Discours sur la situation de la Nation : le document en intégralité

vendredi 30 mars 2007 à 08h08min

Pour la septième fois, et conformément à l’article 109 de la Constitution qui stipule que : "Le Premier ministre expose directement aux députés la situation de la Nation", Paramanga Ernest Yonli a dressé, le jeudi 29 mars 2007, la situation de la Nation devant le Parlement.

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Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

C’est dans un contexte marqué par la fin de mandat de la troisième législature, de la IVè République et la préparation des prochaines élections législatives que je me présente devant votre auguste institution pour le traditionnel Discours sur la situation de la nation.
Moment fort du dialogue voulu et organisé par la constitution entre le gouvernement et la représentation nationale, le Discours sur la situation de la nation est devenu au fil du temps, un baromètre de la vie démocratique de notre pays.

Durant tout le long de ce mandat qui s’achève, ce fut chaque fois avec un plaisir renouvelé que je me suis présenté devant l’Assemblée Nationale pour cet exercice.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

Permettez-moi de réitérer à tous, mes remerciements, pour l’exemplaire collaboration que nous avons entretenue ensemble durant les cinq ans de votre mandat.
A vous particulièrement Monsieur le Président, je vous adresse en mon nom et en celui de mon gouvernement, mes sentiments de satisfaction pour l’esprit de compréhension et de complémentarité qui ont toujours présidé à nos rapports.

Vous pouvez être tous fiers du bilan de notre action commune, qui rapproche notre pays de nos objectifs en matière d’enracinement de la démocratie et de développement économique et social. Je suis particulièrement fier de notre bilan social qui se traduit par des performances remarquables en matière de taux de scolarisation et par de nombreux acquis dans le domaine combien sensible des droits des travailleurs.

Notre économie s’est également bien comportée durant toute cette période et a pu ainsi résister aux chocs extérieurs provoqués par la crise ivoirienne, la chute du dollar, la flambée des prix du pétrole et la chute vertigineuse du prix du coton, dont notre pays est devenu le premier producteur en Afrique.

C’est au regard de ces performances remarquables en matière de gouvernance politique et économique, que notre pays a été élu au MCC, ce qui lui permettra de bénéficier de ressources additionnelles substantielles pour le financement de son développement.

Dans la même période, notre pays a conforté sa position de leadership régional grâce aux qualités exceptionnelles du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE. C’est aujourd’hui un fait incontournable qu’il est une chance pour notre pays, pour notre sous-région et même pour l’Afrique. La communauté internationale lui est redevable du retour de la paix au Togo à la faveur de l’accord global de Lomé du 30 août 2006 qu’il a parrainé, et aux perspectives nouvelles de solutionnement de la crise ivoirienne, sur la base de l’accord politique de Ouagadougou du 4 mars 2007, négocié et signé sous son égide.

Permettez-moi du haut de cette tribune, en mon nom, au nom du gouvernement et de l’ensemble du peuple burkinabè de lui rendre un hommage mérité.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

Notre pays, à cette période de l’année, est généralement confronté à l’épidémie de la méningite. L’année 2007 ne fait pas exception à la règle avec cette particularité que l’épidémie est d’une plus grande ampleur, si on la compare à celle de l’an passé à la même période. Dès le déclenchement de l’épidémie, le gouvernement, conformément au plan de riposte qu’il a adopté, a pris les mesures idoines. C’est l’occasion pour moi de traduire toute ma compassion à toutes les personnes infectées ou affectées par cette maladie récurrente.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Le bilan 2006 de l’évolution de la situation de la Nation que je vous présente, est le premier consacré à la mise en œuvre du programme quinquennal du Président du Faso, ‘’le progrès continu pour une société d’espérance’’. Ce programme global et ambitieux, embrasse tous les secteurs de la vie économique et sociale, et fournit des repères pour la mesure de nos performances.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

Au niveau des forces armées, les actions du gouvernement durant l’année écoulée se sont traduites par le renforcement de leurs capacités opérationnelles ainsi que la promotion de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance en leur sein.

Nos forces armées se sont également illustrées dans la contribution au développement socio-économique de la nation, ainsi que dans la participation efficace de plus de 100 officiers à des opérations de paix à l’échelle régionale et internationale, dans un esprit de solidarité avec les autres peuples.

Dans le domaine de la sécurité, les efforts du gouvernement ont porté sur la poursuite de la mise en œuvre de la loi relative à la sécurité intérieure, le renforcement de l’efficacité des forces publiques, ainsi que le rétablissement de la sécurité pour tous, sur l’ensemble du territoire national. Le déploiement d’un dispositif de surveillance et d’intervention sur les principaux axes routiers, a entraîné une baisse remarquable des attaques à main armée.

En outre, la poursuite de l’opérationnalisation de la police de proximité a permis de mettre en place 1871 comités locaux de sécurité dans les régions de l’Est, du Centre-Est, du Centre-Sud et des Hauts-Bassins.

Les travaux de mise en place des différentes structures de l’Office National d’Identification (ONI) et la formation des acteurs intervenant dans le processus de collecte et d’établissement de la nouvelle carte nationale d’identité, ont été poursuivis en 2006 et seront renforcés en 2007, avec le démarrage effectif de l’établissement à grande échelle de cet instrument d’identification nationale.
Les évènements des 20 et 21 décembre derniers ont entaché la crédibilité de nos forces armées et de sécurité et sont d’un souvenir traumatisant pour nos populations. Notre devoir nous interpelle et nous devons agir pour que cela ne se reproduise plus au Burkina Faso et nous nous attelons à cela.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Les élections locales générales du 23 avril 2006 constituent une première dans notre pays, tant du point de vue de leur échelle que de la philosophie participative qu’elles induisent.

Ces élections traduisent la détermination du gouvernement dans la conduite et l’ancrage du processus de décentralisation pour lequel, la mise en place des organes exécutifs des conseils de collectivités des 351 communes et des 13 régions, constitue une avancée significative.
En la matière, les actions menées par le gouvernement courant 2006 se sont focalisées sur le renforcement des capacités institutionnelles des élus locaux, à travers la mise en place d’un cadre financier et budgétaire, la définition d’un Cadre Stratégique de Mise en œuvre de la Décentralisation (CSMOD) en vue d’assurer une vision du processus à l’horizon 2015, et le démarrage de la construction des infrastructures du programme triennal 2006-2008. Dans le court terme, le gouvernement s’attellera à l’extension du transfert de compétences dans les domaines prioritaires et à la définition des modalités pratiques de financement des investissements des collectivités décentralisées.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

La citoyenneté étant au cœur de la République, les droits humains et la justice sont les pierres angulaires de notre projet de société.

Durant la période écoulée, de nombreuses initiatives ont été développées pour la promotion des droits humains. Je ne citerai entre autres que la délivrance gratuite de nombreux actes d’état civil, les activités de promotion d’une culture de la citoyenneté, de la paix et de la tolérance, ainsi que les appuis multiformes apportés à la société civile.

Pour ce qui est de la justice, l’année 2006 a vu l’achèvement de l’exécution du Plan d’Action National pour la Réforme de la Justice 2002-2006. Ainsi, pour la dernière année d’exécution de ce Plan d’Action, le gouvernement a poursuivi les trois objectifs spécifiques préalablement définis à travers son programme de constructions, de réfections et d’extensions des infrastructures judiciaires, pour l’élargissement de l’accessibilité à la justice, le renforcement des capacités matérielles et humaines, afin d’assurer plus d’efficacité à l’appareil judiciaire.

Dans sa quête d’une justice indépendante, crédible, garante des libertés et au service de l’Etat de droit, le gouvernement, conforté par les résultats de la mise en œuvre du Plan d’Action National pour la Réforme de la Justice, a lancé une étude pour l’élaboration d’un plan de consolidation 2007-2009, dont les nombreux programmes et projets constituent des outils essentiels, pour répondre aux enjeux des profondes réformes entreprises par notre pays depuis 1991.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

L’Etat de droit demeure encore aux yeux de nombre de nos concitoyens un projet à réaliser. Ils restent influencés dans leur vécu quotidien et dans leur perception des réalités, par les principes et les règles de la société traditionnelle. Du point de vue des mentalités dominantes, le “ Burkina des villes ” est un condensé du “ Burkina des villages ”. Cette situation explique les tendances naturelles et spontanées à recourir à la justice privée et aux règlements de comptes personnels, comme modes de solution aux différends et aux conflits sociaux. La dernière démonstration vient d’être faite à l’occasion de ce qu’on appelle l’“affaire de la chaîne des bars Kundé ”.

C’est l’occasion pour moi, de présenter mes condoléances attristées aux familles durement éplorées par les meurtres inqualifiables, le 13 mars 2007, de Oumarou Bambo MARE et de Sampané BANCE. Le Gouvernement veillera à ce que ce dossier qui est déjà pris en charge par la justice de notre pays, soit traité avec célérité et dans l’efficacité.
Par la même occasion, nous déplorons la violence injuste et expéditive qui s’est abattue sur la chaîne des bars Kundé, ainsi que sur leurs propriétaires. Nous leur réitérons nos sentiments de soutien et de solidarité.

Ces événements et bien d’autres, nous confortent dans notre volonté d’édifier un Etat de droit démocratique fort, capable de garantir la liberté, la sécurité et la justice pour tous. Par conviction et par pédagogie, notre approche dans la gestion des questions sociales a toujours privilégié la prévention et la sensibilisation, à la répression. Mais en tout état de cause, le principe de l’autorité de l’Etat ne peut faire l’objet d’aucune concession. Chaque fois que cela s’avèrera nécessaire, nous saurons trouver la réponse appropriée.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

Tribune d’expression des courants de pensée qui traversent notre société, la presse est aujourd’hui un véritable espace de débat citoyen.

C’est pourquoi, le secteur de l’information fait l’objet d’une attention particulière de mon gouvernement et en 2006, nos efforts se sont poursuivis dans les domaines de la modernisation des équipements existants, de l’extension de la couverture télévisuelle et radiophonique, de l’audience des médias et de la promotion de la presse privée.

Après sa mise sur satellite en 2005, la télévision nationale est entrée en 2006 dans le bouquet Canalsat avec une grille de programme plus riche, plus variée et un cadre de travail entièrement rénové. Elle touche désormais les téléspectateurs d’Afrique, d’Europe et en partie, ceux d’Asie et d’Amérique.

De même, les équipements de la Radiodiffusion ont été progressivement modernisés pour offrir un meilleur confort d’écoute à nos populations. Six (06) émetteurs FM sont acquis et seront bientôt mis en service à Bogandé, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Koudougou, Mangodara et Ouagadougou.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Il y a un an, je vous annonçais ici même notre option de développer des radios régionales et des radios de proximité. Aujourd’hui, je suis heureux de porter à votre connaissance, l’inauguration le 17 février dernier à Nouna, de la toute première station de radiodiffusion à vocation communale, ainsi que la mise en onde, le 7 décembre 2006, de la première radiodiffusion régionale à Dori.

Dans les semaines à venir, nous procèderons à l’ouverture de deux autres stations communales à Ouargaye et à Gayéri, ainsi que de deux stations de radiodiffusion régionale à Fada N’Gourma et à Banfora.
L’année 2007 verra la rénovation des équipements de studio de la Télévision Nationale, ainsi que ceux de Radio Bobo et de Radio Gaoua.
Le projet de création d’une deuxième chaîne de Télévision à vocation culturelle et éducative connaît sa matérialisation, à travers le lancement des études de faisabilité.

Le 30 mars 2006, je prenais également devant vous, l’engagement de procéder à la régularisation progressive de la situation des agents pigistes de la Radio Télévision du Burkina et des Editions Sidwaya. Il me plait de vous annoncer qu’à ce jour, tous les pigistes des deux établissements ont été engagés, soit en qualité de contractuels de l’Etat, soit en qualité de contractuels de leurs établissements respectifs.

L’engagement du Gouvernement à accompagner les médias privés dans la quête du renforcement de leur rôle dans notre démocratie, est sans équivoque et sera poursuivi. Cette année encore, 52 médias du secteur privé ont bénéficié de la subvention directe de l’Etat, d’un montant de 150 millions de Francs CFA. Pour l’exercice budgétaire 2007 en cours, j’ai le plaisir d’annoncer que cette subvention sera portée à 200 millions de nos francs.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Malgré le contexte sous-régional difficile et un environnement international défavorable, l’économie burkinabé est restée en 2006 sur le sentier de la croissance amorcée depuis une décennie. Ainsi, après une progression en termes réels du Produit Intérieur Brut de 4,6% en 2004 et 7,1% en 2005, la croissance économique s’est située à 6,4 % en 2006.

Cette bonne performance est non seulement imputable aux réformes engagées par le Gouvernement et à la bonne gestion des chocs exogènes, mais aussi, à la consommation finale privée dont la croissance est passée de -2,5% en 2005 à 10,1% en 2006, et à la forte croissance des exportations de 24,5% en 2006, due en partie à l’augmentation des exportations de coton de 36,1%.
Le taux d’inflation a été maîtrisé à un niveau de 2,4 % en 2006 contre 6,4 % en 2005. En effet, le repli des prix des produits céréaliers consécutif à la bonne campagne agricole 2005-2006, a permis d’atténuer la hausse des cours du pétrole.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

L’étude nationale prospective “ Burkina 2025” est bouclée. Les résultats en cours d’exploitation et d’opérationnalisation devraient se traduire par la mise en place et le renforcement d’outils et d’instruments de gestion opérationnelle de l’économie. Sur ce plan, le Gouvernement peut se réjouir d’avoir pu relever le défi d’organiser le quatrième recensement général de la population et de l’habitation en 2006, ce qui lui permet ainsi de respecter l’échéance décennale recommandée par les Nations Unies.

Dans le domaine des finances publiques, l’amélioration de la qualité et de la transparence de la loi de finances constitue une des principales préoccupations du Gouvernement, qui a entrepris plusieurs actions visant une plus grande transparence et une meilleure efficacité dans son exécution. Parmi ces actions, on peut citer la création du Comité National de Coordination et de Suivi des Réformes des Marchés Publics, la transposition des directives de l’UEMOA dans la réglementation nationale, la mise en place d’un système intégré des marchés publics et la transformation du Plan d’actions pour le renforcement de la gestion budgétaire, en une stratégie sectorielle de renforcement des finances publiques.

L’exécution du budget de l’Etat à fin décembre 2006 est globalement satisfaisant, tant du point de vue de la mobilisation des recettes que de l’exécution des dépenses.
Le niveau de recouvrement des recettes se chiffre à 650,90 milliards de francs CFA avec un taux de réalisation de 72% par rapport aux prévisions révisées. Ces résultats sont le reflet d’une conjugaison d’efforts consentis par nos régies de recouvrement des recettes.
Quant aux dépenses effectuées, elles se chiffraient au 31 décembre 2006 à 773,62 milliards de francs CFA, pour une prévision révisée de 898,08 milliards de francs CFA, soit un taux d’exécution financière de 86,7%.

Par rapport aux données de 2005, les besoins de l’Etat traduits sous forme de programmation de dépenses, ont augmenté de 12,9%, pendant que la satisfaction de ces besoins s’est améliorée de 6,9%. Ces résultats ont été induits tant par un bon niveau d’exécution des dépenses courantes, que par un bon niveau d’exécution des dépenses en capital, traduisant ainsi l’effort d’investissement de l’Etat dans la lutte contre la pauvreté.

S’agissant du commerce extérieur, notre pays a enregistré à nouveau un déficit de sa balance commerciale. Ce déficit se situe à 254,7 milliards de francs CFA en 2006, contre 300 milliards en 2005. Quant à l’évolution des agrégats monétaires, entre fin décembre 2005 et fin décembre 2006, elle est caractérisée par une hausse des avoirs extérieurs nets, une contraction du crédit intérieur et un accroissement de la masse monétaire de + 8 %, passant de 601 milliards de francs CFA à fin décembre 2005, à 649,1 milliards de francs CFA à fin décembre 2006.

Concernant la dette publique, il faut relever l’application effective de l’Initiative d’Annulation de la Dette Multilatérale décidée en juin 2005 par les pays membres du G8. La mise en œuvre de cette mesure a permis l’annulation de l’encours de la dette d’un volume global de 708,1 milliards de francs CFA.
En matière de respect des normes communautaires, les principaux paramètres du cadre macro-économique du pays (inflation, déficit du compte courant extérieur, ratios de la dette) sont restés dans des normes acceptables au cours de l’année 2006.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Conscient du poids du secteur minier dans le développement de notre économie, le Gouvernement a intensifié au cours de l’année écoulée, les activités de recherche géologique, minière et des substances de carrières. Cela a permis de porter le nombre de titres miniers et autorisations de 133 en 2005, à 237 en 2006, soit une progression de 78 %.
Nous notons avec satisfaction le démarrage effectif de la construction des mines d’or de Youga dans le Boulgou et de Taparko dans le Namentenga, dont nous attendons les premiers lingots avant la fin de l’année en cours.
Il convient également de souligner l’achèvement de l’étude de faisabilité de trois (3) projets miniers. Il s’agit de Mana-Fobiri dans les Balé, d’Inata dans le Soum et de Perkoa dans le Sanguié, dont j’ai personnellement lancé les travaux d’exploitation le 26 mars dernier.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Nous avons renforcé nos capacités de production et de distribution d’électricité, avec la mise en service de deux nouvelles centrales thermiques. L’une de 14 MW a été inaugurée en mars 2006 et l’autre de 18 MW a été mise en service en fin 2006. Ces nouvelles installations devraient permettre de passer la demande de pointe avec plus d’assurance et de sérénité. Il faut relever aussi des avancées notables dans la mise en œuvre du grand projet d’interconnexion Bobo-Dioulasso - Ouagadougou, prolongement de la ligne Côte d’Ivoire - Burkina Faso d’un coût global de 52 milliards de francs CFA, dont la dernière phase a été lancée le 23 mars dernier à Bobo Dioulasso.

L’électrification des villes frontalières à partir des pays voisins s’est poursuivie et, c’est ainsi que la localité de Cinkansé/Burkina est alimentée par une ligne de 33 kilovolts, depuis le dernier trimestre 2006. Les travaux sont en cours pour les localités de Bittou et Hamélé.

Dans le cadre du programme de raccordement des centres isolés au réseau national unifié, les liaisons Ouahigouya - Gourcy - Yako et Ouagadougou - Kaya sont effectives.
Quant à l’électrification rurale, les travaux ont été engagés dans vingt six (26) localités et sont en cours d’achèvement. Le Gouvernement est en négociation avec les partenaires techniques et financiers, en vue de mobiliser les ressources financières à hauteur de 20 milliards de francs CFA, pour financer l’accroissement de l’accès à l’électricité, au bénéfice des populations vivant en zones périurbaines et rurales.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Le dialogue Gouvernement/secteur privé s’est poursuivi en 2006 avec la tenue de la 6ème édition. Au cours de cette édition, d’importantes mesures ont été prises par le Gouvernement parmi lesquelles on peut citer : le lancement d’une opération spéciale de délivrance de titres fonciers qui s’est déroulé conformément au calendrier prévu et que le Gouvernement vient de prolonger, tout en l’étendant à l’ensemble des treize capitales régionales ; la révision du mode de perception de la retenue à la source de 80% de la TVA qui est passée à 20% dans le cadre de la loi de finances 2007 ; l’organisation d’une opération spéciale de renouvellement du parc des taxis dont la mise en place est en cours ; la réduction des frais de mutation de 15% à 10% qui est effective dans la loi de finances 2007 ; et le lancement effectif d’un programme “ Doing Business Better in Burkina Faso”, en vue d’accélérer les réformes pour l’amélioration du climat des affaires, et faire de notre pays l’un des plus attractifs d’Afrique.

L’opérationnalisation des Centres de Formalités des Entreprises (CEFORE) a permis de réduire les coûts administratifs de 40%, ainsi que les délais de création d’entreprises qui passent de 23 jours à 7 jours. Au total, ce sont 4.700 entreprises nouvelles qui ont été créées en 2006, soit une progression de plus de 23% par rapport à 2005.

Dans la même lancée, nous avons poursuivi les actions visant l’amélioration du cadre des investissements. C’est ainsi que 43 agréments au Code des Investissements dont 22 dans le secteur industriel ont été délivrés, pour des investissements prévisionnels de 193, 5 milliards de francs CFA et la création de 2 346 emplois.
Le Gouvernement a aussi poursuivi les actions de réhabilitation des entreprises industrielles entamées en 2005 au niveau des entreprises FILSAH, JOSSIRA, GMB et FASOTEX, en vue de consolider le tissu industriel existant.

Au titre des autorisations d’implantation d’unités industrielles, l’année 2006 a enregistré cinquante une (51) autorisations pour des investissements prévisionnels de l’ordre de 16 milliards de francs CFA et devant générer 1.316 emplois nouveaux. Par ailleurs, des efforts importants ont été déployés en vue d’amorcer la transformation sur place de notre coton, ce qui permettra de créer plus de valeur ajoutée pour notre économie.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Dans le domaine commercial, l’accent a été mis sur la promotion de nos produits. Dans cette dynamique, avec la création de la Société Burkinabè des Fruits et Légumes (SOBFEL) et la mise en service du Terminal fruitier de Bobo-Dioulasso, la filière fruits et légumes amorce une reprise certaine et affiche déjà des résultats fort encourageants.

Avec l’obtention du visa textile dans le cadre de l’AGOA, le Gouvernement déploie actuellement des actions d’information, de sensibilisation et d’appui aux opérateurs économiques, en vue de renforcer le volume de nos exportations à destination du marché extérieur et notamment du marché américain, toute chose devant permettre de valoriser au mieux nos produits textiles et artisanaux.

Notre pays a également pris part aux différentes rencontres sur les négociations des Accords de Partenariat Economique (APE), joignant la voix du Burkina Faso à celle des autres pays de la Région, pour affirmer la nécessité de parvenir à des accords qui soient un véritable instrument de développement pour nos économies.

Au cours de la campagne 2005/2006, l’organisation de la filière cotonnière s’est consolidée par la mise en place d’une interprofession et l’adoption d’un nouveau mécanisme de fixation du prix au producteur, adossé à un fonds de lissage. Sur le plan des performances, la production cotonnière du Burkina Faso s’est établie à 806 000 tonnes de coton graine, soit une augmentation de 13% par rapport à la production de la campagne précédente.

Parmi les mesures importantes prises par le Gouvernement pour soutenir la filière cotonnière, il convient de citer la contribution de l’Etat à la recapitalisation de la SOFITEX, rendue nécessaire par le contexte défavorable du marché.

De même, la campagne de commercialisation 2006/2007 aurait été catastrophique sans un effort exceptionnel et significatif du Gouvernement.
Un des axes majeurs de la stratégie du Gouvernement en matière commerciale, est de faire de notre pays un pôle économique majeur en Afrique de l’Ouest. C’est dans cette perspective que les travaux d’édification d’une Gare routière internationale de fret, d’un coût de 5 milliards, ont été lancés à Bobo-Dioulasso, consacrant ainsi sa place de carrefour et de plaque tournante de la sous- région ouest africaine.

Enfin, outre la construction d’infrastructures d’accueil et de traitement de marchandises au port de Téma, les capacités de la gare routière internationale de marchandises de Ouagadougou (Ouagarinter) vont être renforcées par la construction d’un terminal à container.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Dans le domaine de la privatisation, l’année 2006 a connu la concrétisation de la cession de 51 % des actions de l’ONATEL par l’Etat burkinabé à Maroc Télécom. Cette première étape du processus de privatisation de l’ONATEL a été matérialisée par la signature de la convention de cession le 29 décembre 2006, et a permis au Trésor Public d’engranger la somme de 144,3 milliards de francs CFA.

Le désengagement partiel de l’Etat de l’ONATEL se poursuivra en 2007, avec la réalisation de l’Offre Publique de Vente (OPV) qui consistera en la cession de 20 % des actions de l’ONATEL, à travers la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), afin de promouvoir l’actionnariat populaire. Six pour cent (6 %) des actions reviendront au personnel. A la fin du processus, l’Etat demeurera dans le capital de la société à hauteur de 23 %.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

Le développement des communications électroniques a enregistré des avancées prodigieuses en 2006.
En mars 2006, je vous annonçais un parc d’abonnés de téléphonie mobile de 630.000 clients, avec un taux de croissance de 30 % par rapport à 2005. Au 1er janvier de l’année en cours, le nombre d’abonnés est passé à 1.016.605 clients, soit un taux de progression de 62 %.
Le nombre de lignes téléphoniques fixes est passé de 91.000 à près de 100.000 lignes principales. Ce qui porte la télé densité totale (mobile et fixe) de 5,5 à 8,5 téléphones pour 100 habitants.

La bande passante de la connexion internationale à l’internet est passée de 42 à 197 Mégabits/secondes dans le sens montant, et de 60 à 215 Mégabits/secondes dans le sens descendant.

Pour la téléphonie rurale, 28 nouvelles localités sont désormais équipées. Au même moment, les travaux de construction des bureaux de poste de Béguédo, Bittou, Titao, et l’ouverture d’un guichet à l’Université Polytechnique de Bobo Dioulasso sont en chantier.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Notre quête permanente d’une sécurité alimentaire s’est traduite cette année encore par un excédent céréalier prévisionnel de 1 099 200 tonnes, soit une couverture supplémentaire de 43 % des besoins du pays.
Cette performance qui honore notre agriculture, nous la devons à la conjugaison d’actions multiformes, planifiées et menées concomitamment par le Gouvernement et l’ensemble de la chaîne du système de production agricole, qui va des chercheurs aux producteurs.

Qu’il me soit permis, à titre illustratif, de citer :
- l’adaptation aux changements climatiques par le renforcement du Programme SAAGA, à travers l’acquisition et l’installation d’un radar qui couvre un rayon de 240 km sur le site du programme à Bobo-Dioulasso, ainsi que l’acquisition d’un troisième aéronef de type King Air 200 ;
- la sécurisation de la production alimentaire à travers l’intensification de la petite irrigation, avec l’aménagement de plus de 26 000 hectares et la formation de milliers de paysans aux techniques d’irrigation, de gestion de l’eau et d’entretien des périmètres aménagés ;
- l’intensification de la production à travers la mise au point et l’utilisation des semences améliorées, qui ont contribué à l’accroissement des rendements des céréales de 25 à 50 % au cours de ces dernières années ;
- et enfin, la diversification des spéculations à travers la mise au point, l’expérimentation et la vulgarisation de nouvelles variétés, mieux adaptées aux conditions agro-climatiques comme celles du maïs “ Espoir ”, du riz “ NERICA ” et du manioc à haut rendement.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Au-delà de ces résultats fort encourageants, nous ne perdons pas de vue la nécessité de réfléchir sur la gestion des surplus, afin de garantir des prix rémunérateurs aux producteurs ruraux, tout en conservant les capacités d’accès des ménages vulnérables aux ressources alimentaires locales.

C’est pourquoi, et conformément au programme de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, des dispositions sont en cours pour la mise au point d’un système de pilotage économique de l’ensemble des activités agricoles, afin de garantir la nécessaire synergie à créer entre les objectifs de production d’une part, et ceux de conservation, de commercialisation et de transformation des excédents agricoles d’autre part.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

En dépit de l’adoption en 1984 des textes portant Réorganisation Agraire et Foncière (RAF) qui a fait l’objet de relecture en 1991 et 1996, l’accès à la terre demeure incertain, particulièrement pour les jeunes et les femmes. Pour y remédier, le Gouvernement s’est engagé dans un processus participatif d’élaboration d’une Politique Nationale sur le Foncier Rural avec pour préoccupation première, la création d’un environnement légal favorable aux investissements privés et publics, en matière de gestion durable des terres.

Au nombre des actions de lutte contre la pauvreté et la dégradation des sols, le Plan d’Actions pour la Gestion Intégrée des Sols (PAGIFS) a permis de concevoir et de mettre en chantier, le Programme d’Investissement Communautaire en Fertilité Agricole (PICOFA), qui a démarré en 2004 et qui s’exécutera jusqu’en 2011 dans la région de l’Est. Il en est de même du Programme de Développement Rural Durable (PDRD) qui prévoit selon l’approche “ bassin versant ”, le développement durable des capacités productives à travers l’aménagement de 70 000 hectares, dont 35 000 hectares pour les exploitations non agricoles. Dans cette même dynamique, un important programme de partenariat pour la gestion durable des terres dont l’objectif ultime est de coordonner les activités liées à la planification de l’affectation des terres, démarrera incessamment.

L’opération “ développement des fosses fumières ” qui connaît un engouement certain depuis plusieurs années, a été largement soutenue au cours de la campagne agricole écoulée.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Tout au long de la période sous revue, les travaux de construction de retenues d’eau se sont poursuivis avec la réalisation de douze (12) nouveaux barrages et de quatorze (14) autres en construction. Par ailleurs, hormis l’important programme de Samendéni, sept (07) ouvrages hydro agricoles sont en instance de démarrage à Mou dans les Balés, à Rollo dans le Bam, à Andékanda au Loroum, à Pensa au Sanmatenga, à Liptougou dans la Gnagna, à Kera-Douré dans le Zondoma et à Koakin dans le Zoundweogo. Le coût total de ces sept (7) ouvrages est évalué à près de 12 milliards de francs CFA.

Il convient également de noter que l’opération “ 50 000 branchements ” initialement prévue pour la seule ville de Ouagadougou, a été étendue à l’ensemble des centres ONEA du pays.

L’élevage, a bénéficié des retombées positives de la campagne agricole en matière de disponibilité en eau ainsi qu’en fourrage. L’année a été marquée par des actions vigoureuses de prévention et de ripostes contre la grippe aviaire, permettant ainsi l’extinction des quatre (04) foyers enregistrés jusque là. L’abattage des volailles qui en a résulté, a nécessité l’indemnisation de 1477 producteurs pour un montant total de 20,4 millions de francs CFA.

Le renforcement du partenariat entre l’Etat, la société civile et les populations dans la gestion des questions environnementales, a permis la production de 8 056 610 plants pour le reboisement de 13 026 hectares, la réalisation de 1663 km de haies vives et de brise-vents, ainsi que l’exportation de plus de 900 000 pieds de manguiers et agrumes dans les pays voisins. Afin de contribuer à la lutte contre la désertification, 3945 hectares de terres dégradées ont été récupérés et 346 hectares de dunes dans le Sahel ont été fixés en 2006.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

En vue d’améliorer les conditions de circulation tant en milieu urbain qu’interurbain, le Gouvernement a procédé au renforcement du dispositif réglementaire et à la suspension des contrôles sur l’ensemble des axes routiers du pays, en attendant leur réorganisation dans le cadre d’un nouveau système de contrôle, en concertation avec les autres pays membres de la CEDEAO.

S’agissant du volet des transports aériens, le Gouvernement, tout en maintenant ses efforts dans le renforcement de la sûreté et de la sécurité, a poursuivi les études relatives au nouvel aéroport de Ouagadougou.

A ce titre, on retiendra :
- le démarrage effectif des études architecturales de l’aérogare et du pavillon présidentiel qui sont en cours de finalisation ;
- la finalisation de l’étude des voies d’accès d’un montant de 275 millions de francs CFA ;
- le démarrage effectif de l’étude d’impact environnemental et de re-localisation des populations, pour un montant de près de 450 millions de francs CFA ;
- la finalisation de l’étude technique, financée par le budget national à hauteur de 234 millions de francs CFA.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Durant l’année 2006, 14.161 km de routes ont connu un entretien courant pour un coût de 8,85 milliards de francs CFA.
L’entretien périodique, la réhabilitation et le renforcement des routes ont également été entrepris, nous permettant de consolider les actions de développement de notre réseau routier. Ces travaux ont concerné pour les axes bitumés, les routes Ouagadougou - Koupéla et Carrefour Poura - Bobo-Dioulasso, en attendant le démarrage en 2007 du renforcement des routes :

- Ouagadougou- Pô- frontière Ghana ;
- Ouagadougou-Sakoinsé ;
- les sorties de Ouagadougou vers Bobo-Dioulasso, vers Koupéla, vers Pô, et la section sud-ouest du Boulevard circulaire.

Pour les routes en terre, les travaux de renforcement au cours de la période écoulée, ont porté sur un total de 2173,2 km. Ces travaux se poursuivront en 2007, pendant que démarreront les travaux sur 850 autres km de routes.

Pour ce qui est des travaux de construction et de bitumage, la situation est la suivante :
- les travaux sur la route Ouagadougou-Léo-frontière Ghana sont achevés ;
- les travaux sur la route Bobo-Dioulasso- Dédougou devront s’achever au cours de cette année 2007 ;
- pour la route Kaya-Dori et les barrages de Yalgo et de Tougouri : les travaux de bitumage de la route sont achevés et il ne reste que ceux relatifs aux barrages ;
- le bitumage de 15 km de rues dans cinq villes moyennes (Ouahigouya, Koudougou, Kaya, Dédougou, Banfora) est en cours d’achèvement ;
- les travaux sur la route Ouagadougou - Kongoussi se poursuivent normalement.

En 2007, il est prévu le démarrage des travaux de bitumage sur les axes :

- Yéguéresso-Diébougou et la brettelle allant à Hamélé (125 km) ;
- Dori-Seytenga-frontière du Niger (60 km) ;
- la voie d’accès à la gare routière de Bobo-Dioulasso.

Par ailleurs, le démarrage des travaux de construction de deux échangeurs sera effectif en 2007 au carrefour du Boulevard circulaire et de la RN4, Ouaga-Koupéla, et au carrefour du Boulevard circulaire et de la RN1, Ouaga-Bobo-Dioulasso.

Cette année connaîtra également le démarrage des études en vue du bitumage des routes :

- Dédougou-Nouna-Djibasso-frontière du Mali,
- Garango-Guiba,
- Tougan-Ouahigouya,
- Kantchari-Diapaga-Tansarga-frontière du Bénin,
- Ouahigouya-Thiou-frontière du Mali,
- Koudougou-Réo-Tougan,
- Kongoussi-Djibo-Baraboulé-frontière du Mali.
Dans le domaine des infrastructures routières, il me semble important de noter en 2006, la poursuite des travaux sur les pistes rurales, en vue d’assurer un désenclavement de proximité. Ces actions seront maintenues en 2007 et se consolideront à travers la construction, la réhabilitation et l’aménagement de plus de 1500 km de pistes rurales.

Nous avons également poursuivi les actions d’élaboration de documents de planification urbaine et d’aménagement des centres urbains. Dans ce cadre, il faut saluer le démarrage effectif des travaux de voirie du projet ZACA, d’un coût global de 25 milliards de F CFA.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

La promotion et la protection de l’enfant et de l’adolescent, la promotion et la protection sociale de la famille, la promotion de la solidarité ainsi que la protection des groupes spécifiques, ont été au centre de l’action gouvernementale en 2006.

Nous avons également poursuivi nos efforts pour la promotion de la femme. Ils ont notamment visé l’amélioration du statut social et juridique de la femme, la promotion de l’accès des femmes aux sphères de décision, la santé de la mère et de l’enfant, ainsi que le renforcement des capacités et l’expertise des femmes.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Dans le domaine de la santé, le renforcement de la couverture sanitaire et de l’accès aux médicaments, la lutte contre la maladie et la santé de la mère et de l’enfant, constituent les principaux axes sur lesquels se sont focalisées les actions du Gouvernement en 2006.

Sur le plan de l’accès aux médicaments, les actions du Gouvernement ont porté sur la dotation de tous les nouveaux CSPS en kits de Médicaments Essentiels Génériques (MEG). En outre, pour garantir la gratuité des soins préventifs aux femmes enceintes et aux enfants de 0 à 5 ans, toutes les formations sanitaires ont été dotées en médicaments et consommables pour un montant de 466, 83 millions de francs CFA.

La lutte contre la maladie en 2006 a été marquée par le renforcement des mesures pour une prise en charge précoce et correcte des cas de méningite et un accès au traitement gratuit.

En outre, la prise en charge du paludisme grave a été l’objet d’une attention particulière courant 2006, à travers la dotation de toutes les structures de références en kits, la dotation des districts sanitaires de médicaments de prise en charge des cas d’urgence et de moustiquaires imprégnées.

Au niveau de la lutte contre le VIH/SIDA, les efforts ont porté sur l’accroissement du nombre de centres de dépistage volontaire qui est passé de 93 en 2005 à 114 au 31 décembre 2006, et la mise en place d’un comité technique de surveillance épidémiologique. Les actions de prise en charge ont permis de mettre 12 842 personnes vivant avec le VIH sous ARV au niveau de 60 structures de prise en charge médicale. Les efforts conjugués de tous les acteurs Burkinabè impliqués dans la lutte contre le fléau et soutenus par la communauté internationale, font que le taux de prévalence du VIH/SIDA se situe à 2 % au 31 décembre 2006 dans notre pays, alors qu’il était de 4,2 % en 2001.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Les résultats obtenus au niveau des enseignements formel et non formel, au cours des cinq dernières années, traduisent une amélioration significative de l’offre d’accès à l’école.

Les progrès ont été particulièrement significatifs dans le domaine de la scolarisation des filles.

En dépit des difficultés rencontrées dans la réalisation des infrastructures, le nombre de salles de classe s’est accru. Parallèlement, 1 610 logements de maîtres, 1185 latrines et 752 forages ont été réalisés. Ces investissements ont permis de rehausser l’effectif total des élèves de façon remarquable. Ainsi, le taux brut de scolarisation qui était de 45% en 2001-2002 est passé à 67% en 2005-2006, ce qui représente un effort exceptionnel, et nous sommes ainsi sûrs d’atteindre le taux de 70 % que nous nous sommes fixés pour 2010.

Il convient de souligner la généralisation progressive de la distribution gratuite des fournitures et manuels scolaires à travers tout le pays. Le taux de couverture des écoles en cantines a atteint 61% et des dotations en vivres d’une valeur de 3,6 milliards de francs CFA ont été faites aux écoles en milieu rural.

En ce qui concerne la qualité, les principaux indicateurs connaissent une évolution favorable depuis 2001.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

Dans le domaine de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle, les efforts déployés ont imprimé une progression considérable en termes de nombre de centres de formation et d’effectifs d’apprenants. Le nombre d’inscrits en alphabétisation initiale est passé de 182 323 en 2003-2004 à 188 475 en 2005-2006, avec une hausse de la participation des femmes qui représentent 57,7% des effectifs.

En formation complémentaire de base, alors que le nombre d’apprenants était seulement de 31 433 en 2001-2002, celui-ci a atteint 117 477 en 2005-2006 avec un accroissement très significatif des femmes. Sur la même période, le nombre de Centres de Promotion en Alphabétisation Fonctionnelle (CPAF) a triplé, passant de 4 601 à 12 110. Il en est de même pour les Centres d’Education de Base Non Formelle (CEBNF) dont le nombre a atteint 3 131 en 2006.

En soutien à cette dynamique, le Fonds National pour l’Alphabétisation et l’Education Non Formelle (FONAENF) a mobilisé en 2006 une somme de 4,7 milliards de francs CFA pour financer 304 opérateurs en alphabétisation.

Nos efforts seront poursuivis cette année avec la mise en œuvre de la Phase 2 du PDDEB, qui bénéficiera de 22,5 milliards de francs CFA au titre du Fonds de Soutien à l’Education de Base. Par ailleurs, le processus de réforme et de décentralisation du système éducatif qui a été amorcé à travers la révision des curricula et la relecture des textes fondamentaux, entrera dans sa phase d’application.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Au niveau de l’enseignement secondaire général, l’accroissement des capacités d’accueil s’est traduit par l’ouverture de 24 nouveaux CEG publics et l’érection de 9 CEG en lycées départementaux.

Dans le souci d’encourager l’initiative privée en matière de création d’établissements secondaires, un cadre formel a été défini à travers la signature de la convention entre l’Etat et l’Union Nationale des Etablissements d’Enseignement Privé Laïcs (UNEEP-L), qui a bénéficié en 2006 d’une subvention de 250 millions de francs CFA.

Au titre de l’enseignement technique et professionnel, la convention de financement de 30 milliards de francs CFA signée avec la partie Taïwanaise, permettra la construction et l’équipement de 4 lycées professionnels provinciaux et 13 centres régionaux de formation technique et professionnelle.

Nos efforts d’expansion de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, ont permis d’accroître les infrastructures d’accueil et de renforcer les effectifs des personnels enseignants des universités de Ouagadougou, Bobo-Bioulasso et Koudougou.

Notre volonté de déconcentration et de développement de l’enseignement supérieur sera poursuivie et renforcée, avec l’ouverture des universités de Fada N’Gourma, de Ouahigouya, de Ziniaré et de Ouaga II entre 2007 et 2009.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Facteur essentiel d’épanouissement et de lutte contre la pauvreté, l’emploi reste une préoccupation constante du Gouvernement.
Dans le domaine du financement des micro-projets, le Fonds d’Appui à la Promotion de l’Emploi (FAPE) a financé en 2006, 104 entreprises, dans les domaines agro-pastoral, artisanal, commercial, de prestation de services et des transports, pour 371 millions de francs CFA. Ces actions de financement des entreprises et de préfinancement des promoteurs, ont généré au total 670 nouveaux emplois.
Quant au Fonds d’Appui au Secteur Informel (FASI), il a financé 1 623 micro-projets pour 755, 6 millions de francs CFA, permettant ainsi la création de 339 emplois et la consolidation de 4 087 autres.

Tout en veillant à l’amélioration de la qualité de la formation professionnelle, il a été expérimenté en 2006, la certification des formations professionnelles pour valoriser et ouvrir de plus grandes perspectives aux jeunes formés.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs
les Députés,

L’une des caractéristiques du marché du travail au Burkina Faso, est l’accroissement des effectifs des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur en fin de cycle, qui éprouvent des difficultés d’insertion socioprofessionnelle.
Pour endiguer ce phénomène et promouvoir l’emploi des jeunes diplômés, le Gouvernement a entrepris la mise en œuvre de programmes d’amélioration de l’employabilité des jeunes de l’enseignement supérieur, en vue de favoriser leur insertion socioprofessionnelle.

Conscient de l’enjeu que constitue la jeunesse, le Gouvernement a initié plusieurs actions en vue de susciter sa participation consciente à la construction d’une nation unie et prospère, à travers la consolidation des canaux de dialogue avec les jeunes, la promotion du mouvement associatif et le renforcement des infrastructures de base.

Le lancement du Programme National de Volontariat le 13 février dernier, constitue un signal fort pour la mobilisation de la jeunesse sur les chantiers de développement de notre pays. Ce programme viendra en renfort aux activités du Service National pour le Développement (SND) qui, en 2006, a réalisé la formation civique et patriotique de 3.900 jeunes, dont 600 ont en outre bénéficié d’une formation professionnelle.

Afin d’élargir l’accès des jeunes au financement des micro-projets, le Gouvernement mettra en place courant 2007 le Fonds d’Appui aux Initiatives des Jeunes (FAIJ) qui vise l’amélioration de l’accès des jeunes au crédit en général, et particulièrement à assurer les financements des projets des jeunes formés en entreprenariat. Doté d’un budget de 5 milliards de francs CFA sur cinq (05) ans, ce Fonds constitue une initiative volontariste, qui viendra renforcer le dispositif de soutien à la création de micro-projets et à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Durant les cinq années de la législature qui s’achève, mon gouvernement a permis aux travailleurs du public comme du privé, d’engranger de nombreux acquis à travers les cadres de dialogue que nous avons institués. Au nombre des ces acquis, je citerais :
- le relèvement de l’âge de départ à la retraite ;
- l’institution de l’indemnité de départ à la retraite ;
- le relèvement de la part patronale au niveau de la CARFO ;
- la création de la branche de prévention et de réparation des risques professionnels ;
- la régularisation des avancements des agents publics de l’Etat avec les effets financiers y afférents ;
- l’adoption des textes d’application du code du travail ;
- l’élargissement de la couverture sociale ;
- le relèvement de la pension vieillesse de la CNSS ;
- le relèvement du montant de l’allocation familiale ;
- la baisse des prix des hydrocarbures grâce à des initiatives audacieuses que nous avons su développer.

Ces efforts dont la majeure partie ont des effets d’amélioration structurelle sur les conditions de vie des travailleurs, montrent à l’évidence, le sérieux avec lequel le Gouvernement s’attaque aux préoccupations essentielles du monde du travail.

Dans cet esprit et dans notre souci constant de partager équitablement les fruits de la croissance, j’annonce une augmentation générale de salaires, au taux unique de 5% pour toutes les catégories salariales, pour compter du 1er avril 2007. De même, en vue de contribuer davantage à l’efficience du fonctionnement des différentes organisations syndicales de notre pays, la subvention de l’Etat y afférente passe de 100 à 150 millions de F CFA, pour l’exercice budgétaire 2007.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Le Sport a toujours requis une attention particulière de l’Etat. A cet effet, il convient de rappeler l’effort soutenu du Gouvernement qui, dans la limite des moyens disponibles, s’est toujours investi pour permettre l’organisation des compétitions nationales et assurer la participation du Burkina Faso aux compétitions internationales, à travers les différentes fédérations sportives.

Dans le même sens, des efforts importants sont consentis chaque année pour la formation des cadres sportifs, la réalisation, avec l’appui de nos partenaires au développement d’infrastructures sportives, dans la perspective d’une couverture totale du territoire national.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,

La politique du Burkina Faso en matière de culture et de tourisme est toujours sous-tendue par le souci majeur de développer une synergie d’actions entre ces deux secteurs complémentaires, dynamiques et en pleine émergence.
Pour atteindre cet objectif, l’action gouvernementale a consisté en 2006 à renforcer le cadre institutionnel et juridique, à stimuler la création et la diffusion artistique et culturelle, à soutenir la modernisation des infrastructures touristiques et le renforcement de la dynamique interne des secteurs de la culture et du tourisme. Des actions de sauvegarde et de promotion du patrimoine culturel et touristique ont été également au centre de nos préoccupations.

La créativité et le renforcement de la protection des artistes et de leurs œuvres, a été le but recherché à travers l’organisation de Grands Prix Nationaux, la diffusion artistique et les facilités offertes pour des sorties de plus en plus nombreuses d’artistes burkinabé à l’extérieur. Par ailleurs, le dispositif de lutte contre la piraterie a été renforcé.

Au regard de l’impact et de la notoriété des grandes manifestations culturelles, artistiques et touristiques sur le développement de notre pays et singulièrement son image et sa vocation de pays de services, toutes les dispositions ont été prises pour assurer leur succès. Ainsi, notre pays a respecté la tradition en 2006 en organisant la 13ème édition de la Semaine Nationale de la Culture (SNC), la 10ème édition du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO), les 3èmes Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO), la Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO), ainsi que la 3ème édition du Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO).

Dans le même registre, nous venons de clôturer la 20ème édition du FESPACO dont les succès cumulés lui ont valu la médaille “Fédérico FELLINI ” de l’UNESCO. Ces diverses activités ont toutes tenu le pari de l’amélioration de leur organisation et de leur ouverture aux acteurs de la sous-région et du reste du monde, confortant ainsi l’image du Burkina Faso comme vitrine de l’art et de la culture du continent africain.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

La confiance dont jouit notre pays sur le plan régional, africain et international, lui vaut aujourd’hui la place qui est le sien dans le réseau relationnel des organismes de coopération régionale et multinationale, ainsi que dans ses relations diplomatiques internationales.
Fidèle aux idéaux des Nations Unies et attaché aux principes fondamentaux du droit international, le Burkina Faso s’est fortement investi durant l’année 2006 dans la promotion de la paix, la sécurité, la coopération et la justice dans le monde, la prévention et le règlement des crises et conflits, ainsi que le renforcement de l’intégration africaine.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Le bilan que je viens de vous présenter montre que l’année 2006 nous a permis de consolider nos acquis dans le raffermissement de l’Etat de droit et la construction harmonieuse d’une nation forte et prospère. Conformément au programme quinquennal du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, les efforts seront poursuivis au cours des années à venir, afin que l’objectif de faire du Burkina Faso un pays émergent à l’horizon 2015, soit une réalité.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,

Le 14 avril 2007, à partir de zéro heure, s’ouvrira la campagne pour les élections législatives du 6 mai 2007. Cinquante partis ou formations politiques ont déposé des listes soit dans la totalité des circonscriptions, soit dans certaines d’entre elles, pour participer à cette compétition démocratique. Au nom du Gouvernement, je voudrais leur adresser nos félicitations et nos encouragements, à elles toutes, car, c’est par leur action, que la démocratie prend corps et se développe dans notre pays.

A l’orée de cette grande consultation nationale, j’ai le plaisir d’annoncer une augmentation significative du financement des partis politiques, qui passe de 300 à 500 millions de F CFA, pour l’exercice budgétaire 2007.
J’invite tout un chacun à faire de ces élections, un tremplin pour le rayonnement continu du Burkina Faso.

Honneur et grandeur pour notre pays.

Je vous remercie.

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