Éducation : le village de Wan fête sa nouvelle école de 50 millions de francs CFA

LEFASO.NET • lundi 25 juin 2018 à 00h36min

Puis vint l’inauguration ! La promesse de Ecobank de construire une école dans le village de Wan (situé à 5 km de la commune rurale de Bondigui dans la province de la Bougouriba), a été concrétisée. Après la pose de la première pierre, le 10 décembre 2017, ce 24 juin 2018, « la Banque panafricaine » a remis officiellement les clés de l’infrastructure au ministre de l’Éducation nationale. Wan n’est plus un village oublié comme nous l’avons écrit en octobre. Ecobank l’a rendu important en y déplaçant des centaines de personnes dont deux ministres de la République. Wan n’a plus sa face hideuse que constituaient ces trois paillotes faisant office de salle de classe. L’institution bancaire lui a offert une école, des logements pour enseignants, un forage, le tout, d’une valeur de plus de 50 millions de francs CFA.

Éducation : le village de Wan fête sa nouvelle école de 50 millions de francs CFA

Commencer l’année scolaire sous des paillotes, à la merci de toutes les intempéries, mais la terminer dans des classes « normales » offrant de meilleures conditions d’apprentissage et de travail. Arnaud Kam, élève en classe de CE2 à l’école de Wan B, et ses camarades n’auraient cru pour rien au monde à ce rêve. Lazare Sanou, le directeur de l’école, en bon Lazare qui préfère voir pour croire, se serait bien gardé d’un tel optimisme béat, lui qui, depuis trois années successives, a enseigné sous des paillotes.

Et pourtant, ce 23 juin 2018, le village avait un seul point de convergence : la nouvelle école Wan B, bâtie sur un vaste terrain. Sous un ciel brumeux en ce début de journée, l’expression des visages traduisait la joie. Ces mômes formant cette haie d’honneur pour souhaiter la bienvenue aux convives, en chant, pourraient bien servir d’instrument de mesure de l’allégresse des habitants et ressortissants de Wan.

« Nous sommes comblés de joie ce matin de voir notre rêve devenir une réalité », dira plus tard Corentin Ouattara, le représentant des élèves.

L’Ecole de la révolte et du refus de la fatalité

Les choses sont allées très vite. La genèse de la nouvelle école de Wan débute le 18 octobre 2017, avec la publication d’un article titré : Wan, le village oublié et ses classes sous paillotes. L’écrit, selon le directeur général de Ecobank, a traduit avec objectivité la frustration des enseignants, mais aussi leur courage et leur ténacité, l’impuissance et la colère des parents d’élèves, la résignation et le regret des autorités locales. Tout cela, mis en parallèle avec l’enthousiasme des enfants et leur avidité d’apprendre. Ces propos, Cheick Travaly les tenait le 9 décembre 2017, à l’occasion de la pose de la première pierre de l’école.

Puisqu’après lecture de l’article, le directeur général s’est dit touché, et avec lui, l’ensemble du personnel de la Banque panafricaine, pour qui l’impératif d’agir pour améliorer la situation, s’est imposé. À l’occasion des Ecobank Days, la pose de la première pierre annonçait déjà que l’éclaircie n’était plus loin. Six mois, c’est le délai que s’était fixé la banque pour livrer les infrastructures à la commune, afin que les élèves et les enseignants partent en vacances le cœur léger de pourvoir retrouver, à la rentrée scolaire 2018-2019, une école en bonne et due forme. C’est désormais chose faite !

La Banque panafricaine réalise des profits sur la base de ses interactions quotidiennes avec les communautés, de l’avis de son responsable. « Il est donc normal et c’est même une question éthique, qu’en retour, nous témoignions notre reconnaissance, tant en termes de contribution financière que par notre propre énergie », pour améliorer les conditions de vie des « communautés qui nous accueillent si généreusement sur leurs territoires », a précisé Cheick Travaly.

Une infrastructure de 50 millions de francs CFA

Trois salles de classes, un magasin, un bureau. Trois blocs de logements pour les enseignants comprenant chacun deux chambres, un salon, un bloc latrine douche, une cuisine externe, une latrine externe. Ce n’est pas fini. Un bloc de quatre compartiments pour les élèves, le tout alimenté par un forage pour l’alimentation en eau potable.

C’est l’investissement de Ecobank pour l’édification de l’école de B de Wan. Une école dans laquelle l’intégrité physique et la santé des élèves ne seront pas mises en danger, au gré des vents, de la poussière et de la pluie, dira le directeur général, avant d’ajouter que le souci de sa banque était d’offrir aux enfants de Wan, une école qui leur donne le goût de l’apprentissage et l’espoir d’un lendemain meilleur.

« Nous devons concentrer toutes nos pensées sur l’avenir, sur les jeunes qui représentent environ 60% de la population du continent. En contribuant à leur assurer une meilleure éducation, nous sommes conscients d’offrir à ces jeunes la possibilité de relever leur enthousiasme, leur créativité et leur talent », expliquera Cheick Travaly pour qui le rôle de donateur s’arrête à partir de la remise des clés.

Aux bénéficiaires, les élèves notamment, de travailler à mériter ce joyau. Comme une réponse au directeur, le représentant des élèves, Corentin Ouattara, a pris l’engagement, au nom de ses camarades, « de bien prendre soin de l’école, de travailler avec ardeur pour donner de bons rendements ». Il n’a pas manqué l’occasion de rendre hommage aux enseignants qui, malgré « les intempéries et les reptiles », se sont rendu disponibles pour leur assurer un bon encadrement.

Un merci en chœur

Se succédant au pupitre, les intervenants ont tous témoigné leur gratitude à la banque pour son œuvre et au journaliste pour son article qui a suscité l’indignation de laquelle est venue la célébration du jour. « J’ai lu le reportage avant d’être ministre, j’ai été touché, et aujourd’hui je suis très heureux d’être là pour témoigner la gratitude du gouvernement à Ecobank », a dit, pour sa part, le ministre de l’Éducation nationale, Stanislas Ouaro.

Il n’a pas manqué de rappeler que la promesse du chef de l’Etat de faire des écoles sous paillotes un lointain souvenir à l’horizon 2020 est un défi majeur à relever. L’engagement des partenaires comme Ecobank est donc une bouffée d’oxygène, sinon, une épine de moins dans le pied de l’Exécutif. En attendant, pour terminer ce que la banque a commencé, Stanislas Ouaro a promis se pencher sur la normalisation de l’école B de Wan, qui devrait passer à six classes.

« J’avais honte de passer de ce côté du village », confessera pour sa part abbé Mathias Kam, natif du village, avant que le directeur de l’école n’ajoute que désormais les enseignants sont plus que jamais motivés pour s’investir davantage dans l’éduction de la future élite de Wan.

C’est sous les arbres ombragés de la nouvelle école de « Wan ville », comme l’appellent affectueusement les ressortissants de cette bourgade, que ministres, autorités locales, élèves, enseignants et autres invités ont déjeuné.

Lefaso.net


Wan, le village oublié et ses classes sous paillotes a été l’un des deux reportages qui ont remporté le prix Galian 2018 dans la catégorie presse en ligne. À l’occasion de cérémonie d’inauguration de l’école, le journaliste a présenté son trophée au village. Il a été gratifié de cadeaux.

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