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Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • vendredi 19 février 2021 à 23h59min
Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

Alors que l’actualité nationale est dominée par les débats sur la réconciliation nationale, le chargé de communication du Mouvement Plus rien ne sera comme avant (MPRESCA), Nassourou Guiro, a aussi son avis sur la question. Pour cet acteur de la société civile, tant que certaines personnes ne reconnaitront pas leurs méfaits, la réconciliation sera difficile.

Lefaso.net : Quel est votre avis sur cette question de réconciliation nationale ?

Nassourou Guiro : Depuis la nomination de Zéphirin Diabré comme ministre en charge de la Réconciliation nationale, cela amène de la polémique et les gens en parlent. Effectivement, la réconciliation, c’est bien. On ne peut pas exclure la réconciliation ; si le peuple a un problème, on ne peut pas l’exclure. Mais il y a des gourous d’hier qui viennent aujourd’hui pleurer la réconciliation nationale. Au lieu de passer par la justice, ils demandent une réconciliation. Je me demande ce qui se passe.

Vous savez, les gens ont fait une insurrection populaire, ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas de Blaise Compaoré, mais parce qu’il y a eu trop d’impunité sous sa gestion. Il y a eu beaucoup d’injustice sous sa gestion, c’est ça qui a amené l’insurrection populaire. Ce qui a permis au président Roch Kaboré d’être élu démocratiquement. Comme il est arrivé, il doit prendre une voie pour que le pays connaisse un vrai changement. Pour que la justice puisse faire son travail, il faut que tous ceux qui doivent répondre devant la justice, puissent répondre devant la justice.

Vous savez, un État de droit, il faut le construire dans cette dynamique. Si nous voulons déplacer la justice pour nos relations, nous risquons d’enfoncer le pays dans des situations. S’il y a des personnes qui reconnaissent leurs faits et qui peuvent demander pardon, c’est déjà une réconciliation.

Mais tant que ces personnes ne reconnaissent pas leurs faits, et on embarque tout le monde pour la réconciliation, il y a anguille sous roche. On sait que Roch Kaboré, c’est un grand rassembleur, il veut rassembler tous les Burkinabè. Depuis qu’il est arrivé, on a vu beaucoup de changements. Mais côté justice, il y a un sérieux problème. Il faut demander aux acteurs de la justice de se lever ; c’est leur rôle. Qu’ils jouent leur rôle pour que le pays puisse continuer dignement.

La vidéo de l’ancien président Blaise Compaoré semble avoir ému plusieurs personnes. Qu’en avez-vous pensé ?

Ceux qui ont fait la vidéo savent ce qu’ils cherchent. De toute façon, Blaise Compaoré peut passer par la justice et sortir libre. La justice ne veut pas dire forcement que quand tu réponds à la justice, tu es forcement condamné. Non ! La justice n’est pas cela. Nous demandons que chaque citoyen burkinabè qui est capable de gérer ce pays prenne ses responsabilités.

La gestion d’un pays n’est pas la gestion d’un champ, ce n’est pas la gestion d’un patrimoine ; c’est le patrimoine de l’État. Il faut que chacun puisse répondre de ce qu’il a fait, de sa gestion. Je pense que si Blaise Compaoré doit répondre, il doit répondre. Il faut prendre l’exemple de Gilbert Diendéré et de son équipe du RSP [Régiment de sécurité présidentielle] qui ont répondu devant la justice et qui sont en train de purger leur peine. Mais si chaque fois qu’il y a des problèmes, on les déplace et on part à la réconciliation, cela veut dire que nous sommes en train de faire autre chose.

Regardez la Journée du pardon ; c’est François Compaoré (frère de Blaise Compaoré) qui devait répondre devant la justice, et Blaise a embarqué tout le monde. Regardez l’affaire Nobert Zongo ; la justice devrait régler le problème, et on a embarqué tout le monde dans la Journée du pardon. On a pris notre petite ressource pour déverser dans la Journée du pardon. Aujourd’hui, on dit réconciliation ! Mais je me demande combien de militaires sont tombés. Combien de civils sont tombés ? Combien de personnes qu’ils ont traumatisées dans ce pays ? Tout cela, il faut embarquer pour une réconciliation ?

Si le président Roch Kaboré doit travailler comme Jerry John Rawlings (ancien président du Ghana), je pense que ce serait bien. Quand il est arrivé au pouvoir, il a tracé des sillons et aujourd’hui tout le monde réclame Jerry Rawlings. Ce sont ces balises qu’on attendait de Roch Kaboré depuis 2015. Il est venu trouver une situation, il fallait gérer la situation, il ne faut pas laisser l’impunité continuer. Il faut mettre l’autorité de l’État en place, c’est ce qu’on demande. Mais on exclut la justice, et à chaque fois on exclut les problèmes, l’histoire nous rattrape. On ne peut pas continuer dans ce sens.

Interview réalisée par E.K.S
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 19 février à 23:25, par Le citoyen En réponse à : Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

    Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant.
    Bien dit, à commencer par tous ceux qui ont régné par pendant la vingtaine d’années avec Blaise Compaoré. Pas de sélection ici dans ce pays, aucun Burkinabè ne dépasse l’autre en droits et en devoirs.

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  • Le 20 février à 02:01, par Nabiiga En réponse à : Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

    @ Le citoyen

    ...encore faut-il que ceux à qui te réfères sournoisement, aient fait quelque chose de reprochable. Ce n’est pas parce qu’on est serviteur d’un mauvais roi qu’on devient forcément une mauvaise personne. Pour rappel, certain cadres de l’Allemagne Nazi ont été blanchis au tribunal de Nuremberg. Non plus, la réconciliation ne doit pas compris comme un tribunal où les gens, qu’ils aient soupé avec le diable ou pas, doivent passer pour avouer de leurs crimes. On ne parle pas d’ assises de pardon, encore moins une commission de vérité et réconciliation du type Sud-Africain où des gens et/ou organisations, tant étatiques que privées, connus pour avoir commis des crimes odieux furent obligés de passer devant la commission pour avouer. Si c’est ta lecture de la réconciliation, il te faudra bien te renseigner afin d’amoindrir tes attentes sinon, tu risques de piquer une crise cardiaque, et ce sera triste. N’gaw

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  • Le 20 février à 04:54, par yelmingaan blaan saa hien En réponse à : Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

    hum !la justice:la justice !quelle justice ?la justice sélective ?la justice des vainqueurs ?la justice qui condamne seulement les amis ou complices d hier aujourd’hui en disgrâce ou celle qui ne s en tient qu au faits ?la justice,la justice dans quelle contexte ?dans ce contexte ou les présumés coupables ou principaux témoins pourraient être au bas mot, le fils du roi,la tante,le cousin,le frère,l ami du roi ?quel roi alors ?sage ou fou ?
    la justice,la justice,quelle justice ?celle exclusivement coloniale ou celle intégrant nos valeurs culturelles,traditionnelles une fois au moins ou par moment ?la justice,la justice !quelle justice ?celle attendant la fin hypothétique de la dynastie CDPet mutants pour être rendue pendant que prés de trente huit ans(depuis au moins la révolution) de meurtrissures éprouvent ou celle réaliste et possible aujourd’hui avec l’ère des mutants ?la justice,la justice,quelle justice ?celle pouvant permettre le rapatriement pour des projets pour jeunes de milliards détournés contre indulgence ou celle de façade ?la justice,la justice,quelle justice ?le bon procès ou le mauvais arrangement ?

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  • Le 20 février à 07:14, par Nabayouga En réponse à : Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

    Cher monsieur, vous avez raison, tant qu’on ne jugera pas ctous ceux qui ont tué pendant plus d’un quart de siècle, la réconciliation restera une illusion et les coeurs resteront souffrants. Kouassi blaise compaoré a tué pendant des années, alors il doit payer. Il doit d’abord dire où est enterré Thomas sankara et bien d’autres. C’est à ce prix que la réconciliation peut etre envisageable. A defaut le peuple burkinabè se réconciliera sans lui et l’histoire se chargera de lui. S’agissant de l’image du bourreau de Sankara sur les réseaux sociaux, elle est faite sciemment en vue d’amadouer le peuple burkinabè mais en vérité ce peuple nest pas amnésique et sait ce que kouassi blaise compaoré lui a fait subir pendant tout son règne. Pas de réconciliation sans justice. Lhistoire montre que chaque déni de justice est une voie pour la répétition. Le bourreau kouassi blaise compaoré e, sa famille, sa bande doivent etre jugés et condamnés car il n’y a aucun doute qu’il a tué, pillé. Cest la condition sine qua non dune réconciliation vraie, authentique et résiliente.

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  • Le 20 février à 08:18, par kabore En réponse à : Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

    moi personnellement,je suis tout à fait d’accord avec vous parce que si certains Burkinabè pensent que le problème majeur du pays est la réconciliation,c’est leur point de vu et je ne dis pas non ;mais,tout le monde sait que c’est la corruption,les détournements de fonds et les crimes impunis qui ont conduit à l’insurrection et non un problème de mésentente entre les Burkinabè.Donc,même avec la réconciliation,ceux qui ont des problèmes de justice doivent être jugés car ces 2 problèmes ne sont pas similaires.

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  • Le 20 février à 14:01, par Ka En réponse à : Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

    Nassourou Guiro : Bravo, car, dénoncer les choses qui ne vont pas, n’est ni une offense ni une atteinte à la sécurité nationale. Bien au contraire, c’est une aide vers la perfection (qui, quoi qu’il en soit, n’est pas de ce monde. ‘’’Sans la justice il n’y aura aucune réconciliation.’’’

    Et ce qui ne regarde que Ka, sans que les auteurs des deux crimes odieux, celui de Thomas Sankara et de Norbert Zongo qui a divisé le Burkina ne sont pas jugés, il sera inutile de parler de réconciliation.

    Depuis plus de 30 ans, de l’intellectuel a la population primaire, de la ville a la campagne, on ne parle que ces deux crimes qui a bouleversé le continent et même le monde entier. Créé un ministère pour camoufler ces faits, est de mettre de l’huile sur le feu. Si Blaise Compaoré veut rentrer dans son pays, personne ne l’empêche, simplement il doit passer par la justice de son pays. Car, le combat pour la justice est celui le plus difficile à mener, car, on ne se bat pour personne en particulier, mais pour que la justice soit pour tous (sans exception).

    C’est pourquoi je souscris entièrement ce qui a été écrit par Nassourou Guiro. Enfin voilà une personne qui ne veut pas porter de masque pour dire la vérité qui rougit les yeux, mais ne les casse pas. Ce n’est pas trop tard, il a fallu la création d’un ministère de la réconciliation suivis des polémiques sans fins, pour afin trouver le chemin de la vérité sur la vraie réconciliation qui ne peut aboutir que par la justice ! "La réconciliation et le rassemblement oui," mais pas à n’importe quel prix. L’impunité n’est pas acceptable.

    Alors chers acteurs de la réconciliation, cessez de mentir au peuple Burkinabé. Et comme je ne cesse de le répéter, ‘’’’le mensonge dégrade la dignité de l’homme, il suppose dans celui qui l’emploie le dessein prémédité de vouloir tromper, et je confirme que le peuple Burkina a besoin qu’on panse les plaies par la justice pour restaurer la capacité d’écoute et de pardon.’’’

    Personne au pays des hommes intègres n’a la clé de la réconciliation sans la justice. Car, il n’y a pas à discuter sur la réconciliation comme-ci, ou la réconciliation comme ça, la réconciliation ne se décrète pas, c’est une affaire qui est dans le cœur de tout en chacun. La vraie réconciliation, sincère, profonde, ça ne se décrète pas et ça ne se fait pas en supprimant des plaintes, ou faire revenir une personne avec des poursuites judiciaires derrière les fesses sur un tapis rouge. Que chacun assume ses actes pour qu’on lui pardonne, point barre.

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  • Le 20 février à 14:29, par Mbalè En réponse à : Réconciliation nationale : « Il faut d’abord que chacun réponde de ce qu’il a fait, de sa gestion », avance Nassourou Guiro du Mouvement Plus rien ne sera comme avant

    Justice d’abord ? D’accord. Mais, elle ne doit pas concerner les seuls dossiers Thomas Sankara, Norbert Zongo, Dabo Boukari et autres dossiers emblématiques. Depuis 1960 jusqu’à l’ "insurrection" en passant par la "révolution" avec le Conseil National de la Révolution (CNR) et ses Conseils de Défense de la Révolution (CDR), de nombreuses autres personnes ont été aussi victimes de violences en politique toutes aussi graves les unes que les autres. Pour une justice égale pour tous, leurs cas devront être également pris en compte. Et les auteurs de ces violences (meurtres, blessures volontaires, viols, licenciements et révocations de la fonction publique arbitraires, incendies de biens privés et publics, vols, pillages, etc..) devront tous, aussi bien que les autres, être recherchés, poursuivis et punis conformément à la loi, en toute équité et en toute impartialité. Ou alors, s’ils doivent être absouts, que tous les auteurs de ces crimes le soient (il ne saurait y avoir deux poids deux mesures), à charge pour l’Etat de dédommager les victimes. Décidément, DAME JUSTICE et MONSIEUR "RECONCILIATION NATIONALE ET COHESION SOCIALE" ont du pain sur la planche !

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