Pr Mahamoudou Dicko, Président par intérim de la NAFA : « Notre silence a des limites et nous exigeons la libération de Djibrill Bassolé »

samedi 30 septembre 2017 à 23h29min

29 septembre 2015- 29 septembre 2017. Cela fait exactement deux ans que le Général Djibrill Bassolé croupit à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA). Arrêté et détenu dans le cadre du putsch perpétré par le Général Gilbert Diendéré et le RSP, il attend toujours son jugement. D’une dizaine de chefs d’inculpations au départ, une seule a finalement (trahison) a été retenue contre lui par le juge d’instruction lors du délibéré du 15 Juin 2017. Pour ses partisans, le Général Bassolé est simplement un détenu politique.

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Pr Mahamoudou Dicko, Président par intérim de la NAFA : « Notre silence a des limites et nous exigeons la libération de Djibrill Bassolé »

Pour marquer son indignation face à cette « détention arbitraire », la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) a organisé une conférence de presse, ce jour, pour exiger la libération de son leader. Estimant que leur silence a des limites, les premiers responsables de la NAFA ont précisé qu’ils se donneront désormais tous les moyens légaux pour parvenir à la libération de ce « détenu politique ». Tout en réaffirmant son soutien indéfectible au Général Djibrill Bassolé qui est et reste son candidat pour les élections présidentielles à venir, la NAFA appelle « ses militants et sympathisants à rester mobilisés et prêts à agir selon ses consignes si toutefois rien n’est fait en faveur de la manifestation de la justice pour la libération de Djibrill BASSOLE »

Ci-après la déclaration liminaire du Président par intérim de la NAFA, le Pr Mahamoudou Dicko

« Mesdames et messieurs les journalistes
Chers camarades,

La Nouvelle Alliance du Faso (NAFA), par ma voix, vous remercie de votre présence à cette conférence de presse en dépit de vos nombreuses sollicitations.
A l’entame de mon propos, je voudrais tout d’abord vous rappeler le contexte dans le quel la nouvelle alliance du Faso (NAFA) a vu le jour.

Né le 31 Janvier 2015 après l’insurrection populaire, des militants à l’époque de la majorité comme de l’opposition, la Nouvelle Alliance du Faso a été créée dans le but d’apporter une réponse citoyenne et politique aux préoccupations et sollicitudes du peuple burkinabè et de sa jeunesse telles qu’exprimées les 30 et 31 octobre 2014.
C’est fort de ses objectifs que le parti s’est résolu à soutenir la candidature du Général Djibrill Bassolé aux élections présidentielles de 2015, car aux yeux de tous ses militants, il incarne les valeurs qui permettent au Burkina de parvenir à son épanouissement économique dans la paix et la sécurité.

Ainsi, certains partis politiques au vue des adhésions massives dès les premiers instants de la création du parti, du charisme et du leadership de son candidat au plan national qu’international, ont vu en la NAFA et Djibrill Bassolé une menace pour leurs ambitions politiques.

Aussi, ont-ils choisi de façon éhonté de les combattre et de les anéantir non pas sur le terrain politique mais par le mensonge, la calomnie et la violence, et ce en complicité avec le pouvoir de la transition de l’époque

C’est ainsi qu’après les manœuvres visant à nous empêcher d’exister légalement par le refus de nous délivrer notre récépissé de reconnaissance, tentative qui est restée vaine, ils ont choisi la voie des menaces et de la répression pour empêcher l’enracinement de la NAFA. Vous vous souviendrez que notre camarade Awa Traoré a perdue la vie à Bobo-Dioulasso, le vendredi 24 avril 2015 à la suite de ses blessures contractées lors d’une manifestation réprimée par les forces de sécurité. De même, nos camarades, Sita Ouattara, secrétaire adjointe à l’organisation et Rasmané Ouédraogo ex-Président de la NAFA ont été arrêtés et détenus pour association avec des groupes armés pour déstabiliser les institutions de la Transition. Tenez vous bien Sita Ouattara et Rasmané Ouédraogo, pour association avec des groupes armés pour déstabiliser les institutions de la Transition.

Profitant du coup d’état du Général Gilbert Dienderé du 16 septembre 2015, la transition toujours en complicité avec les mêmes partis politiques ira plus loin dans le but nous écraser en accusant notre leader Djibrill Basollé dont la candidature a été rejetée pour la présidentielle de 2015 d’avoir soutenu le Général Gilbert Dienderé lors du putsch manqué et de mobiliser des groupes armés et de djihadistes dans le but de déstabiliser le Burkina Faso.

S’en est alors suivi une campagne de diabolisation contre notre candidat et de notre parti, le gèle des avoirs de Djibrill Bassolé, du parti ainsi que de ses premiers responsables afin de l’affaiblir et de lui donner le coup de massue pour les élections législatives.
Malgré ces acharnements dans ce contexte difficile, avec courage et abnégation nous avons réussi à faire de la NAFA, la 4ème force politique du Burkina Faso en termes de suffrages exprimés.

Mesdames et messieurs les journalistes

Chers camarades,

Revenant sur les accusations portées sur la NAFA et son candidat, à l’époque, dans ce même endroit, nous avons dénoncé ces manœuvres politiques. Nous avons affirmé haut et fort que ni Djibrill Bassolé, encore moins la NAFA n’étaient mêlés ni de près ni de loin à ce coup d’Etat que la NAFA avait d’ailleurs condamné.

Aujourd’hui les faits sont là et c’est les dernières actualités au niveau de la justice militaire qui confirment le mensonge orchestré à l’époque. Il s’est avéré qu’aucun militant de la NAFA n’est impliqué dans le putsch et c’est désormais officiel.

C’est donc à tort et à dessein que le parti et ses premiers responsables ont été accusés.
Notre candidat qui est accusé de tous les péchés d’Israël avec en résumé comme charges :

- « attentat contre la sûreté de l’État,
- association de malfaiteurs,
- fourniture de moyens financiers,
- meurtre,
- dégradation volontaire de biens,
- coups et blessures volontaires,
- collision avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure,
- incitation à indiscipline
- Trahison…, etc.

De toutes ces charges, seule la charge pour « trahison » a été retenue par le juge d’instruction lors de leur délibéré du 15 Juin 2017.

Mesdames et messieurs les journalistes
Chers camarades,

Tout ça pour ça ? Comme l’a eu à l’affirmer le chef de file de l’opposition. Tout ça pour ça ? Et il va même plus loin en affirmant que « Concernant particulièrement le Général Djibrill Bassolé, une des conséquences logiques de cet allègement de charges serait qu’il puisse bénéficier maintenant d’une liberté provisoire pour aller se soigner et revenir laver son honneur. Sur ce plan il est victime d’une injustice nourrie par des calculs politiques. Le MPP a peur qu’il ne soit dans la course en 2020. C’est cela le fond de la chose ! », fin de citation.

Nonobstant la fragilité actuelle de l’état de santé de Bassolé et le fait que la détention est une exception, ses multiples demandes de liberté provisoires sont maintes fois rejetées.
Aujourd’hui 29 septembre 2017 marque le deuxième anniversaire de l’arrestation arbitraire du Général Djibrill Bassolé. Nous disons que trop c’est trop. Deux ans de mensonges c’est trop, deux ans d’arbitraire c’est trop, deux ans de manipulation politico-militaire, c’est trop, deux ans d’embrigadement de la justice par l’exécutif, c’est trop, deux ans d’injustice, c’est trop.

Mesdames et messieurs les journalistes
Chers camarades,

Il est temps que s’arrête la prise en otage politique du dossier Bassolé. Il est temps que la justice militaire et le Gouvernement du Burkina Faso arrêtent le mépris vis-à-vis de la décision du Groupe de travail des Nations unies qui considère que la détention de Djibrill est arbitraire et a exigé la libération immédiate et sans condition de Djibrill Basssolé. Et mieux encore a recommandé la réparation.

Notre silence a des limites et nous exigeons la libération de Djibrill Bassolé. Nous tenons de ce fait à informer l’opinion nationale et internationale qu’à partir d’aujourd’hui la NAFA se donnera tous les moyens légaux pour parvenir à cet objectif. Ce sera désormais son combat principal partout au Burkina Faso et dans le monde entier.

La NAFA réaffirme par cette conférence de presse, son soutien indéfectible au Général Djibrill Bassolé qui est et reste son candidat pour les élections présidentielles à venir. C’est un citoyen patriote, sincère et respectueux des institutions de la république. Le parti appelle ses militants et sympathisants et tous ceux qui sont convaincus que l’arbitraire ne saurait être la règle dans un État de droit, à rester mobilisés et prêts à agir selon ses consignes si toutefois rien n’est fait en faveur de la manifestation de la justice pour la libération de Djibrill BASSOLE.

La NAFA interpelle la responsabilité du chef de l’Etat sur l’état de santé de BASSOLE et sur sa sécurité.

Liberté pour Djibrill BASSOLE !!!
Pour la vérité et la justice, en avant !!!
NAFA pour tous !!!
Je vous remercie. »

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