Hélène Dumont, fondatrice des« serviteurs de la miséricorde » : « Nous sommes serviteurs à l’image de Jésus »

dimanche 21 juin 2015 à 02h06min

Présente au Burkina Faso depuis quelques jours, la fondatrice du mouvement les serviteurs de la miséricorde divine Hélène Dumont, est venue témoigner et enseigner à la suite de Sainte Faustine, les grâces et les bienfaits de la miséricorde divine aux fidèles catholiques de l’archidiocèse de Ouagadougou. A travers cette interview, elle donne des détails sur le mouvement.

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Hélène Dumont, fondatrice des« serviteurs de la miséricorde » : « Nous sommes serviteurs à l’image de Jésus »

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Hélène Dumont, je suis mariée et mère de famille. Il y a 28 ans, j’ai fait l’expérience de l’amour et de la miséricorde du Seigneur pour moi. Puis, j’ai vu la miséricorde à l’œuvre dans ma famille, chez des amis et dans les différents services de compassion dans lesquels j’œuvrais. J’avais donc dans le cœur d’être apôtre, témoin, missionnaire, serviteur de la miséricorde… Or, en l’an 2000, j’ai découvert que sainte Faustine avait été choisie par Dieu pour être apôtre de la miséricorde !

Au même moment, j’ai réalisé que notre pape Jean Paul II dont je suivais les homélies et les écrits depuis de nombreuses années avait un attachement particulier pour cette religieuse qu’il a lui-même canonisée. C’est à partir de ce moment là que je me suis plongée dans les écrits de cette sœur et j’ai découvert une richesse extraordinaire. J’ai été profondément touchée par l’enseignement que Jésus lui a transmis sur sa miséricorde. Ce qui m’a incitée à écrire plusieurs ouvrages sur la miséricorde ! Dès 2002, il m’a été demandé d’animer des récollections sur ce sujet. Depuis je me rends partout en France et à l’étranger pour animer des veillées, des récollections ou des retraites dans des paroisses, communautés ou congrégations. Je suis missionnée par mon évêque.

C’est quoi, la miséricorde ?

Pour donner une définition, il nous faut revenir au terme latin misericordia dans lequel nous entendons deux mots « Miseri » et « cordia » qui veut dire un cœur sensible à la misère. Dieu a un cœur sensible à notre misère, à nos souffrances, à nos pêchés. Nous pouvons dire également qu’il a des entrailles de miséricorde. Nous comprenons mieux ce qu’est la miséricorde de Dieu quand nous regardons Jésus dans l’évangile. Jésus est attentif à la misère, à la souffrance de son peuple, que ce soient des souffrances physiques ou morales. Il prend pitié de toutes ces foules qui sont comme des brebis sans berger : il guérit, il libère, il enseigne longuement, il pardonne. Nous voyons dans ces pages d’évangile Jésus bouleversé intérieurement devant la souffrance de son peuple. Nous voyons là, la miséricorde qui s’exerce ! Mais la miséricorde continue de se manifester par la passion, la mort et la résurrection de Jésus. « Le Christ de Pâques est l’incarnation de la miséricorde, son signe vivant ! » (St Jean Paul II) Voici en quelques mots comment nous pouvons expliquer la miséricorde divine.

Qui est Sœur Faustine dont les écrits vous ont inspirée ?

Sainte Faustine est une religieuse polonaise du XXème siècle qui a été choisie par Dieu pour être l’apôtre de la miséricorde, la secrétaire de la miséricorde. Jésus lui est apparu à de nombreuses reprises. Il lui a montré son cœur plein d’amour et de miséricorde et lui a demandé de l’annoncer. Compte tenu de son origine sociale modeste, elle a été dans son monastère exclusivement dédiée aux travaux d’entretien. Elle a été à la cuisine, au jardin puis à la porte. Elle n’est pas partie sur les routes pour prêcher la miséricorde. Elle a fait plusieurs maisons de sa congrégation mais elle est restée dans sa vie de sœur très simple, tout en méditant la miséricorde, en implorant la miséricorde et en l’exerçant. Cependant Jésus lui a demandé de faire réaliser un tableau le représentant tel qu’elle le voyait lors des apparitions avec la mention au pied du tableau « Jésus j’ai confiance en toi ».

Ce tableau est connu maintenant dans le monde entier et les grâces reçues par le biais de celui-ci sont innombrables ! Puis, il lui a demandé d’implorer sa miséricorde tous les jours à 15 h en souvenir de sa passion et de réciter une prière spécifique intitulée le « chapelet de la miséricorde » qu’il a lui-même enseigné. Il se récite sur un chapelet normal à Marie sauf que le texte diffère, on commence par « Père éternel, je t’offre le Corps et le Sang, l’âme et la divinité de ton Fils bien aimé, notre Seigneur Jésus Christ en réparation de nos péchés et ceux du monde entier. Par sa douloureuse passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier ». C’est une puissante prière car, comme à l’Eucharistie nous offrons au Père, le Corps et le Sang de Jésus, en réparation pour nos péchés et ceux du monde entier. Jésus a recommandé la prière de ce chapelet pour la conversion des âmes et pour les pécheurs à l’agonie. Enfin, il a demandé une fête de la miséricorde, qui a lieu le premier dimanche après Pâques et qui a été instituée officiellement dans l’Eglise le 30 avril 2000 par le Pape Jean Paul II.

Comment est né le mouvement « les serviteurs de la miséricorde » ?

A l’issu des veillées, récollections ou retraites que j’animais, je rencontrais des personnes qui me demandaient comment faire pour continuer d’approfondir ce message de la miséricorde et pour le mettre en pratique dans la paroisse. D’autre part, j’ai été touchée par les écrits de sœur Faustine « le Petit Journal » qui représentent une source extraordinaire pour nourrir notre chemin de sainteté Si la Parole de Dieu est notre première nourriture, les écrits de cette Sainte sont un moyen d’avancer sur le chemin de la sainteté. C’est ce qui m’a amenée à lancer le mouvement des Serviteurs de la Miséricorde en Juin 2008 encouragé et soutenu par mon évêque. Ce mouvement a pour vocation de vivre de la spiritualité de sainte Faustine, en approfondissant la miséricorde dans la Parole de Dieu et le Petit Journal pour ensuite l’exercer.

La miséricorde ne peut s’exercer que si nous la recevons ! Jésus est la source ! C’est lui qui nous fait miséricorde pour que nous puissions la transmettre. C’est aussi ce que le pape François a écrit dans sa bulle pour l’année du Jubilé de la miséricorde. Il nous demande de nous rapprocher du Christ pour recevoir sa miséricorde. La miséricorde se reçoit et se donne, c’est un mouvement incessant. Les serviteurs vivent donc ces deux aspects : recevoir et approfondir la grâce de la miséricorde par des moyens précis pour ensuite la transmettre par différents apostolats initiés par le mouvement.

Où se situe le siège du mouvement ?

Ce mouvement a été lancé en France dans mon diocèse, le diocèse de Meaux dans la région parisienne. C’est là le siège du mouvement des serviteurs de la miséricorde et il s’est développé un peu partout en France et à l’étranger dans différents pays, en Europe et sur d’autres continents comme en Afrique. C’est-à-dire que des membres des serviteurs de la miséricorde sont présents au Burkina Faso, au Congo, au Cameroun, mais aussi dans différents pays comme en Amérique du sud notamment en Colombie où un sanctuaire de la miséricorde est tenu par un prêtre.

Qui peut adhérer au mouvement des serviteurs de la miséricorde ?

Toute personne fidèle catholique attentive et touchée par la miséricorde peut rejoindre le mouvement dans lequel nous avons différents degrés d’appartenance. Il suffit de remplir son bulletin d’adhésion qui peut être téléchargé sur le site www.serviteursdelamisericorde.org. Là, la personne intègre la Fraternité de cœur. C’est-à-dire qu’elle reçoit tous les documents que nous publions et portent dans sa prière le mouvement et ses apostolats. La Fraternité de Cœur regroupe par exemple des personnes handicapées, des personnes âgées ou qui ne peuvent pas se déplacer, mais aussi des religieux ou religieuses qui sont sensibilisés par le message mais ne peuvent faire davantage, compte tenu de leur vocation.

La Fraternité miséricorde, quant à elle, regroupe tous les membres adhérents qui participent plus pleinement à la vie du mouvement ; c’est-à-dire que, d’une part, ils se retrouvent en petites fraternités locales deux fois par mois pour partager sur la miséricorde à partir de la méditation mensuelle, d’autre part, ils s’impliquent dans un des apostolats portés par le mouvement. Les membres de la Fraternité Miséricorde se retrouvent aux différents rassemblements proposés par le mouvement. Certains sont appelés à participer plus activement encore à la vie du mouvement. Ils s’engagent alors solennellement au cours d’une célébration Eucharistique lors d’un rassemblement des serviteurs.

Quelle est votre spiritualité ainsi que vos activités majeures ?

Comme je l’ai expliqué ci-dessus, notre spiritualité s’enracine dans la spiritualité de sainte Faustine. Notre but est d’approfondir la miséricorde et la transmettre par des actes, la parole et la prière. En outre, Jésus a dit : « je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir ». Ainsi, nous sommes serviteurs à l’image de Jésus serviteur dont la royauté s’enracine dans le service. Les serviteurs sont appelés à servir dans l’humilité et la simplicité.

Concernant nos activités, nous avons deux pôles. Le premier consiste à recevoir la miséricorde par la vie sacramentelle et la prière (confession au moins une fois par mois, adoration au moins une fois par semaine, chapelet de la miséricorde et chapelet à Marie tous les jours et Eucharistie si possible tous les jours) et l’approfondir dans la Parole de Dieu ainsi que dans le « Petit Journal » notamment au sein des fraternités miséricorde et lors des rencontres du mouvement, notamment la grande rencontre annuelle qui a lieu lors de la fête du Christ Roi.

Le deuxième pôle consiste à exercer la miséricorde par les actes, la parole et la prière. Un des apostolats est tourné vers l’évangélisation par les tableaux pèlerins. Nous avons lancé un certain nombre de tableaux qui font 80cm de haut et qui représentent Jésus miséricordieux selon la grande apparition de Jésus à Sainte Faustine. Jésus lui a dit « Par cette image, j’accorderai beaucoup de grâces aux âmes. Que chaque âme ait donc accès à elle. » Aussi, pour que tout le monde puisse avoir accès au tableau, il faut que celui-ci pèlerine de foyer en foyer. Celui qui reçoit le tableau avec les carnets de prière doit inviter des personnes à la périphérie c’est-à-dire des gens qui ne sont pas forcément des catholiques habitués de la messe du dimanche, pour un temps fraternel et de prière devant le tableau. Nous avons énormément de témoignages de grâces reçues lors du passage du tableau de Jésus miséricordieux dans les foyers : des grâces de consolation, de réconciliation, de paix, de guérison intérieure et physique, toutes sortes de grâce…

Un autre apostolat consiste à animer l’heure de la miséricorde dans sa paroisse une fois par semaine selon un rituel qui est établi. Nous proposons également une chaîne de prière pour les personnes en fin de vie et une chaîne de prière pour les membres du gouvernement. Enfin, tous les serviteurs de la miséricorde sont invités à aider le curé dans leur paroisse pour que la fête de la miséricorde soit solennellement célébrée le premier Dimanche après Pâques selon ce que Jésus a demandé. Enfin, nous distribuons des images de Jésus miséricordieux pour évangéliser et faire connaitre la miséricorde. Voici les différentes activités vécues au sein de notre mouvement !

Pourquoi une visite au Burkina Faso ?

Daniella Comboïgo qui est coordinatrice des serviteurs de la miséricorde ici au Burkina a souhaité que le message de la miséricorde se répande dans tout le pays. Elle avait à cœur qu’une mission itinérante soit organisée avec les reliques de sainte Faustine sur tout l’archidiocèse de Ouagadougou. Elle m’a relancée à plusieurs reprises et j’ai accepté de venir, m’étant engagée devant le Seigneur, il y a plusieurs années, à me rendre partout où il m’enverrait !

Quelles sont les perspectives pour l’avenir ?

Le Pape Jean-Paul II a dit lors de la consécration du sanctuaire mondial de la miséricorde en Août 2002 : « il faut transmettre au monde le feu de la miséricorde ». Il a dit aussi « la limite, la seule limite imposée au mal c’est la miséricorde ! » notre Pape François, quant à lui, a dédié une année à la miséricorde. La perspective est que la miséricorde embrase le monde entier ! Notre monde a soif de miséricorde ! Je ne peux pas aller partout donc c’est aux serviteurs de la miséricorde de poursuivre la mission. Notre Pape Jean-Paul II s’est exclamé en août 2002 : « Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix et l’homme le bonheur ! » alors… en avant… pour le bonheur !

Entretien réalisé par Eveline KOAMA (stagiaire)
Lefaso.net

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