Appel à la dislocation du Régiment de sécurité présidentielle : Les Organisations de la société civile de Bobo sont dans l’arène

dimanche 8 février 2015 à 22h49min

Des Organisations de la société civile (OSC) de Bobo, appuyées par des partis politiques de l’ex opposition ont manifesté ce samedi 08 février 2015 pour réclamer la dissolution du Régiment de sécurité présidentiel (RSP). Réunis à la place Tièfo Amoro, les manifestants ont rallié le gouvernorat de la région des Hauts-Bassins pour y remettre leur déclaration au gouverneur, avant de rebrousser chemin pour le meeting.

Appel à la dislocation du Régiment de sécurité présidentielle : Les Organisations de la société civile de Bobo sont dans l’arène

L’on se croirait au temps fort de la lutte contre la modification de l’article 37. Sorties « vainqueur » de ce combat, des Organisations de la société civile (OSC) de la ville de Bobo-Dioulasso, appuyées par des partis politiques de l’ex opposition ont repris le « combat ». Cette fois, Kaba Diakité et sa troupe demandent la dislocation pure et simple du Régiment de sécurité présidentiel (RSP). Contre donc le RSP, les OSC spécifiques de la ville de Bobo ont été prolixes en déclarations. Tour à tour, différents leaders d’associations ou de mouvements ont livré des messages au public de la Place Tièfo Amoro.

Comme dans un concours oratoire, chacun a voulu impressionner par la teneur des mots. Ainsi, Eloi Savadogo de la Ligue des jeunes, a laissé entendre qu’ils n’ont pas de problème avec les militaires : « Nous n’avons pas de problème avec les militaires. Nous avons un problème avec un nom : le RSP. Le RSP doit savoir que Blaise Compaoré est parti ; Il est à Yamoussoukro. Il est donc temps pour eux de se fondre dans l’armée régulière pour protéger le peuple. »… Dans la même lancée, Kaba Diakité, le coordonnateur du Balai Citoyen et par ailleurs porte-parole des OSC spécifiques de Bobo va également livrer des messages « forts : « Depuis 1999, l’on demande la dislocation du RSP. C’est Blaise Compaoré qui avait besoin du RSP parce qu’il savait ce qu’il avait fait pour arriver au pouvoir. On ne veut pas avoir de militaire et de super militaire au Burkina. Pour la sécurité du président, on n’a pas besoin d’un camp, d’un millier de soldat ».

En lutte pour la dislocation du RSP, les OSC ont également évoqué des menaces qui planeraient sur eux dans la ville de Bobo. La maison de Nabaloum (un activiste pour la transparence dans les opérations de lotissement) partie en feu la semaine dernière, le véhicule annonceur des OSC attaqué par des gens armés de machettes, et des rumeurs de plus en plus insistantes de milices dans la ville sont des signes inquiétants pour les OSC.

Profitant de la remise de leur message au gouverneur Alfred Gouba, Kaba Diakité a, au nom des Organisations de la société civile de Bobo, évoqué l’idée de la mise en place d’un groupe d’auto-défense citoyenne. En attendant, il a laissé entendre que des personnes suspectées pour être les agresseurs du véhicule annonceur des OSC ont été identifiées. Ils font l’objet d’une plainte.

Ousséni BANCE
Lefaso.net

Doit-on avoir peur pour Bobo ?
Les prémices sont évidentes. Les inquiétudes aussi. Bobo va mal. Très mal. Particulièrement dévastée par l’insurrection populaire, la citée paisible est en train de plonger, lentement mais « bêtement » dans un cycle de violence. Le chant du cygne a commencé pour d’autres. Et plus qu’ailleurs au Burkina Faso, les conditions d’un affrontement généralisé sont en train d’être réunies. Déjà, on parle de machettes. On s’achète des machettes. Et on n’a même déjà brandi des machettes dans la deuxième ville du Burkina.

Malheureusement, comme dans une fatalité, l’on assiste impuissamment à la montée de la haine et à l’appel à la violence. Déjà, des organisations de la société civile qui se sentent en insécurité envisagent de mettre en place « des groupes d’auto-défense citoyenne ». En sourdine, des individus de tout acabit sont en train de s’activer. Il y a péril en la demeure et les réunions pour ou contre X se multiplient. Les discordes sont alimentées par des divergences idéologiques, politiques, sociales, économique…

Il est donc temps que les services de renseignement s’activent. Il est aussi temps pour les forces de l’ordre et de sécurité d’agir. En retrait tout au long des attaques au cours de l’insurrection populaire, nos forces de l’ordre doivent revenir sur le terrain de la sécurité. Il est temps pour l’autorité d’agir. Il est temps de dire non à la fatalité. Il est temps de freiner l’élan dramatique des uns et des autres. Il est surtout temps de barrer la route aux fauteurs de troubles qui agissent de plus en plus à visage découvert à Bobo…

O.B
Lefaso.net

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