« Affaire produits périmés » au restaurant universitaire : « la responsabilité est collective », selon le DG du CENOU

dimanche 22 mars 2015 à 22h58min

C’est avec intérêt que l’opinion suit cette « affaire des produits périmés au restaurant central de l’Université de Ouagadougou » qui anime, depuis lundi dernier, les débats dans les différents milieux. Le directeur général du Centre national des œuvres universitaires (CENOU) ne manque pas d’occasion pour souligner la nécessité de trouver une solution pérenne à « cette » situation de la qualité des prestations dans les restaurants universitaires. C’est ce qu’il a expliqué ce vendredi, 20 mars, lorsque nous l’avons abordé sur la question au congrès du SYNADEC (Syndicat national autonome des enseignants-chercheurs).

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« Affaire produits périmés » au restaurant universitaire : « la responsabilité est collective », selon le DG du CENOU

« Les étudiants nous posent aujourd’hui un problème de qualité lié, selon eux, à la découverte d’un certain nombre de produits dits avariés. Mais, au-delà de cet élément, il faut préciser et réaffirmer que le problème de qualité se pose de façon générale ; aucune plateforme d’association estudiantine n’occulte la qualité des restaurants universitaires (RU) », a situé le directeur général (DG) du CENOU, Balibié Serge Auguste Bayala. Celui-ci perçoit le problème, contrairement à une certaine opinion, comme une question structurelle qui mérite une solution structurelle à travers la mise en place et le fonctionnement effectif de comité de qualité et d’hygiène dans l’ensemble des restaurations.

De la résiliation du contrat de prestation ?

« C’est une requête formulée par les étudiants de résilier les contrats. Quand je les ai reçus, j’ai attiré leur attention sur le fait que le contrat, lui-même, n’existe pas. C’est un contrat verbal et c’est une bonne foi du prestataire qui l’amène à continuer la prestation au-delà du fait que les ressources financières n’étaient pas disponibles. C’est vrai qu’on peut me dire que l’engagement verbal tient lieu d’un contrat mais il n’y avait pas de contrat écrit et ça, je l’ait dit aux étudiants que par rapport à cette résiliation, il faille d’abord s’interroger sur la pertinence des produits incriminés, sur leur qualité avant d’entreprendre une action de résiliation des contrats », a expliqué M. Bayala. Et ce, dans la mesure où théoriquement, dit-il, si les contrats venaient à être signés, ils prendraient fin en avril et à partir du mois de mai, de nouveaux contrats seront lancés et ouverts à tout le monde, y compris aux anciens prestataires. A l’en croire, l’intention n’est pas de faire partir un prestataire mais plutôt de ramener les gens à travailler dans les règles de l’art. « Je ne suis pas restaurateur, je n’ai pas d’entreprise de restauration et je ne connais même pas de restaurateur. La compétition est ouverte à tout le monde. Ce sont des appels d’offre selon les règles du marché public », a-t-il confié. Depuis quelques jours, un appel d’offre est lancé pour le recrutement de prestataires dans l’ensemble des RU. Mais pour le DG du CENOU, « cela n’a rien à avoir avec la crise actuelle que nous vivons. Le CENOU recrute de façon périodique, chaque deux ans, ou ouvre à concurrence, les RU à l’ensemble des personnes morales capables d’offrir des services de restauration aux étudiants. C’est dans ce sens que nous avons lancé cette année un marché qui aurait dû être fait depuis juillet 2014 mais qui ne l’a jamais été pour des contraintes budgétaires. Il aurait pu l’être encore en début d’année mais-là encore, nous n’avions pas d’autorisation financière. Malheureusement, ça tombe au moment de la crise dite « produits périmés ». Cet appel d’offre n’a rien à avoir avec cette affaire de produits périmés qui ont été découverts dans le restaurant. Il s’inscrit dans un processus normal ».

Le DG clarifie ..., des comités de qualité pour bientôt !

Cette affaire laisse de nombreux commentaires à l’opinion. Si pour une partie, la question de la qualité, notamment de produits périmés est une réalité partagée par tous les prestataires, pour une autre, il s’agit-là de simple manipulation pour retirer un marché à un prestataire au profit d’un autre. « En réalité, la question de l’allocation et attribution des marchés repose sur des principes qui sont élaborés par le ministère de l’Economie et des finances à travers sa direction générale des marchés et des engagements financiers. Il n’appartient donc pas au DG de retirer un marché et de l’attribuer à qui que ce soit ; ce n’est pas son champ. Il faut que cela soit claire, c’est un appel à concurrence et tous ceux qui pensent qu’ils sont capables de le faire et qui remplissent les conditions postulent et on retient le meilleur », a déclaré M. Bayala. Cependant, dit-il que depuis le début de l’affaire, les échanges avec les structures estudiantines, notamment celle à la base de la « découverte », le Cadre de débat « deux heures pour nous, deux heures pour l’Afrique », se poursuivent. C’en est de même avec l’ensemble des prestataires des RU. Il a indiqué que depuis jeudi, 19 mars, les acteurs sont réunis autour d’un atelier méthodologique lié aux questions de qualité pour la mise en place des comités de qualité. « Nous sommes en contact réguliers et permanent et allons bientôt, de façon officielle et formelle, les installer. Nous allons incessamment rencontrer l’ensemble des associations estudiantines sur le campus pour échanger non seulement autour de cette question mais également pour revenir sur la dimension de la qualité dans les restaurants », a annoncé le premier responsable du CENOU.

« Les insuffisances sont imputables à l’ensemble des acteurs »

Pour Balibié Serge Auguste Bayala, la question des insuffisances dans la prestation des RU est « imputable » à tous les maillons de la chaîne. « J’ai même entendu des personnes qui ont quitté l’Université depuis longtemps qui reviennent encore pour parler de la qualité des plats dans les restaurants. Mais, au-delà de tous ces aspects émotionnels qu’il faut mettre de côté, il faut parler plutôt d’enseignements à tirer. Ils paraissent plus importants parce que ça amène l’ensemble du personnel à se remettre en cause et à faire correctement son travail. Si le travail était correctement fait, cela m’étonnerait qu’on en soit arrivé. Vous avez ceux qu’on appelle les contrôleurs dans les restaurants qui sont censés relever, chaque fois que possible, les difficultés constatées au cours d’un service. Malheureusement, quand vous regarder les fiches, tout est RAS (rien à signaler) et cela n’est pas de nature à permettre à la direction régionale du CENOU de pouvoir prendre des mesures ou de les proposer à la direction générale pour que cela soit corrigé », a Regretté M. Bayala. Selon lui, la responsabilité est collective ; c’est l’ensemble de la façon de fonctionner qu’il faut voir. « Il y a une responsabilité évidente au niveau du CENOU, au niveau organisationnel, il y a des responsabilités au niveau des étudiants, des prestataires. Et c’est pour cela dans le comité, nous avons pris l’intégralité des parties prenantes pour que la question soit traitée de façon collégiale. C’est l’ensemble de toutes ces parties qui doivent être interpellées. Et cette situation, au-delà du désagrément, a au moins des enseignements qu’il convient d’exploiter pour améliorer la prestation des RU, le souci étant l’amélioration de la qualité et, ensemble, on va y arriver », a conclu le DG.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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