Situation nationale : L’UNIR/PS « s’opposera à toute velléité de changement du Premier Ministre ou de quelque membre que ce soit… »

mardi 14 juillet 2015 à 00h27min

Face à la situation nationale marquée depuis quelques jours par une crise entre le Premier ministre et le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’Union pour la renaissance /Parti Sankariste (UNIR/PS) a donné de la voix au cours d’une conférence de presse tenue à son siège en fin de matinée ce lundi 13 juillet 2015. Nous vous proposons la déclaration liminaire de cette rencontre au cours de laquelle, le parti a, entre autres, réaffirmé son soutien inconditionnel aux organes de la Transition et exigé le respect de l’agenda électoral.

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Situation nationale : L’UNIR/PS « s’opposera à toute velléité de changement du Premier Ministre ou de quelque membre que ce soit… »

DECLARATION LIMINAIRE

Depuis la Convention des sankaristes tenue les 16 et 17 Mai 2015 et tirant leçon de la réunion du 21 Juin dernier du Bureau Exécutif National (BEN) du Front Progressiste Sankariste suite aux déclarations du Front des Forces Sociales (FFS) et de l’Union des Révolutionnaires du Faso (UREFA), l’Union pour la Renaissance/Parti Sankariste (UNIR/PS) devrait installer sa Direction Nationale de Campagne le Mardi 14 Juillet 2015 à 16 heures. Les invitations à la presse étaient même déjà parties.

Aussi, avant mon propos liminaire, je voudrais présenter mes excuses à la presse pour le report inopiné de la cérémonie d’installation de notre Direction Nationale de Campagne mais l’actualité qualifiée de tumultueuse par le Président KAFANDO nous y oblige. Comment alors parler de campagne électorale alors même qu’il y a péril en la demeure et que certaines langues parlent de duel entre le Premier Ministre Yacouba Isaac ZIDA et le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP).

En effet, si à trois (3) mois des élections, le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) fait tant parler de lui en termes de pouvoir même remettre en cause la transition et tous les acquis issus de l’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2015, c’est que comme dit le chanteur ivoirien Daouda KONE, quand le margouillat veut se coudre un pantalon, c’est qu’il sait où il va mettre sa queue. Autrement dit, une sagesse bien connue chez nous nous enseigne que pour savoir pourquoi on est tombé, il faut regarder là où on a trébuché. Si donc, la sagesse est meilleure conseillère comme le dit le Président de la Transition, il ne doit pas ignorer que le sage chez nous comme dans d’autres pays ne supporte jamais la honte au regard du sens trop élevé qu’il donne à l’honneur, à la dignité et à la parole donnée.

De ce fait, l’UNIR/PS salue avec déférence le discours clair, net et courageux de Son Excellence Monsieur Michel KAFANDO, Président de la Transition. L’UNIR/PS salue sa clairvoyance et l’exhorte à poursuivre dans cet élan pour parachever l’œuvre des organes de la Transition en toute lucidité. Toutefois l’UNIR/PS regrette le manque d’une coordination des forces vives signataires de la charte de la transition dont le décret serait toujours en souffrance.

C’est pourquoi, l’UNIR/PS est obligé de rappeler à l’opinion aussi bien nationale qu’internationale que le pouvoir issu de la Transition est un pouvoir exceptionnel dérogatoire de la Constitution qui avait été suspendue par Blaise COMPAORE avant sa fuite à Yamoussokro et que d’autre part les organes de la Transition sont le résultat d’un compromis politique voire même d’un accord politique y compris la désignation du Premier Ministre et des membres de son gouvernement.

A ce titre, le Chef de l’Etat Michel KAFANDO doit se souvenir qu’il a été lui-même désigné par un Collège de désignation représentatif des forces vives et que le Premier Ministre Yacouba Isaac ZIDA, quoique militaire a été choisi sur la base d’un accord signé par l’ex CFOP.

Et que dire d’ailleurs du Conseil National de la Transition (CNT) dont la nature et la composition sont propres à la Transition burkinabè mais accepté par toute la communauté internationale et ses membres siègent dans toutes les instances internationales.

Quant à la Commission Nationale de Réconciliation et des réformes, elle poursuit son travail dans le but de déposer son rapport dans les délais. Pendant ce temps, la justice après notamment les états généraux essaie de se réhabiliter pour mériter la confiance du peuple. Ainsi donc, l’affaire GUIRO a été jugée même s’il y a eu des insuffisances ; les assises criminelles se sont tenues ; au niveau des finances publiques, de nombreuses mesures ont été prises pour assainir le secteur mais aussi pour recouvrer les deniers de l’Etat ; au plan diplomatique, le Premier Ministre marque des points avec ses visites au Canada, à Taïwan, etc.

On se rend compte que le Burkina Faso peut se porter mieux sans Blaise COMPAORE et les élections avancent à grands pas avec le soutien des partenaires techniques et financiers.

C’est en ce moment même et revenant d’une mission très fructueuse à Taïwan que notre pays semble basculer dans une espèce de centrafricanisation du conflit avec des anti et des pro RSP ou ZIDA.

Mais, pour notre parti l’UNIR/PS qui n’a de camp que celui du peuple, notre option et notre choix sont clairs : terminer ce que le peuple a commencé, c’est-à-dire parachever l’insurrection par la construction d’un Etat démocratique, populaire et véritablement tourné vers le progrès et le bonheur du peuple. A ce titre, l’UNIR/PS qui ne peut ni marchander les intérêts du peuple, ni trahir le peuple, rappelle à la face de tous que dès le 06 Janvier 2015, il s’était déjà inquiété du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) auprès du Chef de l’Etat. C’était à l’occasion de la rencontre du Président de la Transition avec la classe politique.

Créé depuis Novembre 1995 en remplacement du Centre National d’Entrainement Commando (CNEC), le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) est une véritable armée dans l’armée dont la hiérarchie voue toujours une loyauté et une fidélité totales à l’ancien Chef de l’Etat, Blaise COMPAORE.

Cette triste réalité explique aussi la certaine collusion qui s’est établie entre le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) et des partis politiques et associations proches de l’ex-majorité qui revendiquent le départ de Yacouba Isaac ZIDA et de son gouvernement.

A l’analyse, on peut dire que c’est parce que Yacouba Isaac ZIDA a perdu la confiance de son corps d’origine en posant des actes qui font que l’étau se resserre sur ses compagnons d’arme qu’on lui en veut à mort : les preuves sont palpables :

-  réouverture du dossier Norbert ZONGO,
-  ordre de poursuite dans l’affaire Thomas SANKARA,
-  la traque des gros débiteurs de l’Etat,
-  une éventuelle mise en accusation des dignitaires de la 4e République devant la Haute Cour de justice ;
-  Etc…
A côté de ces actes fortement appréciés par le peuple, le Gouvernement semble tenir le pari de faire les élections à bonne date en rassurant les partenaires au développement par une offensive diplomatique rentable.

Ainsi donc, s’il est vrai que la Transition ne peut régler les problèmes structurels des burkinabé, ses organes ont pu en si peu de temps, redonner espoir aux burkinabé de pouvoir aspirer au changement dans les mois à venir. C’est ce changement tant attendu qui ne plaît pas du tout au Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) et aux caciques du régime COMPAORE. Alors, il faut créer le tumulte et le chaos pour donner raison à Blaise COMPAORE qui croyait que sans lui, le Burkina Faso serait ingouvernable.

C’est pourquoi, l’UNIR/PS salue la sagesse du Président KAFANDO qui rappelle que les fauteurs de troubles pourront répondre de leurs actes devant les instances internationales. Aussi, il y a lieu de mettre de l’eau dans son fusil pour permettre au peuple de continuer sa marche radieuse vers l’idéal d’une vraie démocratie qui fera la fierté de notre pays et de toute l’Afrique.

C’est pour toutes ces raisons que l’UNIR/PS prenant acte de la déclaration de madame Dlamini ZUMA à savoir l’impérieuse nécessité de la subordination des Forces de Défenses et de Sécurité à l’autorité politique conformément à la charte africaine :

-  s’opposera à toute velléité de changement du Premier Ministre ou de quelque membre que ce soit à trois (03) mois de la fin de leurs mandats car cela ne fera que favoriser l’œuvre de déstabilisation de la transition en faveur d’une contre révolution ourdie par le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) et les anciens dignitaires au mépris du sacrifice de nos martyrs et des luttes citoyennes de notre peuple ;

-  réaffirme son soutien inconditionnel aux organes de la Transition et exige le respect de l’agenda électoral ;

-  exhorte le Président de la Transition ainsi que le Premier Ministre et l’ensemble du gouvernement, y compris les militaires, à poursuivre leur œuvre jusqu’aux échéances électorales ;

-  lance enfin un appel vibrant à la vigilance de la part du peuple insurgé des 30 et 31 octobre 2014, et à se tenir prêt à répondre à tout mot d’ordre pour le parachèvement de la Révolution.

Avec le peuple, victoire !

Le Président

Maître Bénéwendé S. SANKARA

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