Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

mardi 17 mai 2011 à 01h05min

C’est le 15 avril que le corps sans vie de naaba Kaongo de Kokologho a été retrouvé. Après le constat de décès, le corps fut transporté à la morgue de l’hôpital Yalgado dans l’attente de l’arrivée de ses enfants dont certains vivent en France. Naaba Kango était père de six enfants dont un fils médecin à Limoges. Sa dépouille a été par la suite transférée à Kokologo où il fut inhumé au cimetière catholique. L’absoute a été dite en présence de Monseigneur Basile Tapsoba de Koudougou. Auparavant une messe funéraire avait été célébrée à l’église de Dassasgo à Ouagadougou.

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Apparemment la mort subite de naaba Kango a surpris tous les membres de sa famille de même que ses amis. Dans la rubrique Lucarne citoyenne de l’édition 208 du 25 avril de L’Evénement, nous avions parlé d’une note qu’il aurait laissée. Cette information n’a pas été confirmée. Sur les causes de la mort, nous avons voulu respecter le deuil de la famille. A chaque chose son temps. Pour le moment, L’Evénement poursuit ses investigations et vous informera le moment venu.

Concernant le passage à Kokologo de Simon ?

Simple rumeur, semble-t-il. Nos sources sont fermes. Simon n’aurait pas mis les pieds dans la famille royale. Pourtant, on avait même dit que sa venue au palais avait provoqué un remue-ménage, voire même la bagarre au point que le bourgmestre de Ouagadougou ait préféré prendre la tangente. Mais alors qui avait intérêt à faire courir un tel bruit ?? On avait même donné de Simon, l’image d’un malheureux hère, à la recherche d’un repaire pour échapper à la vindicte de quelques militaires qui nourrissaient le projet d’une nouvelle descente, après que ce dernier se soit montré à la télévision, faisant de la gymnastique pour prouver que tout va bien. Qu’il n’ait pas jugé bon de faire un démenti à la suite de l’écrit paru dans L’Evénement sur son éventuel passage à Kokologo peu avant la mort du chef peut se comprendre. Le faire serait passé aux yeux de certains comme une provocation de plus. A un moment où les mouettes volent bas, mieux vaut se faire discret, en attendant des jours meilleurs.


Biographie du disparu

Né le 1er janvier 1938 à Koudougou, il était le fils aîné de la famille de feu son père Naaba Boulga. Il était monogame avec comme épouse une princesse de la famille royale de Sabou, KABORE Blandine, enseignante à la retraite depuis 1992. De leur union sont nés 6 enfants dont un garçon, avec 9 petits-fils.

Enseignant de profession, il a exercé cette fonction de 1957 à 1976. A partir de 1976, il a été économe adjoint au Lycée Ouézzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso, puis au Cours Normal de Koudougou.
De 1982 à 1984, il a été secrétaire Général de la Mairie de Koudougou, puis économe au service administratif du Ministère de l’Education Nationale à Ouagadougou.

A l’INJEPS, il a été intendant, puis secrétaire coordonnateur à la Direction provinciale de l’Education Nationale du Houet. Il a occupé son dernier poste au service régional des cantines scolaires (PAM) à Bobo-Dioulasso jusqu’en Décembre 1990.
Depuis le 1er Janvier 1991, il a été admis à la retraite après 33 ans de service.

En outre, il a été membre de la deuxième Chambre de 1996 à 2001, et membre du Conseil National de Lutte contre le SIDA et les IST, en qualité de représentant de la chefferie coutumière. Il a aussi été le point focal de la chefferie coutumière dans le cadre de la lutte contre la pratique de l’excision.
Au titre des distinctions honorifiques, en 2005 il a été élevé au grade de Chevalier de l’Ordre du Mérite avec agrafe "Culture".


Naaba Kaongo était un "Tansoba"

Du point de vue de la structuration politique dans le Royaume moaga, il faut noter de subtiles distinctions qui divisaient la noblesse en classes. En tête, on place les "Dimbissi" ? : ce sont les descendants d’un Moro Naaba. Puis venaient les "Nabissi" ? : ils sont des fils de chef ayant vocation héréditaire pour prendre le commandement. Enfin, les simples membres des familles aristocratiques formaient le groupe des "Nakomsé"1.
Naaba Kaongo appartenait au groupe social des "Nabissi". Mais son clan était celui des guerriers appelés les "tansobendamba". Ce sont des hommes formés pour assurer la sécurité du royaume moaga. Rompus à l’art de la guerre, ils sont les bras armés du suprême souverain pour assouvir ses ambitions hégémoniques.

Constamment, ils font face au danger, au péril. Les notables disent que la disparition d’un "tansoba" peut passer par un acte que les non initiés caractériseraient de mystérieux. Ne dit-on pas que "quand le couteau a coupé son fourreau, c’est de bonne guerre" ?! Les initiés, les personnes averties, les "tansobendamba" et les monarques moosé comprennent encore mieux le destin d’un "tansoba" (guerrier).
Naaba Kaongo a toujours gardé dit-on le souci de vivre authentiquement sa foi chrétienne avec toutes ses exigences. Ses fonctions de chef ne lui ont jamais enlevé cette foi dont il s’est nourri toute sa vie durant n

Devise des "Tansobendamba" :
- "Tansob kôn zom kogre"
- "Yèlg peem n tuus a faado"
- "Zabr râam kôgd beoogo, suur sên kiêema nan yù".

1 Voir Yamba Tiendrebéogo, Op. cit., pp. 105

Par Germain Bitiou Nama

L’Evénement

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Vos commentaires

  • Le 17 mai 2011 à 11:28, par Tougnisida
    En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

    Bizarre ! Je ne sais pas si Kokologo et sa chefferie fait une exeption, mais dans la tradition moaga, du moins pour ce que j’en sais, un chef traditionnel n’est jamais inhumé dans un cimétiière public, fut-il grand croyant chretien. Que ceux qui en savent plus nous unforment.

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    • Le 18 mai 2011 à 13:51, par owalas
      En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

      Je crois que ce journal doit arrêter de publier de fausses informations.Si Simon n’a jamais été à kokologo, ce n’est pas dans l’Événement qu’on doit lire ce Genre de mensonge. Il faut faire attention de ne pas décrédibiliser davantage ce journal et savoir présenter ses excuses au lieu de chercher à expliquer cyniquement pourquoi Simon n’a pas apporté de démenti. là n’est pas la question. le fait est que vous avez menti sur son compte. Et c’est parce que les journalistes n’ont pas l’habitude de présenter des excuses que les dérapages vont bon train...surtout dans ce type de publication.

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  • Le 17 mai 2011 à 14:34, par zampaligré anatole
    En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

    Que l’âme du chef repose en paix.

    La nouvelle est très insolite, le titre de l’article est insultant "Disparition du chef de Kokologo" et l’information provocante ...le corps d’un chef deposé à la morgue.... son corps a été decouvert sans vie...
    C’est bien beau ce repas qu’on nous(lecteurs)sert en nous prenant pour des imbéciles.
    L’homme intègre voudrait savoir... Le vrai mossi voudrait savoir... Affaire que nous suivrons de près...

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  • Le 17 mai 2011 à 18:27, par Révolutionnaire
    En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

    laisser le Bourgmestre en paix. Ne soyons pas ingrats, il a beaucoup fait pour cette ville et continue de le faire.Faite attention aux rumeurs. En politique, sachez qu’on a des adversaires, souvent même des ennemis cherchant la moindre occasion pour vous nuire.
    Dieu seul défendra les gens comme Simon Compaoré !
    laissez-le travailler. Lui au moins il fait quelque chose pour le pays. Y en a qui ne foutent rien et qui vont rester comme ça sans apporter leur pierre de construction.
    Du courage Simon, tu as beaucoup de gens qui te soutiennent et qui ne te laisseront jamais tombé,advienne que pourra.

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  • Le 18 mai 2011 à 01:03, par Mechtilde Guirma
    En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

    J’ajoute,
    Wum kunga yang bobré, pa salem yangd rubo, pa rims yang taonbo. Rabèm ma rugd yando, ti su kiem ma rugd suuri. Bob loko sigs surri, m’bob ti yaong lebg sinka. N’dog rabèem n’kum suuri, n’dog su kiema n’lad moagna.
    Je ne l’avais pas encore vu, il est tout le portrait de son père qui fut un grand ami au mien. Je présente toutes mes condoléances à la famille Kaboré de Kokologo de Ouagadougou et partout ailleurs. Je présente mes condoléances à la famille Nongana à Ougadougou, à la famille Yaméogo gendre des Nogana, j’embrasse bien fort ma fille Mme Yaméogo née Nongana Solange au Ministère des Affaires Étrangères et sa mère Marie Nongana née Kaboré ma sœur. Que Dieu reçoivent dans sa paix notre frère Naba Kaongo, Qu’il console sa veuve et ses orphelins.

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    • Le 18 mai 2011 à 18:16
      En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

      Cette femme est un veritable danger pour l’ unite nationale. Pensez- vous que tout le monde parle le moore pour ne meme pas daigner traduire en francais votre si longue phrase ? Un peu de respect pour les lecteurs de lefaso.net. C’ est lefrancais qui nous unit ici. Orientez- vous vers des journaux en publication moore comme Kibare.

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      • Le 18 mai 2011 à 19:09, par Mechtilde Guirma
        En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

        Monsieur, c’est vous le danger. Est-ce que le Fasonet vous a traduit les devises des tansobindamba. Considerez plutôt comme si c’était la suite de l’énumération du fasonet. Dans toutes les cultures du Burkina-Faso et même de toute l’Afrique, il y a ce genre d’énumération des devises. Je les traduirai même que vous ne verez que dalle. En tout cas tout burkinabé imprégné de sa culture comprend parfaitement l’esprit.

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    • Le 18 mai 2011 à 18:43, par Mechtilde Guirma
      En réponse à : Chefferie traditionnelle : Disparition du chef de Kokologho

      Webmaster, pardon j’ai fait une omission qui peut être grave :

      J’ai oublié de présenter également mes condoléances à Son Excellence, Monsieur l’ambassadeur Harouna Kouéla dont la belle mère (rèemba) est la tante de Kokologo.

      Je profite pour dire à ma femme Mariam, que mon frère Kouéla m’a fait faire le chargement du riz du « Sourou » à Paris et qu’elle recevra cela sous peu. Que j’avais voulu y adjoindre les baryls du sirop d’érable pour son dêguê, mais le container était déjà plein. Que les amérindiens cultivent de très bonnes calebasses, malheureusement elles sont neuves et peut rendre amère le goût du lait, aussi je préfère ses vieilles calebasses qui font bien fermenter le lait. Mon frère avait voulu aussi que je mette les vaches d’Europe pleine de lait. Mais je lui ai dit d’attendre d’abord, parce que les vaches maigres du Sahel vont grossir à la saison de la pluie et donneront un lait qui goûte mieux.

      Enfin que la famille Dicko et tous les autres peulhs regardent notre figure (eb gés id nenga) et voient bien maintenant que nous les Mossé on a bien entretenue leur soeur puisqu’elle continue à luire comme une jeune fille, et qu’à ce titre, ils doivent songer maintenant à nous ajouter des épouses qui viendront rejoindre leur tante, afin que la famille Kouéla et mossé en général s’élargisse de mieux en mieux.

      Que je l’embrasse bien afin qu’elle se rassure que je ne l’ai pas oubliée.

      j’ai fini Webmaster et merci beaucoup.

      Répondre à ce message

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