Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

jeudi 28 juillet 2011 à 02h59min

Quatre chefs d’Etat africains viennent de bénéficier d’un privilège que leur envient sans doute un grand nombre de leurs pairs du continent noir : l’Ivoirien Ouattara, le Béninois Yayi Boni, le Guinéen Condé et le Nigérien Issoufou ; ils ont tous été invités à aller rencontrer Barack Obama, dans son bureau ovale de la Maison-Blanche !

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Quels veinards et quel insigne honneur ! Pourquoi eux ? Le choix ne s’est pas fait au hasard. Si le cousin Obama avait voulu recevoir des dirigeants africains qui manifestaient le plus ardent désir de rencontrer le président de la nation la plus puissante de cette planète, il aurait peut-être désigné d’autres têtes couronnées ; mais le président américain a eu d’autres raisons, raisons que tout le monde, d’ailleurs, connaît, depuis un certain discours d’Accra, tenu le 11 juillet 2009 peu après l’élection du Ghanéen John Atta Mills ; on se rappelle qu’il y avait dit en substance que l’Afrique avait plus besoin d’institutions fortes que d’hommes forts.

Et le choix porté sur les présidents invités traduit sans conteste le fait que ce discours d’orientation de la politique africaine de l’Amérique, l’homme fort de la Maison-Blanche y tient. Et c’est bien la raison pour laquelle on perçoit à travers l’insigne honneur qui est fait à ces quatre chefs d’Etat une prime américaine à la démocratie en marche dans autant de pays africains, qui, aux yeux des Américains, représentent le nouveau visage d’un continent qui s’engage sur la voie d’une pure et saine démocratie.

Et pour se trouver là où il est à ce jour, chacun de ces Etats a dû cravacher ferme et, par moments, suer sang et eau ; c’est d’ailleurs ce qui fait leur incontestable mérite. Le Bénin est, du club des quatre, celui qui aura le moins souffert ; pays à la tradition démocratique avérée depuis de longues années, il fut l’un des initiateurs, sur le continent africain, de la bien salutaire conférence nationale souveraine ; plus, il réalisa par trois fois une alternance des plus pacifiques, ce qui, il faut le reconnaître, relève tout simplement d’une grande clairvoyance politique.

Le Niger d’Issoufou revient de loin ; l’ère de Tandja balayée par la junte de Djibo, la période qui la suivit pouvait se révéler trouble et difficile ; d’autant plus que « l’homme aux chantiers à terminer » comptait toujours de chauds partisans dans le pays. Mais l’idéal démocratique prévalut et Issoufou fut élu par l’ensemble des Nigériens, suscitant admiration et soulagement de tous ceux qui avaient quelque légitime appréhension quant à l’avenir encore incertain de ce pays.

Côte d’Ivoire et Guinée sont les pays du club des quatre qui reviennent de très loin. Gbagbo et Dadis firent chacun leur numéro. Le premier cité fut finalement délogé du bunker où il s’était retranché, et le second s’attrapa une balle dans la tête, ce qui, d’ailleurs, lui valut d’être jugé « inapte » à assurer plus longtemps la direction du pays ; chacune des deux nations eut son lot de morts, de blessés, d’injustices et d’exactions, mais au final toutes surent choisir par la voie des urnes le chef d’Etat aujourd’hui en place ; Ouattara et Condé, à ce jour, s’attellent à des tâches immenses et donnent à leurs concitoyens à croire que l’aube d’une ère nouvelle s’est levée pour eux.

Et c’est bien tout cet espoir suscité dans les villes et campagnes de ces quatre pays africains que Barack Obama et, au-delà de sa propre personne, tout le peuple américain honorent, saluent et encouragent. Et celui que l’Amérique admire, elle le comble. Il ne serait pas étonnant que, dans peu de temps, la coopération qui lie les Etats-Unis à ces quatre heureux élus connaisse un boom des plus encourageants pour le plus grand bonheur des populations des pays dont ils ont la charge.

Il se peut d’ailleurs que la chose fasse des envieux parmi leurs pairs africains. Bien des têtes couronnées entretiennent le rêve secret de se faire tirer un cliché aux côtés du cousin Obama sur le perron de la Maison- Blanche ! Mais pour y arriver, il faut le mériter ! Et en l’occurrence, la médaille, c’est le cousin qui la décerne. Et quand les critères de sélection ne sont pas satisfaits, pas de magouille possible. Alors, candidats, à vos marques ! Une remarque cependant : il n’y sera pas fait de place aux présidents à vie ; il n’y en a aura pas davantage pour les grands timoniers-pères-des-nations ni pour les tripatouilleurs patentés de constitution.

Jean Claude Kongo

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 28 juillet 2011 à 09:49, par lula cikito
    En réponse à : Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

    votre message du moins votre article....aurait pu avoir un sens..si vous saviez qui vous etes..qui est obama...et où va le monde...?selon vous...on arrive au pouvoir en marchant sur des corps...je veux dire des cadavres..?

    rappelez vous qu’en ci les dozos ,les soldats et mercenaires burkinabés continuent de tuer impuniement....?vous ètes coupables...avec ces ecrits qui font l’eloge des buveurs de sang....

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  • Le 28 juillet 2011 à 09:58
    En réponse à : Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

    Il faut vraiment avoir une mentalité de sous-développé et de néo-colonisé pour considérer comme une entrée au paradis ou l’aboutissement d’une politique réussie pour les peuples d’Afrique, la rencontre à la Maison Blanche d’un président américain qui travaille avant tout pour l’Amérique et les intérêt américains.

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  • Le 28 juillet 2011 à 10:09, par sidzabda
    En réponse à : Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

    Merci mon frère, tu as bien dit à propos des tripatouilleurs et des pères de la nation. Qu’ils en prennent note, sinon...

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  • Le 28 juillet 2011 à 13:28, par Le Gentil
    En réponse à : Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

    Article pitoyable

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  • Le 28 juillet 2011 à 15:37, par L’Autre Africain
    En réponse à : Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

    Le hérisson pendant l’hivernage, quand il rencontre dans ses tournées une termitière, s’enroule et se laisse tomber sur celle-ci qui se casse et il s’empresse de manger les termites. Sa journée est ainsi gagnée.
    Pendant la saison sèche, quant il croise une termitière, il se laisse tomber dessus mais cette fois, sa surprise est grande car la termitière ne s’effrite même pas. Alors il conclut que la force de quelqu’un dépend des jours (du temps).

    Ainsi les temps changent et il faut savoir changer avec. Le vent souffle et change de sens et il faut savoir aligner le sens de sa marche à celui du vent au risque de se faire fouetter le visage par celui-ci.

    Il est fini, bel et bien fini le temps où la longévité au pouvoir des présidents africains leur ouvrait les portes de l’Élysée et autres palais présidentiels de l’Occident ou des Amériques.
    Aujourd’hui, les temps ont changé, le vent a changé de sens. Le mur de Berlin est tombé, le communisme est entrain de s’aligner au capitalisme et le vent de la démocratie est là et bat son plein, le monde est en passe de devenir un village planétaire (fini le temps des blocs) alors les Occidentaux et autres américains avec à leurs têtes leurs présidents ne comptent plus s’encombrer avec des présidents qui veulent s’éterniser au pouvoir.
    A quoi bon soutenir quelqu’un pour qu’il soit un président à vie et allier certain alors que le monde n’est plus divisé en matière d’idéologie ?

    Aujourd’hui le vent souffle dans le sens de la démocratie, mieux de l’alternance au pouvoir, ceux qui marcheront dans le sens contraire prennent le risque de se faire fouetter le visage par le vent. Kaddafi en sait quelque chose.

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  • Le 28 juillet 2011 à 16:57, par Devoir citoyen
    En réponse à : Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

    Bravo !!! Bravo !!! Bravo !!! Pour cet article qui montre le talent journalistique et la clairvoyance pour le choix du thème. Merci a Barak Obama pour cette campagne de promotion de la démocratie en Afrique. C’est ça la vérité !!!

    Où sont alors le CDP et son Blaise Compaore qu’on appelle le Démocrate, le Pacificateur ou encore le Médiateur de l’Afrique voire du monde !!! Je crois que ça c’est une belle preuve qu’au Faso malgré tout ce que les flatteurs de Balise Compaore peuvent dire sur la démocratie burkinabé (20ans) qu’il n’y a point de démocratie au Faso. Il y a de la monarchie ou de la dictature déguisée en démocratie. Président a vie, c’est ça la démocratie burkinabé reflet du nanisme intellectuel du CDP qui a sa tête un certain Blaise Compaore qui a fait le culte de sa personnalité, la pierre angulaire de son programme. L’IDH nous classe parmi les 10 pays les plus pauvres au monde et on refuse ce classement, voila que Barak nous dit que nous n’avons pas de démocratie malgré les 20ans d’expériences. Il est alors temps pour le CDP et Blaise de se réveiller et de se regarder dans la glace afin d’accepter que leur temps est révolu. Plus de Présidents a vie en Afrique et dans le monde ! L’Afrique veut des institutions fortes et non des hommes forts comme l’enfant terrible de Ziniare ou le caméléon Wade de Dakar. Enough is enough !!! Si Blaise et Wade sont malins, ils vont chercher à partir dans les honneurs sinon attention aux virus Bagbo ou Tanja !!! N’Gawww !!!

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  • Le 28 juillet 2011 à 18:25, par Mavision
    En réponse à : Ouattara, Yayi , Condé et Issoufou aux Etats-Unis : Obama et le nouveau visage de l’Afrique

    Et pourtant, je trouve cette analyse très actuelle ! Peut-être que l’internaute précédent n’a pas bien compris le sens de l’article !

    Chapeau à l’Obs !

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