Foire du niébé du Sourou : La femme rurale à l’honneur

mardi 26 avril 2016 à 00h27min

La 7e édition de la foire provinciale du niébé du Sourou s’est tenue les 22 et 23 avril 2016, à Bonou dans la commune de Tougan sous le thème « femmes rurales et agriculture au Burkina Faso ». Expositions-ventes du niébé et ses produits dérivés ainsi que d’autres produits céréaliers, conférence publique, concours d’art culinaire, concours de danse et de chants traditionnels, équipements des groupements de productrices ont marqué ces 48 heures de la fête du niébé. Organisée par l’association YIYE des femmes du Sourou, cette foire, comme les éditions antérieures, a connu la présence d’une forte délégation venue du cercle de Bankass au Mali.

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Foire du niébé du Sourou : La femme rurale à l’honneur

Sur une production nationale de niébé estimée à 571 304 tonnes au cours de la campagne agricole humide 2015-2016, la seule région de la Boucle du Mouhoun en a produit 77 623 tonnes dont 32 239 tonnes pour la seule province du Sourou, soit un taux de production de 42% de la production régionale. Et, cette filière reste majoritairement pratiquée par les femmes dans cette province.

Organisée par l’association YIYE des femmes du Sourou, la foire du niébé se donne pour objectifs de contribuer à la recherche de solutions à la problématique de la production et de la commercialisation de cette denrée en favorisant des relations d’affaires entre productrices et producteurs et opérateurs économiques, mais aussi et surtout permettre à ces producteurs de tirer des revenus justes de leurs efforts afin de contribuer significativement à la lutte contre la pauvreté surtout en milieu rural. De ce fait, le thème de cette 7e édition « Femmes rurales et agriculture au Burkina Faso » est actuel et reflète les réalités de la province du Sourou et de la région de la Boucle du Mouhoun.

« La région de la Boucle du Mouhoun et ses producteurs sont capables de produire suffisamment de cultures vivrières et de cultures de rente sans avoir recours aux importations. Cette réalité me remplit de satisfaction, de fierté à l’idée que nous sommes capables d’être autonomes. C’est donc un message d’encouragement que j’adresse aux vaillants producteurs de la province du Sourou et de la Boucle du Mouhoun. Mes félicitations et mes encouragements à l’association YIYE et en particulier sa présidente, Clémentine Dabiré/Binso », a lancé Justin Somé, le Gouverneur de la région de la Boucle du Mouhoun, représentant le Premier ministre lors de la cérémonie d’ouverture de la foire.

Les trois obstacles à lever

Après sept ans d’expérience, la foire du niébé se veut être un véritable lieu de rencontre de l’offre et de la demande. Ainsi, les acteurs de la filière, les acheteurs et les groupements de productrices trouveront une tribune pour faire des affaires. Mais avant, il faut réussir à lever trois principaux obstacles auxquels les productrices sont confrontées. Il s’agit de :

- la question de la terre créant une instabilité dans l’exploitation agricole ;
- le faible niveau d’alphabétisation des membres et le sous équipement en matériel agricole ;
- la faible formation technique qui entraine la non maîtrise des itinéraires techniques par les femmes.
C’est pourquoi, la promotrice de la manifestation a lancé un appel pressant aux autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses afin que ces trois obstacles soient levés.

Une denrée et des valeurs sociales

Aussi bien au Burkina que dans d’autres pays de la sous-région, le niébé (haricot en langue Fulfuldé) véhicule des valeurs sociales. « Le haricot, c’est le plat du cousin à plaisanterie. C’est aussi le plat béni par le Prophète Mohammad (PSL) d’où le fait qu’il est servi de préférence aux cérémonies de baptême et sacrifices funéraires. Dès lors, vous comprenez que cette foire du niébé suscite en nous un fort sentiment d’attachement et beaucoup d’émotions », a précisé Boubacar Kané, préfet du cercle de Bankass, le chef de la délégation malienne.

Par ailleurs, il n’a pas manqué de faire des suggestions pour permettre à cette foire de se préparer à sa mue afin de s’internationaliser davantage, après sept ans d’existence. « Nous suggérons de faire de cet espace un embryon de l’intégration des régions frontalières du Burkina et du Mali. Ce sera le genre de la « semaine de l’amitié et de la fraternité (SAFRA) » dont l’organisation est tournante entre les régions de Kayes (Mali), Sélibabi (Mauritanie), Tambacounda (Sénégal) et une région de la Gambie », a-t-il lancé.

La délégation malienne a apporté dans ses bagages des plats exotiques à base de haricot, de fonio, de sésame, de mil, de jus d’arbres de nos campagnes… Une troupe de danse traditionnelle était également présente et a fortement égayé le public.

Un parrain originaire du village de Bonou

Au niveau national, les provinces du Sanmatenga, du Ioba, du Mouhoun… étaient présentes à cette 7eédition de la foire de « l’or vert » du Burkina.
Organisée par l’association YIYE des femmes du Sourou, la 7e édition de la foire était présidée par l’ancien grand chancelier des ordres burkinabè Mamadou Djerma et parrainée par l’opérateur économique Mamadou Balma, un natif du village de Bonou.

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Moussa Diallo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 27 avril 2016 à 07:00, par ka
    En réponse à : Foire du niébé du Sourou : La femme rurale à l’honneur

    La femme avant tout est la racine de l’humanité, et le point G de la nature. C’est sa lutte pour la vie que tout être humain existe sur terre avec l’appui du Dieu tout puissant. Depuis les nuits des temps, la lutte de la femme contre la nature a toujours donné des bons résultats dans une Afrique Féodale avec l’homme qui se domine par l’impérialisme, et domine à tour la femme qui résiste malgré qu’elle soit dominée. Avec le nouveau Burkina, dont rien ne sera plus comme avant, la femme Burkinabé mérite d’être louée plus pour sa bravoure dans tous les domaines. Cet honneur aux femmes est bien mérité.

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