
L’ANEB Koudougou contre les conditions de vie et d’études des étudiantsCamarades étudiantes, étudiants et élèves stagiaires, L’Université de Koudougou est en proie à une crise sans précédent se traduisant par une dégradation draconienne des conditions de vie et d’études des étudiants et stagiaires, conséquence logique de la gestion gabegique, archaïque et maffieuse des autorités universitaires et gouvernementales. Cette situation est la résultante de l’application zélée et sans état d’âme des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) doublement rebaptisés Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) et actuellement Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) sous les injonctions de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) dans le secteur de l’éducation, notamment dans son ordre supérieur. Cette crise embrasse tous les aspects de la vie estudiantine. Sur le plan académique et pédagogique, le manque criard d’enseignants aussi bien dans les UFR qu’à l’ENS constitue l’un des facteurs indéniables du retard. Par exemple, les CAPES (Maths, SVT, Philo, Allemand, Histoire-géo, etc.) ont dû passer plusieurs semaines sans cours par manque d’enseignants. Selon le rapport du Comité Ad hoc de Réflexion (CAR) de 2012, le ratio étudiant/enseignant était de 372 étudiants pour un enseignant. Pourtant, les normes de l’UNESCO imposent entre 15 et 40 étudiants pour un (01) enseignant. A cela, est venue s’ajouter l’application à l’aveuglette du système LMD et sans mesure d’accompagnement qui a plongé notre université dans un désordre indescriptible. Ainsi, suppression de certains TP et TD, bâclage des cours (GEO I, HIST. III, SID I, SEG, etc.), réduction de volumes horaires de certaines matières ou modules, limitation de la formation à la Licence, ont fini par consacrer le sabotage de notre formation et le nanisme intellectuel à l’UK. Ensuite, programmations anarchiques, chevauchements de semestres et d’années, retards explosifs des calendriers universitaires avec des années académiques sans tête ni queue, échecs massifs, inaccessibilité de master (250.000 FCFA, pardon, pour ce qui existe, notamment en psychologie), photocopies systématiques de cours et aux frais des étudiants et stagiaires, etc. ont contraint certains étudiants à l’abandon. La privatisation de certaines filières (cas de l’IUT) fait son petit bonhomme de chemin. Camarades étudiantes, étudiants et élèves stagiaires, Qu’en est-il du plan social ? A ce niveau, on assiste à une véritable clochardisation des étudiants. En ce qui concerne la restauration, le contingentement des plats servis condamne les étudiants à abandonner les cours dès 9h ou 16h pour se mettre à la recherche d’un plat hypothétique et de piètre qualité au Restaurant Universitaire (RU). En effet, moins de 7.900 plats (midi et soir confondus) sont servis au restaurant pour environ 15.000 étudiants. Pire, la qualité de ces repas est d’autant plus douteuse qu’elle provoque des maladies chez les étudiants. A titre illustratif, entre le 15 et le 18 mai dernier certains étudiants ont été victimes d’une intoxication alimentaire, les obligeant à débourser des sommes faramineuses pour se soigner. Camarades étudiantes, étudiants et élèves stagiaires, Depuis 2012, l’UK est passée maîtresse dans l’art de la répression des étudiants dont le seul tort est d’avoir osé revendiquer l’amélioration de leurs conditions de vie et d’étude. Ainsi, sous le tristement célèbre SEGDA Bila Gérard (ex-président et ex-député du CDP sous la défunte 4ème République), 16 de nos camarades ont été injustement sanctionnés dont 14 exclus. L’arme fatale utilisée fut le fameux décret liberticide N°2012-646/PRES/PM/MESS du 24 juillet 2012 portant régime disciplinaire applicable aux candidats des examens et concours organisés par les universités publiques du Burkina. En avant pour de meilleures conditions de vies et d’étude ! Pour la défense intransigeante de nos intérêts matériels et moraux mobilisation et lutte ! Vive la jeunesse estudiantine intrépide et combative de Koudougou ! Le Comité Exécutif Vos réactions (7) |