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Education : Wan, le village oublié et ses classes sous paillotes

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • vendredi 3 novembre 2017 à 14h39min
Education : Wan, le village oublié  et ses classes sous paillotes

Un terrain nouvellement débarrassé de ses hautes herbes et sur lequel trône désormais trois hangars. Il y a trois ans, le premier abri de fortune a poussé et chaque année un autre s’ajoute. C’est là que les enfants ont rendez-vous avec les enseignants pour apprendre à lire, à écrire..., dans ce village enfoui dans les profondeurs de la commune de Bondigui, province de la Bougouriba, région du Sud-Ouest. Lasses de s’être saignées depuis des décennies pour construire une première école, aménager une route, construire des points d’eau et récemment un centre de santé, les populations qui s’estiment abandonnées et oubliées, ont les regards désormais rivés sur leur gouvernement. A lui de jouer enfin son rôle régalien.

“Accroche-toi bien”, nous conseille notre guide quand nous quittons la route nationale N°12 (Diébougou-Bobo Dioulasso), à gauche à partir de Bondigui, pour entamer la piste rurale qui conduit au village de Wan. “Il s’est réfugié” (Wan), en langue Djan, porte bien son nom. Sur un trimard rural en piteux état, et au milieu d’une forêt boisée de part et d’autre, il faut pister prudemment son chemin.

Le village de 1874 habitants selon le dernier recensement général de la population (2006), est à environ 6 km de la commune rurale de Bondigui qui elle-même est distante de Diébougou (chef-lieu de la province de la Bougouriba) de 30 km. La bourgade en cette soirée du 17 octobre 2017, est quelque peu calme. C’est la période des récoltes et les villageois majoritairement agriculteurs, sont allés chercher les fruits de leurs labeurs dans les champs.

Enseignants et élèves côtoient quotidiennement le danger

Du coup, on est loin de l’animation habituelle dans les cabarets et autres lieux de rencontres. C’est plutôt dans les écoles que le brouhaha rompt le silence général. Justement dans un coin du village, trois hangars se dressent sur un terrain nouvellement désherbé. C’est l’école ’’B’’ de Wan, réfugié au tréfonds du village, comme une face hideuse que l’on cherche vainement à cacher. Des hautes herbes encore luxuriantes ceignent en C, le périmètre de l’école.

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Du CP1 au CE1, trois années sous paillotes

Sous une des paillotes, l’heure est à la lecture. A tour de rôle, les élèves passent avec un bâton pour lire, sous les yeux attentifs de l’instituteur certifié, Lazare Sanou. C’est lui qui, il y a trois ans, a porté sous les ’’fonds baptismaux’’, la première paillote. Après 10 ans de fonction, il faisait sa première expérience d’une école de ce type. Affecté en septembre 2015, il se rendra compte qu’en réalité, il est directeur d’une école qui n’existe que sur les papiers.

« J’étais seul à l’ouverture. Le site initial se trouve à la sortie du village. Vue la distance et au regard de l’âge des tout-petits, on a négocié un local. C’est en 2016 que nous sommes venus sur ce site. On s’assoit sur les tables-bancs comme les élèves. Ça fait trois ans que je n’ai pas une seule chaise », témoigne le directeur. Ses élèves sont actuellement en classe de CE1.

Entre temps, en 2016 puis en 2017, deux autres ’’classes’’ ont été ouvertes, ce qui porta le nombre de hangars à trois avec un effectif total de 81 élèves réparti comme suit : 35 élèves au CP1, 28 élèves au CP2 et 18 élèves au CE1. Sur le site, encore éberlué par ce qui fait office d’école, on est vite tiré des sentiments entremêlés par l’enthousiasme qui règne sous chaque paillote. « Moi, Monsieur », « Moi Madame ».

Une vie d’école sous paillote

« C’est exposé, et pour que les enfants suivent les cours, c’est tout un problème. Ils sont distraits de tous les côtés. Voyez-vous avec ma taille, ma tête se heurte chaque fois à la paille de la toiture et ce sont les enfants eux-mêmes qui m’interpellent tout temps par ’’eh Madame, Madame l’arbre là va cogner votre tête hein » ; tranche de vie racontée par Alimata Coulibaly qui tient la classe de CP2.

A LIRE- Daouda Guinko : Des Hauts-Bassins au Sahel, portrait d’un jeune enseignant sous paillotes

Ses dires sont confortés par sa collègue du CP1 qui avoue que le plus dur, c’est quand par exemple un camion traverse le village. Là, il faut carrément interrompre momentanément les cours. « Regardez, suivez », ne cesse alors de marteler les enseignants.

Outre l’environnement qui n’est pas propice à l’enseignement des enfants, il y a le manque du minimum pour tenir sous les hangars. Les tables-bancs du CP1 ont été empruntés et dans les jours à venir, les apprenants pourraient s’asseoir à même le sol ou apporter carrément des tabourets à l’école.

Bê Kporo Kam, président de l’Association des parents d’élèves (APE) ne cache pas sa colère. « On achète le secco (Ndlr. paille), quand la pluie bat, il faut refaire. C’est avec nos petites économies que nous achetons les tableaux à 22 500 F CFA l’unité. Même les tables-bancs, on va emprunter. Au CP1, les enfants étaient assis à même le sol. Nous sommes allés en demander. Si la campagne d’alphabétisation Djan recommence, les propriétaires vont récupérer leurs bancs et leurs tableaux. On demandera peut-être aux élèves d’envoyer des tabourets. Je cours de gauche à droite pour négocier, je suis fatigué de demander... », fulmine le président.

L’école primaire ’’B’’ de Wan

C’est donc avec impuissance que le village observe la débrouillardise des enseignants et des élèves, soumis également aux intempéries de toutes sortes. « Aujourd’hui au Burkina Faso, voir encore une école sous paillotes plus de trois ans, ce n’est pas possible. A la radio et à la télé, on voit que le gouvernement lutte contre cela », rumine de son côté Pascal Kam, notable du village.

Dans ces types d’écoles, le danger ne se cache pas souvent bien loin. « Vous voyez les herbes sont touffues, si un reptile sort ici, c’est la débandade », note le directeur.

Justement le pire a failli arriver dans une des 30 classes sous paillotes que compte la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Bondigui. Le conseiller pédagogique de l’inspection de la commune, Arsène Bê Palm, nous confie qu’un serpent est une fois tombé du toit en plein cours. Ce fut la débandade. Mômes et enseignante y compris. Ce sont les garçons de ladite classe qui auraient tué le reptile, alors que ’’Madame’’ tremblait de tout son corps.

« Il ne faut pas s’asseoir à Ouaga là-bas, et accepter l’ouverture d’une école, sans connaitre la réalité sur le terrain », assène le premier responsable de l’école.

La qualité attendra...

Quel type d’enseignement est dispensé dans ces conditions, en ces lieux d’assimilation des premiers savoirs ? Malgré la volonté des instituteurs adossée à l’enthousiasme des élèves, la réalité est comme un boulet qui tire la qualité de l’éducation vers le bas. « Je crois que c’est un travail très insuffisant que nous faisons ici. Il faut le dire », résume sans ambages, le directeur Lazare Sanou.

« Ce sont des enfants burkinabè comme les autres, ils ne sont pas à part, ça nous fait mal », soupire Bê Kporo Kam, pendant que Ignace Kam, conseiller municipal de la commune et ressortissant de Wan encourage le directeur et les deux dames. Lui-même étant enseignant, reconnaît l’exploit quotidien des trois obligés.

« Nous faisons du tâtonnement »

Le directeur de l’école, Lazare Sanou ’’Nous faisons du tâtonnement’’

« Dites à l’Etat, dans la mesure du possible, d’effacer les écoles sous paillotes du Burkina Faso, parce que nous ne faisons pas de l’enseignement, mais du tâtonnement. Si on veut une jeunesse bien préparée, il faut construire, ne serait-ce que deux, trois salles de classe, et attendre pour la normalisation », plaide Lazare Sanou pour qui, lui et ses collègues ont le devoir malgré les conditions, de faire leur travail. C’est un sacerdoce avant tout pour eux.

« Nous avons opté pour l’enseignement. Si nous on refuse, qui va enseigner ? Nous sommes de passage et nous allons donner le meilleur de nous-mêmes pour que les enfants sortent avec leur CEP. C’est peut-être d’autres qui vont bénéficier de la construction de l’école. », a-t-il poursuivi.

« Le gouvernement n’existe pas ici »

Le président de l’Association des parents d’élèves, Bê Pkoro Kam ’’Le gouvernement n’existe pas ici’’

L’école ‘’B’’ de Wan est une particularité, une « exception », selon le mot du maire de la commune de Bondigui, Sié Francis Sou. Il y a certes une trentaine de classes sous paillotes disséminées à travers les 14 villages de la commune, mais il n’y a qu’à Wan que toute l’école est en paille.
Mais à quand la fin du calvaire des enseignants et élèves de l’école ‘’B’’ de Wan ? Le site est déjà choisi, mais la construction de l’infrastructure se fait attendre malgré les promesses. « L’année passée, l’inspecteur m’a dit que cette année, il y aura un projet de construction de quatre salles de classe ». Heureux, le directeur appelle ses collègues pour leur apporter la bonne nouvelle. Finalement, la déception fut à la hauteur de l’espoir suscité par la promesse.

Le maire qui nous a effectivement confirmé que le choix du site est fait, ne sait pas non plus quand l’école sera construite. Le bourgmestre de Bondigui confesse que la municipalité n’a pas assez de fonds pour cela. Lui et ses collaborateurs attendent les fonds transférés, c’est-à-dire l’allocation annuelle de l’Etat central. Mais elles sont insuffisantes pour construire une école.

Le village qui a déjà saigné pour plusieurs projets se dit à bout de force. A l’Etat de jouer son rôle régalien. En effet, Wan dispose déjà d’une école, Wan ‘’A’’. Elle a été construite grâce à l’abbé Sié Mathias Kam, prêtre du diocèse de Diébougou, en service à Ouagadougou comme secrétaire général de la conférence épiscopale Burkina- Niger. Natif de Wan, nous l’y avons trouvé. Des « amis m’ont aidé à avoir la toiture, du ciment. Les habitants du village ont acheté les pierres taillées et ont fait les travaux et ont servi de main-d’œuvre. C’est ainsi qu’on a construit la première école à trois classes, avec les logements pour enseignants », rappelle-t-il. Des forages et bien d’autres infrastructures ont vu le jour dans le village grâce à lui.

Le Centre de santé et de promotion sociale(CSPS) nouvellement construit, l’aménagement et l’entretien de la route Bondigui-Wan, sont le fruit des sacrifices des villageois. « Le village est fatigué de se prendre en charge. Tout ce qui existe ici comme infrastructure, c’est l’œuvre des villageois. On s’attendait à ce que la construction de l’école ‘’B’’ se fasse rapidement pour remettre la population en confiance. Sinon c’est comme si ce village ne faisait pas partie de la commune ou même du Burkina. On se sent oublié », raconte le conseiller municipal Ignace Kam, siégeant au conseil régional à Gaoua.

Très remonté le président de l’APE, Bê Kporo Kam assène que le gouvernement n’a jamais rien fait dans ce village. « Je n’ai jamais vu quelque chose que le gouvernement a fait ici. Le gouvernement n’existe pas ici. Pourtant on vote tout le temps, mais on ne voit rien ».

L’abbé Sié Mathias Kam soutient, quant à lui, que la mairie et l’Etat devraient encourager les villageois à poursuivre leurs efforts. « Cela fait 40 ans que je fais ce que je peux. Les politiciens viennent dire on va faire, on va faire, mais au finish, on ne voit rien. »

En attendant, Arnaud Kam en classe de CE1 et ses camarades, toujours aussi enthousiastes que curieux, sont sous un abri précaire. A la merci de l’harmattan, du soleil à certains moments de la journée et de bien d’autres désagréments. Ce, dans l’espoir qu’une quatrième paillote ne sera pas construite, en guise de classe de CE2 pour la rentrée prochaine. Mais plutôt une école ’’normale’’ comme celle des autres enfants burkinabè.


Lire aussi : Education : La région du Centre-Est veut en finir avec les infrastructures éducatives sous paillotes

Lire aussi : Burkina Faso : à quand la fin des écoles sous paillote ?


Tiga Cheick Sawadogo (tigacheick@hotmail.fr)

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  • Des hautes herbes autour de l'école fréquentée par des mômes
  • Selon Abbé Sié Mathias Kam, Wan mérite d'être soutenu dans ses efforts (...)

Messages

  • Je me rappelle que l’ecole de mon village a été construite par la population elle même sous la révolution de Thomas Sankara. Chaque foyer a du contribuer en nature comme en espèce. Pour qui se souvient des travaux "faso baara", des maçons locals, je veux dire du village, étaient réquisitionnés et la population qui s’était organisée en groupuscules(par quartier) servir de main d’oeuvre. Ainsi le village a donc réussit a construite 3 classes 2 loges pour les enseignants et un puits à grand diamètre.

    Justes pour dire mon regret quant à notre intégrité que nous avons perdu. Quel fierté avons nous aujourd’hui d’attendre tout des autres. Le long règne de "kayamaga" n’a fait que nous sombrer. Le brave peuple devenu fénéant. Desolation.......

    • Les missions, les ateliers, les forums, les bons d’essences, les surfacturations, les réquisitions de retraité inutiles, etc... Voilà tant de détournement des droits des autres burkinabé. tant de détournement bêtes et amoraux. Et une V8 équivaut à 4 écoles de 6 classes équipées. Les gens sont à la capitale à pillér les ressources de l’état sans gènes. Le peuple vous regarde et se désintéresse petit à petit de la notion d’État Nation. Les injustices et les injustices.. Bref, produisons nos tomates.

    • Merci pour votre commentaire, en effet, comme l’a dit le prêtre, le village est fatigué de se prendre en charge après construction de l’école A et le CSPS par lui même. Comprenez notre réaction.

    • Ken Power que Dieu te benisse pour ton courage et la verite assenee.Sous nos tropiques on est dans l emotion au lieu d etre dans la verite.Sinon je crois que dans le fameux village les gens ne dorment pas sous des paillotes.Dans mon village au Yatenga ils ont contruit eux meme les classes et nous les ressortissants avons paye les toles.Personnelement je ne vois aucune fierte a proclamer sa paresse et son manque d imagination.Entre Burkinabe il va falloir qu on aie le courage de se dire certaines verite.Quand a mr l instituteur courage,mais si celui qui est en brousse ne peut pas courir pcq il n a pas de terrain de sport cela est paradoxal.Faites vous meme votre terrain.Quand il ya couscous vous mangez avec les enfants alors ca fait quoi de te trouver une chaise.

    • Absolument d’accord avec toi, KOBINABA. Je me demande même si les parents veulent vraiment d’une deuxième école.

  • Courage à vous et restez optimistes.
    Le président Rock vous regarde et à l’écouter, il a la solution à votre problème, à tous vos problèmes. Il a eu 18 000 milliards.

  • Nos enseignants font un excellent travail dans un contexte TRES difficile. Encourageons-les.

    • merci Malheureusement ceux qui ont beneficié de ces sacrifices des enseignants sont les premiers a les mepriser. J eme rappelle d’un certain premier ministre Tiao
      SOME

  • C’est vraiment inconcevable qu’un village soit abandonné à lui même de la sorte. Cependant, des questions demeurent : les effectifs d’élèves sont ils suffisants pour permettre l’ouverture de cette deuxième école de Wan ? Si oui, que fait le C-CEB alors ? N a t il saisi sa hiérarchie à cet effet ? Une région aussi riche en minerais (or), qui présente la pire de misère aux yeux du monde... Ressaisissons nous, frères burkinabè !

    • Monsieur bod ! Aucun responsable de l’enseignement primaire au Burkina, c’est à dire C.CEB, DPENA ou DRENA n’a pas le pouvoir de s’opposer à l’ouverture d’une école même si les conditions minimales ne sont pas remplies. Le faire, c’est se mettre à dos les politiciens de tout acabit de la localité.

  • Bonjour monsieur le journaliste, vous avez fait du bon boulot, qui je l’espère, portera ses fruits pour le bonheur des enfants et de ces braves enseignants. Ils méritent toutes notre reconnaissance pour leur patriotisme. En tout cas félicitation à eux et aussi bon courage. Merci à vous Monsieur Tiga d’avoir mis la lumière sur cette réalité. Attendons de voir la suite qui sera réservée à cet grand reportage.

  • Pourtant l’argent d’une V8 peut construire 3 salles de classe. C’est çà le Burkina émergent

  • merci mr le journaliste !
    merci lefaso.net !
    voila un reportage édifiant, constructif !
    montrer les insuffisances de développement pour alerter les burkinabè et les gouvernants. beaucoup de courage aux braves instituteurs de brousse !
    de façon générale la presse doit sortir de Waga et ne plus s’attarder sur les agitations des OSC parasites qui polluent l’opinion nationale.

  • Wan c’est ou même encore ?? Yako, On a autre chat à fouetter... Courage !

  • Je propose une autre forme de sortie du sous développement pour endiguer le phénomène des écoles sous paillote. Qu’on retienne 500fcfa à la source des salaires de chaque fonctionnaire en leur donnant de bonnes informations là dessus. Cela pendant dix mois. et chaque mois on aura 75000000 de francs(150000*500fcfa). A chaque fin de construction qu’on leur montre le fruit de leur labeur. Pendant ce temps on prépare le fichier biométrique des acteurs économiques du secteur informel pour les dix autres mois à venir. Je pense qu’avec 75 millions on pourra construire un bâtiment de trois classes avec la contribution des populations locales.et laissons ces gouvernants. Pour les taxes qu’ils(les gouvernants) vont vouloir percevoir nous allons en discuter. Plus les uns et les autres s’impliquent dans le processus du développement plus il aura une vraie prise de conscience.

  • Ce que vivent ces enfants et villageois de Wan n’est pas specifique. Souvenez vous de Daouda Guinko : Des Hauts-Bassins au Sahel, du gourma etc. C’est devenu malheureusement la norme dans beaucoup de regions du Burkina, ce meme burkina ou nous passons notre temps a feter des milliards et a parler de tablettes a l’école. Rien n’a changé : disons que les choses ont empiré. Nous faisions 10kms dans la brousse pour aller s’asseoir sous un arbre comme eux. Si moi j’ai commencé sous paillotte, comment se peut-il que mes enfants en restent toujours là ?

    ces enseignants dits de brousse sont les vrais patriotes et humanistes. C’est eux qui aiment et construisent le pays. Comment voulez vous que ils fassent du civisme sur la nation, sans qu’ils ne peuvent meme pas avoir un simple tissu ? Ca coute combien à l’administration ? On n’a que les hypocrisies des responsables immediats qui sont pris en tenaille entre les realites de terrain et l’irresponsabilité des ministeres. Dire que «  L’école ‘’B’’ de Wan est une particularité, une « exception », », c’est quoi l’exception quand c’est 30 ecoles dans le departement ?

    Mais dès qu’il y a une idée pour faire un travail quelconque, chacun reflechit d’abord comment il peut detourner dedans : c’est quoi le deal. Chacun s’emeut et continue de cautionner cet etat de fait. Que font les fils du pays qui sont pourtant des gens haut placés dans l’etat ? Je connais l’abbé Mathias Kam qui se bat comme il peut aux cotes des villageois. Est-ce que ce sont ces enseignants qui sont decorés de la medaille de ceci cela ? est-ce que ce sont ces enseignants qui recoivent un million par mois ? etc

    Sous la revolution sankara avait fait de l’education la premiere des priorites : il a vendu les cadillac, BMW et autres Mercedes pour faire des ecoles… C’est une question de patriotisme et de volonté politique.
    SOME

  • Je propose une autre forme de sortie du sous développement pour endiguer le phénomène des écoles sous paillote. Qu’on retienne 500fcfa à la source des salaires de chaque fonctionnaire en leur donnant de bonnes informations là dessus. Cela pendant dix mois. et chaque mois on aura 75000000 de francs(150000*500fcfa). A chaque fin de construction qu’on leur montre le fruit de leur labeur. Pendant ce temps on prépare le fichier biométrique des acteurs économiques du secteur informel pour les dix autres mois à venir. Je pense qu’avec 75 millions on pourra construire un bâtiment de trois classes avec la contribution des populations locales.et laissons ces gouvernants. Pour les taxes qu’ils(les gouvernants) vont vouloir percevoir nous allons en discuter. Plus les uns et les autres s’impliquent dans le processus du développement plus il aura une vraie prise de conscience.

    • Mon frère,
      le problème, il n’y a pas que les écoles. Les gens se plaignent sur l’octroie des marchés. Et les travailleurs se plaignent
      et revendiquent beaucoup de choses.
      Pourquoi les gens envie le président Thomas SANKARA ?
      Le gouvernement doit donner et assurer la confiance à la population et réaliser ses promesses.
      Avec les 5 ans de mandat, le MPP perd beaucoup de temps sur d’autres choses moins importants.

  • En cas de pluies (saison des pluies), il se peut qu’il n’y ait plus de cours. La fin de l’année doit être un casse-tête.
    un parti politique (, par exemple un député d’un parti) peut financer une classe par an ou les 3 à classes du coup.
    Au lieu d’attendre les prochaines campagnes électorales pour aller tromper les habitants.

    Pourtant le Burkina ne manque de personnalités pouvant financer une école.

    Je ne défend pas le gouvernement, mais il a aussi sa part de responsabilité

  • Merci monsieur le journaliste de lefaso.net.pour ce reportage. C’est cela le journalisme, au lieu d’être là avec des critiques non constructifs. Courage aux enseignants de ces écoles sous paillotes. Seul le sacrifice paie et nous espérons que le Gouvernement a pris bonne note.

  • De voir ça en 2017 au Burkina, ça vraiment très honte ! ça ne devrait plus exister dans ce pays alors que trop d’argent est gaspillé pour des futilités quand ce n’est pas détourné.

  • Envoyez s’il vous plaît cet article directement à la présidence du Faso. Question de connaître les réalités et les besoins du pays ! Merci

  • J appel tous les fils de cette région de faire les divisions politique et de penser à ce village. N attender pas les dirigeants faite parler vos coeurs les gourous de cette région car si les enseignants démissionnent ses enfants auront quel avenir car la clé du succès du pauvre c est l école. S il faut que que tout le bf cautise pr venir aider ces enseignants ces fils intégre du faso a difuser le savoir a ces enfants de wan. Je demande que ces enseignants soit décorés car ils font 1 boulo formidable. Ns la population ne vs seront très reconnaissant. Salut

  • J appel tous les fils de cette région de faire les divisions politique et de penser à ce village. N attender pas les dirigeants faite parler vos coeurs les gourous de cette région car si les enseignants démissionnent ses enfants auront quel avenir car la clé du succès du pauvre c est l école. S il faut que que tout le bf cautise pr venir aider ces enseignants ces fils intégre du faso a difuser le savoir a ces enfants de wan. Je demande que ces enseignants soit décorés car ils font 1 boulo formidable. Ns la population ns vs seront très reconnaissant. Salut

  • Et pourtant je ne lis que du bonheur sur le visage des enfants. Ban Ki Moon n’a pas eu la chance d’avoir des paillotes mais il a ete le plus haut fonctionnaire du monde. Du courage mes petits.

  • Bon, c’est vrai que ce n’est pas facile mais est-ce vraiment plus facile dans une école dite normalisée qui est un four en période chaude ? combien de ces dernières sont délabrées au bout de quelques années faute d’entretien ? Il faudrait savoir ce que l’on veut aussi dans ce pays : d’un côté plusieurs centaines de millions pour un forum inutile sur la sécurité et de l’autre des paillotes de fortune. Quand l’état paie des 4X4 V8 de luxe à des fonctionnaires alors qu’ils se pavanent avec à Ouaga ou dans les chefs lieux de région, l’esprit révolutionnaire et patriotique de Sankara a disparu depuis longtemps. Je termine pour dire que l’on a déjà oublié les leçons du soulèvement populaire. Et, si dans quelques décennies sortaient un président de cette école, on dira quoi ?

  • Voila l’autre visage du Burkina qui ns interpellent sur le manque d’équité et justice sociale. Ici c’est tout le systems de gouvernance qui pose probleme. Il ya les uns, et il ya les autres. Courage à ces écoliers qui doivent savoir que le system de gouvernance les prive d’un droit.

  • Félicitation M Tiga Cheick SAWADOGO ! Les gens n’osent pas écrire.Et du même coup je souligne que si les gens osaient, il n’y aurait pas de place dans les différentes presses du pays. Pour preuve, en 2015-2016 il y avait huit cent trente cinq (835) classes du public sous paillotes au Burkina. voir annuaire 2015-2016 du MENA. A Kpéré dans le Noumbiel existe une école B de six classes toutes sous paillotes et ces genres d’exemples sont monnaie courante.
    Ce qui me dérange dans les propos de M SAWADOGO, Wan n’est ni oublié ni moins abandonné. Depuis 2010 nous avons visité une école A contruit et normalisée à Wan. Nous avons visité la même année un bisongo (Classes, latrines, laves-mains, équipement complet, forages) d’un montant de plus de 35 millions, construit par UNICEF avec le dynamisme d’un agent de l’Action Social de Diébougou et de celui de sa Majesté de Wan, un très haut cadre de la Haute Volta à la retraite. Tenez bien, ce bisongo est fermé depuis plus de cinq (5) ans : voir annuaires du Mena de 2016 en descendant. L’INTERNAUTE 4 s’est posé la question sur la population scolarisable. On pourrait trouver ces chiffres sur le site de L’INSD. Il aurait fallu que M SAWADOGO remercie d’abord l’État et ses partenaires pour les efforts passés, wan à une école de six classes, un bisongo, un CSPS, la micro finances ( FARF couvre le village) et une école B AUTORISÉE par l’ETAT. M SAWADOGO, quelque part vous avez frustré plus d’un. Des actions comme l’affectation d’agents de l’ETAT dans le bisongo est prévue pour cette rentré 2017-2018 en vue de dynamiser la structure. Ils seront recrutés sur mesure nouvelle pour plus de cent bisongo (Projet qui tient à cœur M le Ministre de l’Éducation). M SAWADOGO, Wan, village très propre, très beau, habité par des hommes intègres, a plutôt de la chance ! votre écrit permettra de nous investir pour la construction de l’école B. Nous aimons simplement WAN-VILLE d’après sa Majesté de cette cité. Cordialement !

    • Dites nous pourquoi ces bâtiments sont fermés depuis cinq ans soit 2 ans après leur construction et alors pourquoi les enfants sont sous paillote alors qu il y a des bâtiments ?
      SOME

  • Est-ce que la population ne pouvait pas mieux construire ces paillotes pour mieux abriter les enfants et les enseignants ? Par exemple des murs en terre battue , construction type de la localité qui coute 0 Fcfa.

  • Vraiment chers enseignants que Dieu vous bénisse. Je comprends maintenant pourquoi le niveau de nos enfants baissent d’année en année. Tout simplement parce qu’on ne peut pas enseigner dans de telles conditions et produire du bon résultat ! Les élèves, l’enseignant ne sont pas bien disposés. Comment enseigner avec la peur au ventre (serpent à droit, intempérie à gauche) ? Et dans tout ça là, quel avenir réserve-t-on à ces tout petits ? Chers dirigeants, sachez bien que pour que ces enfants assimilent les enseignements de l’instituteur, cela dépend de l’élévation de leur niveau moral et psychologique. Ces enfants à travers tout le pays se voient défavorisés par rapport aux autres ! Donnons la chance à tout les enfants. Plus jamais d’école sous paillote au Burkina. Si on sait qu’on n’est pas prêt, on laisse quand on le serra. Voyez vous-même comment ils sont assis et ils regardent, ils font pitié. Ils voient leur avenir brimé. De même que leurs enseignants qui se battent au front pour donner un peu de chance à ces enfants en leurs prodiguant le savoir. Ces enseignants pouvaient déserter pour laisser les enfants à eux-mêmes et à leurs parents. C’est pas bon arrêtons ça.

  • Je me souviens avoir vu la photo d’une belle et rutilante MERCEDES devant l’ambassade du BF à Vienne, en Autriche, dans un article du Faso.net.....

  • Deux petites questions au ministère de l’éducation nationale quelles sont les conditions de création d’une école ? et y a t’il un plan de couverture en infrastructures scolaires ?
    Une proposition de solution : Les gens du sud ouest sont fiers, vigoureux (les habitants de lobi-gaoua sont les plus forts et ....). Je propose une mobilisation locale avec la création d’une association pour la construction d’écoles de la solidarité, qui lèvera une contribution volontaire de tous les ressortissants du sud ouest pour transformer toutes les écoles sous paillotes du sud ouest en vraies écoles, pas seulement de l’argent, surtout des contributions en nature (gravier, sable, briques en pierre taillées de la région, force de travail, eau...).
    Sinon vous attendrez encore un peu les 18 milliards de promesse de financement du PNDS ou la vente des V8.

  • Et pourtant, ces écoles sous paillotes pourraient être LA SOLUTION ou la source d’inspiration pour endiguer le problème d’infrastructures de l’école burkinabé. Construisons adapté, simple, moins cher avec des procédures propres aux terroirs, connues et choisies par les populations. Notre système éducatif se portera mieux. Nos infrastructures et nos équipements actuels sont inadaptés et budgétivores. Il faut oser réfléchir à partir de ces paillotes pour sortir des produits modernes qui feront notre fierté.
    En attendant, courage et félicitations à ces enseignants qui repoussent les frontières de l’ignorance malgré les conditions difficiles.

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