Situation politique nationale : le MSS entre analyse et vœux pour la nouvelle année

dimanche 11 janvier 2015 à 15h02min

Le dernier trimestre de l’année 2014 a été marqué par la chute du pouvoir de Blaise Compaoré, consécutive à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre. Le processus de relance démocratique du Burkina Faso a conduit de nouvelles autorités à la tête de l’Etat. Celles-ci font face de nos jours à des mouvements de contestations tout azimut.

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Situation politique nationale : le MSS entre analyse et vœux pour la nouvelle année

Le Président du Faso Michel Kafando dans son message du nouvel An semble avoir sonné la fin de la recréation. Il en a été de même d’un regroupement d’organisations dites de la société civile qui est monté au créneau en lançant un appel au gouvernement pour mettre fin aux manifestations. Le Mouvement Soyons Sérieux voudrait à travers cet écrit donner son analyse sur d’une part les différentes contestations, et d’autre part sur leur gestion par les autorités de la transition.
Des mouvements de contestation…
La première contestation des populations a été la nomination de Adama Sagnon comme ministre de la communication. En effet, le personnel de ce département s’est opposé à cette nomination avec pour raisons le non lieu prononcé par ce dernier dans l’affaire Norbert ZONGO et sa gestion du Bureau burkinabè des droits d’auteurs. Après 72 heures de protestation, le monde culturel a eu gain de cause avec la démission de Adama Sagnon. La transition venait d’essuyer son premier affront ouvrant ainsi la boite aux pandores. Comme un effet de mode, d’autres manifestations virent le jour. Aussi, la contestation à la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiel Générique (CAMEG) a eu raison de Mahamadou Compaoré. Nommé Directeur général de la CAMEG, par le Premier ministre Yacouba Isaac ZIDA, ce dernier n’a pas pu prendre fonction jusqu’à son remplacement par un intérimaire interne. Après le ministre de la culture, c’est au tour du ministre des infrastructures, Moumouni Dieguemdé d’être contesté et contraint à la démission à cause de son passé carcéral. Outre ces protestations, des mouvements d’humeur se font entendre ça et là pour contester la légitimité ou la gestion de premiers responsables d’entreprises ou d’organisations syndicales. Ainsi, de l’OTRAF en passant par la société FILSAH, la CNTB, etc. des voix s’élèvent pour demander le départ des responsables.
De la justesse des contestations…
Si dans la forme les manifestants sont dans leur droit de revendiquer, la question de fond pose problème par moment. Quelles sont les motivations réelles de ces protestations ? Pourquoi attendre maintenant alors que les motifs de contestation sont bien fondés ?
Les réponses à ces deux questions peuvent être recherchées dans les déclarations des autorités de la transition « Plus rien ne sera comme avant… » ou « toutes les décisions seront prises à la place de la nation… ». Mais de l’avis du Mouvement, ces manifestations perdent un peu de crédibilité. Et ce d’autant plus qu’elles auraient pu avoir lieu bien avant. En effet, les conditions étaient réunies pour de telles revendications car la liberté d’expression et de manifestation étaient garanties et reconnues pour tous. Aussi, ces mouvements d’humeur surviennent à une période où dans une dynamique d’un nettoyage du régime déchu, tout responsable aussi compétent qu’il soit, est contesté pour peu qu’il ait été proche de l’entourage de Blaise Compaoré.
Partant de ce constat, le Mouvement invite les différents acteurs défenseurs des intérêts des travailleurs que sont les syndicats et les OSC à faire preuve d’objectivité et de sérieux dans leur revendication. La transition, fille de l’insurrection populaire ne saurait donner lieu à des règlements de compte déguisés par le biais de groupuscules téléguidés qui s’agitent à tout bout de champ. Le Mouvement rappelle aux responsables des organisations hostiles aux manifestations que ceci est un droit reconnu par les lois et règlement en vigueur au Burkina Faso. Que du reste, c’est en faveur de la violation de celles-ci que la rue les a portés aux fonctions de responsabilité au niveau du CNT.
De la gestion de la transition…
A peine deux mois de gouvernance, la transition connait des difficultés. Entre nominations controversées et contestations de directeurs généraux, le Président Kafando et le Premier Ministre Zida ont du pain sur la planche. Comme agacé par ces multiples mouvements d’humeur, le Président de Faso a tapé du point sur la table lors de son message du nouvel an. « Mais qu’il soit bien entendu et que cela soit bien clair, il n’y aura pas de place pour les contestations injustifiées, parce qu’on se dit que c’est dans l’air du temps ; pour ceux qui s’agitent à tort et à travers, croyant intimider le gouvernement », a-t-il entre autres déclaré dans son discours. Il a par ailleurs dit ceci : « Mais si ce comportement doit être interprété par certains comme un signe de faiblesse, alors, sans état d’âme, nous prendrons nos responsabilités ». Un langage dur, à la limite menaçant. Un langage qui est aux antipodes du tempérament du diplomate chevronné qu’est supposée être son excellence. Mais, même s’il est vrai que la gestion du pouvoir n’est pas chose aisée, et qui plus est encore dans une situation de transition, il est important selon le Mouvement que nos autorités manient avec tact le bâton et la carotte afin d’assurer le respect de l’autorité de l’Etat et d’éviter la gouvernance du pouvoir par la rue. C’est à ce prix que de fondements solides d’un Etat de droit et d’une démocratie véritable seront posés pour les dirigeants à venir.
Pour terminer, le Mouvement formule ses vœux de Santé, de Paix et de Réussite à l’ensemble des Burkinabè pour l’année 2015. Que dans la santé chaque citoyen soit acteur de changement qualitatif pour un Burkina Faso prospère.

Bonne et heureuse année 2015 !!!
Vive la jeunesse unie et battante
Dieu bénisse le Burkina Faso

‘’Ni ingérence, ni indifférence pour un Burkina Faso meilleur’’
Pour la Coordination du Mouvement
Le Coordonnateur,
S. Frédéric ZOUNGRANA

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