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Immigrés africains à Lyon : Des maquis et bars pour chasser la nostalgie

Accueil > Actualités > International • • mardi 22 octobre 2013 à 05h21min
Immigrés africains à Lyon : Des maquis et bars pour chasser la nostalgie

Des maquis et des restaurants africains sont ouverts à Lyon. Concentrés pour la plupart à la Guillotière dans le 7éme arrondissement, c’est généralement le lieu de convergence des immigrés africains pour revivre l’Afrique. Ensemble.

Du M’dombolo dans un restaurant congolais et camerounais, le coupé-décalé dans celui ivoirien et du manding dans un autre mais, cette fois-ci guinéen accompagné de grands rires aux éclats. L’ambiance était féerique le samedi 12 octobre 2013. Tout comme en Afrique, à la Guillotière, quand on rentre dans un restaurant ou maquis africain, on est d’abord marqué par les sonorités. « J’aime bien les restaurants africains. Ici on a la possibilité de discuter avec les serveuses sur le choix de la commande, que ce soit de la nourriture ou de la boisson », confie Stéphane, Béninois. Et d’ajouter avec un air plaisant : « On peut même les draguer un peu comme on a l’habitude de le faire en Afrique ». La chaleur à l’africaine, le libre choix, les grands débats sur la politique, l’économie et la société, le sport... sont entre autres, les raisons, à en croire les clients que nous avons interrogés, qui les poussent à fréquenter ces lieux exotiques. L’une des raisons va tout de suite se prouver avec la diffusion du match qui opposait le Burkina Faso à l’Algérie le samedi 12 octobre dernier dans un restaurant camerounais. Un débat houleux s’est engagé entre deux clients à la fin du match. Ce qui est quasiment impossible dans un restaurant français. « Ce n’est qu’une anecdote », fait remarquer la gérante, Blanche. En effet, ce restaurant camerounais qui porte le nom de leur aéroport international, le N’Simalen, a ouvert les portes il y a trois ans. « C’est un restaurant africain qui ne fait que des spécialités africaines. Nous recevons beaucoup de clients africains, mais aussi étrangers comme les Français qui veulent découvrir l’exotisme. Ils aiment beaucoup le n’dollè, une sauce à l’épinard mélangée à de la patte d’arachide », indique la gérante. Blanche déplore cependant une certaine attitude des Africains qui leur colle à la peau. « Après avoir bu quelques verres, souvent ça dérape », dit-elle. Elle gère le restaurant avec son compagnon et emploie quelquefois des stagiaires pour servir les clients.

Dans les restaurants africains, ce sont des grosses bouteilles de bière qui sont servies. « Tout est à l’africain », soutient un Camerounais. La plupart des 18 maquis situés dans le quartier de la Guillotière sont congolais, camerounais, ou ivoiriens. Il y a tout de même un restaurant guinéen, et un autre sénégalais. Très souvent restreint, le décor est typiquement africain avec un écran plasma donnant l’impression d’une salle à manger.

Pro Gbagbo et pro Alassane : maquis et restaurants à part

Il est 21 heures. Six clients sont déjà installés à la « Table exotique », un restaurant ivoirien géré par Serge Diaby, ingénieur en industrie de formation. Des plats d’attiéké accompagné de poisson braisé leur sont servis. La « Table exotique » a souffert d’idées reçues à l’époque de la tension sociopolitique en Côte d’Ivoire car il était considéré comme un restaurant fréquenté par des pro-Ouattara. Des partisans pro-Gbagbo fréquentaient un autre restaurant ivoirien. « Ce n’était que des idées reçues. La « Table exotique » était surnommé l’hôtel du Golf. Des clients l’avaient vraiment cru. Ils ne venaient plus consommer. Mais les esprits se sont calmés et tout va pour le mieux », précise M. Diaby. Il alterne la cuisine avec sa conjointe et emploie deux serveuses qui sont des étudiantes africaines. Serge Diaby qui a sacrifié sa carrière professionnelle pour la restauration ne le regrette point. La clientèle mixte ne vient cependant pas que du quartier de la Guillotière. Ils viennent de tous les quartiers de Lyon et du Grand Lyon.

« La Cour des grands » : n’y entre pas qui peut...

Au son des Dj ivoiriens, quelques clients avaient tout simplement déplacé leur table pour se faire un espace de danse. Il était 23 heures. D’autres au comptoir sirotaient leurs boissons alcoolisées. « Ce n’est encore que le début. Il y a des jours où le maquis refuse du monde à cette heure. Avec ce froid et la pluie, beaucoup préfèrent rester à domicile », informe Tyson, le gérant du maquis, « La cour des grands ». Ancien boxeur congolais, son maquis, à l’en croire, est aujourd’hui l’un des plus fréquentés par les jeunes en majorité africains. « Ne rentre pas qui peut ici » n’est pas lié à une question financière. Le maquis est réputé pour des soirées musicales très grandioses. Il faut donc s’empresser pour se faire une place dans la « Cour ». Alors, même loin de l’Afrique ces bars et maquis constituent des lieux et des occasions de rencontres pour des fils et des filles immigrés à Lyon afin de se sentir chez eux mais également de se tenir au courant de certaines réalités africaines.

Bassératou KINDO

Encadré

Pas de restaurant burkinabè

Aucun ou pas encore de restaurant burkinabè à Lyon. En effet, des 18 maquis et restaurants du quartier de la Guillotière, il n’y a pas pour le moment de maquis ou de restaurant burkinabè. On dénombre pourtant près de 400 Burkinabè vivant à Lyon avec 60 % d’étudiants et 40 % de professionnels.

La Guillotière, un concentré d’immigrés africains

Le quartier de la Guillotière est caractérisé par sa mixité sociale et ethnique. Il est habité par beaucoup d’immigrés africains. On y trouve des boutiques et autres installations exotiques.

BK

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