Université de Ouagadougou : Le premier docteur en Sociologie nommé Zakaria Soré

jeudi 29 janvier 2015 à 07h50min

L’université de Ouagadougou a enfin son premier docteur en Sociologie, il s’appelle Zakaria Soré. Sa thèse unique de doctorat sur le thème : « Massification scolaire, rapport au savoir et qualité de l’enseignement primaire dans la commune rurale de Rambo (province du Yatenga, Burkina Faso) » a été sanctionnée par la mention très honorable. C’était le mardi 27 janvier 2015.

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Université de Ouagadougou : Le premier docteur en Sociologie nommé Zakaria Soré

« Soré Zakaria, nous avons suivi avec intérêt la soutenance de votre thèse unique de doctorat en sociologie sous le thème : « Massification scolaire, rapport au savoir et qualité de l’enseignement primaire dans la commune rurale de Rambo (Province du Yatenga, Burkina Faso ». Le jury après délibération a décidé ce qui suit : votre thèse est acceptée. Et nous vous donnons la mention très honorable. Le jury à l’unanimité vous félicite et vous encourage à continuer dans cette lancée avec le souhait que dans quelques années, vous soyez un brillant enseignant-chercheur de l’université de Ouagadougou ». Ces mots viennent confirmer le premier docteur en Sociologie de l’université de Ouagadougou. La thèse, forte de 351 pages, a été défendue pendant près de 2 heures, devant un jury composé de quatre membres, présidé par François Datè Fodio Gbikpi-Benissan. L’exercice de la présentation s’est close par une conclusion pertinente, selon le directeur de la thèse Alkassoum Maiga qui, avant les appréciations des membres du jury, a félicité l’impétrant pour la qualité du travail. Zakaria Soré, confie le directeur est le tout premier candidat de l’université de Ouagadougou à défendre une thèse de sociologie. « C’est un étudiant dynamique qui écrit bien », dit-il.

La thèse, poursuit-il, est d’une originalité avec des hypothèses assez complexes. Une touche particulière que l’on ne retrouve pas très souvent, selon M. Maiga, dans les travaux des étudiants. Il estime par ailleurs que la grande partie des documents sont basés sur des constats. La méthodologie de la thèse de l’impétrant Zakaria Soré est concise, associant catégories qualitatives ou quantitatives. Il fait appel à plusieurs démarches et outils de production de données, ce qui sous-entend que l’étudiant a eu un flair assez intéressant. Pour Alkassoum Maiga, beaucoup de qualité sont à relever dans ce document malgré les coquilles. Félix Compaoré, membre de jury, a quant à lui déclaré que le travail de l’impétrant confirme tout le bien qu’on peut dire de lui. La thématique abordée est d’une actualité qui mérite que l’on s’y penche sérieusement. En effet, citant l’exemple du continuum en voie d’être mis en œuvre au Burkina Faso, le professeur Compaoré a rappelé que cette politique est loin d’être une invention des autorités. Il est, a-t-il dit une étape primordiale dans l’enseignement en Afrique.

Malheureusement, la mise en œuvre n’a pas été des meilleurs au Burkina. En clair, les autorités ont voulu exécuter le projet sans au préalable prendre des dispositions en ce qui concerne les infrastructures adéquates y afférentes. Encore moins le recrutement des enseignants pour renforcer les effectifs. Toutefois l’homogénéité de la thèse n’empêche pas le Pr Compaoré de constater le déséquilibre des parties ou la première comprend 99 pages, la deuxième 74 et enfin la troisième 128. En dehors de cette remarque, dit-il, la thèse a été menée avec rigueur avec des recherches méticuleuses. Fernand Sanou, également professeur, s’est associé à ses collègues pour apprécier le travail de l’impétrant.

Que faire pour améliorer la qualité de l’éducation ?

C’est la question posée par le président du jury à la suite des remarques et des suggestions à même d’améliorer le contenu du document. Pour l’impétrant, l’enseignement gagnera en qualité à condition de revoir le niveau académique tout en mettant l’accent sur la formation initiale et continue, que les conditions de vie et de travail des enseignants soient améliorées et que les parents d’élèves s’impliquent activement dans la vie de l’école. « L’enseignant est une variable clé dans la qualité de l’enseignement », soutient le président du jury qui estime pour sa part qu’il faut relever le niveau de recrutement jusqu’au baccalauréat, revoir la durée de la formation, relever le niveau de rémunération des enseignants.

Fernand Sanou d’ajouter qu’il faut améliorer les conditions de vie et de logement des enseignants et initier des cours diplômants dans les universités publiques, pouvant leur permettre de monter en grade. En résumé, « Massification scolaire, rapport au savoir et qualité de l’enseignement primaire dans la commune rurale de Rambo (province du Yatenga, Burkina Faso) », est une restitution de l’enjeu actuel de l’école burkinabè, l’évaluation des effets des innovations éducatives sur la qualité de l’enseignement primaire. Pour disposer des informations nécessaires à la compréhension de la problématique, confie le nouveau docteur en Sociologie, « nous avons opté pour une approche socio-anthropologique combinant enquête par questionnaire, entretien et observation sur le terrain ».

Les résultats ont montré que les politiques éducatives mises en œuvre dans le contexte de l’éducation pour tous ne peuvent produire un enseignement de qualité. Elles sont en effet restées obnubilées par les préoccupations quantitatives. A Rambo, les enseignants, les familles et les élèves ont un mauvais rapport au savoir qui ne permet pas d’avoir un enseignement de qualité. L’étude aboutit à la conclusion que la qualité de l’enseignement primaire est un problème de connexion entre politique éducative, familles et école.

Bassératou KINDO
LeFaso.net

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