison n’est pas raison mais la raison explique la comparaison. Le nombre de suffrages du candidat venu en deuxième position après Blaise Compaoré en l’occurrence Me Bénéwendé S. Sankara est de 103 216.

Donc moins que le nombre des bulletins nuls. Autre fait marquant et non des moindres, le nombre de votants non inscrits sur la liste d’origine du bureau : 60 968. Mathématiquement ce nombre dépasse celui des suffrages exprimés en faveur du candidat Laurent Bado venu en troisième position. A la lumière de ces chiffres, il apparaît des insuffisances quant à la maîtrise du mode de vote par l’électorat et « le dispatching » des cartes d’électeurs qui a peut-être pris un plomb dans l’aile. En effet, concernant les bulletins nuls qui s’inscrivent en un nombre élevé, l’on peut épiloguer sur deux raisons fondamentales.

Soit la CENI n’a pas parfaitement fait son travail de sensibilisation des électeurs sur la manière de voter, soit le désintérêt de l’électorat pour le vote a pris le dessus sur le désir de porter son choix sur un candidat. Quant au nombre de votants non inscrits sur la liste d’origine du bureau, la raison pourrait se justifier par le fait que les listes manuelles de la CENI de 2002 auraient été mal faites entachant du coup la perfectibilité du fichier électoral.

En tout état de cause et comme l’a reconnu le président de la CENI Moussa Michel Tapsoba, lors de la proclamation des résultats provisoires du scrutin présidentiel, la CENI a entendu les réclamations, les récriminations et s’est engagée à les considérer et à prendre des mesures pour les satisfaire. Des leçons semblent avoir été tirées.

Daouda Emile OUEDRAOGO (ouedro1@yahoo.fr)
Sidwaya

P.-S.

Voir notre dossier :
Présidentielle 2005

Vos commentaires

  • Le 20 novembre 2005 à 12:24 En réponse à : > Présidentielle 2005 : Blaise Compaoré réélu au 1er tour avec 80, 30% des suffrages exprimés

    Pourriez-vous SVP éclairer la lanterne des nassara loin d’Ouaga

    Il y a donc eu 42,5 % d’abstentions

    Quelle est la fraction de celles-ci qui était "inévitables" ?

    Quelles est la fraction de celles-ci qui est absolument volontaire et réfléchi ?

    En Europe aussi, quand le vote n’est pas obligatoire, l’abstention voit son nombre croître d’élection en élection.

    Et de plus en plus s’abstenir volontairement, c’est sinon une façon de voter, au moins une façon de s’exprimer, c’est à dire de faire passer un message aux hommes politiques de tous bords "On ne vous prend plus au sérieux"

    Et cela est très inquiétant.

    Quoiqu’il en soit, quel est le pourcentage du "vainqueur" par rapport aux inscrits ?

    Si on pouvait distinguer les absentionnistes involontaires, ce serait ce pourcentage là, au Burkina comme ailleurs, qui serait le "vrai "résultat parlant.

    Merci

    Un vieux burkinabèphile
    .

    Répondre à ce message

  • Le 20 novembre 2005 à 12:26 En réponse à : > Présidentielle 2005 : Blaise Compaoré réélu au 1er tour avec 80, 30% des suffrages exprimés

    Plus de 80% des suffrages exprimés pour " l’Enfant terrible de Ziniaré", comme plus de 80% de la population Burkinabé qui repartent de nouveau pour cinq années de misères, une continutée de l’élargissement du fossé ( comme celui du canal de Zogona) entre les Gourous et les Burkinabé d’en Bas le Peuple qui une fois encore se laissent marcher sur les testicules.
    Mais une grande pensée aux 202 387 Intègres qui ont voté Nul, soit 10% des suffrages et occupent ainsi "la deuxième place de ce scrutin" et ça sans battre une campagne à l’Américaine. Cependant une question se pose ? :<>
    Que les Gourous se détrompent, c’est justement un ral -bol général des Hommes Intègres de ce pays qui commencent à s’exprimer sans l’aide des soit disant Opposants, car on sait bien qu’une Tomate est Tomate. Imaginez un instant si chacun des 202 387 "Bulletins Nuls" motivait 3 personnes de son entourage à voter comme eux le 13 Novembre dernier ou au prochaine élection ? Faitess le compte et vous saurez que la Fin de la Force Tranckil n’est plus loin, il est juste aux Portes du Burkina. Toutes choses à une fin sur Terre.
    Merci, et à nous revoir Un mossi

    Répondre à ce message

  • Le 20 novembre 2005 à 22:25 En réponse à : > Présidentielle 2005 : Blaise Compaoré réélu au 1er tour avec 80, 30% des suffrages exprimés

    Chers compatriotes, soyez patients, toute chose a une fin. Mobutu est mort, Eyadema est mort, Houphouet est mort. Tout le monde meurt. Blaise aussi va mourrir un jour.

    Répondre à ce message

  • Le 21 novembre 2005 à 11:48 En réponse à : > Présidentielle 2005 : Blaise Compaoré réélu au 1er tour avec 80, 30% des suffrages exprimés

    Pourquoi j’ai voté nul ?

    Le programme du plus riche est toujours le meilleur au Faso. On y peut rien hélas ! Pour cause, l’analphabétisme et la pauvrété de nos populations à la base. Ainsi, pour le candidat Blaise Compaoré et le lot des “bienheureux” du libéralisme sauvage qui a court au Faso, la campagne était synonyme de défoulement, d’une partie de sport de maintien (le tour du Faso en 3 semaines à bord de véhicules 4X4 et d’hélicos).

    Face à cela une opposition écartelée et inorganisée, c’est triste mais il y a lieu de le reconnaître avec Salif Diallo, le Directeur de campagne du CDP.

    Alors que faire ? Il faut bien s’exprimer, il faut que les chiffres parlent au victorieux. Malheureusement la CENI n’a pas prévu le “bulletin blanc”. Il faut donc voter nul pour manifester son mécontentement. Mais je me rend compte aujourd’hui que ceux qui ont voté nul en pleine conscience comme moi ne seront pas entendus car la tendance actuelle est de rattacher le vote nul à une non maîtrise de la technique du bulletin unique. Hélas ! 3 fois hélas !

    A Blaise compaoré : vous avez 5 ans pour parcourir le Faso réel, vous avez montré que vous pouvez le faire.

    A l’opposition : unissez-vous, vous avez des voix à prendre.

    A la CENI : instaurez le bulletin nul, le peuple doit pouvoir s’exprimer comme il l’entend.

    Dieu protège le Faso !

    Répondre à ce message

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