DEMANTELEMENT D’UN RESEAU DE PRESUMES VOLEURS : Quand un père apprend à voler à son fils

vendredi 30 septembre 2011 à 00h36min

La brigade ville de gendarmerie de Boulmiougou a mis aux arrêts un groupe de malfrats excellant dans les agressions à main armée et de vols d’engins à deux roues, le 13 septembre 2011. Pris en flagrant délit, les interpellés ont reconnu les faits et le démantèlement commence. L’adjudant- chef major, Boukary Drabo, commandant de la brigade ville de gendarmerie de Boulmiougou, au cours de sa rencontre avec la presse le 29 septembre 2011, a fait comprendre que l’opération qui a permis ces arrestations a été possible grâce à des informations données par la population.

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Léo, Pabré, Sapouy et Ouagadougou sont les villes dans lesquelles le groupe de bandits mis aux arrêts opérait. Informées sur l’existence d’un réseau de délinquants opérant dans lesdites villes, les unités de gendarmerie officiant dans les villes concernées sont mises en alerte.

Le groupe arrêté au nom du "père" et du "fils"

Le 13 septembre dernier, Saîdou Kinda dit "Pasteur" et son fils David Kinda, Karim Sawadogo dit "El Hadj", chef des opérations sur le terrain et Souleymane Kouanda, sont pris en flagrant délit de vol. Après de vives interrogations, la gendarmerie se rendra compte qu’il s’agit d’un groupe de bandits. Les interpellés finiront par dénoncer les autres membres qui, à leur tour, seront arrêtés. A ce premier groupe de malfrats, s’adjoindront Mahamoudou Ouédraogo dit "Imam" déjà déféré à la MACO le 9 septembre 2011 par la brigade territoriale de gendarmerie de Pabré pour vol et recel et vendeur d’engins à deux roues, Oumarou Jean Paul Ouédraogo également à la MACO et pour les mêmes faits et Boukary Bandé receleur résidant à Boussouma. Le mode opératoire de ce groupe de malfrats était tout spécial selon les termes des premiers responsables de la brigade ville de gendarmerie de Boulmiougou.

Selon eux et de par les aveux des interpellés, ces derniers disposaient de trois magasins de stockage dans la brousse dont un à Sakoula et l’autre dans la zone non lotie de Kamboinsin. "Après avoir braqué les usagers, ils les dépossèdent de leurs engins qui sont emportés chez Saîdou Kinda dit "pasteur", et ce dernier procède immédiatement à la falsification des numéros de séries des engins avec la complicité de son fils David Kinda" âgé de 17 ans et qui devrait faire la classe de 3e au cours de l’année 2011-2012.

Les engins volés "munis" de nouvelles pièces, sont revendus sur les marchés à Ouagadougou, Léo, Boussouma, Kaya et Sapouy. L’adjudant-chef major Boukary Drabo a, en sus, confié qu’une grande partie des engins est exportée et au Mali et en Côte d’Ivoire. L’adjudant-chef major, Boukary Drabo souligne que la contribution de la population est un maillon important dans la traque du grand banditisme et interpelle par la même occasion celle-ci a collaborer dès que possible car cela y va de sa propre sécurité.

"Pasteur" vous parle !

Interrogé sur les motivations de ces actes, Saîdou Kinda dit "Pasteur" avoue et estime que la volonté de Dieu devra se faire sur chacun d’eux. Il s’est réjoui d’être entre les mains des forces de l’ordre et dit prier pour pouvoir enfin quitter la situation qu’il vit. Il dit en ses propres termes : "je suis dans la joie pour ce qui m’arrive aujourd’hui car c’est une merveille que Dieu a faite pour moi. Même mes parents ne pouvaient pas me sortir de cette situation. Dieu passe par de multiples voies pour nous sauver. Nous nous cachions dans des religions mais nous ne faisions pas les choses dans la vérité. Dieu ne voulait pas que je reste pendant longtemps dans cette situation, c’est pourquoi il m’a envoyé entre les mains de ces chefs (ndlr : il indique l’adjudant-chef major) pour me sauver.

Ceux qui ne comprennent pas pensent que nous sommes dans la peine ici mais Dieu ne punit que ceux qu’il aime afin que ceux-ci changent. Dieu m’a donc aidé en me mettant dans cette situation et je la vis avec joie. Dieu aidant, ce sera la dernière fois au nom de Jésus. A tous les Burkinabè, je présente mes excuses car nous avons tous endeuillé de nombreuses personnes. Et pourtant tout ce que nous faisions dans les ténèbres depuis des années devait être connu et c’est aujourd’hui. J’avais déjà été arrêté à deux reprises, j’ai pensé pouvoir arrêter mais Dieu ne l’avait pas prévu, c’est pourquoi cela a traîné jusqu’aujourd’hui."

Dorielle POGOBIN

Le Pays

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