Exploitation industrielle de l’or : Quand le métal jaune affame les populations locales

lundi 7 mars 2016 à 00h37min

FIAN-Burkina (Food First Information and Action Network, Burkina), cette ONG qui lutte pour le droit à l’alimentation, a lancé ce 4 mars 2016 à Ouagadougou, l’Observatoire 2015 du droit à l’alimentation et à la nutrition. Au cours d’un atelier, l’étude sur le point de vue des femmes quant à l’impact de l’exploitation minière à Essakane sur le droit à l’alimentation a également été présentée.

Exploitation industrielle de l’or : Quand le métal jaune affame les populations locales

L’alimentation est un droit. Et c’est le cheval de bataille de FIAN-Burkina. Chaque année, FIAN-Burkina et ses partenaires publient un observatoire du droit à l’alimentation et à la nutrition. Un ouvrage qui se veut un outil de plaidoyer auprès des décideurs pour le respect de ce droit humain fondamental.
De l’avis du coordonnateur de FIAN-Burkina Faso, Lucien Silga, il s’agit de sensibiliser les autorités publiques, les décideurs sur la nécessité de tenir compte des intérêts du monde paysan, des pêcheurs dans Les politiques agricoles. « Généralement ces politiques contribuent à précariser ces groupes par rapport à leur droit à l’alimentation ».

Et de poursuivre que depuis 2009, l’ONG accompagne les paysans qui ont été dépossédés de leurs terres et du droit d’accès aux ressources naturelles. « FIAN-Burkina Faso, appuyé par FIAN international et par FIAN Belgique, a réussi à faire entendre la cause de la communauté d’Essakane par le gouvernement. Grâce à des actions conjointes, des programmes de réparation sont en cours d’exécution pour remédier aux préjudices subis par la communauté à cause de l’exploitation minière », a noté pour sa part Valérie Soma, présidente de FIAN-Burkina Faso.

L’exploitation de l’or affame les populations locales

« Quand les sociétés d’exploitation minière viennent, elles prennent les champs, les zones de pâturages, les sites d’exploitations artisanales », clame le représentant des communautés vivant sur les sites miniers au Burkina Faso, Talatou Boukari.
Cette année, la publication de l’Observatoire 2015 du droit à l’alimentation et à la nutrition a été couplée avec la présentation d’une étude intitulée, « Le droit humain à l’alimentation adéquate et à la nutrition des femmes et des enfants des communautés affectées par l’exploitation minière et le déplacement à Essakane au Burkina Faso : Le point de vue des femmes quant à l’exploitation minière sur le droit à l’alimentation ».

C’est une étude, qui de l’avis des responsables de FIAN-Burkina, s’est voulue scientifique, à travers des données récoltées auprès des femmes affectées par l’exploitation minière de la société. « On a interviewé une soixantaine de femmes sur leur point de vue à propos de l’activité minière menée par Essakane, l’impact de cette exploitation sur leur accès à une nourriture. Elles ont dit que le déplacement occasionné par l’exploitation minière a impacté négativement sur leur accès à la nourriture. Les terres sur lesquelles elles ont été relogées n’étant pas des terres fertiles. En plus, il n’y avait pas d’eau potable dans les nouvelles zones ».

Grace aux actions menées par l’ONG qu’elle préside au Burkina, Valérie Soma se réjouira toutefois que des actions concrètes soient déjà visibles, même si le bout du tunnel est encore loin. « Des pompes ont été installées par la société d’exploitation minière IAM-Gold, mais ce n’est pas encore suffisant. On est toujours en train d’accompagner ces communautés afin que leurs droits soient rétablis par la société minière (…). Le droit à la santé a été également impacté négativement parce que sur les sites d’accueil, il n’y a pas d’infrastructures sanitaires à côté », a renchéri la présidente de FIAN-Burkina.

La longue marche contre la faim

L’atelier a également marqué le lancement de la caravane Terre, Eau et Semences paysannes en Afrique de l’ouest. La convergence des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’ouest organise une caravane sous régionale qui est partie de Ouagadougou ce 4 mars, qui sillonnera le Mali, le Sénégal, pour prendre fin à Dakar. L’objectif étant d’influer les décideurs à adopter des législations sur le foncier, l’eau et autres ressources naturelles, bénéfiques à la population locale.

A la fin du périple, une plateforme sera remise au président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO afin que les gouvernements ne laissent pas tout aux multinationales au grand dam des populations locales qui n’ont que leurs terres comme seule richesse.

Tiga Cheick Sawadogo (tigacheick@hotmail.fr)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 7 mars 2016 à 08:43, par Anonyma En réponse à : Exploitation industrielle de l’Or : Quand le métal jaune affame les populations locales

    Pour ce qui est de la société Iamgold Essakane SA je doute fort que ces déclarations soient vraies. Loin de là, des forages installées des logements et des infrastructures sanitaires... Les villages ne sont pas éloignés les uns des autres donc il va de soit que le plus grand village ai le plus d’infirmièrs. Il y a bel et bien une pharmacie même si tous les produits ne sont pas disponibles... Plusieurs Ouagalais et Bobolais vivent dans ces villages durant leur semaine de service donc si tel était le cas des actions auraient été prises en conséquence. Je ne défend pas la société, j’ajoute juste un plus car j’y ai vécu de 2010 à 2013 et ce qui se dit plus haut semble dater de 2009, date à laquelle les dellocalisation n’étaient pas encore faites. On s’informe et on informe sur lefaso.

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  • Le 7 mars 2016 à 12:33 En réponse à : Exploitation industrielle de l’Or : Quand le métal jaune affame les populations locales

    je ne défend pas essakane sa mais elle est la mine qui gere bien les riveraine et elle s’entend mieux avec les populations et elle fait beaucoup de chose pour les population, mme les ONG partez vers d’autre mine pour mieux aidez les population

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  • Le 7 mars 2016 à 13:29, par Ouedraogo En réponse à : Exploitation industrielle de l’Or : Quand le métal jaune affame les populations locales

    @Anonyma, tu défends ton gombo ou quoi.

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  • Le 7 mars 2016 à 16:33, par TINGA En réponse à : Exploitation industrielle de l’Or : Quand le métal jaune affame les populations locales

    le probleme aujourd’hui n’est pas les sociétes minières mais nos decideurs politique qui prefèrent comploter avec les bailleurs pour se remplir les poches du metal precieux que de prendre en compte l’aspiration et l’epanouissement du peuple dans l’élaboration des textes. Donc plus de responsabilité politique et faisons prevue de compassion au peuple.

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  • Le 8 mars 2016 à 06:49, par Nathalie En réponse à : Exploitation industrielle de l’or : Quand le métal jaune affame les populations locales

    Moi non plus je ne veux pas défendre essakane (je n’y travaille pas) mais personnellement, j’ai assisté à la phase d’attribution de nouveaux logements / terres de essakane aux populations locales.
    Avant de s’approprier les terres, essakane a recruté un cabinet pour étudier le projet de déménagement des populations locales. C’était de commun accord pas en sens unique. En termes simples, le cabinet trouve d’autres terres où il compte déménager les gens.
    On estime combien coûte tes terres et on te propose de nouvelles terres dans le nouveau coin ou de l’argent si tu préfères prendre des sous et choisir de t’en aller ailleurs.
    Dans le nouveau coin, tout est construit en dur pas en banco (j’ai vu de mes yeux quand le projet était en cours, ce n’était pas achevé). Ils ont prévu dispensaire, école, collège, accès à l’eau potable, l’électricité....
    Les populations qui préfèrent les nouvelles terres à la compensation financière vont visiter leur terrain avant, pendant la construction. Quand tout est fini, on te remet tes clés.
    Bref, c’était très bien organisé et en réalité, la compensation en terre ou en argent dépasse ce que tu abandonnes.

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