Le Réseau d’Action pour la Démocratie (RAD) appelle à un sursaut national

mardi 31 décembre 2013 à 00h43min

Dans la déclaration ci-après, le Réseau d’Action pour la Démocratie (RAD) se prononce sur la situation politique nationale depuis la suspension du processus de mise en place du Sénat jusqu’au point de presse du Président du Faso le 12 décembre 2013 à Dori.

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Le Réseau d’Action pour la Démocratie (RAD) appelle à un sursaut national

« Et bien, au Burkina les manifestations et les différentes pressions de ces derniers temps vous ont contraint Monsieur le Président (même si ceci est une apparence donnant l’impression d’être préoccupé par la polémique grandissante), de demander au Premier ministre et au Ministre d’Etat chargé des réformes politiques, de vous fournir un bilan d’étape au plus tard le 31 août 2013 et accompagné de propositions concrètes. Et depuis ce jour, le sénat était mis sous les tiroirs même si la récente modification de la constitution renvoi la mise en place du sénat à une date ultérieure.

Contre toute attente, le Président du Faso sort de son silence pour exprimer haut et fort son ambition de briguer un mandat à vie et de mettre en place le sénat. Pour le régime, le sénat est inscrit dans la constitution, donc il sera mis en place (en oubliant que l’article 37 se trouve dans la constitution aussi) ; comme si ce processus n’avait pas une histoire, celle du forcing orchestré par sa majorité mécanique. Nous faisons l’économie de dire encore et encore l’inutilité et l’inopportunité du sénat au Burkina Faso et de montrer que les longs règnes et le pouvoir à vie sont source de désastres, le monde nous donne tant de leçon.

Pour les défenseurs de la révision de l’article 37, ils sont prêt à user de tous les subterfuges pour scotcher leur pouvoir sous prétexte qu’à part eux plus personne ne peut construire le Burkina Faso. Il faut savoir qu’aucune personne ne peut être une île. Nelson MANDELA, malgré ses prouesses a refusé de briguer un second mandat pourtant tout était à sa porté pour qu’il meurt au pouvoir. Quelle sagesse ! C’est dire que quelle que soit l’intelligence, la force, la richesse aucune personne ne peut se dire indispensable sur cette terre et c’est fort de cela que les hommes les plus avertis préparent la relève. C’est pourquoi, nous exigeons ici et maintenant une relève afin d’éviter d’entrainer notre chère patrie dans le chao. Les événements douloureux qu’à connu notre pays surtout ceux de 2011 devraient nous donner des leçons et nous permettre de lutter pour le bonheur de ces plus de 17 millions d’âmes qui, chaque jour sont confronté à leur dur labeur à la recherche d’un meilleur être. Mais hélas ! Après l’accalmie, l’histoire ne fait que se répéter comme si : chassez le naturel il revient aux galops.

Rappelons nous de cette phrase tristement célèbre « Le Burkina Faso est à la croisée des chemins », prononcée par le Président Blaise COMPAORE il y a quelques années, avait pu être interprétée en son temps par d’aucuns comme une prise de conscience tardive mais courageuse de l’impasse dans lequel il a conduit son pays et donc certainement, de sa décision d’opérer un virage tout aussi courageux et décisif vers la démocratie véritable, le développement, la bonne gouvernance et la justice sociale.

Malheureusement, force est de constater qu’après avoir repris un à un tous les acquis démocratiques arrachés par notre peuple suite aux luttes consécutives à l’assassinat crapuleux et odieux du journaliste Norbert ZONGO grâce à sa majorité mécanique à l’Assemblée Nationale, cette croisée des chemins se révèle hélas être la remise sur rail de son sombre calcul de faire sauter le verrou de l’article 37 de notre constitution pour satisfaire son rêve obsessionnelle d’instaurer un pouvoir à vie.

Pour éviter que l’histoire ne se répète, le Réseau d’Action pour la Démocratie (RAD) sonne le tocsin pour appeler la population à la vigilance, de ne pas se laisser duper comme dans le passé. C’est pourquoi, il est temps de se réveiller ici et maintenant ! D’ouvrir l’œil et surtout le bon car nous n’avons plus le choix car demain ce sera trop tard. Comme le dit la célèbre formule du Professeur Joseph Ki-Zerbo ‘’nan lara an sara’’(si nous dormons, nous mourons). Et comme l’ont fait tous ceux qui ont lutté pour que le Burkina survive en menant la résistance depuis plus des décennies ce qui a permis à notre peuple d’exister en tant que héritier de ces luttes multiformes. Le RAD invite l’ensemble de la population burkinabè : hommes, femmes, vieux, jeunes, élèves, étudiants, travailleurs et non travailleurs de rester débout, et de maintenir la flamme de la résistance et de rompre à jamais avec cette peur de l’avenir, cette psychose populaire, cet achat de conscience (avec 1000 f ou plus, de l’argent qui ne pourra jamais nous sortir de la pauvreté) et de triompher avec tout le peuple burkinabé dans son combat quotidien.

Faut-il rappeler que les objectifs de notre lutte ne doivent pas se contenter de mesures sociales circonstancielles dont le but est de calmer les ardeurs. Ce que demande le peuple burkinabé est clair, c’est le retrait pur et simple du sénat de notre constitution et le refus d’un pouvoir à vie au lieu de tourner autour du pot donc : pas de sénat pas modifier l’article 37. De ce fait, comme le veut cet autre adage de notre sagesse populaire, « Quand un ruisseau s’écoule jusqu’au pied d’une montagne, il arrive ainsi à son terme ». Et cette montagne, c’est notre peuple, cette montagne qui peut et doit arrêter le cours impétueux et dévastateur du ruisseau, c’est vous. C’est votre capacité de vous coaliser comme cela a été mis en lumière hier ici même (les marches de protestations), qui peut faire échec à cette dérive monarchique porteuse de tous les périls pour notre pays. Soyons courageux et redoublons d’effort pour éviter les pièges, sachons que la lutte paie et elle paiera.

Avec le RAD, changeons les mentalités. »

Casimir Wendwaoga René SAWADOGO

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