Hôpital Yalgado Ouédraogo : Le directeur général salue la grandeur d’esprit des burkinabè et appelle à l’aide

mardi 4 novembre 2014 à 00h15min

163 blessés, sans les malaises, enregistrés dont 7 morts. Le centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo s’est retrouvé débordé pendant les évènements qui ont fait partir Blaise Compaoré. Pour faire face à l’urgence, la direction de l’hôpital avait lancé un appel au renfort. Les résultats ont été au-delà des espérances du directeur général qui loue la chaine de solidarité qui s’est spontanément créé. Mais il lance un appel à toutes les bonnes volontés pour s’occuper des conséquences des manifestations, qui s’étaleront sur un ou deux mois.

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Hôpital Yalgado Ouédraogo : Le directeur général salue la grandeur d’esprit des burkinabè et appelle à l’aide

En cette matinée du 3 novembre 2014, quelques malades sont couchés dans les couloirs des urgences traumatologiques de l’hôpital Yalgado. Ils attendent de rejoindre les chambres que viennent de libérer d’autres patients. Des sorts différents, mais la raison qui les ont fait pensionnaires du plus grand hôpital du Burkina est le même. Les manifestations qui ont fait partir l’ancien président Blaise Compaoré. Le personnel soignant n’est pas débordé, la tempête est quelque peu passée. Aux premières heures des évènements, l’ambiance était tout autre. C’est dans la matinée du 31 novembre que les blessés ont commencé à affluer. Les urgences traumatologiques qui avaient été provisoirement déplacé dans un local des urgences viscérales s’est retrouvées rapidement débordés. « Le médecin qui était de service m’a appelé pour demander du renfort, parce qu’ils ne pourront pas faire face à la situation. Cela m’a amené à lancer un appel à l’endroit du personnel de Yalgado qui n’a pas pu atteindre l’hôpital ce jour pour diverses raisons, à développer des initiatives pour pouvoir être à leur poste de travail », fait savoir le directeur général Robert Sangaré.

Une idée qui a porté des fruits malgré la situation sécuritaire incertaine. La mobilisation a surpris le directeur pour qui, c’était au-delà de ses espérances. «  Mais ce qui nous a beaucoup marqué, c’est la spontanéité avec laquelle des agents qui ne travaillent pas à Yalgado, médecins publics ou privés de la ville de Ouagadougou, se sont présentés spontanément pour dire qu’ils étaient à notre disposition s’ils pouvaient être utiles. Des cliniques privées sont venues. A côté de cela, il y a ceux qui ont intervenus pour nous soutenir au niveau matériel (…) La mobilisation m’a agréablement surpris malgré le caractère le caractère douloureux des évènements qui ont pu occasionner ces blessures ».

Face à l’urgence l’hôpital décrète la gratuité des soins

En concertation avec sa hiérarchie et face à l’urgence, Robert Sangaré décrète la gratuité des soins au niveau des urgences pour les blessés qui affluent. Des fractures ouvertes, des entorses, des plaies béantes, des blessures liées à des chutes ou par balles sont pris en charge par les médecins. « Même les médicaments qui sont donnés hors d’urgence et qui sont disponibles dans notre pharmacie, nous les avons servis, pour peu, que les médecins dressent l’ordonnance » ajoute le responsable.

Dans la nuit du 30 au 31, les médecins ont opéré toute la nuit.

Ces mesures ont permis de parer au plus urgent. En de pareille situation, des blessés qui n’ont rien avoir avec les manifestations arrivent avec l’espoir de bénéficier de la gratuité des soins. Ils sont pris en charge selon la consigne. « Ce n’est pas une question d’argent, c’est de sauver des vies d’abord. Quoi que l’on dise, on est toujours dans la période chaude ». L’important selon le directeur, c’est de tout faire pour que tous ceux qui entrent à l’hôpital suite aux manifestations ressortent sains et saufs et que les patients, surtout ceux qui ont des fractures, ne gardent pas de séquelles. « Quand la situation va se calmer, nous allons faire le point à notre ministère de tout ce que nous avons sorti au niveau de la pharmacie, de ce que nous avons posé comme actes médicaux et leurs valeurs financières, après tout nous sommes une structure publique et l’Etat décidera s’il faut venir à notre secours pour rembourser. Dans tous les cas, l’hôpital appartient à l’Etat, à tous les burkinabè ».

Gratitude et appel à l’aide

Le directeur général, tout en rendant hommage à ceux qui ont perdu la vie, a loué l’exemplarité des actions de certaines personnes qui matériellement ou financièrement se sont manifestées. Des actions qui, selon lui, redonnent de l’espoir et prouvent qu’ « on peut s’opposer, avoir des divergences politiques, en même temps aussi, il y a des évènements qui nous donnent des leçons. Je suis heureux et fier d’avoir vécu cette expérience, parce que ça m’a montré que les burkinabè sont capables de grandeurs. Comme le disait le sage Nelson Mandela, dans le mal, peut naitre le bien ». Par contre, il lance un appel à la solidarité. Les violences qu’ils souhaitent passées, mais dans un à deux mois, le CHU Yalgado Ouédraogo continuera à panser les plaies des manifestations, pour ceux qui ont été hospitalisés. D’où l’appel du premier responsable pour que la solidarité qui s’est manifestée se poursuive et se consolide. 

« Les besoins existent toujours. L’hôpital essaye de faire le maximum, cela nous a amené à consommer certains consommables et produits médicaux plus que de raison, puisqu’on ne s’y attendait pas. Ça aura un cout énorme sur nous. Les bonnes volontés seront toujours les bienvenus. Il y a des patients qui sont en hospitalisation et nous ne savons pas quand est-ce qu’ils seront libérés. Nous consommons beaucoup à l’heure actuelle. Pour ceux qui voudraient venir nous aider, en nature ou autrement, qu’il sache que ce qu’ils vont donner sera géré convenablement ».
Civils ou corps habillés, chasseurs ou chassés, pauvres ou riches, le CHU Yalagado Ouédraogo a soigné et les mesures prises au temps fort de la crise ont permis de limiter les dégâts. Dans un ou deux mois, la situation nationale se sera peut-être tassée, mais le directeur du plus grand hôpital du Burkina souhaite que de ces évènements, chacun retienne la bonne leçon pour l’avenir. « Que ceux qui doivent se retrouver pour tracer la voie du futur fassent en sorte que ça ne donne plus lieu à des courses poursuites ». Même les médecins et leurs responsables préfèrent prévenir que de guérir.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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