Grève des boulangers et pâtissiers : Boulangeries fermées, commerces au ralenti

samedi 11 juin 2016 à 00h00min

En vue d’obtenir la satisfaction de leurs revendications, les boulangers et pâtissiers du Burkina ont décidé de cesser toute production du 9 au12 juin 2016. Ce vendredi 10 juin, nous avons fait le tour de certaines boulangeries et échangé avec des tenanciers de kiosques à café et quelques consommateurs.

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Grève des boulangers et pâtissiers : Boulangeries fermées, commerces au ralenti

« En grève, pas de production », c’est ce que l’on peut lire sur les affiches dans les différentes boulangeries de la place. Au centre-ville de Ouagadougou ou dans les quartiers périphériques où nous nous sommes rendus, le constat est pareil. Les boulangeries Wendkonta, Au four mixte et Wendkouni,... toutes sont fermées. Aucun travailleur n’est sur les lieux, seulementdes agents de sécurité à quelques endroits.

Quel impact pour les consommateurs et les vendeurs de kiosques ?

En cette matinée du vendredi 10 juin 2016, l’on constate àcôté de ces boulangeries fermées, une morosité dans certains commerces. Les kiosques sont la plupart sans clients, d’autres ont même fermé. Aucun vendeur du célèbre “Pain brochette” n’est visible. « S’il n’y a pas de pain, il n’y a pas de vente. Si le gouvernement peut augmenter le salaire des boulangers, qu’il le fasse afin que nous puissions travailler. Kiosque sans pain ne peut pas marcher.

Nous vendons du pain avec avocat, sandwich. Donc sans pain on ne peut pas travailler. Depuis ce matin, les clients repartent insatisfaits. C’est décourageant. Ce n’est même pas évident que je sorte demain. Je me dis que c’est mieux d’attendre la fin de la grève. C’est avec ce commerce que nous prenons soin de nos familles.S’ils peuvent nous aider qu’il le fasse », a martelé Mme Kouama, responsable d’un kiosque au quartier Larlé.

Les revendeurs de pain se plaignent, les consommateurs aussi. « Vraiment nous sommes mécontents. En tant que consommateur, quand on se lève le matin, on a besoin de goûter pour les enfants, pour qu’ils partent à l’école. Et comme il n’y a pas de pain, c’est compliqué. Les dirigeants doivent s’occuper des boulangers et pâtissiers. Quand tu regardes leurs conditions de travail, c’est difficile. Ils dorment pratiquement à leur lieu de travail, pour ne recevoir que 30 000fcfa par mois. Si tu touches 30 000 par mois, comment vas-tu faire pour joindre les deux bouts étant donné que la vie est chère ? Tu dois te nourrir, te soigner, et même prendre soin d’une famille. C’est compliqué. Ce n’est pas de leur faute.

Le fait qu’ils ne travaillent pas les deux derniers jours se ressent sur les activités et les habitudes des gens. Il n’y a pas de sot métier. Ce sont tous des travailleurs comme ceux de l’Etat, les dirigeants doivent s’occuper de leurs préoccupations », a fait entendre Mme Ouédraogo.

Depuis plus de quatre ans, les boulangers et les pâtissiers mènent une lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Et à chaque fois, cette crise se ressent sur le quotidien et les activités des Burkinabè.

Wendkuni Diane Kagambèga (stagiaire)
Lefaso.net

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