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Burkina : Faut-il craindre une flambée des prix des céréales ?

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Nicole OUEDRAOGO • jeudi 10 mai 2018 à 22h22min
Burkina : Faut-il craindre une flambée des prix des céréales ?

La sécurité alimentaire et nutritionnelle des Burkinabè serait-elle menacée ? La question est légitime quand on sait que 22 des 45 provinces sont en situation de déficit céréalier. Au vu de la production céréalière 2017-2018 estimée à 4 063 198 tonnes, soit un recul de 11,03% comparativement à la campagne précédente et 11,65% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, nombreux sont les Burkinabè qui s’inquiètent pour leurs bourses. Constat dans les marchés de Sankariaré et de Gounghin à Ouagadougou.

Au titre de la campagne agricole 2017-2018, le déficit céréalier se chiffre à 477 000 tonnes. « 2 462 000 personnes sont dans une situation alimentaire limite de mars à mai 2018. 2 671 867 personnes seront dans la même situation entre juin et août et 954 315 autres seront dans une situation difficile entre juin et août prochains », a annoncé le ministre en charge de l’Agriculture, Jacob Ouédraogo, lors d’une conférence de presse tenue le 7 mai dernier (http://lefaso.net/spip.php?article83310).

Si le gouvernement entend faire face à cette situation à travers son plan de réponse et de soutien aux personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition, les citoyens eux, craignent que « ce qui est rare soit cher ». Et ce ne sont pas les vendeurs de céréales qui diront le contraire. Abdoulaye Kouda, vendeur de céréales au marché de Sankariaré à Ouagadougou, nous informe que le prix du sac de maïs de 100 kg est passé de 16 000 F CFA en 2017 à 17 250 F CFA à ce jour ; le sac de 100 kg de haricot, lui, est passé de 34 000 F CFA à 36 000 F CFA. Les mêmes variations sont observées pour le petit mil et le sorgho. Dans le même marché, dans la boutique d’Ibrahim Kaboré, il faut débourser la somme de 20 000 F CFA pour acquérir un sac de 100 Kg de sorgho et 37 000 F CFA pour le haricot. « Les consommateurs se plaignent, ils pensent que ce sont les commerçants qui stockent les céréales pour renchérir les prix, mais en réalité, ce n’est pas le cas. On accuse à tort les commerçants. Parfois, nous sommes obligés d’importer les céréales des pays voisins tels la Côte d’Ivoire, le Ghana », confie Abdoulaye Kouda, soulignant qu’il n’est pas question de pénurie pour l’instant.

Dans la même veine, la vieille Salamata Sana soutient que le prix du grand « yoruba » de maïs est passé de 500 à 550 F CFA, 600 à 700 F CFA pour le sorgho, 750 à 850 F CFA pour le mil local. Si les prix varient d’un marché à l’autre, où souvent d’un commerçant à l’autre, les données du Système d’information sur les marchés de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SIM/SONAGESS) confirment cette hausse entre les 18es semaines de l’année 2017 et celle de 2018 dans l’ensemble des marchés du pays. Ainsi, une comparaison des deux moyennes hebdomadaires relève une hausse de 13% du prix du maïs local, un accroissement de 19% pour le mil local et 17% pour le sorgho blanc pour ce qui est du grand « yoruba ». Au marché de Sankariaré, le SIM/SONAGESS note une hausse du prix du mil local de l’ordre de 13%, 10% pour le maïs blanc et 15% pour le sorgho blanc. Au marché de Gounghin, le prix du mil local connaît une augmentation de 14%, une hausse de 10% pour le maïs blanc et 8% pour le sorgho blanc. Si pour l’instant certains clients disent tenir le coup, ils redoutent cependant une flambée des prix durant les périodes de soudure. « Pour le moment, ça peut aller, mais je constate une grande différence entre les marchés et même entre les commerçants. Il est donc nécessaire que l’on prenne des mesures pour éviter les dérèglements », a souhaité Clémentine Yaro, au marché de Gounghin.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Messages

  • Au Burkina, les commerçants augmentent les prix comme bon les semble. Regardez les produits que nous consommons(ils modifient les dates de péremption, les contenus des sacs, les carburants dans certaines stations ne sont de qualité....)

  • .
    Le prix des céréales n’avait-il pas été "bloqué" par l’Etat ? Dans ce cas c’est à lui de compenser pour que les prix n’augmentent pas. On ne promet pas ce qu’on ne peut tenir.

  • Il faut que ce pouvoir de MPP et acolytes rougissent les yeux auprès des commerçants véreux car ils aiment ces genres de situation. Sans mesures rigoureuses de la part des autorités les prix des produits de denrées augmentera considérablement ce qui n’arrangerait pas l’ensemble des populations qui vivent dans la pauvreté.

  • SOS, a qui vais je crier Dieu ??? de toute les façons je sais qu’il ne sera rien fait sinon que symbole pour présenter devant le monde.

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