Santé au Burkina : Le ministre Adama Traoré partage sa vision dans le Nord

lundi 18 juillet 2011 à 01h05min

A peine trois mois après sa prise de fonction, le ministre de la Santé, le Pr Adama Traoré a rencontré, le jeudi
14 juillet 2011 à Ouahigouya, l’ensemble des intervenants du secteur sanitaire de la région du Nord. L’objectif
de cette rencontre a été de s’accorder sur les défis en matière de santé dans la localité et les voies et moyens pour les relever.

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Les techniciens et les autres acteurs de santé de la région du Nord se sont mis au diapason de la nouvelle vision que le ministre Adama Traoré entend impulser au secteur sanitaire burkinabè. Ils ont eu l’opportunité d’échanger directement avec leur nouveau ministre, en poste il y a moins de trois mois. Des échanges à bâtons rompus se sont en effet déroulés à Ouahigouya, dans la soirée du jeudi 14 juillet 2011 entre le Pr Adama Traoré et les partenaires sociaux, les sociétés savantes, les ordres professionnels, les associations, les tradipraticiens et le secteur privé de santé de la région.

« Fort de ma conviction que le dialogue et la concertation sont des atouts puissants pour l’atteinte de nos objectifs, il m’a paru nécessaire d’asseoir les bases d’une collaboration fructueuse et enrichissante pour toutes les parties », a indiqué le Pr Traoré, pour situer le contexte de la rencontre. Avant de se prêter à l’exercice des questions-réponses, le ministre de la Santé a tenu à féliciter les différents acteurs pour le travail abattu. Il a estimé que ceux-ci ont su jouer leur partition dans la prise en charge des victimes collatérales des troubles qu’a enregistrés cette partie du Burkina ces derniers mois. La santé, a-t-il rappelé, ne saurait être le fait de la seule administration, et par conséquent, « Nous avons besoin les uns des autres ». Le type de partenariat qu’il ambitionne instaurer dans son département ministériel, tant au niveau central que déconcentré, est celui fondé sur la franchise et le respect mutuels.

En retour, le ministre espère voir l’émergence d’une race d’agents de santé grandement animés d’un esprit de professionnalisme, de sacrifice, de justice, de transparence… Il se dit déterminé à cultiver ou renforcer les reflexes de bonne gouvernance dans le secteur de la santé. A terme, l’aboutissement de la méthode Adama Traoré devrait être l’utilisation rationnelle des ressources mises à la disposition des acteurs de santé, le respect des procédures d’acquisition de biens et services et l’obligation de rendre compte.

L’occasion d’un plaidoyer syndical

Cette dynamique ne va pas de pair avec les comportements contraires à la déontologie et à l’éthique sanitaires constatés par moment chez des praticiens, a prévenu le ministre. C’est pourquoi, il est impérieux à son avis qu’il y ait un regain de conscience professionnelle afin que chaque acteur, dans sa petite sphère de pouvoir, puisse travailler dans un élan de justice sociale.

Après avoir été « religieusement » écouté, le tour était venu au Pr Adama Traoré d’avoir une oreille attentive aux préoccupations de ses collaborateurs de la région du Nord. C’est à l’unanimité que les acteurs de santé ont salué cette nouvelle manière de voir et de faire. Cependant, ils ont relevé des difficultés à même de les freiner dans leur engagement à offrir à la population des soins de qualité et à moindre coût. Assez vite, ce qui devait être une rencontre de prise de contact entre un nouveau ministre et son personnel déconcentré (régional) est mué en une séance de « feuilletage » du cahier de doléances des travailleurs. En sa qualité de "premier avocat" de la région, le gouverneur du Nord, Sié Jean Traoré a signalé l’existence de goulots d’étranglement au secteur sanitaire dans sa zone.

A l’insuffisance de personnel se greffe le manque de certains matériels, a-t-il fait savoir. Quant aux travailleurs eux-mêmes, ils ont demandé, à l’image de leurs collègues des autres régions du Burkina, une revalorisation salariale et indemnitaire, l’ouverture de concours professionnels à tous les emplois de la santé, etc. En réalité, une grande partie des problèmes exposés au ministre relève du déjà connu, de par la plateforme revendicative du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA). Certaines difficultés sont d’ailleurs en cours d’aplanissement, après les négociations de juin dernier entre le gouvernement et le syndicat.

Cela avait abouti à la suspension d’un mot d’ordre de grève dudit syndicat. Tout en saluant cette volonté des travailleurs à sauver l’essentiel, en dépit de quelques divergences de vue avec le gouvernement, le Pr Traoré a rappelé ceci à leur attention : « L’amélioration des conditions de vie et de travail des ressources humaines est une priorité que nous ne saurons ignorer ».
Les associations et le secteur privé œuvrant dans le domaine de la santé dans la région ont, pour leur part, sollicité du ministère un accompagnement technique et financier plus accru. A ces acteurs, il a affirmé sa disponibilité à examiner avec eux leurs propositions dans le sens d’une meilleure offre de soins, de fournitures, de médicaments et de formation.

En somme, le ministre burkinabè de la Santé a déclaré être sorti de ces échanges avec le sentiment d’avoir été entendu et compris.

Koumia Alassane KARAMA (karamalass@yahoo.fr)

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 18 juillet 2011 à 13:07, par le chef
    En réponse à : Santé au Burkina : Le ministre Adama Traoré partage sa vision dans le Nord

    Enfin, après des décennie,un ministre de la santé homme de terrain aux compétences et esprit incontestés et incontestables dans le milieu.Monsieur le Pr et cher ministre nul doute que vous devez défendre le programme politique de votre premier responsable mais je sais que vous avez le diagnostic des problèmes des agents de santé à savoir la précarité grandissante de cette catégorie d’intellectuels ayant sacrifiés leur existence pour autrui(vous l’avez vécu j’en suis certain), nul développement ne peut s’opérer sans le potentiel humain et bien sûr de qualité. Je vous demanderai tout simplement de résoudre pour l’ensemble de vos confrère la frustration que vous avez vécu pendant ses longues années de lutte et vous aurez réussi votre mission si délicat.Quelques uns de vos prédécesseurs se sont penchés sur les enseignants (c’est louable)mais vous devez aller au delà.
    Bon courage et respects

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