Insolite : Koin, le village où l’on guérit l’impuissance sexuelle

vendredi 14 décembre 2012 à 03h07min

Le village de Koin est situé dans la province du Nayala à 8 km de Toma, sur l’axe Koudougou- Toma, sur la RN 21. Il a la particularité de connaître de faits insolites. Et les plus remarquables sont le « Fou Wou » qui permet à l’homme de recouvrer sa puissance sexuelle, et le « Godo » qui répare les fractures de membres, même les plus graves. Nous avons, à l’occasion des activités du cinquantenaire de l’école « A » du village, rencontré les dépositaires de ces insolites. Ils nous en disent davantage.

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Insolite : Koin, le village où l’on guérit l’impuissance sexuelle

Tahirou Paré est le dépositaire de la « manne » qui rétablit la puissance sexuelle. Il raconte : « notre aïeul s’était absenté 6 ans durant ; et à l’orée de la 7è année, la grande famille a décidé un jour de le déclarer décédé et a procédé à la fixation de la date de ses funérailles. Et le lendemain matin, on l’a retrouvé assis dans sa maison, à côté de sa femme. Il aurait expliqué avoir été retenu par des génies qui l’empêchaient de se présenter à la famille qu’il voyait pourtant en train de le rechercher partout. C’est ainsi qu’il aurait montré le médicament miracle qui lui a été donné et ce qu’il pouvait rendre comme service aux hommes. Mais ce médicament ne doit pas sortir de la maison, il ne requiert pas de rituel particuliers, la femme ne peut ni le toucher, ni enlever le feu qui aura servi à préparer le tôt qui l’accompagne. Et pour en bénéficier, il suffit d’apporter 5 FCFA plus un coq blanc possédant des ergots, la farine qui puisse suffire à préparer du tôt et du sel à quantité indéterminée ».

Mais avec le temps, poursuit Tahirou, « nos grands parents se sont rendus compte que certains n’apportaient pas une quantité suffisante de sel. Ils ont de ce fait arrêté la somme de 3 000 FCFA pour frais de sel. Mais, si quelqu’un décide de nous en donner plus comme frais de sel avant ou après satisfaction, nous prenons. Je suis né trouvé cela ainsi ; et je n’ai jamais vu, ni entendu dire qu’il y a pareille chose quelque part ailleurs. Les gens viennent de partout, de l’intérieur du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Gabon, du Libéria, de la France, pour se soigner chez nous. Et je n’ai jamais entendu dire qu’il y a eu insatisfaction. » Et de confier que beaucoup de personnalités, dont un ancien chef d’Etat (avant d’accéder à ce poste) sont ainsi venus à Koin pour se faire traiter.

Si ce médicament n’exige pas trop de conditions, il demande néanmoins de respecter une certaine procédure, « Ceux qui viennent se soigner doivent rebrousser chemin le même jour. Au départ, les patients passaient quelques jours dans la famille, le temps de recouvrer parfaitement la virilité ; mais un patient, qui venait de recouvrer sa virilité, a failli violer une femme de la cour. A partir de cet instant, nous avons décidé de faire en sorte que les patients repartent chez eux le même jour. Le chef du village a décidé qu’ils ne peuvent plus passer une seule nuit dans le village même. Sauf s’il vient accompagné par une femme. Si le temps ne nous permet pas de servir quelqu’un pour ensuite le libérer dans la journée, nous lui demandons de revenir le lendemain matin ».

Autre curiosité du village de Koin, le Godo, appelé « Bonne terre de Koin par un prêtre qui en a pris », répare les fractures. Urbain Ki qui en est l’actuel dépositaire dit ne pas savoir comment sa famille l’a acquis ; car, même son grand père ne le sait pas vraiment. Mais l’on raconte au village que c’est parti d’une histoire de jalousie entre deux coépouses. Une femme avait brisé le pilon de sa coépouse par mégarde. Cette dernière a demandé réparation, a refusé un autre pilon et a exigé de la première qu’elle lui rapporte son pilon intact. Impuissante, la fautive est rentrée en brousse en larmes et après avoir erré, s’est endormie de fatigue. Au réveil, elle a trouvé que le pilon avait été réparé, sans trace. Les génies qui l’ont réalisé lui ont alors expliqué comment cela marchait et comment soigner des fractures avec.

« Il suffit de donner 5 FCFA, pour en bénéficier, explique Urbain Ki. Mais certaines ethnies, en l’occurrence les Mossi, Dagara, Gougrounsi, Lobi, doivent apporter une poule. Et si on le prend pour quelqu’un avec qui on n’habite pas, il faut éviter de le déposer chez soi avant de le lui apporter. La durée du traitement varient selon que la personne est jeune ou d’un âge avancé ».

De nos jours, beaucoup de malades victimes de fractures sont référés au guérisseur de Koin depuis le centre médical de Toma, de celui de Tougan, ou même de l’hôpital Yalgado à Ouagadougou. « Mais si c’est une fracture ouverte, nous renvoyons aussi aux centres de santé qui peuvent mieux replacer l’os ; et après, nous pouvons appliquer notre produit. Nous pouvons, à leur demande, garder les malades jusqu’à guérison » explique Monsieur Ki. ET ce traitement, souligne-t-il se fait sans traitement particulier. Il suffit d’appliquer un mélange de la terre qui est puisé à un endroit précis.

Fulbert Paré
Lefaso.net

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