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Groupe des cinq : Savoir raison gardée

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • vendredi 2 décembre 2005 à 07h58min

Les candidats de l’UNIR/MS, du PAREN, du PDS/CDS, du PBR et de l’UDD ont, au détour d’un point de presse le mardi 22 novembre dernier, apprécié le déroulement du scrutin présidentiel dont ils sont sortis malheureux avec la portion congrue des suffrages. Pour eux, ce fut donc une élection émaillée de fraudes.

Décidément, il y a une constance dans l’attitude des opposants burkinabè voire africains : crier à la fraude au sortir d’une élection qu’ils perdent. Il faut dire qu’on ne voyait pas les perdants au scrutin du 13 novembre dernier réentonner cette rengaine tant les choses se sont faites dans les règles de l’art avec tout ce qui a été consensuellement pris comme dispositions pour minimiser les indélicatesses. En tout cas beaucoup ont été d’avis qu’on vient de sortir du scrutin le plus transparent et le plus crédible qu’on ait jusqu’à présent connu au Faso.

Salif DIALLO, directeur national de campagne du candidat Blaise COMPAORE ne croyait pas si bien dire aux journalistes présents le 15 octobre 2005, au lancement du programme politique de ce dernier, qu’on a beau organiser des élections aussi crédibles qu’elles soient, il y aura toujours des candidats qui vont crier à la fraude. « Il y en a même qui ont déjà rédigé leur déclaration et ils n’attendent que le lendemain du scrutin pour la livrer », avait-il renchéri. C’est en effet tout dire sur les mauvais perdants d’un scrutin. Eux qui ne prennent jamais conscience de leurs tares, et de tout ce qui peut être à l’origine de leurs infortunes.

Du reste, compétir à une élection et la perdre est-il ridicule ? Non, le ridicule, c’est de refuser de prendre acte de son échec et d’en tirer les leçons pour mieux affûter ses armes. Voilà pourquoi on est interloqué par l’attitude de ces cinq candidats malheureux que sont Me Bénéwendé S. SANKARA, Laurent BADO, Philippe OUEDRAOGO, Gilbert BOUDA et Clément T. DAKIO qui claironnent de prétendues fraudes qui les auraient spoliés d’une victoire !

Ce 22 novembre dernier, en se donnant en spectacle, ceux-ci ne jouent-ils pas une mauvaise carte ? Il faut dire que les gens sont maintenant lassés de ces pleurnicheries d’opposants qui placent sur le piédestal celui-là même qu’ils pourfendent et lui donnent tous les pouvoirs même celui de décider de la place que chacun d’eux doit occuper sur l’échiquier politique national. Comme, si, eux, n’étaient que de simples pions déplaçables à volonté.

On occulte les vraies raisons de la débâcle !
Le point de presse des cinq candidats contestataires donne une fois de plus à voir que les hommes politiques de l’opposition ne savent se trouver que lorsqu’ils ont des griefs contre le pouvoir. Quand il s’agit de créer les conditions pour un consensus minimum qui les porterait pour une action dans la bonne marche du processus démocratique, ils sont inscrits aux abonnés absents.

Que n’ont-ils pas fait voir avant cette élection présidentielle ? Tous ces déchirements qui ont traversé le monde politique d’opposition ne pouvaient lui offrir des perspectives meilleures ; ses mentors doivent le reconnaître et ne s’en prendre qu’à eux-mêmes. En sus de cela, si l’on voit comment certains se sont livrés à un duel dans cette élection, ont peut dire qu’ils ne méritent que ce qu’ils ont cultivé ayant entraîné dans leurs combats fratricides les militants et désorienté l’électorat.

C’est donc dire que les larmes de crocodile que l’on veut laisser voir ne peuvent émouvoir même le citoyen lambda qui a appris à connaître qui est qui au Faso.
Eux-mêmes l’ont du reste reconnu, une synergie dans l’effort leur aurait pu faire engranger plus de suffrages. En effet, à ce scrutin, si l’on fait des calculs simplistes, nos cinq candidats, s’ils avaient eu la lucidité de se choisir un pour compétir, celui-ci avec ce qu’ils ont eu comme voix aurait capitalisé 11,18% des suffrages.

Un taux qui pourrait même aller au-delà en ce sens que celui-ci airait pu bénéficier éventuellement des voix de ceux qui n’auraient pas voté à cause des multiples candidatures de l’opposition. Sans oublier que, aller ensemble, c’est fédérer aussi des moyens, ce qui permet de grandes actions en direction de l’électorat. N’est-ce pas des gains supplémentaires en voix que le quintet se serait assuré au profit du « candidat délégué » ?

Tout cela, c’était trop demander à des gens qui ne croient qu’en leur petite personne. Si au sommet les choses sont plus difficiles alors pourquoi ne pas essayer à la base ? En effet, en ce qui concerne l’absence de leurs délégués dans les bureaux de vote, qu’ils justifient par un manque de moyens financiers et qui serait l’une des principales causes de la fraude (sic), les candidats mécontents auraient mieux fait en désignant des délégués communs tenant compte de leurs fiefs électoraux.

C’est là une clairvoyance qui leur aurait permis de réduire considérablement le coût de la prise en charge des 12 000 délégués à raison de 500 FCFA par délégué selon le taux fixé par la CENI. Chaque candidat aurait à débourser donc 1,2 million au lieu de six pour se voir représenter dans tous les bureaux de vote.

Une éventualité qui peut être explorée pour les prochaines échéances électorales si ceux-ci se résolvaient à revenir à la raison pour tirer les enseignements de leur participation à cette présidentielle. Indubitablement l’opposition dans son ensemble est d’une indigence crasse en matière de stratégie si fait qu’elle ne peut faire le poids face à ce qu’elle appelle la « machine du CDP ». Elle est avertie, aussi doit-elle tabler sur le jeu des alliances si elle veut mieux faire aux élections locales.

C’est dans cette perspective que doivent s’inscrire les cinq candidats et leurs partis au risque de devoir par après encore convier la presse à venir réentendre sa rengaine sur la fraude. O

Par Samba DIARRA

L’Opinion

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