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Election présidentielle : La confirmation de l’ancrage démocratique

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • mercredi 16 novembre 2005 à 08h54min

Des élections équitables et transparentes dans le calme et la sérénité. L’impression d’ensemble qui se dégage à l’issue du scrutin du 13 novembre 2005, ainsi résumée, permet de dire que le Burkina Faso est définitivement ancré dans l’espace démocratique, cela grâce à l’action d’un homme, Blaise Compaoré.

Lorsque le 19 octobre 1987, dans sa première adresse à la nation en tant que chef d’Etat, Blaise Compaoré déclarait à propos de Thomas Sankara qu’il était « un camarade révolutionnaire qui s’est trompé » , peu de gens avaient compris le sens et la portée historique de ces propos. En une phrase, Compaoré résumait les dissensions qui avaient miné le Conseil national de la Révolution (CNR) jusqu’à son implosion le 15 octobre 1987.

Entre partisans de l’ouverture politique et les tenants de la ligne dure (entendez les révolutionnaires qui ne toléraient pas les réactionnaires), le dialogue était devenu difficile. Or, l’air du temps était à l’impérieuse nécessité de démocratiser à la manière libérale ou de périr, avec la péréistroïka et la chute du mur de Berlin qui préfiguraient l’unilatéralisme et le « diktat » libéral qui allait avec.

Si le CNR avait pu « défricher les voies de la consolidation de notre dignité » comme l’avait rappelé Blaise Compaoré à Yako, il lui fallait s’adapter pour prétendre porter les aspirations populaires. Des aspirations populaires qui commençaient à « voir ailleurs », si tant que l’on ne peut prétendre assumer l’histoire du peuple en excluant une partie de celui-ci. La voie de la mobilisation large s’avérait nécessaire, car, il n’y a pas de progrès qui épanouit sans liberté.

Ce sont les revendications populaires qui ont fait faire des avancées significatives à notre peuple du 3 janvier 1966 aux grèves générales de décembre 1975 à celle d’octobre novembre 1980 qui ont fait chuter la IIIe république.

La liberté est donc essentielle, car, en libérant tout le monde on s’enrichit mutuellement. Il fallait « avancer dans une plus grande solidarité » car, le corpus social est un organisme vivant et chacun à quelque chose à donner aux autres et à recevoir des autres, comme le rappelat Jean-Paul II. Le 15 octobre 1987 apparaissait comme une catharsis sociopolitique si tant est qu’il visait à réconcilier le peuple avec lui-même en exorcisant les vieux démons.

Et dès octobre 1987, Blaise Compaoré a prôné l’ouverture politique avant de baser son premier programme septennal sur le large rassemblement. Depuis, nonobstant les soubressauts inhérents à tout processus démocratique, le nôtre a avancé et s’est revêtu de ses habits de lumière lors de ce scrutin présidentiel, le troisième de la IVe République.

Cependant, l’on ne saurait « avancer dans le progrès et la liberté que s’il l’on est responsable et respectueux de l’intérêt commun » comme l’a rappelé Blaise Compaoré lors de son meeting de Ouagadougou. C’est dire que si la République confère des droits à ses fils, elle attend en retour d’eux qu’ils respectent la légalité républicaine, en assumant aussi leurs devoirs.

Au-delà de nos divergences, nous devons comprendre que nous sommes tous des acteurs de développement comme l’a rappelé Monseigneur Anselme T. Sanon après l’accomplissement de son devoir de citoyen. Le pays est sécurisé et stable de puis une décennie, même si du fait de la relative prospérité économique, l’insécurité est devenue l’un des fléaux à combattre prioritairement. Il faut poursuivre dans cet élan en évitant la surenchère politicienne, souvent enrobé dans des revendications corporatistes (?) dont a du mal à comprendre le bien-fondé. « Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude pur échapper à la loi » dit l’adage.

C’est dire qu’en vertu de son droit régalien de garant de l’ordre public, l’Etat n’hésitera pas à réprimer tous les comportements déviants. Maturité politique et conscience citoyenne devront aller de pair, pour tenir l’Etat et le rendre plus efficace et plus performant. Le nouveau contrat social né de l’historique Journée de pardon du 30 mars 2001 nous y oblige et la raison nous le commande. Burkinabè, devenons citoyens.

Boubakar SY
Sidwaya

Vos commentaires

  • Le 16 novembre 2005 à 11:50, par Idris En réponse à : > Election présidentielle : La confirmation de l’ancrage démocratique

    Monsieur Sy, vous vous rendrez utile en vous taisant si vous n’avez rien à dire. En effet, vous déformez des faits historiques, soit par ignorance soit par mauvaise foi. Sinon, tous les acteurs de l’époque révolutionnaire savent qui était pour l’ouverture et qui ne l’était pas. Lisez ou relisez le discours de Sankara le 2 octobre 1987 à Tenkodogo et vous serez édifier. Et puis vous avez une curieuse compréhension de la réconciliation nationale. Sinon comment comprendre que vous interpétiez les événements du 15 octobre 1987 comme l’acte fondateur de cette reconciliation ? Je vous rappelle qu’il y a eu ce jour 13 Burkinabè dont un chef d’Etat tué et enterré à la sauvette. Le 27 octobre à Koudougou, d’autres Burkinabè vont périr dans des circonstances qui défient la conscience humaine. Alors, vous êtes fier de cela ? Non, le Burkina n’a pas besoin de ces dates comme référence de son processus démocratique, il y en a d’autres, en 1978 par exemple sous Lamizana. Construisons notre démocratie sans mensonge et surtout sans haine de ceux qui ne sont plus parmi nous.

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  • Le 16 novembre 2005 à 14:54, par Nogo En réponse à : > Election présidentielle : La confirmation de l’ancrage démocratique

    C’est quand même mieux de préciser les sources des articles, cela me permettra de ne pas lire ceux provenant de certains journaux qui ont perdu toute crédibilité à mon égard. Puisque je l’ai lu, il me semble que l’auteur a mal appris ses leçons d’histoire car en qualifiant Sankara de "révolutionnaire qui s’est trompé" Compaoré lui reprochait plutôt son esprit d’ouverture. C’est d’ailleurs pourquoi il a nommé son coup d’état "rectification" pour signifier que Sankara était un déviationniste et que lui, voulait "approfondir" la révolution. C’est tout à fait le contraire de l’esprit démocratique qui a guidé les "rectificateurs" même si ne sachant que faire , ils se sont avisés qu’ils pouvaient être dans l’air du temps en pronant une "ouverture démocratique".
    Ceci étant dit, il ne faut pas confondre élections et démocratie. Même s’il apparaît que le second peut difficilement se faire sans le premier, c’est insensé de considérer que les élections présidentielles sont la preuve d’un ancrage de la démocratie au Burkina Faso. De quelle démocratie parle t-on ? D’institutions républicaines et de tous les pouvoirs(législatif, judiciaire, information) qui se confondent tous au pouvoir tout court. Ce n’est pas ça la démocratie. La preuve est que l’auteur de l’article parle au nom de l’état : "L’état reprimera ... tout fauteur de trouble", comme si dans une démocratie c’était au rôle d’un journaliste d’être le porte parole de l’état.
    Pour finir un article de journal n’est pas un ramassis de citations sans rapport les unes avec les autres, encore moins mélangé à une salade de "mots clés" qu’on repète ça et là, ce n’est pas non plus une leçon de morale : de quelle morale parle t-on ? C’est plus facile de prêcher la morale que de la fonder. Bref, un article de journal requiert d’autres qualités que du griotisme.

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