An II de l’insurrection populaire : La CCVC de la Ville de Ouagadougou appelle à en approfondir l’esprit révolutionnaire

jeudi 27 octobre 2016 à 00h47min

Déclaration de la Coordination des CCVC de la ville de Ouagadougou à l’occasion de la commémoration du 2è anniversaire de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

An II de l’insurrection populaire : La CCVC de la Ville de Ouagadougou appelle à en approfondir l’esprit révolutionnaire

A l’occasion de la commémoration du 2è anniversaire de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, la Coordination des CCVC appelle les populations de la ville de Ouagadougou à préserver et approfondir l’esprit révolutionnaire de l’insurrection, afin d’exiger et obtenir des autorités en place, de meilleures conditions de vie et de travail.
Les 30 et 31 octobre 2014, notre peuple a réalisé une insurrection qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir, pouvoir qu’il a verrouillé durant 27 ans de règne afin de réaliser ses ambitions de chef de clans mafieux, celles de sa famille, de ses alliés internes et de l’impérialisme principalement français.

Il convient, en cette date anniversaire, de rappeler à la mémoire collective que cette insurrection fut la conséquence des politiques économiques et sociales néfastes menées par le régime Compaoré imposant au peuple, trois décennies durant : pauvreté endémique et chômage massif tout en organisant une gestion mafieuse de l’état permettant aux dignitaires du régime de procéder aux détournements massifs de deniers publics, de porter la corruption à un niveau jamais égalé dans le pays. Elle est l’aboutissement des multiples luttes engagées par le mouvement démocratique et révolutionnaires de notre pays depuis des décennies. Il faut également rappeler que le règne de l’autocrate Blaise Compaoré fut aussi une période de tentatives répétées de confiscation des libertés politiques et syndicales, de tortures atroces et d’assassinats crapuleux de dignes fils du pays avec en prime l’impunité assurée aux assassins et tortionnaires, etc.

En réalisant cette insurrection qui vient après le soulèvement populaire de janvier 1966 qui a mis fin au régime gabégique de Maurice YAMEOGO, notre peuple a rappelé aux yeux du monde, sa tradition de lutte héroïque pour la défense des libertés et pour le progrès social véritable. Il a ainsi exprimé, encore une fois, sa volonté farouche de rompre avec le système d’exploitation et d’oppressions néocoloniales failli et réaffirmé son refus d’un système politique qui concentre la richesse dans les mains d’une minorité tout en réservant une misère sans nom à la grande majorité du peuple.

La commémoration du 2è anniversaire de cet évènement historique intervient dans un contexte très particulier au plan national et dans la ville de Ouagadougou.
Sur le plan social, les masses populaires, particulièrement celles de Ouagadougou, végètent dans une misère extrême : crise de l’eau potable et de l’énergie, inondations, difficultés d’accès à l’école et aux soins de santé, manque d’infrastructures de base (écoles, dispensaires, voiries, etc.), renchérissement vertigineux des coûts des denrées alimentaires qui sont hors de portée de nombreuses familles, situation catastrophique dans les universités publiques, etc. La question du logement est devenue un véritable cauchemar pour de nombreux habitants de la ville : coût élevé des loyers, insalubrité, manque de voiries et de systèmes d’assainissement dans les zones hâtivement loties, création d’habitats précaires dans des zones inondables.

Ces dures conditions sont doublées de l’insécurité grandissante avec la multiplication des actes d’agression physique, des braquages à mains armées parfois avec morts d’hommes de jour comme de nuit. A cela il faut ajouter, les menaces et attaques terroristes observées dans différentes localités frontalières du pays (Intagom, Kerboulé et pont Nazinon ce mois-ci) et dans la ville de Ouagadougou.

Sur le plan de la justice et de la traque des biens mal acquis, non seulement les attentes demeurent entières mais on note aussi des libérations scandaleuses des dignitaires du régime Compaoré, dans le cadre de la recherche d’une prétendue réconciliation nationale que l’on veut réaliser sur le dos du peuple sans justice.

Au total, deux années après l’insurrection populaire, les populations burkinabé, particulièrement celles de Ouagadougou font le constat que le changement pour lequel elles se sont battues au prix de lourds sacrifices n’est pas au rendez-vous.
Installé au pouvoir depuis janvier 2016, le MPP des RSS qui prétendait incarner la rupture, dévoile sans réserve toute son incapacité à apporter le moindre changement en faveur des populations qui découvrent qu’elles ont été dupées et ne décolèrent plus. Avec le MPP, pouvait-il en être autrement ? Non et pour cause :

1- Toutes les formations politiques légales qui ont utilisé ce thème de changement ont d’une manière ou d’une autre, participé à la gestion du pouvoir d’Etat sous le régime Compaoré à commencer par les dirigeants emblématiques du MPP qui ont été les concepteurs et les gestionnaires du Front Populaire, de l’ODPMT puis du CDP pendant au moins 25 ans. En dehors de la présidence, ils ont assumé toutes les hautes responsabilités (ministre, ministre d’Etat, 1er ministre, président, vice-président, secrétaire général du CDP, président de l’Assemblée Nationale, maire central de Ouagadougou …) sous le régime mafieux de la 4° République. Ils sont donc tout aussi responsables de l’énorme passif laissé par Blaise Compaoré. Quel changement peuvent-ils donc apporter ? Le seul changement que l’on peut noter est le remplacement de Blaise par Rock !

2- Les causes de la régression sociale et économique qui ont fait chasser Blaise du pouvoir sont entre autres les conséquences des politiques dictées par la Banque Mondiale et le FMI. Tous ceux qui convoitaient le pouvoir néocolonial, après l’insurrection, avaient pour référentiel de développement, l’application des politiques conçues et imposées par ces institutions. Or les politiques de ces officines impérialistes ne peuvent pas amener le changement qualitatif qu’attend notre peuple et tout programme de développement qui s’y réfère (PAS, CSLP, SCADD, PNDES …) prend purement et simplement le parti de la défense des intérêts économiques et financiers de l’impérialisme international et non celui du développement social et économique du pays.

3- Depuis 10 mois que les nouvelles-anciennes autorités sont arrivées au pouvoir, la déception du peuple insurgé ne fait que croître de jour en jour. L’aspiration à plus de justice et de liberté de nos populations est outragée par le pouvoir des RSS qui bloque les dossiers de crimes économiques et de crimes de sang pour lesquels notre peuple a accepté de se sacrifier en endurant de multiples humiliations (Ex : arrestations, embastillement et rasage des militants du CODMPP), en bravant la répression et les tortures (Zones rouges de Simon Compaoré, tortures et morts des filles et fils du peuple, etc.).

A l’an deux de l’insurrection, les assassins qui ont tiré à balles réelles, tué et blessé les insurgés pour protéger le régime Compaoré, courent toujours. Et tout indique que, pour longtemps encore, ils ne seront pas inquiétés : les palais de justice, par des scandales à répétition, étalent leur incapacité à rendre la justice qui continue à n’être ni plus ni moins qu’une justice aux ordres.

A la veille de cette date importante de la lutte de notre peuple fier et héroïque, la Coordination des CCVC de la ville de Ouagadougou :
- salue la mémoire des victimes de l’insurrection populaire qui, par le sacrifice de leur vie, ont contribué à rehausser le niveau de la lutte du peuple d’un palier en chassant un dictateur que mille élections « transparentes » n’auraient pu le faire ;

- compatit à la douleur des nombreux blessés qui souffrent encore des séquelles de leurs blessures et qui peinent à obtenir de l’Etat la reconnaissance de leur sacrifice ;
- appelle les populations de Ouagadougou et environs à poursuivre de façon ferme et déterminée la défense et l’approfondissement des acquis de l’insurrection que le pouvoir MPP, appuyé par l’impérialisme français notamment, tient à remettre en cause à tout prix afin de poursuivre pour son propre compte, les vieilles méthodes qui ont durablement assis Blaise Compaoré au pouvoir ;

- appelle les populations de la ville à rester mobilisées autour de leurs préoccupations fondamentales dans le cadre des CCVC locales de la ville et à poursuivre la mise en place et le renforcement des Comités de Défense et d’Approfondissement des Acquis de l’Insurrection populaire (CDAIP) dans les arrondissements, quartiers, marchés et yaars de la ville.

Vive l’insurrection populaire d’octobre 2014 !
Halte à la remise en cause des acquis de l’insurrection populaire !
Vérité et Justice pour toutes les victimes de l’insurrection !
Vérité et justice pour tous les autres crimes économiques et de sang, restés impunis !
Pain et liberté pour le peuple !
Ouagadougou le 25 octobre 2016.
Ont signé pour :

CCVC de Baskuy CCVC de Bogodogo CCVC de Boulmiougou

Dramane Koanda Frédéric D Mandi Dominique Yaméogo

CCVC de Nongremasson CCVC de Signoghin

-  Gombila Kaboré Alain.O Koala

Vos commentaires

  • Le 27 octobre 2016 à 08:11, par Gnami En réponse à : An II de l’insurrection populaire : La CCVC de la Ville de Ouagadougou appelle à en approfondir l’esprit révolutionnaire

    Voici les vrais hommes, sincères, intègres. Ils ne quémandent pas de postes, ni des « feuilles ». Ils veulent que le système politique et économique change pour que demain nous puissions vivre mieux et sain, en comptant sur nous-mêmes (pas sur le FMI et la Banque Mondiale), en mangeant et en portant ce que nous produisons.
    Vive la CCVC et tous les burkinabé intègres épris de liberté et de justice.
    Avançons seulement !

    Répondre à ce message

  • Le 27 octobre 2016 à 15:59, par Clair clair En réponse à : An II de l’insurrection populaire : La CCVC de la Ville de Ouagadougou appelle à en approfondir l’esprit révolutionnaire

    Au son de cloche, sortons massivement chasser ces margoulettes. Etat, Gouvernement, Parlement, tous ces groupuscules qui nous sucent. C’est nous les ouvriers, les paysans, les petits commerçants, les travailleurs de la basse classe qui produisons les richesses. L’or de nos ancêtres est pillé, notre terre vendue par cette merdre appelée Etat. Nous n’avons pas l’eau potable et nos salaires sont minables. Nos productions sont payées à vils prix et si on refuse de vendre, la bourgeoisie nous promet la pourriture ! Nos enfants fréquentent les écoles sous pallotes et nos femmes accouchent par terre. Mort à cette bande de vipères qui circulent dans les V8, les limosines et dorment dans les étages et les villas. Je brûle d’envie de les caillasser, ces gros ventres logés dans les vestes, qui se pavanent dans les tévisions que nos enfants ne peuvent regarder. C’est nous les ouvriers qui avons construit de nos mains les immeubles, qui payons nos impôts et qui nétoyons les villes que la bourgeoisie sali chaque jour. Je milite pour l’anarchie à défaut de rêver vainement pour un nouvel ordre mondial où les richesses sont maudites et où la bienveillance est une vertu partagée.

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