Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «A chaque fois que tu tombes, ramasse quelque chose » Oswald Avery

AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • Déclaration • mardi 15 septembre 2020 à 23h43min
AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »

Ceci est une déclaration du Balai citoyen à l’occasion de la commémoration du 5e anniversaire du coup d’Etat du 16 septembre 2015 au Burkina. Pour le mouvement, le temps arrive difficilement à effacer les souvenirs « douleurs et indélébiles de ces événements tragiques. » Il invite, par ailleurs, l’Etat à « assumer » la « responsabilité historique » dans le sens du dédommagement des victimes.

Commémoration du 5e anniversaire du putsch du 16 septembre2015 : devoir de mémoire.

16 septembre 2015, 16 septembre 2020, cela fait exactement 5 ans, jour pour jour, que le général Gilbert DIENDERE, à la tête de la nébuleuse soldatesque du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), ramant à contre-courant de l’histoire, a tenté de remettre en cause la marche irréversible de notre peuple, en mettant brutalement fin au régime de Transition. Contre cette forfaiture qui n’avait d’autre but que de restaurer l’ordre oppresseur et décadent à lui imposé depuis le 15 octobre 1987, le peuple dans toutes ses composantes, s’est dressé comme un seul Homme. Les mains nues mais résolument armé d’une volonté inébranlable, notre vaillant peuple a désarmé ses renégats et réaffirmé à la face du monde entier que sa soif inextinguible de liberté, de dignité et de progrès est non négociable.

Malheureusement, cette résistance héroïque à la horde sanguinaire du RSP n’a pas été sans conséquences. En effet, 14 de nos concitoyens ont payé de leur sang sur le champ d’honneur pour que les valeurs sacro-saintes de liberté, d’intégrité, de dignité et d’égalité triomphent à jamais au pays des Hommes intègres. 5 années se sont écoulées mais nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles de ces événements tragiques.

Le Balai Citoyen, une fois de plus, saisit cette opportunité pour rendre un vibrant hommage à tous ces martyrs arrachés brutalement à notre affection et s’incliner encore devant leur sacrifice consenti pour la Patrie ; celui-ci est à jamais inscrit au panthéon de l’histoire. Par ailleurs, il n’oublie pas et n’oubliera jamais tous ces nombreux blessés qui portent encore dans leur chair, voire dans leur âme, les stigmates de ces événements malheureux. Il leur souhaite un prompt rétablissement et nourrit avec eux l’espérance de lendemains meilleurs où la justice et l’égalité seront la boussole au pays des Hommes intègres.

Par ailleurs, en cette occasion commémorative, le Balai Citoyen réaffirme toute son insatisfaction et sa profonde déception quant au traitement réservé aux blessés et aux ayants-droits des martyrs qui attendent toujours un hypothétique dédommagement dans le cadre de la procédure judiciaire dont l’épilogue n’est pas pour demain. Il dénonce sans réserve cette absence de volonté politique ferme de prise en charge intégrale par l’État de l’ensemble des victimes de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et du putsch de septembre 2015.

Pour le Balai Citoyen, les différentes mesures de soutien aux victimes mises en œuvre jusque-là ne sont absolument pas à la hauteur de la reconnaissance légitime que l’on est en droit d’attendre de la Patrie vis-à-vis des victimes et des ayants-droits.

Ainsi, le Balai Citoyen tient à réaffirmer avec force la priorité absolue qui doit être accordée au dédommagement de toutes les victimes de l’insurrection d’octobre 2014 et du putsch de septembre 2015. L’État doit assumer cette responsabilité historique sans tergiversation afin de soulager un tant soit peu les meurtrissures de toutes ces victimes au lieu de se satisfaire de mesures de saupoudrage depuis des années.

Le Balai Citoyen interpelle vigoureusement le gouvernement quant à la nécessité de reconsidérer scrupuleusement sa posture vis-à-vis de cette problématique. Il exige de l’État qu’il s’engage résolument dans la perspective d’assumer sans réserve ce passif en adoptant à brève échéance une mesure conséquente de dédommagement des victimes ; cela n’est ni trop lui demander, ni hors de sa portée mais constitue tout simplement un devoir légitime.

En effet, assumer une telle responsabilité n’est ni incompatible, ni exclusive du dédommagement que les victimes viendraient à obtenir dans le cadre de la procédure judiciaire.

De l’avis du Balai Citoyen, le devoir de l’État s’analyse comme une reconnaissance politique et symbolique du sacrifice consenti pour la Patrie en dehors des arcanes de la justice. Cela constitue un impératif pour une reconnaissance à sa juste valeur du sacrifice de tous ces héros pour la mère Patrie.

Gloire éternelle à toutes les victimes de l’insurrection et du putsch !

Notre nombre est notre force !
Ensemble, on n’est jamais seul !

Pour le Balai Citoyen, la Coordination Nationale !

Vos commentaires

  • Le 15 septembre à 22:07, par Lom-Lom En réponse à : AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »

    J’espère que le CDP résiduel et tous les partis satellites se rappelleront que le peuple voltaique devenu peuple Burkinabè n’est pas un regroupement de moutons que n’importe qui peut tondre quand il veut ! Concernant le General félon Gilbert DIENDERE, nous n’avons pas de commentaires particuliers. Nous espérons que son cas servira aux "genres" Guillaume SORO en Afrique.
    Gloire éternelle aux peuples en lutte pour la liberté !.

    Répondre à ce message

  • Le 15 septembre à 23:27, par Chasseur d’insurrescrocs En réponse à : AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »

    Les pauvres victimes se sont laissés berner par des politiciens sans scrupules qui se sont servis des cadavres comme marche-pied pour s’installer dans des postes juteux en vue de profiter gloutonnement des délices du pouvoir.
    Les parents de ces victimes n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes car ayant sciemment ou inconsciemment offert la vie des leurs pour des personnes avides de pouvoir.
    Quelles sont les grosses têtes des tenants actuels du pouvoir et de leurs alliés OSC qui ont perdu un des leurs dans cette tumulte ?!
    Personne, car pendant qu’ils appelaient les pauvres ignorants à sortir, leurs proches étaient à l’abri en lieu et eux-mêmes n’ont jamais vraiment risquer leur vie.
    Alors, s’il existe encore des naïfs pour croire en la sincérité de leurs larmes de crocodiles, alors ceux-ci resteront éternellement les dindons de la farce dans la faune politique du Faso.

    A bas les insurrescrocs !!!!

    Répondre à ce message

  • Le 16 septembre à 11:20, par TANGA En réponse à : AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »

    « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »
    Oui il y a lieu de ne pas oublier car personne n’a oublié !
    Comme dit quelqu’un, il faut travailler pour les changements et non lutter pour y arriver si non on restera dans la logique de la lutte.

    Répondre à ce message

  • Le 16 septembre à 12:00, par Sacksida En réponse à : AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »

    Dans la lutte heroique de tout peuple pour la liberte et la democratie, des martyrs, des victimes ont toujours jalonnes le parcours comme ceux et celles tombes lors de l’insurrection populaire et du "coup d’etat de la restauration de la dictature issue du 15 octobre 1987. Lors de ces evenements historiques et douloureux tout patriote qui qu’il soit pouvait bien sur etre martyrs comme d’autres personnes dans l’histoire de ce pays : Thomas Sankara et ses compagnons, Norbert Zongo, et beaucoup d’autres meme sous la colonisation ou l’esclavage. Mais peut-on accuser qui que ce soit bien sur d’avoir suscite cette revolte ou insurrection ? Non. C’est un engagement individuel et collectif pour un but precis et pour un ideal de democratie et de liberte pour defendre des valeurs et des interets populaires. Maintenant, il appartient a ceux et celles gouvernants patriotes, revolutionnaires et insurges de travailler a prendre des mesures adequates pour rendre justice aux martyrs, aux victimes et a leurs ayants-droits. Du reste, le Balai Citoyen et d’autres OSC serieuses ont toujours joue leur partitions dans tout le processus ; afin que ces revendications soient satisfaites. En tout etat de cause, dans tout pays ces genres d’evenement ne sont pas les premiers et ne seront pas les derniers. Aux Dirigeants patriotes, revolutionnaires de travailler a relever des defis multiformes afin que les sacrifices supremes des martyrs et des blesses ne soient pas du tout vain. C’est cela aussi des responsabilites des dirigeants et des gouvernants soucieux de servir des interets collectifs et nationaux. Salut.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Putsch de septembre 2015 : Minata Guelwaré est décédée
Coup d’Etat de septembre 2015 : Dans l’attente des indemnisations...
AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »
Procès du putsch : Les accusés condamnés solidairement à payer 947 279 507 F CFA à titre de dommages et intérêts aux parties civiles
Procès du putsch du CND : L’audience sur les intérêts civils à nouveau renvoyée au 19 novembre 2019
Procès du putsch : L’audience sur les intérêts civils renvoyée au mardi 29 octobre 2019
Procès du putsch manqué de 2015 : Pour le journaliste Sita Tarbagdo, « les faits sont têtus »
An IV du putsch manqué de septembre 2015 : Des Bobolais prônent la réconciliation nationale
An IV du putsch de septembre 2015 : Déclaration du balai citoyen en cette journée d’unité d’action patriotique
Putsch de septembre 2015 : Quatre ans après, syndicalistes et citoyens se souviennent de la résistance opposée par le peuple
Procès du coup d’Etat : En fuite, Fatou Diendéré et 6 autres écopent de 30 ans de prison ferme
Procès du putsch de 2015 : Fatoumata Diallo, l’épouse du Général Diendéré condamnée à 30 ans de prison fermes
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés