Suite à la crise alimentaire de 2012, Oxfam appelle à une réforme radicale de la lutte contre la faim au Sahel

mardi 16 avril 2013 à 22h56min

Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, l’organisation internationale Oxfam affirme que la communauté de l’aide doit profondément changer sa façon de gérer les crises alimentaires dans la région et d’aider les communautés à mieux se préparer aux situations d’urgence récurrentes.

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Suite à la crise alimentaire de 2012, Oxfam appelle à une réforme radicale de la lutte contre la faim au Sahel

L’intervention humanitaire face à la crise alimentaire de 2012 au Sahel a été plus importante et plus efficace que lors des crises précédentes. Il n’en demeure pas moins que des millions de personnes n’ont pas reçu l’assistance nécessaire et restent à ce jour vulnérables, selon ce rapport. Certes plus de 5 millions de personnes ont reçu une aide alimentaire du seul Programme alimentaire mondial et les enfants soignés contre la malnutrition ont été plus nombreux que jamais. Mais 5,6 millions de personnes n’ont pas reçu les semences et les outils nécessaires pour effectuer les plantations en préparation de la prochaine récolte.

Pour Oxfam, la communauté internationale et les autorités nationales doivent mieux comprendre qui sont les plus vulnérables en cas de crise alimentaire et pourquoi, mais aussi faire tomber les barrières entre l’humanitaire à court terme et le développement à long terme au sein de la communauté d’aide et investir davantage dans les administrations et les organisations locales et nationales, mieux à même de réagir aux crises.

Le rapport intitulé Quelles leçons tirées ?, qui évalue la qualité de l’intervention humanitaire en 2012, est publié alors que la menace de la faim plane encore sur dix millions de personnes dans la région et que cinq millions d’enfants continuent de souffrir de malnutrition. Les inondations qui ont endommagé les récoltes au Nigeria, pays exportateur de denrées alimentaires, ajoutent aux difficultés et les experts ont estimé, la semaine dernière, que la sécurité alimentaire dans le nord du Mali a désormais atteint le « niveau de crise ».

« Nous pouvons dire avec raison que la réponse à la crise alimentaire a été plus importante et plus efficace que jamais, mais nous aurions tort de penser qu’elle l’était assez, » affirme David Macdonald, directeur régional d’Oxfam. « La complaisance est très dangereuse. Nous devons commencer par reconnaître que la crise n’est pas encore terminée. Des millions de familles défavorisées peinent encore à acheter de quoi manger à leur faim face aux prix alimentaires qui restent élevés et aux violences armées qui continuent de perturber les marchés de la région. Nous devons changer radicalement la façon dont nous gérons ces crises récurrentes pour sauver des vies et permettre aux populations de mieux résister à ce cycle de la faim. »

La crise alimentaire de 2012 a menacé de la faim plus de 18 millions de personnes dans neuf pays. Elle a mis en danger leur vie et leurs moyens de subsistance, tandis que plus d’un million d’enfants étaient exposés à une malnutrition aiguë.

Selon Oxfam, des vies ont pu être sauvées grâce à plusieurs facteurs : les systèmes d’alerte précoce ont bien fonctionné ; les États de la région ont eu tôt fait de reconnaître la situation de crise et d’appeler à l’aide ; des donateurs notamment l’Office Humanitaire de la Commission Européenne (ECHO), ont débloqué des fonds avec rapidité et générosité ; et les organisations humanitaires sont vite intervenues.

De graves lacunes ont cependant empêché des millions de personnes de recevoir l’aide dont elles avaient besoin. Dans un premier temps, un désaccord sur la gravité de la crise a considérablement retardé l’intervention et 50 % des fonds manquaient encore au moment où la crise atteignait son paroxysme. Malgré un engagement plus énergique des États de la région, ils n’avaient toujours pas les moyens de piloter la réponse à la crise.

Selon le rapport, 2013 est une année décisive pour la mise en place d’un nouveau et meilleur modèle de lutte contre la faim par un renforcement de la résilience des populations de la région, leur permettant de résister ou même s’épanouir en dépit des chocs extérieurs comme des sécheresses. Ce rapport ne se contente pas de tirer les leçons immédiates de la crise de 2012 ; il appelle aussi à accroître les investissements dans l’agriculture paysanne, les réserves alimentaires et les programmes de protection sociale, ainsi qu’à intensifier les efforts de prévention et de traitement de la malnutrition.

Oxfam remercie Action Contre la Faim et Save the Children pour leur collaboration à l’élaboration de ce rapport.

Pour de plus amples informations, contacter :
Valérie Batselaere
Portable : +221 776 394 178
Bureau : +221 33 859 3722
vbatselaere.oxfam@gmail.com

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Vos commentaires

  • Le 16 avril 2013 à 22:31, par chineur
    En réponse à : Suite à la crise alimentaire de 2012, Oxfam appelle à une réforme radicale de la lutte contre la faim au Sahel

    La région du sahel a beaucoup plus besoin de moyens pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et non d’un plan permanent de lutte contre la faim. Monsieur de OXFAM aidez-nous à accéder à l’engrais et vous verrez que même pendant les conflits armés nous ne connaitrons pas la faim .Les belligérants ont aussi besoin de vivres.

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  • Le 17 avril 2013 à 10:44, par Tantie Claire
    En réponse à : Suite à la crise alimentaire de 2012, Oxfam appelle à une réforme radicale de la lutte contre la faim au Sahel

    Mon ami, pas besoin d’engrais cher, polluant, souvent dangereux pour le paysan. Il suffit de pratiquer le compost selon le protocole de Gorom Gorom, testé plus de 25 ans... Pour une fosse de 3 m x 0,75 x0,40 il vous faut : 17 brouettes de ´rumbs bindu ’ oui, oui de la bouse de vache, 7 brouettes de déchets végétaux, vous trempez 48 h avant utilisation, cassez les bouses mouillés ( sinon on respire des mauvaises bactéries), 20 poignées de cendre ( de la cuisine), 20 poignées de petits os déséchés et pilés ( ou des arrêtes de poisson) ... Regardez la méthode sur le site : pourunautremonde.org, 20 écoles du Loroum ont multiplié par 3 leur production de jardins scolaires, des parents aussi. Ca marche, c’est facile, 1/2 journée de travail tous les quinze jours et en 2 mois on a entre 0,8 m3 et 1 m3 de compost, assez pour restaurer un hectare de terre, plus si on fait le zai. Et c’est bio ! Pour l’insecticide nim et graines de papaye, paillage. A nos dabas !

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  • Le 18 avril 2013 à 09:03, par synetik
    En réponse à : Suite à la crise alimentaire de 2012, Oxfam appelle à une réforme radicale de la lutte contre la faim au Sahel

    C’est vrai ce que vous avez dit... Au Sahel on n’a pas besoin d’utiliser les engrais pour arriver à une production suffisante pour nourrir les familles. C’est simplement parce que les gouvernants ne connaissent rien (ou feignent de ne rien connaître) au type d’agriculture qui peut à la fois être productif et protecteur de l’environnement. Le compost comme "meilleur engrais" des cultures au Sahel n’est pas une utopie : à la ferme pilote de Guiè, les rendements du sorgho et du mil vont jusqu’à plus de 2 T/ha et ce sans l’utilisation d’aucun engrais chimique, ni de pesticides (rotations culturales, haie-vive et arbres dans les champs y permettent de faire fi des pesticides). On sait tous que dans cette affaire d’engrais et de pesticides c’est une histoire de millions. Cependant, que chacun à son niveau travaille à instaurer ce modèle d’agriculture durable qui n’est que la vraie solution aux problèmes que vivent les populations sahéliennes.

    Répondre à ce message

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