Obsèques de l’ancien ministre de l’Information, Abdoulaye Adama Touré : Un bâtisseur s’en est allé

lundi 29 octobre 2012 à 23h29min

L’ancien ministre de l’Information, Abdoulaye Adama Touré, décédé le samedi 28 octobre 2012 a été élevé, le lendemain dimanche, au rang de commandeur des palmes académiques à titre posthume avant d’être conduit à sa dernière demeure, dans l’enceinte de son établissement, le lycée de la Jeunesse à Ouagadougou.

Obsèques de l’ancien ministre de l’Information, Abdoulaye Adama Touré : Un bâtisseur s’en est allé

Enseignants, syndicalistes, politiciens, hommes d’affaires, opérateurs économiques, anciens collaborateurs, autorités administratives, religieuses, élèves et étudiants, tous étaient dans la soirée de dimanche devant la cour mortuaire pour rendre hommage à Abdoulaye Adama Touré, décédé le samedi 28 octobre 2012 à l’âge de 76 ans. Venu soutenir la famille, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré a, au nom du président du Faso, élevé à titre posthume l’illustre disparu au rang de commandeur des palmes académiques. Des témoignages émouvants ont rappelé les dimensions sociale, politique, syndicale et administrative de l’homme.

Accompagnés de chaudes larmes, les mots du représentant des petits-fils et celui des enfants ont ému plus d’un. Papy par-ci, papa par-là, les deux n’auront jamais pensé, disent-ils, que le repas de Tabaski pris ensemble avec leur cher, la veille de sa mort allait être le dernier de celui-ci. « La volonté de Dieu est aussi la nôtre. Merci papy, continue de veiller sur nous », se sont ils résignés. Le défunt a été un grand homme politique et syndical. Et du témoignage de Philippe Ouédraogo, Secrétaire général du Parti africain de l’indépendance (PAI), il ressort que le disparu a occupé le poste de premier responsable de ce parti de 1975 à 1990. « Un militant syndical actif. Il a été la mémoire de son époque. C’est un grand homme qui sait donner des conseils aux jeunes et des avis aux anciens. Il est fidèle en amitié. C’est une référence, un modèle », tels sont quelques mots forts de Philippe Ouédraogo.

Dans le monde de l’éducation les acteurs pleurent un grand enseignant d’histoire, pédagogue et promoteur de l’enseignement. Le lycée de la Jeunesse qu’il a fondé depuis octobre 1990, avec actuellement un cycle supérieur, compte plus de 1500 élèves avec une centaine de personnels administratifs. L’Union des enseignements secondaires des établissements laïcs a également reconnu en cet homme un patriote soucieux de la formation de la jeunesse. Et pour tout cela, elle pense comme les sages africains que les morts ne sont pas morts. « Votre esprit vivra à jamais dans nos cœurs, dans les bâtiments, dans ces arbres, dans ces lumières et brasseurs des classes, dans ces photos de famille que vous nous laissez. Votre demeure sera pour nous un lieu de recueil et d’inspiration », a soutenu le représentant des élèves du lycée de la Jeunesse.

Un homme inoubliable

Outre ces actions, ses anciens collaborateurs retiennent de lui ses initiatives dans le domaine de l’information. Ministre de l’Information de 1983 à 1984, il a posé des actes qui resteront gravés dans l’histoire du Burkina Faso. Selon son secrétaire général de l’époque, Hamed Koné, l’illustre disparu a travaillé à la création de l’ancêtre du Conseil supérieur de la communication (qui devait s’appeler à l’époque Conseil national de la presse), de la Maison de la presse et du quotidien d’Etat Sidwaya où il a signé le tout premier éditorial du n°0 paru le jeudi 5 avril 1984. Dans cet éditorial, on peut y lire « Voici enfin le quotidien d’Etat, le quotidien tant attendu. Il s’appelle Sidwaya qui veut dire en langue nationale mooré la vérité est venue ».

Après les témoignages et la prière des défunts dirigée par le Check Aboubacar Doukouré, la dépouille mortelle a été accompagnée par une foule dans son lycée de la Jeunesse. Il repose désormais dans le jardin dudit lycée et laisse derrière lui des petits-enfants, des enfants, parents et amis inconsolables.

Boureima SANGA (bsanga2003@yahoo.fr)

Sidwaya

Messages

    • Océane richesse, que votre papy repose en paix. Tout enfant aime son papy et pense qu’il est le meilleur des papy. Les burkinabè qui ont connu votre papay se rappellent malheureusement que lui et ses camarades du PAI/LIPAD furent les instigatuers des dégagements de ce qu’on appellait à l’époque les "réactionnaires" et dont le seul tort était de ne pas etre du meme avis qu’eux. Dfiicile de lui pardonner cela. Mais qu’il repose en paix !

  • pAIX A SON aME POUR L’ hOMME QU’ IL A ETE. mAIS POUR LE POLITIQUE QU’ IL A ETE, IL A ETE UN VERITABLE PARJURE, PASSANT DU COMMUNISME BRUTAL ET TUEUR AU CAPITALISME EDUCATIF LE PLUS DEVOYE. pAS UN MODELE CAR A LE SUIVRE, ON RISQUE DE PERDRE SA BOUSSOLE. lE LYCEE DE LA JEUNESSE N’EST PAS POUR LE PREMIER VENU DES BURKINABE.

    • J’aime bien ces messieurs du PAI/LIPAD. Fidèle en amitié et en leur idéaux. Malheuresement, ils sont tous en train de disparaitres un à un.
      Pas comme les politiciens de la nouvelle génération qui eux sont plutôt fidèles qu’aux vainqueurs du moment.
      Paix à l’âme de Papa Touré

  • J’ai été élève dans son lycée. C’est un grand choc que d’apprendre cette triste nouvelle. Je me rappelle encore de lui, il aimait le travail bien fait et n’hésitait pas à récompenser les élevés méritants. Il était vraiment impliqué dans le bon fonctionnement du lycée et jouait son rôle avec passion. Il connaissait la majorité des élèves et discutait svt avec nous, essayait de nous comprendre… Je suis maintenant loin du pays et c’est par le net que j’ai appris mais je suis de tout cœur avec la famille. Merci d’avoir participé à mon éducation et à ma réussite Mr Touré. Que votre âme repose en paix.

  • Cher Faso.net, honorez l homme avec sa photo pour ceux qui ne connaissent pas.

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