Maltraitances faites aux enfants : De quoi souffre la petite Bibata Sanou ?

mardi 29 janvier 2013 à 23h32min

Bibata Sanou a 12 ans. Originaire du village de Koumi, elle se trouve aujourd’hui sur un lit d’hôpital au Centre hospitalier universitaire Sourô Sanou pour des raisons qu’elle et sa patronne, Djénéba Sangaré expliquent différemment.

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Maltraitances faites aux enfants : De quoi souffre la petite Bibata Sanou ?

Bibata Sanou avait été confiée à Djénéba Sangaré, une attachée de santé en service au Centre hospitalier universitaire Souro Sanou de Bobo-Dioulasso pour des travaux domestiques. Depuis le 16 janvier 2013, elle est sur un lit du même hôpital, les deux jambes malades ainsi que la clavicule, pour, a-t-elle soutenu, avoir été bastonnée par sa patronne. Cette dernière conteste, arguant que c’est une brique qui serait tombée sur elle. Ou encore qu’elle serait tombée d’un tas de pierres sauvages.

C’est dans une des chambres, au rez-de-chaussée de la pédiatrie du Centre hospitalier universitaire Souro Sanou (CHUSS) que se trouve en ce moment la petite Bibiba Sanou. Admise dans ladite formation sanitaire le 16 janvier dernier suite à des « violences corporelles », elle a subi des examens qui révélèrent que ces deux jambes ont des luxations, de même que sa clavicule du bras droit. Le poignet du bras gauche souffre d’une entorse. Toute innocente, elle était entourée de son père, de sa grand-mère maternelle et de son oncle ce jeudi 24 janvier 2013, lorsque nous nous sommes rendues à son chevet à l’hôpital. A la question donc de comprendre ce qui était arrivé à la « petite », son père Bakary Sanou répond : « Bibita est venue de la Côte d’Ivoire, il y a quatre ans.

Et comme elle ne faisait rien à la maison, Djénéba est venue la chercher. Malheureusement, après quelques mois de travaux domestiques, les choses ont tourné mal ». En effet, le 11 janvier 2013, selon les dires du père de la victime, l’aide-chirurgien l’aurait appelé de venir chercher sa fille. Et lorsqu’il est arrivé, il ne reconnaissait plus sa fille qui se trouvait dans un état lamentable avec le corps tout enflé. « Elle m’a informé comme quoi c’est une brique qui serait tombée sur elle. L’ayant soigné en vain, elle m’a proposé de l’amener et qu’elle viendra pour qu’on en parle », dit-il.

Ce que Bakary ne fera pas. Mais dans la même soirée, Bibata accompagnée d’une tierce personne, sera ramenée à la maison à Koumi. « Elle ne s’est même pas donné la peine d’accompagner la petite », s’est indigné le père de la malade. Bibata sera immédiatement admise au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Koumi. Le diagnostic révèle que le mal de la petite dépassait les compétences locales. Elle a donc été transférée à Bobo-Dioulasso depuis le 16 janvier pour des soins.

Une plainte contre Djénéba mais…

Les services de l’Action sociale et de la solidarité nationale saisie pour des actes de violences faites aux enfants suivent le dossier de près. Les responsables desdits services travaillent en ce moment pour la prise en charge totale des soins de l’enfant. Cependant, si Bibata soutient avoir été bastonné par sa patronne, cette dernière déclare tout le contraire. A la question de savoir si une brique tombée d’on ne sait où peut causer autant de mal comme elle le prétend, Djénéba reste sans réponse satisfaisante. Puis, elle avance une autre raison : Bibata serait tombée d’un grand tas de pierres sauvages. La lésion à la clavicule serait due à un abcès.

« Nous avons déposé une plainte pour maltraitance d’enfant à la police. Elle devrait être arrêtée, mais nous n’avions pas encore de certificat médical qui atteste que la petite a réellement des luxations sur les jambes et la clavicule suite à une quelconque maltraitance », a confié Bakari Sanou. En attendant que les forces de l’ordre soient clairement saisies, Djénéba Sangaré exerce convenablement son travail. Et depuis le 16 janvier, date d’admission de la petite à l’hôpital, l’attaché de santé lui rend visite quand elle n’est pas très occupée par le service.

Les soins sont jusque-là pris en charge par les parents. Tout compte fait, Djénéba ne reconnait en aucun cas les faits. Elle informe qu’elle est mère d’un enfant qu’elle a perdu lorsque ce dernier avait 7 ans et depuis lors, elle n’a plus jamais enfanté. Pour elle, la petite souffrirait d’un autre mal qu’elle a préféré taire le nom. De toutes les façons, a-t-elle ajouté : « J’ai demandé à ce qu’on fasse des examens assez approfondis pour détecter le mal dont souffre Bibata, et, qui s’est malheureusement aggravé suite à sa chute le 28 décembre 2012 des pierres sauvages ».

Sereine, elle « s’étonne » de toutes les déclarations que fait Bakary avec qui elle avait de bons rapports depuis 2011. « Il n y a aucune vérité dans ces dires », dit-elle. Les premiers soins, à l’en croire, ont été pris en chargé par elle. « Sans doute, a-t-elle dit, Bakary veut juste me nuire ». Notons que Sanou Bibata travaille chez Djénéba Sangaré depuis octobre 2011.

Bassératou KINDO et Bénédicte Traoré/Stagiair

L’Express du Faso

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