DES DELINQUANTS DANS LES FILETS DE LA GENDARMERIE : Ils vivaient de braquage et d’escroquerie

jeudi 24 mai 2012 à 02h15min

Agression à main armée, vol à l’arraché, vol de cyclomoteurs, vente illégale d’armes, association de malfaiteurs et escroquerie ; tels sont les faits qui sont reprochés à des délinquants par la gendarmerie de Boulmiougou ainsi que par des populations de la ville de Ouagadougou. Mis hors d’état de nuire, ces malfrats ont été présentés à la presse le mercredi 23 mai 2012 au sein de la gendarmerie de Boulmiougou.

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« Courant avril, il y a un monsieur qui m’a contacté avec un numéro de la France. Il m’a fait savoir qu’il était à Ouagadougou, qu’il me connait bien et qu’il avait une affaire à me proposer. C’est ainsi qu’il m’a confié que lorsqu’il était à Ouagadougou, il vendait des produits avec des Blancs qui en faisaient de la pommade ou soignaient la maladie du SIDA. Etant en France et ne pouvant plus vendre les produits aux Blancs, il m’a proposé d’aller les chercher et de les vendre aux Blancs qui sont en train de venir à Ouagadougou. Il m’a indiqué que celui qui a les produits les vend à 3000 F CFA et que les Blancs les payent à 6000 F CFA. Je devais, selon lui, aller payer les produits chez le monsieur en question et les revendre aux Blancs. Le bénéfice, nous devons les partager.

Et c’est ainsi qu’il m’a donné le numéro de celui qui vend les produits. Je l’ai appelé et nous nous sommes donné rendez-vous à Sabou. Arrivé, j’ai juste pris deux échantillons du produit à 6 000 F. Et sur place, il y avait effectivement un Blanc qui m’a appelé et m’a fait savoir qu’il était à l’hôtel Lybia et qu’il était venu pour payer les produits en question. Quand je revenais de Sabou, j’ai bien réfléchi et je me suis dit que cela devait être une affaire louche. C’est ainsi que j’ai appelé le major Drabo de la gendarmerie de Boulmiougou qui m’a dit de jouer le jeu pour qu’ils puissent les attraper. Je me suis effectivement rendu à l’hôtel Lybia et là j’ai trouvé deux messieurs. Et quand on était en échange, la gendarmerie est venue les arrêter »

« Dans la nuit du 14 au 15 avril dernier, j’étais devant ma porte quand un monsieur est venu sur un vélo de marque VTT. Quand il est arrivé, il a commencé à m’agresser sans même me dire un mot. J’ai crié au secours et les gens sont sortis pour me sauver. L’agresseur a pris la fuite et on a pas pu le rattraper. Il est parti avec mon portable. C’est tout ce que j’avais sur moi ce jour-là ». Ces témoignages sont ceux de deux victimes des deux groupes de délinquants : le premier est une banque de voleurs, d’agresseurs, de cambrioleurs et de malfaiteurs et le second groupe, une bande d’escrocs. Tout comme eux, nombreux sont ceux qui ont été victimes d’agressions ou d’escroquerie.

Ces malfrats ont été mis aux arrêts par la brigade ville de la gendarmerie de Boulmiougou suite à des plaintes récurrentes des populations de la ville de Ouagadougou et particulièrement de celles des secteurs, 8 ,9 16, 17 et présentés à la presse le mercredi 23 mai 2012. Les auteurs présumés de la première affaire qui développent une nouvelle mode d’escroquerie basée sur l’achat des graines ou de produits vétérinaires semblent être essentiellement des étrangers selon l’adjudant-chef Boukary Drabo. Dans ce cas, la brigade ville de Boulmiougou a mis aux arrêts quatre délinquants dont Toitsa François, Teufedang Léopold, N’Docmo Pierre et Sango Ahmed. Trois d’entre eux ont été déférés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou.

Quant au second groupe, l’adjudant- chef Drabo a affirmé que leur cible principale était la gent féminine à travers le mode opératoire suivant : deux individus se remorquent sur un vélomoteur d’une grande performance, accostent leurs victimes en cours de route, les obligent à s’immobiliser de gré ou de force. Ils les dépossèdent ainsi de leurs sacs à main. Dans le cas contraire, ces individus suivent leurs victimes jusqu’à domicile, profitent de l’arrêt devant le portail pour commettre leur forfait. Dans cette affaire, le sieur Ouédraogo Gaël a reconnu avoir participé à l’agression à main armée au cours de laquelle un personnel féminin de la gendarmerie a été poignardé courant mars 2012 devant son domicile. Ouédraogo Hermann, Diallo Yassine dit Jazz, Ouédraogo Valentin, Sylla David, Nion David ont également été interpellés par la gendarmerie dans cette affaire.

A l’étape actuelle de l’enquête, les conférenciers ont présenté les objets saisis : un fusil calibre 12, deux pistolets automatiques calibres 7, 65 mm, un pistolet automatique calibre 8 mm, un pistolet de fabrication locale calibre 12 mm, 8 cartouches de calibre 8 mm, des couteaux poignards. Des armes que les délinquants disent avoir acquises auprès du sieur Sylla Badani. L’arrestation de ces délinquants ne mettra pas fin pour autant à ce genre d’agression ni d’escroquerie. D’où cet appel de la gendarmerie de Boulmiougou à la population de Ouagadougou : « Il appartient à chacun d’entre nous d’adopter un comportement qui nous exposerait moins à ces situations ou qui ne tenteraient pas d’autres à passer à l’acte ». Elle a une fois de plus appelé la population à la collaboration.

Dorielle Pogobie

Le Pays

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