Retenue d’eau en péril : Le lac Bam en danger de mort

vendredi 28 août 2009 à 01h21min

Le Lac Bam, dans la région du Centre-Nord à Kongoussi à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, connaît actuellement d’énormes difficultés environnementales. Entre ensablement, réduction drastique de la faune aquacole et conflits d’intérêt, les 28 000 personnes vivant de cet important point d’eau voient de jour en jour leur source de subsistance menacée de disparition.

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La plus grande retenue d’eau naturelle du Burkina Faso est menacée de disparition. « Si rien n’est fait, dans 30 ans, on ne parlera plus du Lac Bam ». Ce cri du cœur du vice-président du Comité local de l’eau du Bam, Oscar Sawadogo, témoin oculaire de la dégradation progressive de cette importante ressource hydraulique sonne une alerte rouge. Il assure qu’il y a trente ans, le lac était entouré d’arbres et d’herbes. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de tout cela. La retenue d’eau naturelle est complètement nue et désarmée, face à l’érosion éolienne. Le volume d’eau du lac est estimé à 41 millions de mètres cube avec une longueur atteignant parfois 40 kilomètres au moment des grandes crues et une profondeur allant de 6 à 2 mètres.

La forte pression anthropique sur les ressources naturelles du lac est très visible. De chaque côté, maraîchers, éleveurs, pêcheurs, avec autres usagers se disputent le même point d’eau au mépris des règles minimales de protection de l’environnement. Les populations riveraines y déversent fréquemment les ordures ménagères, des plastiques et autres objets solides. Cette pollution est accentuée par l’exploitation agricole intensive des rives par les maraîchers qui utilisent de façon abusive les pesticides, les insecticides et les engrais chimiques sans contrôle. Et comme si cela ne suffisait pas, certains exploitants s’installent jusque dans le lit du lac et implantent de nouveaux périmètres lorsque l’eau se retire pendant la saison sèche.
Du coup, le Lac Bam est confronté à un ensablement accéléré. De jour en jour, des tonnes de boue se déposent sur cet appendice du bassin du Nakambé. Selon une étude effectuée par l’ex-direction générale du génie rural, le lac a perdu plus du tiers de sa profondeur entre 1963 et 2006, soit 43 ans.

Les poissons introuvables !

La dégradation causée par les matériaux arrachés à chaque kilomètre carré du bassin versant et déposés dans le lac, est estimée à une perte de 43 mètres cubes chaque année. Les 28 000 personnes vivant directement ou indirectement de cette retenue d’eau ne savent plus où mettre la tête.
En première ligne des victimes de cette dégradation du lac Bam, les pêcheurs. Depuis un certains temps, ils n’arrivent plus à vivre de leur métier. Beaucoup d’entre eux, notamment les bozos (pêcheurs maliens et nigériens) ont dû jeter l’éponge. Pour les quelques pêcheurs qui ne savent où aller, l’activité est devenue un simple rituel car il est pratiquement impossible de s’en sortir avec plus de 5 kilogrammes de poissons après toute une nuit de travail. Et ce n’est pas Roger Ouédraogo, pêcheur depuis une dizaine d’années qui dira le contraire. Agé d’une quarantaine d’années, il donne l’impression d’être un cinquantenaire, tant le poids de la pauvreté pèse sur lui. Comme gain du jour, il n’a eu que des alevins dont la vente ne peut même pas lui procurer plus de 500 F CFA. « Je suis toujours ici parce que je n’ai pas le choix. Dès que j’entendrai parler d’un site d’orpaillage, je m’en irai », confie-t-il.

Un autre pêcheur à l’allure plus jeune est très amer : "Je préfère tuer les « petits » du poisson que de laisser mes propres enfants mourir de faim". Son collègue, Roger Ouédraogo qui faisait semblant de débarrasser ses malheureux alevins de leurs écailles, tente de donner une explication irrationnelle sur la disparition des poissons. "Pour moi, cette situation n’est pas claire. Peut-être que les dieux du lac sont en colère. Dans ce cas, il y a lieu que les propriétaires terriens fassent des sacrifices", se convainc-t-il, oubliant que le filet de pêche qu’il utilise est formellement interdit et que cet outil qui lui permet de prendre même les alevins est pour beaucoup dans son malheur.

25 000 maraîchers menacés

Autour du lac, la maraîcherculture est sans conteste l’activité-phare. C’est d’ailleurs cette exploitation agricole intensive qui est le plus souvent pointée du doigt comme auteur de la dégradation accélérée du Bam. Plus de 200 motopompes sont installées au bord du lac pour le pompage de l’eau. Selon Oscar Sawadogo, environ 25 000 maraîchers se partagent plus de 1 089 hectares. Ils doivent leur survie à ce lac. Et cela sans compter les pêcheurs et les éleveurs. Les exploitants de ce point d’eau, toutes activités confondues, représentent 12% de la population de la province du Bam. Chaque année, d’autres maraîchers, venant de Ziniaré, Loumbila, et même de Djibo viennent grossir leur nombre. En 2005, le chiffre d’affaires de l’activité agricole autour du lac a été estimé a plus d’un milliard de FCA et croit d’année en année. Albert Kinda vit de la maraîcherculture au bord du lac depuis plus d’une décennie, et y travaille chaque jour de l’année sans repos. "Grâce à la maraîcherculture, j’arrive à vivre décemment et à payer la scolarité de mes enfants", a-t-il noté. Malheureusement a-t-il ajouté "je note d’année en année que le lac se rétrécit et cela par la faute à nous tous. Si les autorités n’interviennent pas pour mettre fin à l’indiscipline qui prévaut, nous courons vers une catastrophe.

Toutefois, il renchérit pour expliquer que les gens n’ont pas le choix car du fait de l’extrême pauvreté, ils sont obligés de se rabattre sur la nature pour survivre. Le chargé du "dossier Lac Bam", Ambroise Ouédraogo reconnaît en effet que la protection de l’environnement passe par la lutte contre la pauvreté. "Plus les gens ont le minimum vital, moins ils détruisent leur environnement", affirme-t-il. Oscar Sawadogo, pense que l’analphabétisme est l’une des raisons du manque de prise de conscience des usagers de l’eau du lac. Pour combler ce besoin, le Comité local de l’eau (CLE), tente de sensibiliser les maraîchers sur les bonnes pratiques telles que le préconise le concept Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), afin de sauver ce lac qui sans nul doute est le poumon économique de la province du Bam. C’est grâce à ce lac que le Burkina Faso doit sa réputation de gros producteur de haricot vert dans les années 1980.

Pour la mairie de Kongoussi, la question du lac Bam constitue une équation à résoudre. Outre les sensibilisation des usagers de l’eau, elle envisage de borner tout le long du lac afin de contraindre les exploitants à observer une limite à ne pas exploiter d’une distance d’au moins 100 mètres du lit du lac. Selon le maire de la ville, Daouda Zoromé, le conseil municipal a dégagé une somme importante pour effectuer des aménagements au niveau du lac, avant la fin de cette année 2009. Mais dit-il, les moyens sont très limités car seule l’implication de l’Etat peut permettre de résoudre le problème.

Des milliards à mobiliser pour sauver le lac Bam

Au regard des ressources importantes à mobiliser pour la restauration du lac, les populations, et surtout les associations de développement s’impatientent de voir des actions concrètes de la part du gouvernement. Le chargé du dossier Lac Bam, Ambroise Ouédraogo se veut rassurant. Le gouvernement serait en train de mobiliser les ressources nécessaires pour la restauration du lac. Une étude de faisabilité d’un coût estimé à une centaine de millions de F CFA a déjà été menée en 2006. Et à l’heure actuelle, le gouvernement serait en négociation avec la Banque Ouest africaine de Développement (BOAD) pour le financement de l’étude détaillée qui devrait durer 6 à 9 mois.

A l’issue de cette étude, toutes les composantes du projet seront précisées. Celle relative à l’aménagement hydroagricole pourrait être financée par la BOAD. D’autres bailleurs sont intéressés par le projet de restauration du Lac Bam et attendent la finalisation des études. La restauration du lac serait un projet inédit au Burkina Faso car le désenvasement avec des techniques modernes serait une première dans le pays. Dans le souci de protéger l’environnement immédiat du lac, l’encadrement technique constitue, selon Ambroise Ouédraogo, un volet important. "Il faut amener les producteurs à devenir maîtres de leur propre destin", a-t-il soutenu.
Si le projet aboutit, 1 000 hectares seront aménagés pour la production agricole. L’ensemble du Programme pourrait nécessiter la mobilisation de plus de 30 milliards F CFA. D’ici à fin 2010, si tout se passe comme prévu, l’on pourrait voir un début d’aménagement du lac. L’espoir est donc permis.

Fatouma Sophie OUATTARA (Sofifa2@yahoo.fr )

Sidwaya

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Vos commentaires

  • Le 28 août 2009 à 02:32, par Nôogo
    En réponse à : Retenue d’eau en péril : Le lac Bam en danger de mort

    Merci d’avoir attirer l’attention des burkinabè sur le danger que court le plus grand lac du Burkina laissé à son sort et qui ne tardera pas bientôt à se tarir si rien n’est fait. Toutefois, je déplore cette attitude qui consiste à écrire un article comme si le lac était une fin en soi et non l’intérêt qu’il représente pour les habitants du Bam voire pour les burkinabè.

    C’est de plus en plus récurrent cet type d’article inspiré des pratiques occidentales qui consistent souvent à vouloir sauver l’Afrique sans les Africains. C’est comme si c’était juste la nature qui comptait et non ceux qui y vivent, qu’on dépeint avec mépris : "analphabètes", "les populations". Il faut que les journalistes et toux ceux qui se croient au dessus des autres arrêtent de mépriser les burkinabè des campagnes avec systématiquement des qualificatifs du genre "les populations". Question : Pensez-vous appartenir à "ces populations" ou pas ? ET combien de "populations" il y’a au Burkina par ailleurs ? Cette population, est un peuple qui a un nom, ce sont les burkinabè.

    Je n’ai jamais entendu les américains ou les français qualifier leurs peuples de "populations" à longueur de journée, on les appelle "les français", "les américains", ce n’est qu’en Afrique qu’on utilise ces expressions sans en analyser le sens. Une population c’est un terme générique qui désigne un ensemble d’individus pouvant être des animaux ; un peuple c’est une population d’êtres humains ayant une Histoire, une culture, un vécu commun. De grâce arrêtons d’appeler notre peuple "des populations".

    Pour en revenir au problème du Lac, ce n’est pas nécessairement des mauvaises pratiques nouvelles qui le menacent mais c’est plutôt une évolution normale des choses. L’eau peut ramasser la terre à des Kms pour la déverser dans le lac. Il faut simplement que l’Etat organise les gens, et déploie de l’Energie pour aménager son contour.

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    • Le 28 août 2009 à 14:44, par papson premier
      En réponse à : Retenue d’eau en péril : Le lac Bam en danger de mort

      Je felicite beaucoup cette journaliste pour l’effort qu’elle a effectué en ce deplaçant à kongoussi pour constater de visu la dégradation actuelle du lac Bam. Connaissant son intérêt pour l’agricuture et l’environnement à travers ses écrits, je pense qu’elle ne mérite tes commentaires digne de personnes aigries et d’africain constipés qui refusent de se regarder en face dans la glace et de reconnaître nos travers pour nous permettre de nous corriger et d’avancer. Daingnez au moins reconnaître les mérites de ces jornaliste qui malgré les dur condition de travail arrive à nous produire des arcticle de qualité. Courage ma soeur et ne porte pas attention à ceux aiment toujours critiquer car c’est plus facile

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      • Le 28 août 2009 à 15:40, par Nôogo
        En réponse à : Retenue d’eau en péril : Le lac Bam en danger de mort

        "je pense qu’elle ne mérite tes commentaires digne de personnes aigries et d’africain constipés qui refusent de se regarder en face dans la glace et de reconnaître nos travers pour nous permettre de nous corriger et d’avancer."

        Ce qualificatif s’adresse bien plus à toi qu’à tout autre personne . Si tu étais prêt à "te regarder en face dans la glace et de reconnaître tes travers pour te permettre de te corriger et d’avancer" tu ne prendrais pas mes critiques de la sorte au point de m’injurier car je n’ai injurié personne. C’est tout ce dont les gens de ton acabit sont capables : prendre parti, incapable de réfléchir pour saisir la nuance et la portée intellectuelle des propos de l’autre. Mais de toute façon je ne descendrai pas à ton niveau. Quand il s’agit de jeter tous les Africains en pâture, vous êtes prêt à accepter mais quand il faut faire sa propre auto-critique on n’en est incapable. Manque de fierté d’être Africain, orgueil individuel hypertrophié, voilà ce qui nous empêche d’avancer.

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  • Le 28 août 2009 à 05:57, par Quebom
    En réponse à : Retenue d’eau en péril : Le lac Bam en danger de mort

    On aurait tout entendu sur le lac Bam.C’est purement une honte nationale que de voir un jour l’un des plus grands lacs d’Afrique apres le lac Tchad et le lac Taganika. C’est specialemnt une honte pour nos dirigeants (y compris Blaise Compaore) qui ont plusieurs fois promis sans agir comme ils le pretendaient.L’annee derniere nous avons tous appris le deblocage de fonds destines au rehaussement du niveau de la digue du lac de quelques centimetres.Cette annee on nous parle de possibles travaux d’etudes comme si l’ on n’avait pas encore des resultats finis. La priorite’ de nos dirigeants sont ailleurs sinon comment comprendre qu’on s’efforce a` faire exister des retenues d’eau dans le Oubritenga, dans la Tapoa,dans le Yatenga pendant que cette merveille naturelle meurt dans "l’indifference" presque.Savez vous que le probleme de la route et du lac etaient utilises pour apater la population du Bam lors des echeances electorales et ce depuis 1992 ? Apres tant de mensonges la voie bitumee a vu le jour mais est-ce pour autant qu’il faut avoir un espoir de voir le lac etre ce qu’il etait ? A l’heure ou` le chomage est grandissant nous ne croyons pas qu’un governement responsable pourrait s’asseoir sur le dossier du lac Bam potentiel source d’emploi, source d’autosuffisance alimentaire et pourquoi pas une source de revenus touristiques ? Vivement que les choses s’arrangent.

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  • Le 29 août 2009 à 10:14, par Jean-Marc Ligny
    En réponse à : Retenue d’eau en péril : Le lac Bam en danger de mort

    Bonjour à tous,
    Je suis un écrivain français, auteur de romans de science-fiction, et j’ai publié il y a maintenant 3 ans un roman intitulé "AquaTM", traitant de la "guerre pour l’eau" en Afrique en 2030. Dans cette histoire qui se passe en partie au Burkina-Faso, le lac Bam est asséché et toute la région se meurt à cause de ça... Je n’étais donc pas loin de la vérité... Ca me fait froid dans le dos. Si vous voulez savoir ce qu’il adviendrait du pays avec un lac asséché, c’est dans "AquaTM"... et ça fait peur.
    Merci pour cette info.
    Jean-Marc Ligny

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  • Le 30 août 2009 à 11:48
    En réponse à : Retenue d’eau en péril : Le lac Bam en danger de mort

    Bonjour Mr le Ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques,

    je pense qu’il est grand temps que votre empreinte commence à prendre forme dans ce département ;n’en déplaise au PM, ce n’est pas le Ministre des Finances qui va chercher les ressources pour ce pays mais plutôt chaque département ayant à sa tête un visionnaire, dynamique sachant convaincre(non se pavanant avec des bonnets de chef) et disant ce qu’il pense, harcelant les bailleurs etc... Certes on ne peut vous demander même si vous faisiez 14 ans (2*7) à la tête de ce département de poser les mêmes résultats sur le terrain car votre conception de l’Agriculture datant de la période de la "Question Paysanne" fait que vous êtes en total déphasage avec certaines réalités aidés en cela par un entourage en pré-retraite et/ou des Saprophyto Socio Situationnistes.Ayant vécu les deux(02) époques je sais de quoi je parle et la patrimonalisation n’est elle pas dans ce ministère(DAF et DGFOMER) ?
    Bref en mot comme en mille, mettez les hommes qu’il faut à la place qu’il faut et demander régulièrement des comptes à ces derniers sinon...Samandéni piétine, d’autres projets assez importants et censés apporter un réel changement au niveau du monde rural(en milliards et qui sont des crédits) sont gérés comme des épiceries de quartier...mais puisque vous connaissez mieux les Chefs de projets que les Directeurs Régionaux censés mettre en oeuvre toute la politique(yen a-t-il véritablement) du MAHRH dépendant de leur ressort territorial, il va de soi que cette situation ne surprenne pas.Allez Mr le Ministre, Réveillez vous un peu et secouez vos troupes.
    Je ne suis point un aigri de votre département mais l’affairisme qui s’y est accru(il y en avait mais certains résultats étaient posés) m’amène à m’insurger contre cet état de fait du département qui si il marche bien entraînerait une croissance agricole pouvant se ressentir dans le panier de la ménagère(dixit le PM lors du CASEM 2008).
    Soucieux des générations futures, je dis ceci Mr le Ministre, organiser mieux votre département et arrêter ce rituel folklorique que vous appelez "Conseil de Cabinet" qui n’accouche même pas d’une souris.Tous les tiroirs sont pleins de rapports de diagnostics, d’études diverses... qui ne demandent qu’une actualisation pour une mise en oeuvre car la roue a déjà été inventé au cas vous l’ignorerez. Alors, revenez des champs avec des idées novatrices et fécondes car celles proposées nous fait reculer d’au moins 10 ans en seulement 1 an et demi d’exercice.
    PM, la culture des résultats qui devait s’appliquer aux ministres était ce un leurre ?

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