Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

lundi 6 mai 2013 à 17h25min

Au 21e siècle et malgré les avancées observées en matière de la santé, des femmes continuent de perdre la vie en voulant la donner. Un vrai traumatisme pour la femme et certainement pour l’homme, rien qu’à l’idée d’y penser.

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Rosalie est une jeune fille de 25 ans. Pour sa première grossesse elle a dû en voir de toutes les couleurs au niveau des souffrances pendant les neuf mois, de la durée de la gravidité. Vomissements, douleurs de toutes natures, courbatures, manque d’appétit… étaient le quotidien de cette jeune dame qui heureusement, était très capotée par son bien-aimé. Issue d’une famille modeste mais avec un fiancé à situation stable, elle a été suivie par un spécialiste de la santé, en l’occurrence un gynécologue, durant toute sa grossesse. Comme il lui a été recommandé par les sages-femmes, elle a suivi toutes les étapes de consultations prénatales dans la meilleure des cliniques. Malheureusement, le jour de l’accouchement, alors que tout semblait parfait avant même qu’elle ne se rendre à l’hôpital, Rosalie fut taquinée par les vieilles de la cour (domicile). Des vieilles qu’elle ne reverra plus ici bas. Car, une fois admise dans la salle d’opération, elle devait subir une césarienne, Rosalie n’en est plus malheureusement ressortie ; ainsi que son bébé. Pour quelles causes ? Est-ce suite à des complications liées à la grossesse ? Ou encore de la mauvaise administration d’anesthésie ou de l’incompétence des agents de santé ? Des questions aux réponses non-élucidées, et le mystère est resté entier. « C’est l’œuvre de Dieu et l’homme n’y peut rien.

Courage, courage… », entend-on ça et là lorsqu’une femme meurt lors des couches. Jusqu’à quand va-t-on continuer ainsi ? En effet, à l’image de Rosalie, ce sont autant de femmes, qui bien portantes, toute la durée de leur grossesse, meurent lors de l’accouchement. Selon les chiffres du ministère de la Santé burkinabè, ce sont 2 000 femmes qui perdent la vie en voulant la donner chaque année au Burkina Faso. Les causes selon certaines organisations de lutte contre les mortalités maternelles et infantiles sont dues à des complications liées à l’accouchement et malheureusement à l’inaccessibilité des services de soins de santé par les femmes. En un mot comme en mille, la quasi-totalité de ces décès maternels auraient pu être évitée si toutes ces femmes avaient eu accès à des services de santé à temps et à des soins appropriés de qualité selon certains spécialistes. A y voir de près, elles sont privées de ces droits. Des organisations internationales s’échinent pour que se réduisent, voire disparaissent enfin, les cas de décès maternels, mais les résultats restent encore peu reluisants. De part et d’autre, des engagements sont pris dans le sens de la réduction de la mortalité maternelle au Burkina Faso avec à la solde, très peu de résultats positifs concrets. Même le président du Faso, Blaise Compaoré conscient de l’ampleur du drame pour « l’autre moitié du ciel » s’est lui aussi engagé dans la lutte en 2010. Sauf que, toujours selon des responsables d’organisations humanitaires dont « Amnesty international », l’opinion publique semble ne pas en faire une priorité.

Et les femmes continuent de perdre leurs vies, surtout les moins nanties qui sont systématiquement privées de leurs droits non seulement à l’éducation, aux soins de santé optimum et accessibles mais aussi au choix d’un planning familial et aux contrôles liés à la sexualité…. Dans tous les cas, si rien n’est fait, nous continuerons à enregistrer des cas de décès maternels et infantiles. Ce qui entrave considérablement le développement du pays. La balle est dans votre camp, vous, à vous, décideurs… car vous seuls détenez la volonté politique et les moyens pour endiguer le mal.

Bassératou KINDO

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Vos commentaires

  • Le 7 mai 2013 à 07:58, par dera
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    paix a son âme s gens doivent savoir que la société fonction comme l’organisme humain ;aucun organe ne peut remplacer l’autre et si un organe cesse de fonctionner ou ne joue pas convenablement son rôle,tout l’organisme est perturbé et ne fonctionne plus.donc il faut que chacun occupe la place qui lui revient et accomplie correctement sa mission sinon les choses iront tjr mal dans ce pays.

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  • Le 7 mai 2013 à 08:29, par le penseur
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    Comme l’état ne prend pas ses responsabilité nous allons le faire nous même. Il faut aussi reconnaitre que certains décès sont liées aux agents de santé. Des agents qui passent tout leurs temps à raquêter les malades. Nous allons appliquer la loi du talion dans ce pays. Il faudrai commence à les butter. Je suis vraiment écoeuré

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  • Le 7 mai 2013 à 08:46, par if
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    Tu parles bien, mais mon frère va demander à Mr TRAORE de Séguénéga qu’est ce qu’il en pense. Ici au Faso, le gouvernement ne peut plus rien faire à un agent de santé. Il est temps que nous nous en occupons desormais. Si un agent de santé tue ta femme ou ton enfant il ne faut plus compter sur le gouvernement de LAT. On vas tous mourir dans la honte de l’incapacité, la négligence, le non respect des serments des agents de santé et le pays seras toujours bon dernier.
    Merci pour le sujet mais fallait plus argumenter

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  • Le 7 mai 2013 à 10:41, par Mawuéna
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    Si c’est une fiction ayez l’obligeance de le signaler sinon votre récit paraît surréaliste. Etait ce une césarienne programmée ou décidée suite au diagnostic d’une complication ? Bref des efforts doivent être faits à tout les niveaux pour réduire ce fléau.

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  • Le 7 mai 2013 à 11:42, par mama
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    arretez de vous en prendre aux agents de santé. Le problème se trouve ailleurs
    et vous le savé très bien

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  • Le 7 mai 2013 à 12:50, par Person
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    Hommage à elle. Je trouve triste que rien ne fonctionne dans ce pays. Sur ce point, le gouvernement doit assumer ses responsabilités.
    Mais par dessus cela, il faudra arrêter de toujours accuser le gouvernement. Pourquoi toujours tout déléguer au gouvernement ? Elle est ou la responsabilité individuelle. Est ce que vous croyez que le gouvernement peut tout faire. Les gens ne s’assument pas et attendent tout du gouvernement que je ne considère pas comme exemplaire. Certes le gouvernement ne fait pas son boulot mais je crois que personnelement, nous ne faisons pas non plus notre boulot. Il faut vraiment arrêter de tomber dans cette logique qui consiste à tout attendre du gouvernement

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  • Le 7 mai 2013 à 12:59, par Une jeune mère Burkinabé, Pays du Golf
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    Vraiment mon cœur se fend en mille morceaux quand j’entends qu’une femme perd la vie en donnant la vie...
    C’est vraiment triste nos agents de santé au pays... Certaines pendant même que tu es en travail d’accouchement et que tu as très mal, tu te tords de douleurs dans tous les sens tu seras traitée de tous les noms, voir même être insulté car d’autres iront même jusqu’à te demander quand tu faisais c’était pas doux... Tu es jetée sur la table pendant qu’elles papotent tranquillement ou même entrain de dormir aucun soutien même moral on vient foutre la main dans ton utérus et on te rétorque sèchement c’est pas encore arrivé, quand tu tombes d’une table tu vas mourir...quand tu es a bout de force pendant le travail tu vas mourir...bref c’est vraiment miséreux car c’est autant de choses à la fois ... Peu sont les femmes qui peuvent s’offrir les frais d’une bonne clinique... Je dis bonne car y’a certaines cliniques dont je tairai les noms tu ne ressors pas vivante si tu vas la bas enceinte. A quand vraiment une prise de conscience de la part du gouvernement pour améliorer cette souffrance de la femme... En donnant la vie pour en perdre la vie c’est déplorable mes chers membres du gouvernement...on dilapide nos pauvres sous dans des investissements bidons avec des achats de véhicules à des centaines de millions et j’en passe.....autant de douleurs... Pauvres de nous femmes.

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  • Le 7 mai 2013 à 16:40, par Attention
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    Je m’ adresse au"penseur" et a "if" : quand on est pas de la santé on peut bien parler comme vous. Le braquage a main armée me semble plus coté par vous que le travail des agents de santé. Sachez juste que dans tous les domaines il ya des brebis galeuses et qu’un agent de santé consciencieux qui a l’habitude de bien faire son travail ne peut pas vous lire sans avoir des larmes aux yeux. Nos conditions sont extrêmement difficiles a ce 21e siècle. L’article nous parle d’ une clinique de haute gamme et ya décès , que peut on faire dans un village situé 180km de son chef lieu de province. Les bavures des agents de santé ne peuvent pas être quand ceux a quoi vous vous pensez devant ce grand fléau de mortalité maternelle.
    Faisons un débat constructif, puis a la fin on ajoute la question de la conscience professionnelle

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  • Le 7 mai 2013 à 16:48, par Donmozoun
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    LA césarienne en général, c’est pour sauver et la mère et le nouveau né ; sinon la mère pourrait deceder ou perdre le bébé en voulant forcement accoucher par voie basse. Donc la facon dont vous traiter la situation n’est pas la bonne bien que le thème soit d’actualité et très préoccupant. c’est l’un des OMD qui ne sera pas atteint pour bon nombre de pays. c’est dire que nos états ont passé leurs temps à voir les prioités ailleurs en délaissant les secteurs sociaux. Plusieurs stratégies de reduction de la mortalité maternelle ont été expériementées dans ce pays mais aucune capitalisation. au niveau du ministère de la santé, chacun se joue les connaisseurs, en foulant du pied ce que les autres proposent pour ne semer que son bordel et foutre le camps plus tard. vraiment dommage que ce soit toujours les mêmes têtes qui pensent plus qu’à la dépense ou a préparer une retraite au lieu de proposer de rélles solutions à ce problème. C’est toujours à la dernière minute que les propositions d’acceleration de telles statégies sont proposées et après on demonte l’accelerateur et plus rien.Rien que du bordel. Que chacun conseille ses soeurs, ses mères et toites femmes sur les risques qu’elles courent en tombant prématurement enceintes, en n’utilisant les services de santé pendant la grossesse et en ne se faisant pas assister par un agent de santé qualifié au moment de l’accouchement. on devrait aussi apprendre à toutes les jeunes femmes et jeunes filles et aussi aux hommes les signes de dangers qui doivent alerter.

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    • Le 7 mai 2013 à 19:26, par Fanon
      En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

      Mawuéna, ce n’est nullement surréaliste. J’ai connu une jeune, charmante et belle dame qui a rendu l’âme dans une situation quasi identique.
      Mr Attention, je vous respecte si vous êtes un agent consciencieux de la santé. Vous parlez de conditions difficiles ; je vous le concède ; mais nous sommes au Faso et on vous demande de respecter seulement votre serment. C’est avant qu’on parlait de brebis galeuse. Aujourd’hui, les brebis galeuses dans votre milieu sont plutôt les honnêtes infirmiers qui sont traités comme des parias par leurs collègues. Aujourd’hui, quand vous arrivez dans un centre de santé de la capitale, le personnel soignant vous regarde comme un oiseau à plumer ou un mouton à tondre. Même beaucoup de cliniques ne vous évacuent à l’hôpital que quand ils sont sûr que vous n’avez plus un copeck pour supporter les frais d’hospitalisation ; A la fin de la garde de la nuit, dans les CMA et autres, on se partage les recettes de la nuit. On ne lit même pas la moindre compassion dans le regard de ces gens, même devant une personne agonisante ou un corps qui passe. Sauf les nouveaux venus qui ne tardent pas à être contaminés par le virus de la rapacité de vautour qui mange dans la misère des gens. Si la santé devient un business, que faire des pauvres gens ? Et d’abord, peut-il en être autrement quand le problème réside dans la gangrène de l’affairisme qui a pénétré tous les milieux professionnels y compris les professions sociales comme la santé ou l’enseignement ? C’est un problème très profond car de nos jours, toutes les couches sociales, toutes les tranches d’âge sont à la recherche de l’argent facile et la gloutonnerie de chacun menace sérieusement la survie de tous.

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  • Le 8 mai 2013 à 11:29, par Yves
    En réponse à : Vision Express sur… : La mortalité maternelle au Burkina et le silence coupable des décideurs

    Merci pour ce partage.
    Pourtant il y a possibilité et il y a lieu de limiter le drame. Un outil efficace existe (aux côtés des SONU, de la PF) et ne demande qu’à être utilisé judicieusement : l’audit des décès maternels et néonatals.
    La question de la lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile est complexe ; mais avec volonté politique et détermination, on peut et on doit en arriver à bout (de sa résolution). Et là chaque partie devra pleinement jouer son rôle : famille, communauté, pouvoir public, autorités sanitaires, agents de santé, partenaires et société civile.
    Yves

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