L’ANEB Koudougou contre les conditions de vie et d’études des étudiants

jeudi 18 juin 2015 à 09h26min

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L’ANEB Koudougou contre les conditions de vie et d’études des étudiants

Camarades étudiantes, étudiants et élèves stagiaires,

L’Université de Koudougou est en proie à une crise sans précédent se traduisant par une dégradation draconienne des conditions de vie et d’études des étudiants et stagiaires, conséquence logique de la gestion gabegique, archaïque et maffieuse des autorités universitaires et gouvernementales. Cette situation est la résultante de l’application zélée et sans état d’âme des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) doublement rebaptisés Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) et actuellement Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) sous les injonctions de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) dans le secteur de l’éducation, notamment dans son ordre supérieur. Cette crise embrasse tous les aspects de la vie estudiantine.
En effet, sur le plan des infrastructures, la misère est à son comble, et pour cause ! Les amphithéâtres, salles de TD et de TP, salles informatiques, bibliothèques existants, en plus d’être vétustes, sont largement dépassés. Ainsi, certaines promotions d’étudiants ou de stagiaires passent des semaines entières dans l’oisiveté due au manque de locaux pour leurs cours. D’autres d’entre eux se baladent à longueur de journée à la recherche de salles inoccupées (CAPES-Français, CAPES-Anglais, Histoire, SEG, etc.). Elèves stagiaires et étudiants continuent encore de squatter les locaux tout aussi vétustes qu’inadaptés de la SAP et de l’aumônerie. Certains nouveaux bacheliers ont été arbitrairement orientés dans des filières ne figurant pas dans leur choix de départ faute d’infrastructures d’accueil. Les étudiants en sciences de l’information documentaire (SID) en savent quelque chose. D’autres ont été purement et simplement refusés, toute chose qui consacre leur exclusion du bénéfice de la science et du savoir.

Sur le plan académique et pédagogique, le manque criard d’enseignants aussi bien dans les UFR qu’à l’ENS constitue l’un des facteurs indéniables du retard. Par exemple, les CAPES (Maths, SVT, Philo, Allemand, Histoire-géo, etc.) ont dû passer plusieurs semaines sans cours par manque d’enseignants. Selon le rapport du Comité Ad hoc de Réflexion (CAR) de 2012, le ratio étudiant/enseignant était de 372 étudiants pour un enseignant. Pourtant, les normes de l’UNESCO imposent entre 15 et 40 étudiants pour un (01) enseignant. A cela, est venue s’ajouter l’application à l’aveuglette du système LMD et sans mesure d’accompagnement qui a plongé notre université dans un désordre indescriptible. Ainsi, suppression de certains TP et TD, bâclage des cours (GEO I, HIST. III, SID I, SEG, etc.), réduction de volumes horaires de certaines matières ou modules, limitation de la formation à la Licence, ont fini par consacrer le sabotage de notre formation et le nanisme intellectuel à l’UK. Ensuite, programmations anarchiques, chevauchements de semestres et d’années, retards explosifs des calendriers universitaires avec des années académiques sans tête ni queue, échecs massifs, inaccessibilité de master (250.000 FCFA, pardon, pour ce qui existe, notamment en psychologie), photocopies systématiques de cours et aux frais des étudiants et stagiaires, etc. ont contraint certains étudiants à l’abandon. La privatisation de certaines filières (cas de l’IUT) fait son petit bonhomme de chemin.

Camarades étudiantes, étudiants et élèves stagiaires,

Qu’en est-il du plan social ? A ce niveau, on assiste à une véritable clochardisation des étudiants. En ce qui concerne la restauration, le contingentement des plats servis condamne les étudiants à abandonner les cours dès 9h ou 16h pour se mettre à la recherche d’un plat hypothétique et de piètre qualité au Restaurant Universitaire (RU). En effet, moins de 7.900 plats (midi et soir confondus) sont servis au restaurant pour environ 15.000 étudiants. Pire, la qualité de ces repas est d’autant plus douteuse qu’elle provoque des maladies chez les étudiants. A titre illustratif, entre le 15 et le 18 mai dernier certains étudiants ont été victimes d’une intoxication alimentaire, les obligeant à débourser des sommes faramineuses pour se soigner.
Seulement 845 étudiants, soit 5,63% sont logés en cités universitaires. L’écrasante majorité est laissée à la merci des bailleurs véreux qui spéculent sur les loyers. Mêmes les quelques « privilégiés » qui ont eu la chance d’avoir une chambre en cité vivent des conditions exécrables (insécurité, manque d’hygiène, etc.).
Le système de santé est presqu’inexistant et la MUNASEB, structure chargée de l’accompagnement des étudiants malades n’est qu’une forme de racket organisé. Pour preuve, les frais de prise en charge ont été plafonnés de façon inique à 50.000f. C’est donc dire qu’elle abandonne le malade au moment où celui-ci a le plus besoin de soutien pour son traitement. Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort camarades ? Et que dire du cynisme du DG du CENOU face au délabrement total des prestations sociales ? C’est tout simplement irresponsable, inadmissible !

Camarades étudiantes, étudiants et élèves stagiaires,

Depuis 2012, l’UK est passée maîtresse dans l’art de la répression des étudiants dont le seul tort est d’avoir osé revendiquer l’amélioration de leurs conditions de vie et d’étude. Ainsi, sous le tristement célèbre SEGDA Bila Gérard (ex-président et ex-député du CDP sous la défunte 4ème République), 16 de nos camarades ont été injustement sanctionnés dont 14 exclus. L’arme fatale utilisée fut le fameux décret liberticide N°2012-646/PRES/PM/MESS du 24 juillet 2012 portant régime disciplinaire applicable aux candidats des examens et concours organisés par les universités publiques du Burkina.
Face à nos justes et légitimes revendications, les autorités, comme à l’accoutumées ont demeurées muettes comme des carpes. Et à chaque fois qu’on les a rencontrées en audience, c’est le traditionnel dilatoire et mépris qu’elles nous ont servis en lieu et place de propositions concrètes à notre plate-forme revendicative qui sommeille encore dans leurs tiroirs.
C’est ainsi que les étudiants et stagiaires se sont retrouvés en assemblée générale extraordinaire (AGE) le 13 juin 2015 sous la direction de l’ANEB/Koudougou afin d’apprécier le traitement réservé à leurs justes préoccupations. A l’unanimité, l’AGE a fustigé et condamné avec la dernière énergie l’attitude inacceptable de l’administration. Par ailleurs, l’AGE a décidé d’un mot d’ordre de grève d’avertissement de 24h sous forme d’un campus mort le vendredi 19 juin 2015. Autrement dit, les activités académiques et pédagogiques seront suspendues.
Pour ce faire, le Comité Exécutif de l’ANEB/Koudougou invite l’ensemble des étudiants et élèves stagiaires à contribuer au respect de ce mot d’ordre. Il les appelle à se tenir prêts pour répondre aux actions que la situation commanderait en vue d’exiger la satisfaction de nos justes et légitimes revendications. En tout état de cause, l’administration sera tenue pour seule responsable de toute éventuelle dégradation poussée du climat social sur le campus.

En avant pour de meilleures conditions de vies et d’étude !
En avant pour la réintégration sans condition de nos camarades injustement sanctionnés !

Pour la défense intransigeante de nos intérêts matériels et moraux mobilisation et lutte !

Vive la jeunesse estudiantine intrépide et combative de Koudougou !
Vive l’ANEB/Koudougou !
Vive l’UGEB !
Pain et liberté pour le peuple !

Le Comité Exécutif

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