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Fièvre de Lassa : Cette fièvre qui fait peur à l’Afrique de l’Ouest

Accueil > Actualités > International • LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo • mercredi 14 février 2018 à 17h50min
Fièvre de Lassa : Cette fièvre qui fait peur à l’Afrique de l’Ouest

Le Burkina Faso est-il à l’abri d’une éventuelle épidémie de la fièvre hémorragique à virus Lassa ? Avec une augmentation des cas de cette fièvre hémorragique dans certains pays d’Afrique de l’Ouest comme le Nigéria, le Bénin et tout récemment au Togo, les pays voisins doivent demeurer en état d’alerte.

Si jusqu’à présent le Burkina Faso est épargné, à la date du 7 février 2018, sur les 300 cas suspects recensés au Nigeria, 77 cas ont été confirmés et une vingtaine de personnes ont perdu la vie. « On a eu une dizaine de suspects rapportés par le Bénin. Quelques cas suspects aussi, et certains confirmés au Liberia. Et récemment, des cas suspects au Togo » a relevé le Dr Pierre Formenty de l’OMS.

Faut-il craindre une épidémie de la fièvre de Lassa dans la région de l’Afrique de l’Ouest ? La situation inquiète plus d’un et certains pays confient déjà avoir adopté des mesures de surveillance. Du côté du Burkina, le ministère de la santé, lors de la rencontre préparatoire de la saison épidémique 2017-2018 de la méningite, a soutenu que les différents acteurs intervenant dans la gestion des épidémies ont été outillés pour faire face à d’éventuels cas de la dengue ou de la fièvre hémorragique à virus Lassa. A ce propos, il convient de s’interroger sur cette maladie et son mode de transmission.

Un petit rongeur domestique, réservoir du virus

Bien qu’ayant été décrit pour la première fois dans les années 1950, le virus à l’origine de la fièvre de Lassa n’a été identifié qu’en 1969 dans une ville du Nigeria, d’où il doit son nom. Le principal réservoir du virus Lassa est un petit rongeur péri-domestique appelé Mastomysnatalensis. Il se transmet à l’homme par contact avec les excréments de l’animal (urines, fécès). Un grand nombre de ces rongeurs vivent à proximité, voire à l’intérieur des habitations, et leur taux d’infection peut aller jusqu’à 80%. Les contacts entre l’homme et le réservoir infecté sont donc très fréquents dans les villages et le nombre de personnes infectées chez les individus vivant en zone d’endémie peut ainsi atteindre 50%. Le virus peut également se transmettre d’homme à homme, principalement dans un contexte hospitalier, par contacts cutané-muqueux avec les fluides biologiques d’un patient.

Symptômes de la fièvre de Lassa

La durée d’incubation varie de 2 à 21 jours. Quand la maladie est symptomatique, le début des manifestations cliniques est en général progressif, avec de la fièvre, une faiblesse généralisée et un mauvais état général. Après quelques jours, les malades peuvent présenter des céphalées, une irritation de la gorge, des myalgies, des douleurs thoraciques, des nausées, des vomissements, des diarrhées, une toux et des douleurs abdominales. Dans les cas graves, un œdème de la face, une pleurésie, une hémorragie buccale, nasale, vaginale ou digestive et une hypotension peuvent apparaître.

À un stade tardif, on peut trouver un état de choc, des convulsions, des tremblements, une désorientation pouvant aller jusqu’au coma. La surdité survient chez 25% des malades qui survivent à la maladie. La moitié d’entre eux recouvrent en partie l’ouïe au bout d’un à trois mois. On peut observer des chutes passagères de cheveux et des troubles de la marche au cours de la convalescence. Dans les cas mortels, le décès survient généralement dans les 14 jours qui suivent l’apparition des symptômes. La pathologie est particulièrement grave lorsqu’elle se déclare en fin de grossesse, le décès de la mère et/ou du fœtus survenant dans plus de 80% des cas observés durant le troisième trimestre.

Traitement et vaccins

Il n’existe à ce jour qu’une seule molécule ayant montré une efficacité contre le virus Lassa. Il s’agit de la ribavirine, un antiviral à large spectre contre les virus à ARN utilisé en particulier pour le traitement de l’hépatite C. Malheureusement, ce traitement ne représente pas une solution satisfaisante au problème que pose la fièvre de Lassa dans les pays endémiques. Pour être efficace, la ribavirine doit être administrée très précocement après l’infection. Or les signes cliniques du début de la maladie sont similaires à ceux observés pour d’autres pathologies, comme le paludisme ou la dysenterie, très fréquentes dans ces zones du globe. L’implication du virus Lassa n’est donc souvent envisagée que plusieurs jours après l’apparition des symptômes, et la ribavirine, dans les rares cas où elle est disponible sur le terrain, est le plus souvent administrée trop tardivement pour être efficace. Actuellement, aucun vaccin ne protège contre la fièvre de Lassa. Des recherches sont actuellement menées afin de mettre au point un vaccin contre la maladie.

Prévention et lutte anti-infectieuse

La prévention de la fièvre de Lassa passe par la promotion d’une bonne « hygiène communautaire » pour éviter que les rongeurs ne pénètrent dans les habitations. Parmi les mesures efficaces, on citera la conservation des céréales et plus généralement des denrées alimentaires dans des contenants résistant aux rongeurs, l’élimination des ordures loin des habitations, le maintien de la propreté à l’intérieur de celles-ci et la présence de chats.

Source : OMS ; Institut Pasteur

Vos commentaires

  • Le 14 février à 17:44, par Le patriote En réponse à : Fièvre de Lassa : Cette fièvre qui fait peur à l’Afrique de l’Ouest

    Il y’a un vrai problème au Burkina. Il faut que les gens fassent très attention ! Vous savez, il y’a plus de 60 ethnies dans ce pays et s’il y’a toujours eu cohésion, c’est parce que nos devanciers ont su bien manoeuvrer les concepts de "Répuplique", de "Nation". Ainsi, les présidents non mossi de ce pays ont essayé de contenir les élans hégémoniques des naba ainsi que leurs influences. Le dernier en date c’est Sankara et très vite tout le monde a pu s’apercevoir de l’attitude des naba envers lui. Et Blaise a joué sur le levier anti-républicain pour avoir leur bénédiction, faire chuter Sankara, et gérer le pays. Et quand Blaise devait tomber, on a entendu Salif Diallo au meeting du MPP au stade municipal (actuel stade Joseph Conombo) rendre un vibrant hommage au "grand voisin de ce soir, le mogho naba baongo" (ce sont ses mots ce jour là !).
    Avec le pouvoir du MPP, on a vu une montée en puissance des chefs traditionnels mossi, regroupés au sein des Koglweogo avec un état major et un président traditionnellement constitués. Que personne, en toute hate, ne me taxe d’ethniciste ou de régionaliste ! Mon propos est de poser un problème et qu’on trouve une solution dans l’intérêt du grand peuple du Burkina. Ainsi on voit chaque jour que Dieu fait, ce groupe braver les lois de la république fort du soutien des coutumiers mossi. Et pour tout gater, les koglweogo veulent s’implanter dans tous les villages du Burkina pour assoir leur loi à eux, non pas la loi de la république. Et après coup, c’est avec honneur et dévouement qu’ils seront reçus par le mogho naba baongo sous le couvert de la présentation de voeux !
    C’est terrible et il faut recadrer ce pays sur les valeurs qui le fondent.

    Répondre à ce message

  • Le 15 février à 17:29, par SAMIRATOU En réponse à : Fièvre de Lassa : Cette fièvre qui fait peur à l’Afrique de l’Ouest

    ATTENDEZ CELUI IL VEUT QOI AU JUSTE AVEC UNE TELLE REPONSE, SA NE RIME PA AVEC LE VIRUS LASSA. QUE LE SEIGNEUR NOUS VIENNE EN AIDE.

    Répondre à ce message

  • Le 28 février à 12:31, par My En réponse à : Fièvre de Lassa : Cette fièvre qui fait peur à l’Afrique de l’Ouest

    Encore une fièvre après EBOLA ?LASSA ?Que voulez-vous de nous au juste ?Chèrs Africains arretons de dormir et soyons vraiment Independant !

    Répondre à ce message

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