Fait divers : De l’or qui trouble le sommeil des morts au cimetière du secteur n°20 de Ouagadougou

jeudi 25 août 2011 à 02h18min

Les habitants de Tampouy, secteur n°20
de Ouagadougou, ont passé une nuit cauchemardesque, le mardi 23 août 2011 suite à la découverte par un des leurs, d’un morceau d’or aux alentours du cimetière du quartier. Dans la nuit du mardi à mercredi, des chercheurs d’or ont fouillé partout, bravant le sommeil, les piqûres de moustiques et autres insectes. Des éléments de la police municipale ont dû monter la garde jusqu’au matin pour sécuriser les lieux.

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Fausse rumeur ou réalité ? Ce qui est certain, le secteur n°20 de Ouagadougou s’est vidée de ses habitants cette nuit-là, pas pour enterrer l’un des leurs dans le cimetière, mais pour rechercher de l’or. Il est 21h30 quand nous arrivions sur les lieux. Simple illusion ou esquisse de bonheur, les gens furètent les herbes, grattent le sol avec les doigts "magiques", à la recherche du métal jaune. Devant les concessions riveraines, des badauds contemplent ce rassemblement inhabituel et devisent sur le sujet. La foule jacasse à cœur joie, chacun nourrissant l’espoir de retourner chez lui avec un "trophée". Peine perdue. Aux environs de 22h, on continue à "chasser" ce métal précieux par tous les moyens en vain, mais pas au point de décourager les "noctambules". L’éclairage des torches et des portables continuait à irradier les visages sombres et crèver parfois les yeux.

Pour les uns, le bonheur est au bout du nez. Pour les autres, pessimistes et plus sceptiques, ce n’est qu’une chimère. Mais comment la nouvelle, comme une trainée de poudre, s’est-elle propagée dans le quartier ? Alexandre Konkobo fait la genèse des faits : "On jouait au ballon sur le terrain. Un habitant du quartier vient nous montrer quelque chose qu’il prend soin d’envelopper dans un pagne. Il nous rassure ensuite que ce qui s’y trouve est de l’or. Quand nous avons regardé, on s’est aperçu que ça ressemblait effectivement à de l’or. Notre hôte nous fait savoir qu’une multitude de personnes a déjà envahi le lieu. Ainsi, nous partons chercher la terre et une femme nous aide à séparer l’or des autres matières.

Si on donne le feu vert, nous allons commencer à creuser". Et de renchérir : "Il faut forcément que les autorités ouvrent rapidement le site pour le démarrage des activités. C’est pour le bien de Tampouy que l’or est apparu ici". Selon lui, mieux vaut de ne pas s’aventurer à l’intérieur du cimetière pour exploiter l’or. Des propos soutenus par Salif Ouédraogo, qui veulent qu’on honore les morts. "Nous devons respecter ceux qui nous ont devancés là-bas. De ce fait, nous ne pouvons pas nous permettre de profaner les tombes dans le but de s’enrichir". indique-t-il. Du reste, il n’est pas pleinement rassuré que le métal jaune se laisse découvrir dans cette zone hantée."Depuis mon arrivée, je n’ai vu personne qui a emporté un seul morceau d’or", affirme-t-il.

Cependant, Alexandre Konkobo a peur que les gens n’envahissent le cimetière dans le dessein de ramasser des morceaux de pierres contenant probablement de l’or. "Nous allons dormir ici avec les policiers. S’ils nous attaquent, nous ne resteront pas les bras croisés", martèle un groupe de jeunes, visiblement déterminés à rentrer avec un butin nocturne. Le point de vue de Saïdou Nikièma n’est pas sans susciter des frictions."Nous étions à la maison et les coups de téléphone se multipliaient pour nous informer de la découverte de l’or au cimetière. S’il y a vraiment de l’or à cet endroit, nous allons creuser pour l’extraire. Il faut nous comprendre.

A notre enfance, on nous racontait que les crânes humains attirent l’or", prévient-il sèchement. Il implore toutefois la miséricorde de Dieu afin qu’il leur permette, eux ses enfants, de pouvoir explorer l’or dans ce cimetière car, dit-il, son bonheur pourrait se trouver en ce lieu. Les autorités communales ont dépêché la police municipale en vue de sécuriser les lieux. D’ailleurs, des éléments de ce corps y ont passé la nuit et ont été relayés par une autre équipe le matin. A notre passage aux environs de 7h 30, ces hommes s’activaient toujours à disperser la foule. Et voilà encore, une scène qui vient de rappeler que face au destin, l’homme est prêt à tout faire, même s’il faut dégager des morts, pour parvenir à ses fins.

Ouamtinga Michel ILBOUDO (omichel20@gmail.com)

Sidwaya

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