SECTEUR 17 DE BOBO : Les populations menacent de marcher sur le gouvernorat

lundi 25 juin 2012 à 00h30min

La journée du 21 juin 2012 a été chaude à Sarfalao, quartier situé au secteur 17 de Bobo-Dioulasso. Et pour cause, des riverains d’un caniveau en chantier devenu une dangereuse servitude pour eux, ont décidé de se faire entendre ; troublant de facto la quiétude des usagers de la voie publique menant au CSPS. C’est finalement sur le pont jouxtant la permanence que la foule s’est ameutée.

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C’est un mouvement formé essentiellement de jeunes qui tenaient à attirer l’attention des autorités sur le calvaire qu’ils vivent depuis un semestre et dont le bout du tunnel semble s’obscurcir avec l’installation de la saison hivernale. Pour cette sortie, leur message sonne comme un avertissement.

« Nous voulons rentrer chez nous »

C’est aux cris de plusieurs slogans dont « Nous voulons rentrer chez nous », que la foule a occupé longuement le pont, obstruant le passage à tout usager de la route. Selon Lassina Gnanou, un jeune riverain, leur fronde vise à dénoncer la situation dans laquelle ils se retrouvent avec la construction du canal dont les travaux sont au point mort depuis plus de trois semaines. L’entreprise qu’ils ont approchée leur avait fait savoir que c’est le retard de paiement accusé par la mairie qui bloquait les travaux. « Nous sommes aujourd’hui dans une situation pénible parce que nous n’arrivons plus à accéder à nos concessions car les semblants de ponts qui étaient construits se sont effondrés comme des châteaux de cartes sous l’effet de la dernière pluie. La femme de mon voisin a passé plusieurs jours chez elle après la dernière pluie parce qu’il n’y avait pas de sortie. On a dû casser le mur mitoyen pour qu’elle puisse passer chez l’autre voisin », a-t-il confié avant d’ajouter que les conseillers du secteur, qu’ils ont interpellés, ont laissé entendre qu’ils étaient conscients du problème et qu’ils étaient à pied d’œuvre pour s’en charger. « Nous tirons la sonnette d’alarme aujourd’hui ; mais si rien n’est fait, la prochaine fois, nous marcherons sur le gouvernorat après la mairie centrale », a-t-il prévenu.

A l’en croire, jusque-là, le gouverneur ne s’est pas intéressé à leur sort ; seule Mme le haut-commissaire, a-t-il dit, s’était engagée à les soutenir. « A la dernière rencontre avec les autorités, on nous avait fait savoir que c’est un problème de financement qui retardait l’avancement des travaux. Mais nous avions été rassurés entre-temps que ce problème était résolu et que la reprise des travaux était pour bientôt. Malheureusement, rien n’a été fait. » De l’avis de Lassina Gnanou, les toutes premières pluies avaient causé d’énormes dégâts aux riverains et les sinistrés avaient fait l’objet d’un recensement mais aucune suite n’a été donnée à ce recensement jusque-là. « Nous continuons d’interpeller les autorités de manière pacifique pour qu’elles ne soient pas surprises des malheureuses tournures que peut prendre la situation ».

Le maire Sidi Sanogo appelle au calme

Pour le maire de l’Arrondissement de Dafra, Sidi Sanogo, le problème d’évacuation des eaux pluviales au secteur 17 a toujours été une source de préoccupation non seulement pour son arrondissement, mais aussi pour l’ensemble de la commune. « Nous avons commandité des études qui ont évalué les travaux à plus de 5 milliards de F CFA, soit deux fois le budget de la Commune. Nous avons même effectué des missions à l’étranger pour demander des financements. A l’intérieur, nous avons également eu des démarches avec des partenaires et finalement, c’est le Fonds permanent du développement des collectivités qui a financé partiellement les travaux à hauteur de 500 millions de F CFA.

Les appels d’offre ont été régulièrement lancés. Au début, on a observé des lourdeurs dans le décaissement mais, entre- temps, les choses étaient rentrées dans l’ordre. Nous avions enregistré des plaintes de certains riverains et nous avons, de concert avec les conseillers, entamé un dialogue auprès des populations pour faire préalablement un travail de sensibilisation », a-t-il confié. Il a reconnu que les travaux ont accusé un certain retard mais qui ne leur est pas imputable. Il a indiqué que lorsqu’ils se sont rendus sur le site, ils ont déploré la qualité des travaux ainsi que la disparition de certains matériaux de construction qui avait cours sur le terrain, au vu et au su des contrôleurs, et ont interpellé l’entreprise sur les conséquences de tels agissements. Selon le maire, la commune a fait de l’évacuation des eaux dans ce secteur une de ses priorités. « Nous comprenons donc la légitimité de ces revendications.

C’est un devoir pour nous de faire aboutir ce projet et nous appelons la population à comprendre les difficultés de parcours que nous traversons. Je reste ouvert au dialogue car rien ne peut se résoudre dans la violence », a-t-il conclu. Nous avons tenté de rencontrer le responsable de l’entreprise en charge des travaux mais sans succès. Pour sa part, le maire de la ville de Bobo-Dioulasso, Salia Sanou a appelé la population à la retenue car les choses sont rentrées dans l’ordre et que la reprise des travaux est imminente. Il a précisé qu’avec le retard accusé, la fin de ces travaux devrait intervenir à la fin de ce mois.

P. Bernard Sylvain KOROGO (Correspondant)

Le Pays

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Vos commentaires

  • Le 25 juin 2012 à 07:13
    En réponse à : SECTEUR 17 DE BOBO : Les populations menacent de marcher sur le gouvernorat

    Il faut que des delais soient fixés aux services financiers (Direction générale des marchés publics, Contrôle financier et Trésor) dans le delais de traitement des dossiers.

    Ce sont ces services qui sont responsables des retards d’exécution de tous les marchés des communes. Les ocnséquences sont maintenant visibles : des vrécoltes de populations contres les autorités locales pendant ce temps, les fautifs réels sont tranquile dans leur bureau

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  • Le 25 juin 2012 à 10:03
    En réponse à : SECTEUR 17 DE BOBO : Les populations menacent de marcher sur le gouvernorat

    Certainement que les autorités attendent qu’il y ait mort d’homme avant de reagir. Et comme au Burkina on a cultivé l’art de reagir apres la pression de la rue, c’est ca qui semble etre la solution. Monsieur le Maire Central, Monsieur le Gouverneur, Autorités coutumières et politiques de Bobo, c’est un cri de coeur des populations riveraines du caniveau de Sarfalao et le mois de juillet d’annonce avec ses averses de pluies qui vont compliquer davantage la situation. N’attendons pas que les degats se fassent avant de reagir. SVP

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  • Le 25 juin 2012 à 13:28, par bendatoega
    En réponse à : SECTEUR 17 DE BOBO : Les populations menacent de marcher sur le gouvernorat

    Et c’est sur le gouvernorat vous voulez marcher ? Soyeux sérieux ! On se réclame SANKARISTE alors qu’on peut même pas organiser des travaux d’intérêts communs
    Tchurrr ! Vous croyiez que votre pauvre commune peut tout faire pour vous ? Bandes de paresseux !

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