NOEL : La famille Burkinabè en crise

mercredi 26 décembre 2012 à 14h13min

Noël comme chacun le sait, c’est une fête importante dans la chrétienté. Elle consacre la naissance du Christ.
Mais vous conviendrez avec moi qu’avec le temps, Noël comme bien d’autres fêtes religieuses n’est plus le monopole exclusif des seuls chrétiens. Et c’est tant mieux devrais-je dire, pour le dialogue des cultures.

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A travers le monde, le 25 décembre c’est aussi et surtout la fête de la famille et des enfants. Mais au-delà des flonflons et des réjouissances, cette étape constitue un moment d’introspection. Dont la finalité est de s’interroger sur la réalité du fonctionnement de la cellule familiale de façon générale et au Burkina en particulier.

Sur ce point précis, qu’il me soit permis de dire ceci :
Au Burkina, la famille est en crise.
A la perte des valeurs morales, l’on peut ajouter la démission et l’indolence de bon nombre d’acteurs.

Partout ce sont des conflits générationnels qui essaiment, toujours plus difficiles à résoudre. Entre d’un côté des aînés braqués sur leurs privilèges et qui refusent de jouer le jeu de l’alternance, et de l’autre des jeunes qui acceptent de moins en moins de ne pas être pris en compte dans les sphères de décision.

A la maison, papa et maman (quand ils ne sont pas chacun de son côté, puisque selon les statistiques il y a entre 20 et 25 divorces en moyenne qui sont prononcés toutes les deux semaines à Ouagadougou selon les professionnels) ont quasiment jeté l’éponge. La faute semble-t-il, à la pauvreté et à la vie chère.

La lutte pour le quotidien, pour la survie plus exactement, est telle que l’avenir des enfants est relégué au second plan. Et puisque la nature a horreur du vide, c’est la rue qui se charge désormais de la mission, avec tout ce que cela peut engendrer comme conséquences négatives.
Quant à l’Ecole, qui est censée prendre la relève une fois le seuil de la maison passé, elle est totalement hors sujet.

Elle (l’Ecole) accuse pourtant les parents de ne pas satisfaire à leurs obligations.
De leur côté les parents se plaignent de la baisse du niveau de leurs progénitures et s’interrogent sur ce qu’on leur apprend réellement en classe.
En dehors des cadres de formation et d’apprentissage, les bons modèles sont quant à eux très rares à trouver sur la place publique. Ils ne courent plus les rues.
J’ai même entendu dire à ce propos que « le Burkinabè a trahi le voltaïque. »
La corruption ? Elle est devenue un sport national, dont la résolution nécessite même l’organisation d’assises nationales. Tellement elle a dépassé les limites du raisonnable.
Sous les yeux des enfants, les adultes rivalisent d’ardeur pour être au hit-parade de la ‘’négative attitude’’. Puisqu’ils sont hélas, ces parents, très souvent les premiers à les défendre face à l’autorité de la puissance publique.
Tous ces éléments, convenons-en, ne contribuent nullement à créer les conditions d’un épanouissement social harmonieux. Malheureusement, ce sont toujours les aspects festifs qui monopolisent le débat. Même si après la fête tout le monde sait pertinemment que ce sera la défaite et le rase-mur…

J.SOME

Lefaso.net

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