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Salif Diallo et l’affaire des 30 millions : "Je ne suis pas l’envoyé du chef de l’Etat"

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • samedi 20 août 2005 à 16h10min

Ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Secrétaire général du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et directeur national de campagne du président Compaoré, Salif Diallo.

Aimé ou désavoué, le personnage reste incontournable dans le système et est même qualifié, à tort ou à raison, de "demi-dieu" parce qu’il est très proche de Blaise Compaoré. Le vendredi 12 août 2005, il a rendu visite aux Editions "Le Pays" et, naturellement, s’est prêté au jeu de questions-réponses avec la rédaction, après une visite guidée conduite par le directeur général, Boureima Jérémie Sigué.

Au menu des échanges, il y avait la guerre contre les détourneurs de vivres, la candidature de Blaise Compaoré, l’avenir politique des Etats africains, l’affaire des 30 millions reçus par l’OBU, etc.

Dans quel cadre peut-on situer votre visite à notre siège. Car, il faut reconnaître que cela n’arrive pas tous les jours...

Salif Diallo : Depuis longtemps, je nourrissais le projet de rendre visite à votre journal. Mais chaque fois, c’est remis à plus tard, compte tenu des différentes occupations. Maintenant, avec les vacances gouvernementales, c’est un peu calme. J’ai demandé à faire le tour des rédactions. Il faut au moins comprendre comment vous fabriquez le journal. C’est bien beau d’avoir chaque matin son journal en main, mais derrière le journal, il y a des hommes et des femmes qui travaillent et participent ainsi au renforcement de la démocratie.

Quand on parle de démocratie, un des piliers essentiels, c’est la presse. On l’aime ou on ne l’aime pas, mais la presse est utile et indispensable en démocratie. Dans cette logique, le journal "Le Pays" a acquis ses lettres de noblesse et je ne le dis pas par démagogie. Parce que j’ai assisté, comme nombre de Burkinabè, à votre naissance. Et on avait dit encore que c’était le genre de canard qui allait disparaître au bout de deux mois. Mais après plusieurs années, vous êtes toujours sur la place. Et au-delà même de l’existence physique du journal, il y a une amélioration certaine du contenu, la recherche d’une certaine objectivité. C’est ça qui est important.

Les lecteurs que nous sommes jugeons le journal, tant du point de vue physique que du point de vue du contenu. Et sans détour, c’est votre éditorial que je lis presque chaque matin. Parce que ce sont des questions de fond qui y sont traitées. L’événementiel, c’est l’événementiel. Mais le fond, c’est la manière dont vous commentez les événements à travers vos éditoriaux. Je n’ai pas toujours été d’accord avec vous sur certains éditoriaux, mais en tant que politique, c’est ma vision des choses. Souvent même j’ai été farouchement hostile. Mais je trouve que dans l’ensemble, c’est bien réfléchi, c’est bien pensé. Et ça donne une crédibilité, non seulement à la presse nationale, mais aussi à l’ensemble de la presse.

J’écoute souvent aussi les revues de presse sur des voix africaines. Et votre journal est souvent cité. J’ai souvent aussi voyagé avec vos journalistes dans des conditions difficiles (sans manger ni boire dans la brousse). Je tiens à vous remercier pour cela. Car c’est aussi votre contribution à l’effort de construction nationale.

Je remercie donc les journalistes pour l’assiduité et le travail qui est fait sur le terrain. Je suis là pour m’entretenir avec les travailleurs. Je viens également prodiguer les encouragements d’un citoyen, qui est aussi acteur quelque part. Merci beaucoup pour l’accueil. Je n’étais pas venu vraiment pour faire une interview, mais, comme je suis dans une rédaction ... Aujourd’hui, c’est moi qui les pose, les questions. Comment on fabrique le journal ? Comment vous recevez les informations ? (Rires).

Quel est le commentaire du ministre Salif Diallo, directeur national de campagne de Blaise Compaoré sur la déclaration de Hermann Yaméogo ce matin (12 août 2005) sur RFI ?

Je n’ai pas suivi. Pour être honnête, ce matin j’étais sur Euronews. Mais, résumez moi ça ! (Le regard tourné vers son Directeur de la Communication et de la presse ministérielle).

En fait, il dit qu’il n’est pas d’accord avec la candidature du président Blaise Compaoré et que cette candidature pourriat conduire à des crises.

C’est toujours la même rengaine ! Cette question est, à mon avis, dépassée. Nous sommes dans un Etat de droit. L’opposition, et particulièrement Me Hermann Yaméogo, a toutes les voies de recours pour protester, pour ester en justice contre une décision qu’elle trouve illégale. Mais de là à prévoir des crises...

De notre côté, nous estimons que nous sommes dans un Etat de droit, et que les lois doivent s’appliquer pour maintenir l’ordre public. Ce faisant, la candidature du président Blaise Compaoré, non seulement est légale, mais légitime. Légale, parce qu’au regard de la modification de la Constitution (article 37), et je l’ai dit à maintes reprises, il n’y a pas d’opposition de principe. Cette révision de l’article 37 ne peut pas être rétroactive. Les juristes l’ont bien évoqué. Et pour interpréter cette disposition constitutionnelle, je vous renvoie aux travaux préparatoires.

J’ai personnellement pris part aux travaux de la Commission de réforme politique de 1999. Cette commission a été extrêmement claire. Le mandat est d’une durée de cinq ans, renouvelable une fois. Et l’alinéa suivant était que cette disposition ne concernait pas le mandat en cours. C’était au niveau des travaux préparatoires. Maintenant, du point de vue juridique, nous sommes ici dans l’interprétation du conflit des lois dans le temps. Et là-dessus, il n’y a que deux principes : l’effet immédiat ou la non-rétroactivité. L’effet immédiat, en tant que principe, n’a pas été appliqué, sinon on aurait écourté le mandat du président Compaoré. Donc, c’est la non-rétroactivité qui est de mise ici. ça, c’est du point de vue juridique.

Ensuite, il y a aujourd’hui que dans notre pays, il existe la Cour constitutionnelle, qui peut entendre ceux qui protestent sur cette question, et donner son avis. Pourquoi depuis longtemps, les députés de l’opposition ou les opposants ne saisissent-ils pas la Cour. C’est trop facile de dire que la Cour est partisane et qu’on ne va pas vers elle. Dans ces conditions, mieux vaut ne même pas participer à l’ensemble du processus électoral. Puisque c’est à cette même Cour que vous allez plus tard envoyer vos recours et vos contestations. Donc, soit on est en démocratie, et on utilise les instruments et les outils de l’environnement démocratique pour faire valoir ses droits, soit on n’est pas en démocratie, qu’on ne veut pas de la démocratie et qu’on veut utiliser d’autres moyens. De ce point de vue, la polémique, pour moi, est en fait épuisée. C’est un combat d’arrière-garde.

Actuellement, il s’agit d’aller se soumettre à la décision souveraine du peuple, à travers le suffrage universel. Je comprends qu’à l’heure actuelle, certains politiciens ayant fait le point des rapports de force veuillent trouver des échappatoires pour ne pas aller au suffrage universel. Là aussi, c’est une façon de se refuser au jeu démocratique. C’est pour trouver des prétextes pour ne pas aller au suffrage. C’est comme ceux-là qui rédigent des déclarations de fraude avant même que les élections aient lieu pour couvrir "leur honte", leur débâcle.

Non, il s’agit pour nous d’aller tranquillement, de façon honnête et sur une base d’égalité, aux élections. Que le meilleur gagne ! Et nous pensons qu’il faut faire confiance à notre peuple pour faire le bon choix. Si le président Compaoré est battu au soir du 13 novembre, il s’en ira. Mais si le peuple lui renouvelle sa confiance, il restera. ça, c’est du point de vue politique. Donc, cette polémique, pour moi, est dépassée.

Concernant l’affaire des 30 millions reçus par l’OBU, vous seriez l’envoyé spécial mystérieux du chef de l’Etat vers Laurent Bado et Emile Paré...

Quels 30 millions ? Moi, j’ai lu dans les journaux. En tout cas, les concernés ne m’ont jamais cité. Il y a des rumeurs, on spécule ... Vous savez, nous sommes dans une situation d’oralité. Les gens spéculent. Ni M. Paré ni M. Bado n’ont dit que Salif Diallo est l’envoyé ... Vous savez, dans ce pays on attribue beaucoup de choses à beaucoup de gens, sans fondement. Donc, tant que je n’ai pas été interpellé par monsieur X ou Y, je trouve que ce sont des rumeurs.

Que pensez-vous du fait que ce soit le président qui donne de l’argent à l’opposition pour qu’elle soit crédible ?

Je n’ai eu à discuter ni avec M. Bado ni avec M. Paré. Ce sont les journaux qui rapportent. Je ne peux pas apprécier vraiment ces propos sans plus d’amples informations.

Mais vous, en tant que directeur national de campagne du président, quel regard portez-vous sur cette affaire ?

Je n’ai pas l’information exacte. Je n’ai pas les données de l’affaire, je ne veux pas donner une appréciation erronée. Je préfère observer. Peut-être qu’en temps opportun, on pourra se prononcer.

L’intéressé lui-même a dit avoir été contacté par un envoyé du président...

Ça, c’est M. Bado qui l’avance. Mais moi dans tous les cas, je connais le député Laurent Bado. Je trouve que c’est un homme honnête. Un honorable homme, ça je le dis. Et je ne pense pas que M. Bado ait cherché de l’argent pour sa propre personne. Maintenant, les détails de l’affaire, qui ressemble à une sorte d’intrigue entre les dirigeants de l’OBU, je ne les ai pas. Et je ne veux pas me prononcer sur une affaire dont je ne connais pas très bien les tenants et les aboutissants.

L’affaire du récent détournement de vivres pose, à notre avis, une question de moralité. Est-ce qu’il ne faudrait pas travailler en amont pour responsabiliser des gens de bonne moralité ? Ne faudrait-il pas également élargir l’enquête à d’autres régions ?

Pour être franc, la procédure est que ces gens iront en prison. Une plainte a été déposée en bonne et due forme par le procureur de la région de Dori. Les coupables vont donc répondre devant la justice. Parce que, au lieu que les vivres soient distribués par les structures mises en place à cet effet, c’est-à-dire les COPROSUR, où tout le monde est représenté, aussi bien les communautés de base que l’Administration, et qui sont chargés de superviser la distribution, ils sont soustraits en partie par les agents indélicats en question.

Actuellement, au niveau des ministères de l’Agriculture et de l’Action sociale, nous veillons à ce que tous les vivres envoyés soient effectivement distribués par le COPROSUR. Et tous les membres de cette structure, communautés de base et Administration, chacun doit émarger et certifier que la distribution a été faite dans les normes. Nous avons demandé aussi à toutes les unités de gendarmerie dans les régions, de suivre les procédures en vigueur.

Chaque fois que nous avons vent d’un cas de détournement, nous renforçons le contrôle. Et s’il s’avère qu’il y a un fautif, on le sanctionne. J’avais, en avril, annoncé les couleurs. Et j’avais dit qu’on allait être sévère à l’endroit de ceux qui commettraient de tels actes. Parce qu’au-delà de l’illégalité que constitue le détournement, il y a même une question de moralité. Devant des gens qui peinent à trouver à manger et des enfants qui sont dans la souffrance et qui peuvent trépasser, ce n’est pas acceptable qu’un fonctionnaire, pour boire beaucoup plus de bière et manger plus de viande, puisse dissiper des vivres.

Vous avez soutenu récemment une thèse de doctorat sur l’Etat africain. Qu’est-ce qui vous a motivé à faire des recherches dans ce sens ? Quelles sont les conclusions auxquelles vous êtes parvenu ? Enfin, à partir de ces conclusions, comment voyez-vous l’avenir des Etats africains ?

Il faut dire que ce n’est pas le politique Salif Diallo qui a fait la thèse, mais l’étudiant. Ce qui est donc écrit dans cette thèse n’est pas politique. Mais parler de l’Etat, c’est apprécier aussi en quelque sorte la politique africaine. Et ce qui est dit dans cette thèse, c’est que l’Etat africain se porte mal, sinon même très mal. Et il se porte mal pour plusieurs raisons. La première raison réside même dans sa naissance. Les germes de la faiblesse et des turpitudes de l’Etat africain résident dans sa façon de naître, découpé qu’il fut de façon inqualifiable. Et l’administration coloniale, en partant, a créé une situation où on a légué le pouvoir d’Etat à des formes personnalisées du pouvoir, si je peux m’exprimer ainsi.

Tout le mal africain réside d’abord dans ce présidentialisme africain, où, dans une république, la tendance globale est de concentrer tout le pouvoir aux mains d’un seul homme, le président. Les autres pouvoirs, qui étaient sensés limiter le pouvoir présidentiel, se trouvent tous affaiblis. Et à partir de là, vous avez toutes les dérives possibles. Je réitère ici que je parle en tant qu’étudiant soutenant une thèse et pas en tant que politique.

La deuxième phase, ce sont les recettes, pour essayer de transformer ces Etats. Dans les années 80, on a amené ce courant dit de démocratisation. Et ce courant a été accompagné d’une certaine approche économique. Nous avons eu les Programmes d’ajustement structurels (PAS). Ce sont des programmes d’inféodation et de fragilisation de l’Etat africain. Aujourd’hui, il y a donc le politique mais il y a aussi tous ces Programmes d’ajustement structurels qui, au fond, ne servent pas l’Etat africain mais servent une minorité et, bien sûr, les sphères de la mondialisation. Ce sont des centres mondiaux d’exploitation.

Et la troisième question que j’ai abordée, c’est la refondation. Aujourd’hui, faut-il être pessimiste ou optimiste par rapport aux Etats africains, à leur devenir ? Un certain nombre de principes ont été mis en place, dont la décentralisation, pour donner l’autonomie et la responsabilité à la base. Là aussi, on se rend compte que du point de vue théorique, les concepts sont bien cernés, les lois ont été adoptées dans la plupart des Etats africains. Mais cette décentralisation n’est pas accompagnée de moyens à même de pouvoir rendre autonomes les collectivités de base. Du coup, on vide la décentralisation de son contenu.

Ensuite, il y a ces tentatives d’agenciation. J’ai nommé ainsi dans ma thèse, ce qui consiste à prôner la bonne gouvernance parce qu’un des problèmes majeurs de l’Afrique, c’est la mal gouvernance. Il faut créer des services autonomes de l’appareil d’Etat qui est bureaucratique, lourd, et donner une certaine autonomie à ces agences. Par exemple l’agence des travaux publics, etc. C’est un peu le système anglo-saxon. Quand on analyse du point de vue juridique, ces agences créent une sorte d’engouement pour les travailleurs. Parce qu’il y a des avancements au mérite, etc. Mais ces agences sont toujours limitées par le fait que c’est le gouvernement qui continue de nommer et de négocier les financements extérieurs à ce niveau. Voilà un certain nombre de problèmes, entre autres, que j’ai soulevés.

Pour dire qu’aujourd’hui, le salut réside, en guise de conclusion, en l’éveil d’une société civile africaine qui oblige et amène les dirigeants africains à s’autolimiter. Elle constitue un véritable contre-pouvoir en dehors du principe de la séparation des pouvoirs. Entre autres sociétés civiles on peut citer la presse, les syndicats et tous ceux qui, aujourd’hui, travaillent à l’éveil d’une certaine conscience.

Nous pensons, et c’est ce que je dis à mon professeur de thèse, que c’est cette société civile qui peut être l’espoir. Quelles que soient les difficultés, quelles que soient les répressions, cette société civile constitue un minimum d’optimisme. Mais, c’est une thèse de droit, et il y a certains principes de droit qui ont été évoqués. Quand aujourd’hui, je prends le principe de la souveraineté nationale et qu’on confronte avec un autre principe, le droit de la minorité, tous les Etats africains doivent sauter. Parce que ce sont des principes qui ne sont pas conciliables en Afrique. Ma petite expérience politique, mais aussi et surtout des questions d’ordre juridique qui ont toujours été posées en Afrique, m’ont permis de dire que le mal en Afrique, c’est l’Etat.

Salif Diallo, ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, étudiant, directeur de campagne présidentielle, homme des missions secrètes du président...Où puisez-vous l’énergie nécessaire pour assumer tout cela ?

Ah bon ! Quelle mission secrète j’ai accomplie ?(rires). Non ! D’abord, moi personnellement, pour ne rien vous cacher, je suis rentré dans la politique très jeune. Depuis le lycée. Et je suis dans la politique par idéalisme. C’est vrai qu’en cours de chemin, j’ai changé, du point de vue conception, de ma vision des choses. Parce que je ne peux pas dire que j’étais un extrémiste ou fondamentaliste, mais j’avais des valeurs. Des valeurs qui, pour moi, étaient inébranlables, des dogmes en quelque sorte.

Mais au fur et à mesure, dans la pratique quotidienne, je me suis rendu compte que c’était plus compliqué que cela, la vie en société. Je continue à me battre pour le progrès et la justice sociale. Et c’est ce qui fait que je bouge souvent. Vraiment, je ne suis pas entré en politique pour des commodités. Actuellement, je prends plus de coups qu’autre chose. Mais par idéalisme, je dis qu’on peut transformer notre pays, notre société. Et notre génération a aussi sa mission à accomplir avant de passer le témoin aux générations montantes.

Bien sûr, quand on reste longtemps aux côtés d’un président, on est l’objet de toutes sortes d’allégations. Comme vous le dites, on me qualifie d’homme des missions secrètes. Je n’ai pas été en missions secrètes (rires). Souvent, je pars avec la presse, donc il n’y a pas de secret. On veut construire notre pays. Je trouve que c’est difficile. Mais, chacun de nous doit contribuer à sa façon à créer dans ce pays, un environnement sain pour un développement, au-delà de sa propre petite personne.

Quand on parle de Salif Diallo, c’est l’homme politique qu’on voit. On vous sait aussi président d’honneur de l’Union sportive de Ouagadougou (USO). Après avoir remporté la Coupe du Faso, il y a la sortie en campagne africaine. Comment préparez-vous cette échéance ?

Avec l’USO, c’est un amour d’enfance. Je suis supporter de l’USO depuis l’âge de 16 ou 17 ans. J’habitais le quartier, et j’ai connu toutes les générations de joueurs de l’USO. Ce n’est pas parce que je suis ministre actuellement que je vais lâcher mon club. L’équipe a évolué avec beaucoup de difficultés. Mais ce qui est intéressant à l’USO, c’est qu’il y a une fidélisation, aussi bien des supporters que des joueurs. Même ceux qui vont à l’extérieur, 20 ans après, quand ils reviennent, ils sont toujours fidèles à l’équipe.

Nous sommes un petit groupe qui, vraiment, suivons l’équipe. Il y a des supporters à l’étranger, des fonctionnaires internationaux, et chaque fois qu’on joue, ils appellent pour connaître le résultat. Des fois, ils envoient leur contribution pour aider l’équipe. Et au plan interne, on a des gens dévoués. Le président Tiemtarboum en est un exemple. Voilà un monsieur que je respecte beaucoup pour sa disponibilité. Du matin au soir, il ne s’occupe que du club. Certes, nous sommes un club sans beaucoup de moyens et notre participation à la coupe des confédérations pose des problèmes.

Mais devant l’impossible, nous ne sommes pas de ceux qui pensent qu’il faut reculer. Il ne s’agit pas aussi d’aller tête baissée. Nous pensons que nous avons nos chances et nous y allons. Vous vous rappelez que par voie de décret on nous avait retrogradé en deuxième division. Je dis bien par voie de décret pris en Conseil des ministres. De façon injuste. Et nous avons ramé dur sur le terrain pour remonter en première division.

Et actuellement, au-delà de la coupe du Faso, nous sommes vice-champion, pour la troisième année consécutive. On aurait même pu être champion si l’arbitrage avait été correct. A l’USO, nous pensons aller loin, puisque nous portons les couleurs nationales. Pour nous, il faut éviter d’aller se faire humilier. A l’heure actuelle, nous sommes en train de négocier des stages pour les jeunes au Ghana. Hier encore (11 août), je discutais avec Abedi Pelé à ce sujet.

Nous avons un entraîneur très modeste, de nationalité ghanéenne et qui est très apprécié par les joueurs. Ses rapports humains avec l’équipe sont tels qu’il arrive vraiment à faire passer sa méthodologie et à faire de bons résultats sur le terrain. Nos victoires, nous les devons aussi à cet homme.

Propos Recueillis Par Souleymane Diallo (stagiaire)


Dans le livre d’or...

Félicitations au journal "Le Pays" qui participe à la consolidation de l’Etat de droit au Burkina Faso.

Bon courage à tous les travailleurs du journal.

Vos commentaires

  • Le 20 août 2005 à 20:01 En réponse à : > Salif Diallo et l’affaire des 30 millions : "Je ne suis pas l’envoyé du chef de l’Etat"

    c’est un monsieur qui connaît les problèmes de notre pays du fait de sa position. mais la survie personnelle et l’abence totale de patriotisme (aucun amour pour le pays, seulement de temps en temps des actes biens meditisés pour faire croire qu’on travaille pour le pays) sont entre autres ses handicaps. cela fait mal de voir son pays brûler à petit feu sans pouvoir rien faire.

    Répondre à ce message

    • Le 20 septembre 2005 à 03:49, par Albertine En réponse à : > Salif Diallo et l’affaire des 30 millions : "Je ne suis pas l’envoyé du chef de l’Etat"

      N’en avez vous pas assez de juger, d’insulter sans savoir et sans prendre la peine d’argumenter ?Notre pays ne pourra pas avancer tant que les burkinabés feront des "commentaires de bar" comme ceux là.Salif Diallo est un homme, un époux et un père de famille, laissez l’hetre humain tranquille et concentrez vous plutot à argumenter(si tant est que vous savez de quoi vous parlez) sur le fond de son interview et sur les faits avérés que vous pourriez avoir à opposer à ceux qu’il présente, et là enfin nous serons dans une mentalité constructive.Il est allé de son plein gré au journal, et vous lui tirez dessus à boulets rouges, il n’accorderait pas d’interview que trouveriz le moyen de dire qu’il se cache.Qui a soulevé la question des sacrifices que ces hommes politiques font pour le pays.La famille qu’ils ne voient pas, les ennuis de santé parfois graves(Salif Diallo en 2004) qu’ils endurent du fait de leur implication et de leur engagement.Qui d’entre vous aujourd’hui est pret à renoncer à sa bière, à ses brochettes entre amis, à sa vie de famille et à sa santé pour ce pays dont la défense est si facile sur un clavier ?Qu’avez-vous fait ces derniers jours, ces dernières années pour le pays, pour votre région ?Rien ou pas grand chose, répondrez-vous en majorité ;certains diront qu’ils ne sont pas des élus politiques et à cela je répondrais que dans tout état souverain, le peuple est le premier responsable de son sort, les autres, les élus, étant seulement des envoyés de celui ci.Alors chers internautes burkinabés, réfléchissez avant de critiquer, de juger, de remettre gratuitement en question les principes moraux et les valeurs fondamentales d’un individu, et particulièrement de nos hommes politiques.Eux au moins, ils ne refont pas le monde autour d’une bière, ils essayent, ils n’y arrivent pas toujours, ne s’y prennent pas toujours de la bonne façon, mais ils au moins ils travaillent pour nous.Essayez, vous verrez, ça fait du bien,ça s’appelle le civisme et le patriotisme ; et il ne s’agit pas de la version orale pour "maquis", mais de la vraie, celle ou on fait quelque chose, ou on se sacrifie, ou on on bouge.A bonne entendeur, salut mes frères et soeurs.

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  • Le 21 août 2005 à 11:08, par Enver Hoxa En réponse à : > Salif Diallo et l’affaire des 30 millions : "Je ne suis pas l’envoyé du chef de l’Etat"

    Bravo Salif, pour une fois !
    Je suis reconforté par ton aveux :"C’est vrai qu’en cours de chemin, j’ai changé, du point de vue conception, de ma vision des choses". Dans la logique de ton honnêteté, dis enfin au peuple burkinabè, comment cnnaissant le mouvement étudiant, tu en es arrivé à faire tuer DABO BOUKARI, l’étudiant de 7ème année de médecine en mai 1990. De cet autre aveux, tu en sortira plus grandi ! A défaut, sache que certains de tes compagnons de ta vision idéaliste de la politique n’ont pas changé. Pour ceux-ci tu ne restera qu’un assassin jusqu’à la fin de tes jours que la vérité ne sera faite sur la mort de DABO.

    Répondre à ce message

    • Le 21 août 2005 à 16:05, par Lefaso.net En réponse à : > Salif Diallo et l’affaire des 30 millions : "Je ne suis pas l’envoyé du chef de l’Etat"

      Monsieur Enver Hoxa,

      C’est bien de réclamer la vérité sur la mort de l’étudiant Dabo. Mais vous qui vous faites appeler Enver Hoxa, pensez-vous aux centaines d’innocents qui ont été massacrés par vos "compagnons d’une vision idéalistes de la politique" qui comme vous, refusent de changer ?

      Vous pensez aux morts que l’on a faits parmi vos compagnons, mais vous arrive-t-il un seul instant de penser aux morts que vos compagnons idéalistes ont faits ???

      Vous arrive-t-il de vous interroger sur votre part de responsabilité dans la décriptitude dans laquelle se trouvent aujourd’hui l’Albanie et les autres pays dits de l’Est ???

      Mc Carthy

      Répondre à ce message

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