Alternance démocratique : Que faire pour y parvenir ?

vendredi 8 novembre 2013 à 11h28min

En Afrique, tout pouvoir est d’origine sacrée. Car la gouvernance d’un peuple exige que ceux qui prétendent l’exercer soient habiles, intègres tolérants, éclairés et surtout soucieux de garantir l’unité, la cohésion sociale et assurer le développement harmonieux de la société. Avec le vent de la démocratie intervenu en Afrique, une génération spontanée de leaders politiques a surgi sur la scène politique à la faveur du multipartisme. Aujourd’hui, la question de l’alternance démocratique en Afrique anime le débat politique et social, tout simplement parce que les pouvoirs bien établis continuent de cultiver l’espérance des peuples tandis que des ambitieux politiques y tiennent vaille que vaille à l’alternance quitte à plonger leur pays dans l’impasse. Comment aboutir à une alternance apaisée et dans la continuité du progrès.

De prime à bord, il faut affirmer que la stabilité politique et la paix sont toujours les facteurs prédominants pour ouvrir le chemin de l’alternance politique quel que soit le pays à travers le monde.

En jetant un regard rétrospectif sur l’évolution des pays de tradition démocratique du nord, la stabilité politique est si bien établie qu’elle s’enracine paradoxalement dans l’alternance démocratique. En Afrique par contre, l’instabilité politique et géopolitique présente le risque de s’y voir cristalliser le consensus conservateur qui conduirait à privilégier la stabilité politique au détriment de l’alternance démocratique.

Tout simplement parce que l’expérience démocratique du continent qui a pris cor seulement dans les années 1990, continue de rechercher ses repères et ses marques. Les entraves intérieures et extérieures contribuent à rendre cette démocratie plus ou moins immobile.

Des leaders politiques qui se focalisent sur des discours de dénigrements, de revanches, etc. oublient l’essentiel du rôle d’un parti politique qui est de proposer un projet de société crédible pour parvenir à lutter contre la pauvreté des populations. Du coup, leur faire confiance pour les populations, c’est comme faire un saut dans l’inconnu et l’éternel recommencement.

D’où l’absolu nécessité de s’orienter vers les révisions constitutionnelles, la réorganisation des institutions démocratiques pour répondre à chaque étape aux besoins du moment. Et l’Occident devrait prendre acte de cette spécificité africaine qui veut tenir compte de ses propres valeurs culturelles dans la culture démocratique.

Car si en Occident l’alternance au pouvoir est synonyme de changement dans la socioéconomique au niveau interne et la quête continue des intérêts de l’Etat au plan de la coopération bilatérale, en Afrique par contre l’alternance démocratique s’affiche être une remise en cause radicale du plan de développement du régime précédent et au-delà des procès d’intention des gouvernants précédents.

Au pire des cas, l’alternance débouche à des conflits sociaux interminables. C’est ce qui explique que l’Afrique reste encore de nos jours le continent en proie par excellence aux conflits en tous genres, qui se sont installés plus facilement dans ses principales poches de richesse depuis que la démocratie est en marche dans les années 90.

Au regard de tout cela, la méfiance à l’alternance n’est pas non plus une prime aux régimes en place. Le printemps arabe est un exemple illustratif que le peuple demeure le seul souverain dans la gestion du pouvoir démocratique.

Pour parvenir à l’alternance démocratique en Afrique les leaders politiques devraient faire preuve d’humilité dans le discours politique en prônant prioritairement les mérites de la stabilité politique, la paix sociale, la concorde nationale, etc qui sont les conditions sine qua non pour une vraie alternance à l’image de celle que vivent les pays occidentaux.

Théodore ZOUNGRANA

tzoungrana@yahoo.fr

Par : L’Hebdomadaire du Burkina

Vos commentaires

  • Le 9 novembre 2013 à 16:27, par coulio En réponse à : Alternance démocratique : Que faire pour y parvenir ?

    laches le fond de ta pensée plus simplement. point besoin de faire l,apologie des longs règnes. ils ne sont ni benefiques ni vertueux.

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  • Le 9 novembre 2013 à 21:12 En réponse à : Alternance démocratique : Que faire pour y parvenir ?

    M ZOUNGRANA, à dire vrai, quand le pouvoir devient une affaire de famille et de clan sans partage durant des décennies, pendant que le reste du peuple est dans le désespoir, vous appelez cela paix ? Attention à ne pas vous tromper parce que cela peut couver une bombe.Ne confondez pas la paix et le calme. Le peuple d’il y a 20 ans, n’est pas celui d’aujourd’hui. La paix, c’est lorsque tout le monde mange à sa faim, a un logement, a droit aux soins, à l’éducation pour n’en citer que cela. Aussi, n’est-il pas mieux d’appeler les puissants qui veulent s’éterniser au pouvoir au respect des limitations de mandats dans les constitutions plutôt que d’en vouloir à ceux qui sont en quête de l’alternance, synonyme de démocratie ? Nous ne sommes pas dans des royaumes SVP.

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  • Le 9 novembre 2013 à 21:41, par CHEIKH En réponse à : Alternance démocratique : Que faire pour y parvenir ?

    Mon cher ami Théodore quant à moi, au stade actuel des débats, je te soutiens à 100%, et n’en déplaise à qui que ce soit. Dans cette situation, chacun est responsable de son destin. Je me fiche du fait qu’on me classe comme opposant ou collabo, mais comme toi, j’ai comme l’impression qu’il y’a tellement de passion dans l’air, que ce souhait d’alternance dont j’ai pourtant rêvé au départ, commence à ressembler aujourd’hui, à une véritable campagne d’intimidation à mes yeux . Autrement dit, "Tu pars, ou c’est le Big-bang" Mais non Messieurs les pro-alternance ! Il est temps que par votre si grande sagesse, vous nous offriez dès maintenant, d’autres garanties de stabilité que çà pour l’avenir. Pas de Darfour ici svp !

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  • Le 9 novembre 2013 à 22:27, par Man En réponse à : Alternance démocratique : Que faire pour y parvenir ?

    La mauvaise gouvernance demeure le cheval de bataille de notre république.Le printemps arabe nous interpelle tous à la responsabilité et le devoirs de prendre en compte les revendications
    du peuple.C’es fort de cela, que les dirigeants actuel doivent réfléchir et pensé à l’alternance.car un régime qui perdure au pouvoir devient une bombe à retardement.Mon Frère journaliste,il est temps qu’on appelle au changement.La succession doit respecté les principes de droit. Attention aux vautours qui pense que notre patrie serait un joué à leur guise.

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  • Le 10 novembre 2013 à 16:07, par Le Patriote En réponse à : Alternance démocratique : Que faire pour y parvenir ?

    Un bon leader soucieux de l’avenir de son peuple est celui qui sait préparer sa relève ou l’alternance en douceur après 10 a 15 ans de règne. L’exercice efficace du pouvoir épuise vite. Nul n’est indispensable dans la vie, la société... Les partisants du "déluge après moi" sont des criminels...

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  • Le 13 novembre 2013 à 19:38, par Vraiment !!!!! En réponse à : Alternance démocratique : Que faire pour y parvenir ?

    ’’D’où l’absolu nécessité de s’orienter vers les révisions constitutionnelles, la réorganisation des institutions démocratiques pour répondre à chaque étape aux besoins du moment. Et l’Occident devrait prendre acte de cette spécificité africaine qui veut tenir compte de ses propres valeurs culturelles dans la culture démocratique’’. Cela est une fausse analyse, indigne d’un journaliste. Tu ne sais pas que c’est parce que les gens durent trop au pouvoir par des subterfuges, la corruption, la mal-gouvernance, le népotisme et le despotisme qu’à leur chute, il des remous sociaux ? Prends le cas du Burkina où le recrutement des mesures nouvelles est devenu une forme de concours à la Fonction Publique, où des gens ne connaissent rien d’autre que la politique et l’argent de la politique, où détourner n’est pas un problème si on ne veut pas la place du manitou. Dès que y aura chute de Blaise, que ce soit par un coup d’Etat, des élections ou sa mort, y aura problème, même si on remet le pouvoir à François. Donc, arrête de divertir les gens. Le problème de l’alternance et de la démocratie n’a rien d’africain. Donc, on applique la démocratie ou on revient au désordre des coups d’Etat ou à la monarchie des royaumes. Le principe même de la démocratie, c’est l’alternance.
    NB ! Je remarque que les journalistes de ce journal ont des partis très pris dans leurs analyses, est ce un journal d’Etat ? (Je ne l’ai jamais vu en dehors du NET.

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