Rentrée académique 2013-2014 à l’UPB : L’ANEB-Bobo interpelle le président de l’université sur les problèmes

lundi 21 octobre 2013 à 12h03min

Dans la déclaration ci-après, le comité exécutif de l’Association nationale des étudiants burkinabè, section de Bobo-Dioulasso (ANEB-Bobo) aborde les multiples problèmes de l’Université polytechnique de Bobo (UPB) à cette rentrée académique 2013-2014. Les responsables de l’ANEB-Bobo interpellent les responsables de l’UPB, en particulier le président de l’université, sur « les difficiles conditions et pleines d’incertitudes pour les étudiants ».

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Union Générale des Etudiants Burkinabè (UGEB)

Association Nationale des Etudiants Burkinabè (ANEB)

Section de Bobo-Dioulasso

Bobo-Dioulasso, le 30 Septembre 2013

Déclaration de rentrée

En cette rentrée universitaire, l’ANEB-Bobo, souhaite :
- aux anciens étudiants une bonne reprise, aux nouveaux la bienvenue et une année académique pleine de réussite et de succès à tous ;
- à l’ensemble de ses militant(e)s et sympathisant(e)s une année de détermination et de courage pour unir l’ensemble des étudiants pour la défense et le respect de leurs droits académiques et sociaux ;
- aux professeurs et autres travailleurs, démocrates qui accompagnent les étudiants avec abnégation dans des conditions pénibles, tous ses voeux de santé et de réussite académique.

Cette année encore, la rentrée s’effectue dans des conditions difficiles et pleines d’incertitudes pour les étudiants. En effet, les étudiants ne savent pas s’il s’agit de l’année académique 2012-2013, ou 2013-2014, si l’Université est polytechnique ou non, si c’est le système LMD qui s’applique ou non. Cela s’explique par le fait que l’UPB traverse une crise aiguë et les années académiques se succèdent dans le même climat catastrophique. Celle de 2013-2014 ne s’annonce guère meilleure. Le ton a été donné avec la programmation des évaluations des cours achevés sans consultation des étudiants et des évaluations de certains cours non programmés, encore moins, dispensés. Cela indique la volonté des autorités universitaires, qui ont détruit les universités avec le Programme d’ajustement structurel (PAS), de faire payer les frais par les étudiants.

En rappel, l’UPB qui a été créée en 1995, devait répondre à une aspiration légitime des étudiants et parents d’élèves. Mais, le contexte de sa création, marqué par les échéances électorales du moment et l’application du PAS, a compromis cette réponse. Et l’Université de Bobo reste marquée par les ratées de départ comme : le mauvais choix du site en matière de protection de l’environnement, les problèmes de transport, la restriction des filières et des effectifs par son statut polytechnique, le manque d’infrastructures et le payement par les parents d’élèves des frais d’inscription très élevés. En conséquence les étudiants de l’UPB sont soumis chaque année à des conditions académiques et sociales drastiques. La situation devient chaotique avec l’entrée de l’université dans le système LMD (Licence-Master-Doctorat) en 2010-2011. Cette année académique, l’effectif était estimé à plus de 2 400 étudiants pour seulement trois amphithéâtres (dont deux de 250 places et un de 500 places) et quelques salles de cours de capacités très exiguës. Cela s’est traduit par l’affectation de certaines promotions au stade Sangoulé Lamizana (ex-stade omnisport). Le transport des étudiants pour cette même année, était assuré par environ 9 cars (5 pour le CENOU et 4 pour le privé : ZONNO transport), soit 1 place assise pour 3 étudiants. Au plan de la restauration assurée par des prestataires privés, seulement 2 460 plats étaient servis par jour pour 2400 étudiants, soit moins d’un plat par étudiant par jour. Quant au logement, il n’y avait qu’un lit pour 5 étudiants, soit environ 480 lits pour toutes les cités réunies. Face à cette situation chaotique, les étudiants ont engagé des luttes pour exiger une amélioration de leurs conditions de vie et d’études.

A la rentrée 2011-2012, une année après l’application du système LMD, l’UPB était à la peine pour boucler l’année académique 2010-2011 avec des résultats catastrophiques (attribution de zéros collectifs à des étudiants en position de stage, affichage des résultats avec la seule signature du président de jury dans certaines filières et instituts). La situation atypique pour cette année 2010-2011 était le fait qu’à l’INSSA, les étudiants de premières années même avec plus de 12/20 de moyenne n’étaient pas admis en deuxième année du fait d’un contingentement (seulement les 30 premiers sont admis). Face à l’incapacité des premières autorités de l’Université (CENOU-Présidence UPB) à répondre favorablement aux différentes préoccupations, les étudiants ont engagé une lutte ferme et exemplaire qui a valu la descente illico-presso d’une délégation gouvernementale (composée des ministres de la fonction publique, des enseignements secondaire et
supérieur et de l’environnement et du développement durable) pour négocier le 18 février 2012. Cette délégation gouvernementale a pris des engagements parmi lesquels on a :
- Au niveau des infrastructures : la délégation gouvernementale avait affirmé que deux équipes techniques des ministères des enseignements secondaire et supérieur et de la santé avaient été instruites d’établir une feuille de route pour la construction du Centre Hospitalier universitaire prévu pour l’INSSA. Elle avait donné des instructions aux autorités universitaires pour la résolution des problèmes dits domestiques ;
- Concernant l’amélioration des conditions de vie et d’études : la délégation gouvernementale avait qualifié la majorité de ces problèmes de problèmes locaux et ordonné les autorités universitaires à trouver rapidement des solutions. Un délai de 6 mois maximum avait été donné pour que la connexion internet soit établie sur tous les sites de l’UPB et dans les cités universitaires ;
- Pour le respect des franchises universitaires, la délégation avait reconnu que ni la fermeture de l’université, ni la suspension des prestations sociales ne sauraient constituer des solutions aux crises.
Face à nos problèmes soulevés en 2010-2011, reconduits en 2011-2012 et en 2012-2013, le Président de l’UPB, Georges Anicet OUEDRAOGO et son staff, n’ont pas daigné apporter une réponse satisfaisante. Ils refusent d’appliquer les engagements du gouvernement du 18 février 2012 et nient d’ailleurs leur existence. Sinon, comment comprendre l’absence d’une connexion internet alors qu’un délai de 6 mois maximum avait été donné en février 2012 pour que cette connexion soit établie. Il en est de même de la fermeture de l’ESI en Mars 2013 alors que la délégation gouvernementale avait reconnu que ni la fermeture de l’université, ni la suspension des prestations sociales ne sauraient constituer des solutions aux crises. Le Président de l’UPB ne s’arrête pas là, il va jusqu’à remettre en cause ses propres engagements en disant que "la roue a tourné" concernant les zéros collectifs attribués aux étudiants de l’ESI.

En cette rentrée 2013-2014 :

(i) Nous voulons interpeller Monsieur le Président de l’Université de Bobo que :

- nt pas à l’Université pour chercher des problèmes, bien au contraire que toute leur lutte est d’en faire un espace de science et de droit. C’est parce qu’ils assument leur responsabilité qu’ils veulent une université équipée, fonctionnelle et que ceux qui en sont chargés et qui sont payés pour le faire assument leurs responsabilités. Car où est la responsabilité quand un Président de l’université refuse d’appliquer les instructions des ministres ?Les étudiants n’avancent pas les revendications pour le plaisir, ni contre quelqu’un, comme souvent les choses sont présentées, d’autant plus que vous-mêmes en reconnaissez la pertinence. Les actes de la direction de l’ESI, comme les interpellations personnelles des étudiants, ou les propos du directeur adjoint Somé Borli dans la cour, du genre « chantez mon nom avant que je n’entre dans mon bureau » sont des provocations, qui n’ont pas leur place dans les rapports académiques, dont les auteurs doivent assumer les conséquences sans se cacher derrière le respect normal d’un professeur par ses étudiants. Enfin, convaincus de la légitimité de leurs revendications, les étudiants sont mobilisés et le resterons pour la résolution de leurs revendications.

(ii) Nous voudrions attirer l’attention du gouvernement et sa délégation du 18 février 2012, des autorités locales, de la CCVC et de l’opinion publique quant à la responsabilité de chacun dans la dégradation du climat social à l’université.

(iii) Nous invitons également les étudiants à rester vigilants et à se tenir prêts pour des actions futures.

En avant pour la défense des meilleures conditions de vie et d’études et de nos libertés démocratiques !

Vive l’ANEB-Bobo !

Vive l’UGEB !

Pain et liberté pour le peuple !

Le Comité Exécutif

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