Taxis moto à Tenkodogo : Un gagne pain à organiser

dimanche 27 janvier 2013 à 22h44min

Les taxis motos deux roues ont pignon sur rue dans la ville de Tenkodogo. Située à plus de 200 km au centre-est de Ouagadougou, cette ville est l’une des rares à pratiquer cette activité malgré l’avènement des taxis tricycles. Le métier est un gagne pain pour ceux qui le pratique, même si le secteur gagnerait à être mieux organisé pour être plus bénéfique non seulement, aux premiers concernés mais aussi à la municipalité.

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Taxis moto à Tenkodogo : Un gagne pain à organiser

Les taxis motos de Tenkodogo permettent à des jeunes d’avoir un revenu pour subvenir à leurs besoins. En cette matinée, le soleil qui pointe son nez à l’horizon n’empêche pas les taximen d’ « aller à la chasse » aux clients. Assis sur la selle de leur motocyclette ou, debout à côté de ceux-ci, les taximen sont à l’affût des différents clients. Ousmane Zabsonré et ses acolytes ont pour gare, un espace sous un arbre en plein centre-ville de Tenkodogo. Ils sont une vingtaine à exercer ce métier. Certains portent des uniformes jaunes, d’autres sont en civil. Sur les uniformes, des noms évocateurs : « taxi moto wendpagouin… » (NDLR : littéralement traduit : taxi moto Dieu ne dort pas).

Les motos utilisées par ces jeunes sont soit de grosses cylindrées soit des motocyclettes dont la capacité ne dépasse pas 125 CC. Le prix de la course varie d’un lieu à un autre. La plupart du temps, le taxi est emprunté pour un aller simple. « Le prix d’une course varie d’un lieu à un autre. Il peut être à 200 ou 500 f ou même plus de 2000 F en fonction de la distance » explique un chauffeur de taxi. Pour une course d’une moindre distance, le client paye 200 F. Pour une course de moyenne importance, il peut débourser 500 F.

Lorsqu’il s’agit de joindre deux localités, le prix peut varier entre 1000 et 2000 F CFA. De 7 personnes au départ, ils sont environ 17 ou 20 à exercer le métier. Ce chiffre n’est pas exact dans la mesure où certains, que les taximen appellent des « trouble-fête », exercent dans la clandestinité. « J’exerce ce métier depuis 1996. J’ai eu une moto en 1998. Aujourd’hui, on se débrouille pour avoir à manger sinon, le marché n’est plus bénéfique comme avant » explique Amidou Balima n°1. L’une des raisons de l’inertie du marché est le désordre décrié par les taximen : « tout le monde se dit taximan de moto. Certains se font passer pour des clients et viennent se renseigner sur les prix de déplacement pour effectuer une course d’un point à un autre.

Lorsqu’on leur dit le prix, on constate par la suite que la personne est allée prendre un client avec sa propre moto pour effectuer le trajet et empocher l’argent. Cela n’est pas sérieux » fustige M. Balima. Pendant ce temps, des chauffeurs de taxi hèlent un client en ces termes : « taxi motos…, taxi motos… » Le client interpellé fait semblant de ne pas les entendre et poursuit son chemin.

Ousmane Zabsonré exerce le métier depuis 9 ans. Bon an mal an, à travers cette activité, il se « débrouille » pour nourrir sa famille, composée de son épouse et de 4 gosses. « Pour aller de Tenkodogo à un village dont la distance avoisine 5 km, le prix varie entre 500 et 1000 F CFA » explique Ousmane. De nombreux chauffeurs de taxi moto exercent ce métier « par envie » selon leur propre terme. On y vient sans préparation dans l’unique but de se faire un peu d’argent. Dans la majorité des cas, les motos n’appartiennent pas aux taximen. Ils sont à d’autres personnes, les patrons. A ceux-ci, souvent sous respect d’un engagement de commun accord, le taximan verse une somme d’argent au propriétaire de la moto à la fin de chaque semaine.

Des difficultés d’ordres divers}

Le respect des engagements entre les partenaires n’est pas toujours au rendez-vous. Lamine Sawadogo a contracté une moto de la sorte. Selon lui, il doit en principe reverser 7 000 F CFA par semaine au propriétaire de la moto à raison de 1000 F CFA par jour. Lorsque cette somme aura atteint 600 000 F CFA, il sera alors en droit de posséder définitivement la moto. Après un an d’activité, il lui est difficile de respecter cet engagement car, selon lui, le marché n’est pas bénéfique. Et, « plus les jours passent, plus l’engagement est difficile à tenir dans la mesure où la moto va vieillissant » explique Lamine. Pour mener à bien leur activité, les chauffeurs de taxi moto s’approvisionnent en carburant auprès des vendeurs à la criée. Faute de moyens, les chauffeurs de taxi moto disent souvent prendre le carburant à crédit en vue de faire les courses. Et, chaque matin, ils sont d’abord tenus de rembourser cette dette avant d’en contracter une autre. Une vraie spirale.

« Hier, j’ai pris deux litre de carburant à crédit, aujourd’hui, j’en ai pris un, alors que je n’ai que 1000 F en poche et, il est déjà 11 h », explique Lamine. Dans ce méli-mélo, le gain journalier d’un chauffeur de taxi n’est pas fixe. « Notre activité est semblable à un jeu de loterie. Certains jours, tu peux gagner 500 F comme 2000 F. Mais, nous sommes obligés d’exercer ce métier parce que nous n’avons pas d’emploi » témoigne Amidou. Une autre difficulté soulevée par les pratiquants de ce métier est l’inorganisation du secteur.

Organiser le secteur, un impératif

En effet, 2 gares de taxi motos 2 roues existent à Tenkodogo. Mais, les taximen de ces 2 gares n’ont pas une structure pour défendre leurs intérêts encore moins, une association pour la promotion de leur activité. « Il est difficile de nous mettre ensemble pour créer une union afin de défendre notre activité. On l’a essayé plusieurs fois mais, cela n’a pas marché » explique un taximan. Cette difficulté d’union entache leur activité dans la mesure où personne ne sait finalement qui est chauffeur de taxi et qui ne l’est pas. Quant à savoir ce que ces conducteurs payent comme taxe à la municipalité, il n’en est rien. « On ne paye pas de taxe » clame un taximan.

Le secteur des taxis motos 2 roues pourrait apporter un plus à l’économie de la ville de Tenkodogo si le secteur était organisé. Selon Issa Naré, un agent de la mairie de Tenkodogo, « la commission finance pourrait réfléchir sur l’organisation du secteur afin d’avoir un seul interlocuteur lorsqu’il s’agira de s’adresser à eux. » Cela permettra, en outre, de faire la différence entre les taxis tricycles chargés du transport des marchandises et les transports de personne. Du côté de la police, l’on reconnaît l’apport de ces engins dans la vie des citoyens de la ville, sans pour autant, omettre les dangers créés souvent par les taximen ...Lire la suite sur Carrefour africain

Sidwaya

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