Forum national des corps constitués : Un dialogue dynamique entre le président du Faso et les Burkinabè

mercredi 7 novembre 2012 à 01h25min

Le premier forum national des corps constitués s’est tenu le 6 novembre 2012, à Ouagadougou. Il a constitué une tribune d’échanges directs entre le Président du Faso, Blaise Compaoré et les différentes composantes de la société burkinabè.

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Forum national des corps constitués : Un dialogue dynamique entre le président du Faso et les Burkinabè

« Le conseil des ministres va se pencher sur les préoccupations évoquées. Aussi, nous allons avoir des concertations avec les différentes catégories des corps constitués pour aller un peu plus en profondeur de ce qui a été dit », a déclaré, en substance, le président du Faso, après avoir pris connaissance des préoccupations des corps constitués du Burkina. C’est au cours de ce premier forum national consacré aux forces vives de la nation. Ces problèmes, a t-il ajouté, sont certes, connus, mais il était de bon ton de les entendre de vive voix, afin de stimuler l’action gouvernementale en vue de les résoudre.

Et près de trois heures d’échanges ont été nécessaires pour que le chef de l’Etat prenne à nouveau connaissance des problèmes vécus par les Burkinabè. Les représentants du monde des affaires, des organisations socioprofessionnelles, des organisations de la société civile, des corps paramilitaires, des institutions publiques et parapubliques, des anciens grands serviteurs de l’Etat, ont tour à tour exposé au chef de l’Etat, entouré de membres du gouvernement, leurs préoccupations. La porte-voix du monde des affaires, Mme Alizèta Ouédraogo, a fait cas des procédures fiscales complexes, coûteuses et pas toujours adaptées aux réalités de certains secteurs d’activités dont les spécificités ne sont pas prises en compte .

De même, les taux des différents taxes et impôts sont jugés élevés et insuffisamment incitatifs pour les investissements. Les autres difficultés concernent les facteurs de production, notamment en ce qui concerne l’électricité, les hydrocarbures, les transports et la qualité des télécommunications. Le secteur privé, en particulier, a souhaité le reversement intégral ou subséquent de la taxe patronale d’apprentissage au Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage, la mise en place urgente de mécanismes d’appuis technique et financier en faveur des PMI/PME et un renforcement de la lutte contre le grand banditisme, la fraude et la contre -façon. Les organisations socioprofessionnelles demandent, pour leur part, l’arrêt des atteintes à la liberté syndicale, le relèvement des salaires des travailleurs et la baisse des prix des produits de grande consommation, la création d’une banque agricole avec des conditions d’allègement du taux d’intérêt à 7% .

La représentante de cette catégorie de corps constitués, Brigitte Thiombiano, a aussi évoqué l’accélération du processus de relecture des textes de lois en matière de presse, en vue de la dépénalisation des délits de presse. Elle a également sollicité le financement pérenne et équitable de tous les sports avec l’institution d’une taxe sur les boissons alcoolisées, les tabacs et les activités minières, la mise en place d’un fonds national substantiel de soutien à la création artistique et au développement des industries culturelle et créatives, etc. La qualité de la formation de la jeunesse aussi bien du point de vue académique qu’éthique (acquisition du savoir, du savoir-faire et du savoir-être) a constitué la préoccupation majeure des organisations de la société civile. Moussa Nombo, le porte-parole de cette entité des corps constitués, s’est aussi appesanti sur le chômage des jeunes, la délinquance juvénile, l’insécurité des personnes et des biens.

Quant aux corps paramilitaires, leurs difficultés se résument à l’accroissement des effectifs, la dotation conséquente en moyens de travail, la construction des casernes ou la réhabilitation de celles-ci, le renforcement du parc auto /moto, l’incivisme grandissant qui freine l’action de l’administration.

Au nom des institutions publiques et parapubliques, Mme Alimata Traoré a insisté sur la nécessité de maintenir l’autorité de l’Etat et de garantir les libertés individuelles et collectives. Pour sa part, le représentant des anciens grands serviteurs de l’Etat, l’ancien chef d’Etat, Jean Baptiste Ouédraogo, a invité à approfondir la réflexion sur les candidatures indépendantes, la création du Sénat et l’incivisme. Sur ce dernier aspect, il a regretté que « l’incivisme soit devenu un véritable cancer, se développant aux dépens de nos valeurs ». Un phénomène qui, dit-il, est le stade ultime de la perte de nos repères.

Ce que fait et va faire le gouvernement

Des réponses ont été apportées, séance tenante, aux différentes préoccupations par les ministres concernés, à la demande du chef de l’Etat. Au sujet de l’allègement fiscal, le ministre en charge de l’Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba, tout en brandissant des mesures de solutionnement, s’est dit réaliste. « Pour les allègements, il faut qu’on soit conscient qu’il y a des limites. Notre budget est financé par des recettes fiscales. On risque de ne pas pouvoir satisfaire aux exigences du développement, en faisant certains allègements », a-t-il prévenu. La question de la lutte contre la vie chère a été abordée respectivement, par les ministres du Commerce, Arthur Kafando et de l’Agriculture, Laurent Sédogo.

Le premier a fait cas d’un dispositif de réglementation des prix des produits de grande consommation pour combattre l’inflation. Tandis que le second a rappelé l’instauration de boutiques-témoins, sous la responsabilité de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité (SONAGESS), en vue de rendre plus accessibles les céréales, dans le contexte de crise alimentaire. Pour ce qui est de la lutte contre l’insécurité, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, Jérôme Bougouma, a soutenu que c’est « une tâche permanente et sans répit ». Pour autant, le gouvernement, a-t-il poursuivi, a pris la mesure du défi en injectant, au titre de l’année 2012, plus de 15 milliards de FCFA, dans l’achat d’équipement, la formation et la revalorisation salariale des agents de sécurité.
D’autres écueils sensibles tels que l’emploi des jeunes et la qualité du système éducatif sont aussi revenus dans les échanges.

Sur la question de l’emploi des jeunes, le ministre en charge du dossier, Achille Tapsoba, a fait remarquer que le gouvernement en a fait son cheval de bataille. Au nombre des efforts consentis, il a relevé la mise en place de projets et programmes tels le Programme spécial de création d’emplois et l’adoption d’une politique de formation professionnelle, à travers l’ouverture de centres de formation dans les grandes villes du Burkina. Concernant la qualité du système éducatif, la ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, Koumba Boly /Barry, a précisé que ce volet figure en bonne place dans le nouveau plan décennal de développement de l’éducation. Et de citer, entre autres, la décision d’amener à deux ans, la durée de la formation des enseignants du primaire et la volonté affichée de recruter ces derniers avec le niveau BAC, en lieu et place du BEPC, pour les années à venir.

Dans l’ensemble, le Président du Faso, Blaise Compaoré, est revenu sur les sujets abordés, non sans remercier et féliciter les corps constitués pour les efforts déployés au quotidien pour le développement du Burkina. Le forum des corps constitués, de l’avis du chef de l’Etat, s’inscrit dans le « processus dynamique de dialogue direct obéissant à notre volonté commune de conforter notre marche vers l’édification d’un Burkina Faso de paix et de progrès ».

Gabriel SAMA et Kader Patrick Karantao

Sidwaya

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