Sergent-chef Mohamed Zerbo : De garde de corps de Yacouba Zida à apprenti « gbaka » à Abidjan

LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • samedi 1er avril 2017 à 01h06min

Il était l’un des gardes du corps de Yacouba Isaac Zida, président éphémère après l’insurrection populaire et Premier ministre sous la transition. L’ancien sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo a pourtant fui vers la Cote d’Ivoire au lendemain du coup d’Etat manqué. Il a comparu ce 31 mars 2017 au tribunal militaire pour répondre des faits de « désertion à l’étranger en temps de paix ».

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Sergent-chef Mohamed Zerbo : De garde de corps de Yacouba Zida à apprenti « gbaka » à Abidjan

Grosse barbe, à l’aise devant les juges, le Sergent-chef Laoko Mohamed Zerbo s’est expliqué dans un français plutôt soutenu, ce qui tranche avec ses frères d’armes. Il se présente calmement et indique qu’il a été à la base de la formation de plusieurs jeunes à l’ex-RSP, entre 2008 et 2013.

Fantassin, avec spécialité commando, il précisera qu’il a reçu sa formation spécifique, non pas à Pô comme la plupart des commandos, mais en France. Ce, à deux reprises. Au lendemain de l’insurrection populaire, il a été affecté pour assurer la sécurité du nouveau président, Yacouba Isaac Zida(YIZ), devenu plus tard Premier ministre.

Mais entre-temps, le torchon brule entre le désormais ex Général et son ancien corps. On se souviendra que lors d’un conseil de ministre interrompu par des éléments de l’ex RSP, le Premier ministre a été amené au carré d’armes du camp Naba Koom pour s’expliquer. A l’époque, la dissolution du corps et bien d’autres problèmes étaient en suspens.

Laoko Mohamed Zerbo est aperçu dans les rangs, et pas aux côtés de YIZ. Les proches du Premier ministre Zida l’appelleront après pour lui signifier de ne plus venir pour la sécurité de son désormais ex patron.

Et selon lui, c’est là que ses déboires ont commencé. Il reçoit des appels de menaces. Il rend compte à sa hiérarchie. Le capitaine Dao lui fait savoir qu’il en reçoit également. Les menaces se font plus sérieuses quand on le contacte sur son numéro privé que personne d’autre n’est censé avoir si ce n’est sa femme. « On sait où ta femme travaille, on sait où ton enfant fréquente », lui dit-on avant de lui ajouter que sa famille qui est à Pissy est également connue.

Il fait déménager sa petite famille. Entre temps, il apprend qu’il y a une liste de personnes à abattre qui circule et il en fait partie. Ayant fait de l’objet de plusieurs menaces, il décide de prendre la poudre d’escampette. « Vaut mieux être vivant pour se rendre compte après que ce sont juste des rumeurs, que de négliger et se faire tuer », a-t-il dit en substance.

« Même des chefs militaires sont venus au carré d’armes pour nous dire qu’eux aussi reçoivent des menaces. Si les chefs militaires eux-mêmes sont menacés, qu’est-ce que moi un sous-officier je peux faire ? », s’est-il demandé à la barre.

La seule solution, « parce qu’un bon militaire doit pouvoir réfléchir en un laps de temps et prendre une décision », c’était la fuite. C’est donc en ces termes qu’il a expliqué sa désertion en temps de paix. Et il est allé à Abidjan où réside la sœur de sa femme. Pour survivre, il s’est fondu dans la masse, devenant apprenti de « gbaka ».

Foi de l’ancien garde de Yacouba Isaac Zida, il n’a gardé aucun contact avec les autres éléments de l’ex RSP qui étaient également en exil au bord de la lagune Ebrié. Il a seulement vu une fois, le Sergent-chef Ali Sanou. Là il était dans son jean coupé, en pleine activité.

C’est plus tard qu’il a été arrêté et remis aux autorités burkinabè. Impliqué dans l’affaire du coup d’Etat, le commando, né en 1985, marié et père d’un enfant, a promis de tout dire quand le moment viendra.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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