Le Premier ministre dans le Gulmu : « Le désenclavement de la Tapoa est indispensable pour son développement »

vendredi 6 janvier 2012 à 01h02min

Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a rencontré les forces vives de la province de la Tapoa, à Diapaga, le mercredi 4 janvier 2012. Entre les populations et le chef du gouvernement, c’est un échange franc et direct qui a caractérisé les interventions.

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Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, accompagné de 12 membres de son gouvernement, a, durant cinq heure d’horloge, échangé à bâtons rompus avec les filles et fils de la province de la Tapoa, le mercredi 4 janvier 2012 à Diapaga. De l’éducation en passant par le bitumage de la route Kantchari-Diapaga et l’insécurité alimentaire, l’occasion était belle pour poser les différents problèmes vécus par la province. Situé à près de 450 km de la capitale Ouagadougou et à près 230 km de son chef-lieu de région, Diapaga, selon la plupart des intervenants, a une préoccupation.

« La mauvaise qualité de la route Diapaga-Kantchari entrave la bonne marche de notre commune. Par exemple, les évacuations sanitaires sont très difficiles car beaucoup d’ambulances sont aujourd’hui sur cale à cause de la mauvaise praticabilité de la route. Nous avons également des potentialités innombrables en matière d’élevage, d’agriculture etc. , mais pour l’écoulement des produits, il existe des difficultés", a déploré le maire de la commune de Diapaga, Kanfidini Coulidiati. Pour le ministre en charge des Infrastructures, Jean Bertin Ouédraogo, l’étude de faisabilité de la route est déjà terminée mais il reste à trouver des bailleurs de fonds prompts à soutenir le projet. Il a indiqué que le coût prévisionnel du bitumage de la voie est de 30 milliards de FCFA, mais pas d’inquiétude car pour le Premier ministre, la réalisation de cet ouvrage représente une priorité absolue pour son gouvernement.

« Le gouvernement en fera une priorité absolue pour que dans les cinq années à venir, ce projet puisse être bouclé parce que Diapaga est l’un des chefs -lieux les plus éloignés de la capitale. Le désenclavement de cette province me paraît donc indispensable », a-t-il affirmé.
L’insécurité alimentaire constitue une autre préoccupation pour les populations du fait de la difficile saison agricole. Le ministre en charge de l’Agriculture, Laurent Sédégo les a rassurées des dispositions prises par le gouvernement pour pallier cette crise. Il a fait savoir que pour l’instant, 162 communes dans le Burkina (y compris certaines communes de Diapaga) ont été repérées pour être soutenues par l’Etat.

Sur la question des fournitures et cantines scolaires, Luc Adolphe Tiao se veut être ferme ? : « J’ai été scandalisé que jusqu’à l’heure d’aujourd’hui au mois de janvier, certaines écoles primaires n’aient pas reçu leurs dotations de cantines et de fournitures scolaires, or le budget a été voté. Ce n’est pas normal », a-t-il précisé. Instruction a été donnée aux responsables locaux du ministère en charge de l’Education de prendre toutes les dispositions pour que les enfants puissent recevoir leurs fournitures et aient accès à la cantine scolaire d’ici à un mois.

« Le service de radiologie fonctionnel dans un mois »

« Je tiens à dire que les fonctionnaires, les directeurs qui sont affectés dans les provinces doivent faire le travail de façon correcte. Nous ne pouvons plus tolérer des directeurs qui sont assis dans leur bureau attendant qu’on vienne leur rendre compte. J’ai donné des instructions aux ministres concernés car il y va, eux-mêmes, de leur crédibilité. Ils doivent s’assurer que les directeurs qu’ils nomment et qui sont en province font leur travail », a-t-il renchéri.

En ce qui concerne le Centre médical avec antenne chirurgicale de Diapaga où le service de radiologie ne fonctionne pas, Le Premier ministre Tiao a invité le ministre de la Santé, Adama Traoré, à prendre les dispositions nécessaires pour que le problème soit résolu d’ici à un mois. Auparavant, le Premier ministre a visité le Centre de formation professionnelle et le CMA de Diapaga, le périmètre irrigué de Tapoa-Gourma ainsi que le projet phosphate.

Il a constaté de visu les difficultés rencontrées par les différents ouvrages. Par exemple, le périmètre irrigué de la Tapoa avec un volume de 8 615 000m3 construit depuis 1951 a connu ses derniers aménagements en 1978. Actuellement, le périmètre a une capacité de 80 ha avec 120 exploitants et produit du riz, du maïs et des produits maraîchers.

Quant au projet phosphate démarré en 1978, il est aujourd’hui sans statut clair et pratiquement délaissé alors qu’il a une capacité de production de 6000t/an. La seule mine de Kodjari renferme près de 100 000 000 de t. Selon le Premier ministre, le gouvernement prendra les dispositions pour que ces ouvrages soient réhabilités.

Raphaël KAFANDO


L’arrestation de l’ex- DG des douanes évoqueé par le Premier ministre à Diapaga

« Je n’ai rien contre le DG, mais le chef de l’Etat a voulu donner un signal fort. Dans son discours à la nation, il a indiqué que nous devons lutter contre la corruption et la mal gouvernance. Il est inadmissible qu’un fonctionnaire de l’Etat puisse détenir, par devers lui, près de 2 milliards de FCFA ?dans un pays pauvre. Quand je pense que nous trimons pour mobiliser des ressources afin de faire face aux revendications des populations et qu’un individu qui n’est pas un opérateur économique détienne une telle somme, ce n’est pas normal.

C’est un signal et chaque fois que nous allons avoir la preuve qu’un fonctionnaire s’est enrichi de façon illégale, nous serons sans pitié. Il faut que chaque fonctionnaire se dise qu’il est comptable devant le peuple. Je demande à tout fonctionnaire, quel que soit son rang, de faire l’effort nécessaire pour être un agent irréprochable de l’Etat car nous n’allons pas tolérer ceux qui sont les prédateurs de notre économie ».

Propos recueillis par R.K

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 6 janvier 2012 à 01:15
    En réponse à : Le Premier ministre dans le Gulmu : « Le désenclavement de la Tapoa est indispensable pour son développement »

    Et le Sourou ? Quand sera t-il desenclave ? A quoi sert la plaine du Sourou qui englouti les investissements depuis la RDP si on ne peut pas ecouler les produits agricoles parce que la zone est inaccessible par la route ?

    Répondre à ce message

  • Le 6 janvier 2012 à 09:02, par Filsdupaysan
    En réponse à : Le Premier ministre dans le Gulmu : « Le désenclavement de la Tapoa est indispensable pour son développement »

    Je constate que son E.M. le PM est un homme de terrain, proche de la population. Très bonne initiative de parcourir la Région de l’Est et de toucher du doigt ce que nos populations vivent.
    Maintenant,j’espère bien les forces de vives de la Région vont cesser leur rancune de temps passé pour bien comprendre que leurs sœurs et frères souffrent de leur mésentente.
    Je souffre que le tronçon Kantchary Diapaga soit dans un tel état avec tout ce que la Tapoa a eu comme cadres !
    Aucune retenue d’eau dans cette province que je connais bien ne peut atteindre l mois de mars sans tarir car très ensablées.
    Alors que faire contre la faim ?

    Je souhaite que les sorties du PM ne soient pas juste pour calmer la tempête mais plutôt pour un BURKINA émergent.Le PF devait aussi faire comme son PM car plus proche de sa population, il sera aimé mais hélas...Il préfère être entre deux avions pour résoudre des crises ailleurs.
    Que les autres suivent les pas de ce monsieur.
    Courage LAT

    Répondre à ce message

  • Le 8 janvier 2012 à 13:43, par koana
    En réponse à : Le Premier ministre dans le Gulmu : « Le désenclavement de la Tapoa est indispensable pour son développement »

    Je dirais que c’est du déjà entendu et cela dure depuis 1991, date des premières élections dans notre pays.On venais juste d’entrer au secondaire et je me rappel encore le discours du président du Faso candidat au élection et il a dit ceci : Le jour que je reviendrai à Diapaga, ça sera avec le goudron et depuis ça dure 21 ans.Et cette promesse a été réaffirmée quand il est revenu à Diapaga pour le lancement de la production du coton dans la province.Après ça nous avons eu d’autres millions de promesses de tous les autorités de ce pays et le clou de tout ça et le passage d’un de nos frère comme premier ministre pendant Sept (7) ans. je me rappel qu’il a parlé du bitumage de cette voie au moins trois fois dans ses discours devant l’assemblée nationale sur la situation de la nation et depuis son départ plus rien. Donc nous les fils de cette partie du Burkina avons arrête de croire sans voir, nous voulons voir avant de croire maintenant. A chaque fois les techniciens parlent de rentabilité.ce tronchon (Kantchari Diapaga frontière du Bénin) tant qu’on va pas le viabilisé, on sentira jamais sa rentabilité car il est trop accidenté surtout à partir de Tansarga jusqu’à Banikoara, la première ville du Bénin. ce qui amène les gens à contourner par le Niger ou par Natitingou.Que DIEU nous garde.

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