Arrondissement n°3 de Ouagadougou : des populations barrent la RN°2 pour protester contre l’état des voies

mardi 21 octobre 2014 à 02h07min

Des habitants du 3ème arrondissement (Sig-Noghin) ont, dans la matinée de ce lundi 20 octobre 2014, barré la route nationale N°2 (RN°2), sortie nord de Ouagadougou, quartier Kilwin, pour « protester contre l’état délabré de certaines voies d’accès au quartier » jugées impraticables.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Arrondissement n°3 de Ouagadougou : des populations barrent la RN°2 pour protester contre l’état des voies

« Tant que Pascal (Pascal T. Ouédraogo, maire de l’arrondissement) ne vient pas, on ne bouge pas et la route restera barrée », entend-on de l’attroupement. « Nous voulons tout simplement qu’on arrange la voie pour le bien de tout le monde. La voie est impraticable. Quand il pleut, on passe des jours dans la misère », a confié Issaka Zongo, qualifiant les conseillers municipaux d’ « incapables ». Il « déplore » la « passivité » des conseillers qui, selon lui, ne font rien dans ce sens. Composés essentiellement de jeunes gens, les manifestants ont, à l’aide de pneus, morceaux de bois et autres, barré la RN°2 à l’intersection de la rue Naba Yilen, au niveau du marché de bétail dudit arrondissement. Les usagers en direction d’un sens ou de l’autre sont obligés de revoir leur trajet. Ceux qui tentent de négocier le passage essuient la colère des manifestants. « Ce n’est pas la bagarre, nous cherchons simplement à arranger les choses.
A partir de 19 h, quand tu veux rentrer à la maison, c’est difficile. Les bandits tendent des guets-apens à des endroits pour braquer et arracher les engins. Nous ne sommes pas contre quelqu’un, nous n’avons pas non plus quelque chose contre le gouvernement, nous n’avons pas de problème avec Blaise Compaoré ; ce que nous voulons seulement, c’est qu’ils pensent à nous, qu’ils sachent que nous sommes aussi des hommes et aspirons au bien-être. Allez-y dans le six mètres de Pascal (le maire), vous ne verrez pas une seule voie dégradée à l’image de celle-là. Vous ne le verrez pas dans l’entourage du maire. Et dans ça, on nous parle de Sénat et de referendum ; ils n’ont qu’à voir ça d’abord. Nous souffrons. Même les patrouilles de la police ne peuvent pas accéder à l’intérieur du quartier, à plus forte raison traquer des bandits. Un patient dans le quartier qui a besoin d’évacuation a le temps de mourir avant même l’arrivée d’une ambulance, parce qu’impossible de circuler », s’est insurgé Ousséni Cissoko, soutenu par d’autres voix. « Depuis ce matin, la voie est barrée et le maire sait qu’il y a des manifestations. S’il était conséquent, il serait venu précipitamment avant même l’arrivée de la CRS (deux pick-up de la Compagnie républicaine de sécurité, présentent certainement pour éviter tout débordement, ndlr). Mais pourquoi jusque-là (il était 9h42, ndlr) il ne s’est pas déplacé pour venir échanger avec les populations, alors que les manifestations ont commencé autour de 7h », s’est indigné un autre manifestant avant de conclure : « Nous n’avons même pas de maire ici ». A en croire certains propos, plusieurs fois, les riverains ont cotisé pour arranger la voie. Ils ont également affirmé que la commune (l’arrondissement) dispose de suffisamment de moyens financiers pour aménager les voies.

L’arrivée du maire et une « solution » est trouvée

C’est sur ces entrefaites que le maire fit son arrivée à 10 h 05, légèrement encadré par des éléments de la CRS. Il s’approche des manifestants et salue. Ceux-ci lui rendent la politesse avant d’étaler le motif de leur mouvement. « La voie est sur le point d’être bitumée. C’est un projet, on n’a pas l’argent, ce sont des gens qui ont financé. Sinon, on pouvait charger la voie de terre mais si on le fait, ce serait des problèmes parce que l’an passé, on l’a fait mais ça n’a pas résolu le problème. Et puis, ici, l’eau jaillit seule de la terre, il doit y avoir une nappe d’eau ; ce qui demande de gros travaux », a expliqué le maire Pascal T. Ouédraogo, rassurant ses interlocuteurs que le projet de bitumage est déjà bouclé et que les travaux seront incessamment engagés. Sans trop de précision sur le début des travaux, le maire a indiqué que cette voie est prise en compte dans le projet d’aménagement général des voies dans l’arrondissement. Mais, en attendant, annonce-t-il, une équipe technique de la mairie a été instruite pour trouver, « aujourd’hui même », un ‘’palliatif’’ en déversant des « cailloux sauvages » et de la terre. Dans l’attente d’une solution définitive par le bitumage, le maire demande l’indulgence et la patience de ses populations.

Tout en le félicitant, les manifestants ont dit au maire que si rien n’est fait d’ici après-demain pour, un tant soit peu, résoudre le problème, ils sortiront pour protester à nouveau.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés