Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «La forêt pour grandir a besoin d’arbres. Frédéric Titinga Pacéré» 

Procès du putsch de septembre 2015 : Accusés (enfin) à la barre !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • samedi 30 juin 2018 à 00h01min
Procès du putsch de septembre 2015 : Accusés (enfin) à la barre !

La défense a-t-elle joué ses dernières cartes, ce vendredi 29 juin 2018, dans le procès du putsch de septembre 2015, débuté le 27 février dernier ? Rien n’est sûr, mais le moment tant attendu par les avocats de la partie civile et les familles des victimes est enfin arrivé : l’interrogatoire des accusés. Le premier à passer à la barre n’est pas un Général mais plutôt un sous-officier de l’armée au moment des faits, le sergent-chef Zerbo Laoko Mohamed.

Entrer dans le vif des débats, tel était le vœu de Me Prosper Farama et sa bande qui, jusqu’à ce vendredi, ont toujours dénoncé une fuite en avant de la défense. Une défense qui s’était disloquée avec la vague de déports, et qui est en train de constituer à compte-goutte. Me Olivier Yelkouni vient de rejoindre l’écurie du Général Gilbert Diendéré. Me Paul Kéré aussi, en plus de la pléiade d’accusés parmi lesquels Fatoumata Diendéré, Herman Yaméogo, Léonce Koné. Dos au mur après avoir presqu’épuisé toutes ses cartes, la défense n’a pu empêcher le président de la Chambre de première instance du tribunal militaire de Ouagadougou, de sonner la fin de la récréation, comme dirait, Me Séraphin Somé. L’interrogatoire des accusés a donc débuté l’après-midi.

Premier à passer à la barre, un sergent-chef, membre de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP). Il s’agit de Zerbo Laoko Mohamed. Il comptabilisait neuf années de service jusqu’à sa radiation des forces armées nationales.

Le coup de fil

A l’ouverture de l’audience le 27 février

Plusieurs charges pèsent sur l’inculpé : attentat à la sureté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, dégradation volontaire aggravée de biens. Des chefs-d’accusation balayés du revers de la main par l’intéressé. Dans son récit, l’homme raconte que le 16 septembre 2015, à 13h, il se trouvait au bureau lorsqu’il a reçu un appel du sergent-chef Koussoubé Roger lui demandant de se rendre au garage du palais présidentielle. Le garage, c’est le poste de repos des militaires.
Arrivé au lieu indiqué en tenue de sport, il dit avoir trouvé le sergent-chef Koussoubé et l’adjudant-chef major Badiel Eloi en compagnie d’autres militaires dont il ignore l’identité. Le Major lui aurait alors intimé d’aller enfiler sa tenue militaire pour revenir.

« Non…jamais »

Une partie des dossier du putsch

« De retour, l’adjudant Ouékouri Kossè m’a demandé si je savais conduire. J’ai répondu oui et il m’a dit de conduire un véhicule V6. Nous sommes allés du côté ouest du palais pour une mission d’observation », raconte-t-il. Le sergent-chef Zerbo se souvient être resté dans le véhicule alors que son supérieur attendait dehors près du véhicule.
« A quel moment avez-vous su que les autorités de la transition étaient en otage ? », a demandé le Procureur militaire. « Pratiquement, le lendemain à travers les ondes », a répondu l’inculpé.
« Avez-vous quitté le palais pour la ville pour une autre mission ? », insiste le Parquet ? « Non ! »

« Qu’est-ce que vous avez observé, une fois arrivé avec le véhicule dans l’aile ouest du palais ? » « A part les arbres et les fleurs, il n’y avait rien », a rétorqué le sergent-chef. Et le procureur de revenir à la charge « Pourtant dans votre déposition, vous avez dit que de votre position, vous avez vu des gens dont le Sergent-chef, Nébié Moussa et le Sergent Poda Ollo Stanislas faire irruption dans la salle du conseil des ministres ». « Jamais », s’est défendu l’inculpé.

« On s’est beaucoup tiraillé »

Me Pierre Yanogo

« Dans votre déposition, vous avez dit avoir pris part à une réunion dirigée par le Major Badiel Eloi. Vous avez aussi dit qu’il y avait l’Adjudant Ouékori Kossè et deux autres personnes dans le véhicule que vous avez conduit », poursuit le parquet. « Je n’ai pas souvenance de cela. Le juge m’a dit que six accusés lui ont dit qu’ils étaient avec moi. J’ai dit non. […] Quand le juge me posait les questions, les choses étaient claires pour lui. Je lui ai dit que s’il savait déjà ce qui s’était passé, pourquoi il me posait toutes ces questions. On s’est beaucoup tiraillé », a confié au tribunal le sergent-chef Zerbo.

Le Parquet militaire dit ne pas comprendre pourquoi l’inculpé a signé les procès-verbaux de son interrogatoire devant le juge si ceux-là ne reflétaient pas ses propos. Et le sous-officier de répondre « Je n’avais pas l’impression d’avoir un juge militaire en face de moi, mais un chef militaire ». Pour l’avocat de l’accusé, Me Badini, le tribunal doit faire attention à ce qui se dit à l’audience et non faire une fixation sur ce qui a été dit devant le juge d’instruction même si il vaut son pesant d’or.

La question sans réponse

A quelle heure l’accusé a-t-il quitté le palais ? A cette question du président du tribunal, Seidou Ouédraogo, le sergent répondra qu’il est allé au camp, ensuite à la radio Savane FM vers 16h, 17h après avoir reçu les instructions du major. Détail important, il confiera que lui et les trois hommes qui l’accompagnaient n’ont pas envahi la radio mais sont restés à l’extérieur. De retour de là, il déclare avoir rencontré des barricades au niveau de la télévision BF1, barricades qui auraient été dégagées sans qu’il n’y ait des tirs.

Intrigué, Me Yanogo Pierre de la partie civile va cuisiner l’accusé qui dit avoir eu vent de la séquestration des autorités de la transition, à travers « les ondes », le 17 septembre. « Avez-vous entendu des coups de feu ou pas, le 16 septembre ? », a formulé dans tous les sens l’avocat. La question pourtant simple n’eut pas de réponse claire de la part de l’accusé qui n’a fait que se répéter « Je ne comprends pas bien la question… ».

En attendant la reprise de l’audience, ce samedi 30 juin, Me Prosper Farama reste convaincus que 84 personnes ne peuvent tenir une cohérence dans le mensonge.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Messages

  • Qu’Allah bénisse et protège tous ceux qui sont jugés par cette instance militaire du MPP

  • Carton rouge a lagui adama, point barre !

  • Que Allah recoiventdansson royaume toutes les victimes des militaire lors de cette insurrection populaire.Que les generaux et leur bande soient severement condamnes.

  • Ah !!! Enfin ; Les tribulations des accusés est à son terme ; Vivement que la vérité apparaisse rapidement.

  • Quand on a rien à dire on se tait le peuple attend des réponses claires et tant pis pour ceux qui ont échoué dans leur entreprise funeste

  • BONJOUR
    Cette instance militaire monsieur Lagui si elle est mpp est née du CDP.
    Nous avons foi en ces hommes qui sont des patriotes.Je rappelle qu’en 1989 HENRI ZONGO et BOUKARI LINGANI N’ONT PAS EU CE DROIT DE SE FAIRE ENTENDRE .On ne vous demande que les FAITS. Et pour quelqu’un qui a assumé ce coup d’etat rien de plus normal de RENDRE COMPTE messieurs les nostalgiques !

  • LAGUI ADAMA le sinistre : Soit très heureux pour tes amis criminels, car il est particulièrement la preuve que le Burkina de 2018 après une insurrection ou le peuple et sa jeunesse a dit que ‘’’rien ne sera plus comme avant,’’’ est en train de tourner la page des procès expéditifs et dignes des Etats d’exception.

    A la connaissance du peuple souverain, des putschs supposés ou réels, le Burkina en a connu à profusion : Mais des putschs manqués qui ont donné lieu à un procès juste et équilibré comme ça se passe de nos jours, sauf oubli ou omission de notre part, l’on peut dire que le Burkina n’en a point connu.
    Celui d’aujourd’hui est le premier. Sous Lamizana, des proches de Maurice Yaméogo, accusés d’avoir tenté un coup d’Etat, avaient été jugés à la sauvette et jetés en prison. Sous le capitaine Thomas Sankara, des Burkinabè accusés du même crime, après un simulacre de procès dans l’enceinte du camp Guillaume Ouédraogo, ont été fusillés au grand désarroi de leurs proches.

    Mais comme je l’ai toujours dis et répéter dans mes critiques fondées sur la vérité et des vécus, la palme d’or des exécutions sommaires liées à des putsch supposés ou réels, revient au régime de l’introverti Blaise Compaoré et ses complices Diendéré Gilbert, Djibril Bassolé, Hermann Yameogo. Et celui qui était vraiment à la manoeuvre, ironie de l’histoire, est le Général Diendéré. Il peut donc se réjouir de ne pas connaître le sort que lui a réservé au commandant Lingani et au Capitaine Henri Zongo. La tenue même de ce procès, sous ce format malgré sa ruse de sauver sa tête avec des avocats aussi criminels que lui, est une avancée de notre jeune démocratie qui commence sa vraie maturité avec un régime qui tourne au diesel mais qui commence à ne pas oublier les erreurs du passé. Et celui qui doit être le premier à le reconnaître cette avancé est le Général Diendéré lui-même. Il reste à souhaiter que toutes les zones d’ombres qui l’entourent, soient élucidées. C’est en cela que l’on peut dire que l’heure de vérité a sonné.

    L’on peut également affirmer que la Justice burkinabè joue aussi sa crédibilité. Et au-delà de cette institution, c’est tout l’édifice démocratique que nous sommes en train de construire, qui sera évalué. C’est pourquoi, toutes les passions, tous les ressentiments, les a priori, les tirades guerrières, les envolées lyriques et autres courtes analyses à caractère politicien et subjectif, doivent maintenant céder la place au droit, sans pour autant oublier que du fait de ce putsch a la maternelle, des vies innocentes ont été fauchées. Aujourd’hui encore, des Burkinabè portent dans leur âme et dans leur corps, des blessures qui y sont liées. Autant les présumés auteurs de ce putsch ont droit à un procès digne de ce nom, autant les victimes ont droit qu’on leur rende justice. C’est, en tout cas, à ce prix que les grandes nations soldent leurs comptes avec l’histoire. C’est à ce prix aussi que l’on peut poser les bases d’une réconciliation vraie. C’est à ce prix enfin que l’on peut arrimer notre cher pays à la démocratie, la vraie.

    Surtout que ces généraux qui veulent jouer les anges pour échapper à la justice des hommes sachent qu’ils ne s’en sortiront, car il y a aussi une certitude divine qui dit que l’on récolte toujours sur terre ce que l’on a semé, malgré la miséricorde de Dieu et la foi après le pardon de Dieu. Si tu as semé la mort, attends-toi à la récolter aussi.

  • Le tribunal devra faire preuve de beaucoup de discernement et de vigilance pour ne pas avoir la main lourde sur des pauvres soldats qui ont été malicieusement entrainés dans ce coup d’Etat idiot .Il est possible aussi que le juge instructeur ai effectivement conduit son dossier avec passion et en piégeant les pauvres accusés à travers des questions malicieuses .Ce sont des soldats peu instruits avant tout .Quand on écoute ce sous officier il semble respirer la sincérité et a pu effectivement être entrainé subtilement dans ce putsch .Ne sacrifions pas des innocents sur l’autel de la passion aveugle pour satisfaire simplement une certaine opinion .Ce n’est pas cela qui va construire le BURKINA de demain.

  • J’ose espérer que Lagui Adama est un putschiste lui aussi. Soutien aveugle des aveugles

  • C’est dommage que des personnes continuent à se focaliser sur l’instance militaire. Pour moi, le temps perdu suite aux différents reports a permis de calmer un peu les passions. Essayons de regarder les choses avec un peu plus d’objectivité (si possible) et assurons nous que les choses sont bien faites.
    Demander aux généraux combien de fois le tribunal militaire a été utilisé quand ils régnaient sur le Faso. Je ne fais même pas l’éffort de réfléchir à cela.
    Après le procès, on devisera librement sur sa pertinence ou non.

  • Monsieur Wewani. C’est comme si tu étais dans cœur. On s’en fou de tout ceux qui racontent leurs vie ici. Thomas Sankara a été tué par ses gens là.

  • Wewani, tu as tout dit ! Ce qui est fait pour tourner en ronde, normalement revient, une fois passé. C’est bien cela auquel nous faisons face au procès du putsch manqué. Pire, ce n’est des moindres des personnalités militaires qui sont concernés, mais bien ceux qui ont traîné Lingani est ses compagnons dans les mailles pour ensuite les ont fusillé. Il s’agit de Gilbert Diendere, accusé aujourd’hui des mêmes faits que ceux qu’il a fabriqués de toutes pièces afin d’éliminer Lingani et Henri pour le compte de Blaise et nul ne l’ignore. Le matin où ces militaires ont été fusillés au camp Guillaume, peu Gilbert croyait qu’un jour, lui aussi il serait accusé des faits que ceux que lui-même avait concoctés pour éliminer ces militaires pourtant, des militaires avec qui il faisait tout. Pour Gilbert, le tour était joué : Sankara était éliminé, ces derniers-là à leur tour ; donc plus personne à déranger, sinon que lui est Blaise. Là encore, nul burkinabè ignore que depuis l’assassinat de Sankara, suivi par celui de ces militaires, le Burkina a été gouverné non pas par Blaise, mais bien par Gilbert car Blaise savait bien qu’il devait son fauteuil présidentiel à Gilbert et, à tout moment, si Gilbert souhaitait l’enlever de son perchoir, il pouvait le faire d’où le combine entre les deux : ‘Fais ce que tu veux aussi longtemps que je suis le président’ et c’était comme cela que le Burkina a été gouverné jusque à l’insurrection qui a donné naissance aux mailles dans lesquels se trouve Gilbert. Gilbert fut le de facto président du Burkina pendant les 27 ans du règne de Blaise et son frère. La vérité blesse mais si dur soit elle, il faut la dire. Aujourd’hui, assis dans son petit lit à la MACA, parfois ses faits lui reviennent constamment. Le fait d’y penser suffit largement déjà. Il se condamne et n’a plus besoin d’être condamné par la justice militaire. Tout ce qui est fait pour tourner en ronde, doit normalement repasser. La vie est faite pour tourner en ronde c’est pour cela que tout est payé ci bas et Gilbert le prend à ses propres dépens, Blaise et François aussi. Voilà

  • Qu’ Allah fasse que lagui adama et ses amis putchistes tiennent des boites vides de tomates au bord de l’avenue 56 !!!!!!!! Amina !!!!!!!! Basta !!!!!!!!

  • Monsieur/Madame Lagui Adama, si tu n’as rien a ajouter, de grâce,ajoute rien, t’es pas obligé car ici, à ce forum, on attend que des choses intelligentes des forumistes, d’autant plus que tu n’as le monopole d’idiotie. Reste calme chez toi et lire la sagesse des sages. Vivement que t’es pas obligé d’intervenir si tu n’as rien à dire. Fasonet ne va s’inquiéter.

    Et d’ailleurs Fasonet, pourquoi désormais on ne peut plus commenter directement sur les interventions des forumistes que par commencer un nouveau commentaire. C’était bien et je demande à ce que vous remettiez cette possibilité.

  • Enfin ! Espérons trouver le fond de ce drame !
    Que de cynisme et de manque d’humanité.
    Diendere a assumé son acte ignoble.
    Que tous fassent autant et s’excusent et acceptent leurs peines.
    Des êtres humains sont morts !
    J’ai honte d’une telle déchéance morale.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Procès du putsch : La contre-attaque des avocats du colonel-major Kiéré
“J’ai failli (...). J’ai été trahi”, soupire le Colonel Major Boureima Kiéré sous les assauts de Maitres Somé et Farama
Procès du putsch de 2015 : Ces déclarations qui ne sont pas passées inaperçues
Procès du coup d’Etat : Le colonel-major Boureima Kiéré et les 160 millions de Diendéré
« Je n’avais aucun grief contre la Transition, mon souci c’était la survie du RSP », tempère le Colonel-major Boureima Kiéré
Arrivée de Yacouba Isaac Zida au pouvoir : Le colonel-major Boureima Kiéré explique le scénario
Procès du coup d’Etat : Les confessions du colonel-major Boureima Kiéré
Procès du coup d’Etat : Le commandant Korogo maintient qu’il n’était qu’un médiateur
Procès du putsch manqué : Le Commandant Abdoul Aziz Korogo dans la position de la « galette »
Putsch manqué : « Si on était dans l’optique de l’affrontement, on n’aurait pas eu besoin de mercenaires pour ça » (Abdoul Aziz Korogo)
Procès du putsch manqué : « Dans ces genres de situation, il ne faut pas jouer au Rambo, sinon… », Commandant Abdoul Aziz Korogo
Putsch manqué : "Le RSP n’est pas une milice ; il a été créé par décret présidentiel. Dans une république, le président ne créé pas de milice" (Abdoul Aziz Korogo)
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés